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vendredi 13 octobre 2017

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C’est dans l’absence vive
Que s’oriente le Chant

Y aurait-il un rythme
Au secret du silence ?

Ecrire est à douleur
Quand le souffle se cherche

Mais si le cœur fatigue
Où peupler ses saisons ?

Tant que le monde va
Nous sommes sans bagages

Y a-t-il un matin
Devançant tous matins ?

Peut-être le printemps pourrait encore
Nous mettre au monde 

Ah! Si nous étions seulement ici-même
Arbres abreuvés aux racines du ciel !



Jean Lavoué


















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dimanche 8 octobre 2017

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Le poème se fait pauvre
Et le chant silencieux,
Il te faut marcher plus lentement
Au rythme de l’enfance :
Peut-être que le bleu du ciel
Recèle en lui l’humble secret.

Tant de livres dépossédés,
Tant d’écritures recouvertes
Alors que tu vas les mains nues
Vers ton dévoilement.

Comme l’arbre incendié par l’automne
Tu te tiens au faîte des saisons.
Dans la charpente aux ailes blanches
Tu restes seul pour couronner la vie :
Tel le passereau
Tu as part à l’ultime.

Aucun mot n’y pourrait rien ajouter
Ni retrancher.
Tant de tentatives vaines
Pour reconnaître un jour
La part du feu et du vent
Insoumise.

Tout se fait plus simplement
Et chaque pas t’est désormais consolation,
Rencontre sans mesure,
Fin murmure de présence,
Soleil de l’accompli.



Jean Lavoué























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mardi 3 octobre 2017

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Accompagner l'automne
En sa profusion d'or
Dilapidé sous les arbres,

Faire crédit au vent,
Au soleil, à la pluie,
Se laisser dépouiller à perte.

Entrer ainsi sans armure
Dans le chant des saisons,
Leur désert pacifié,           

Ne s'en remettre à rien d'autre
Qu'à la nudité des branches,
À leur pauvreté consentie.


Jean Lavoué












































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jeudi 28 septembre 2017

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Si le Poème se fait plus rare,
C'est peut-être qu'il cherche en toi
Une autre terre ou germer,
Un autre silence ou peut-être un désert,
Un vide inaccessible,
Un espace dénudé ;

Contente toi du peu qui t'accompagne,
Des marées de ton pas,
Des graviers du chemin,
Des rives sans soucis ;

Sens le monde en toi comme il gravite
D'un souffle vivifiant,
D'un flux sans impatience,
D'une profusion de joie ;

Fais taire toute autre quête,
Bois l'air qui te visite,
Avance au rythme des nuées,
Sois ce ciel pacifique ;

Rien ne t'est plus précieux
Que ces instants volés à l'inquiétude :
Accorde-toi à ce rien qui t’appelle,                 
Sans désirer rien d'autre,
Sans élever la voix.


Jean Lavoué




















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dimanche 24 septembre 2017

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Quand deux "sourciers" se rencontrent,
Dans l'inattendu de leurs chants,
Ils ont hâte de partager le souffle qui les a réunis
Et de conduire le plus grand nombre à cette Source !

Les mains vides,
Le cœur ouvert,
Nous avons laissé, Pierre d’Andrea et moi-même, le Poème nous conduire
Vers cette œuvre commune que nous vous partagerons bientôt,
A vous les amis qui aurez été ici les témoins silencieux et chaleureux
De cette naissance dans l'invisible.

Dans quelques jours,
Quelques semaines tout au plus, nous vous en dirons davantage
Sur la manière de rejoindre cette œuvre musicale et poétique commune
À laquelle vous êtes intiment mêlés.

Un Chant pour vous au goût de Source,
De fraternité et d'amitié…  





Jean Lavoué



















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jeudi 21 septembre 2017

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            Photo  Sergio Naturalité



Oh mon fleuve aux eaux de feuilles
Et d'automne promis,
Tu fais corps avec les racines
Et les fougères déjà roussies.                
Tu te montres patient
À l'ordre des marées,
Tu ne veux rien précipiter
Car chaque instant t'attache au port.

Tes sous-bois, tes polders
Ont des élans de flammes,
Tu remontes vers moi des viviers de l'enfance.
Je suis en bonne compagnie
Lorsque tu coules en moi.
Le grèbe et le courlis, l'aigrette et le canard
Anticipent la pluie de tous leurs chants sauvages.

Bientôt tu ne seras qu'une alliance de flots,
Terre et ciel confondus de rumeurs en partance.
Je ne cherche jamais à devancer ton pas :
Tu es de chaque soir l'inaccompli du jour
Où l'océan se donne.
Je remonte avec toi vers les grèves enfiévrées
Où tu t'étourdiras de vagues et d'espace
Sous les liserés du sel
Et le feu sans partage de tous les sables gris.

Je ne t'ai rien donné et tu m'as tout remis :
Les mots, le Chant, l'espoir,
La marche sans objet, la présence sans bruit.
Je ne peux que louer ton ardente patience,
Tes lents plissements d'ailes
Pour faire face aux vents,
Ta jeunesse insolente,
Tes berges sans confort.

Tu es le prince ici d'un monde dont l'avenir
Est noué au silence,
Aux matins de la vie.


Jean Lavoué
















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mercredi 13 septembre 2017

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Le silence aura raison
De toutes tes folies,
De tes années d'errance,
Ces avalanches de bruits ;

Tiens-toi simplement chaque jour
En retrait de toi-même, 
Trouve le lieu de ton repos
Laisse-toi traverser !

Tu n'as rien à gagner
Sur les remparts de tes projets :
Rejoins les grèves de tes enfances,
Communie aux courants, aux marées !

Le souffle, sans un mot,
Saura bien te guider
Vers l'espace ouvert                   
Où ton Chant est gravé.


Jean Lavoué



























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