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jeudi 20 juillet 2017

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Les transformations silencieuses
Portent en elles la fécondité des grands fonds.
Rien de visible ne demeure à jamais
Mais l'insaisissable souffle nous prépare
A d'autres visitations.

Ainsi nous glanerons les germes perdus de la parole.
Ils nous seront nourriture
Pour arpenter les longs chemins,
Aubier de matins clairs
Gorgés de sèves enivrantes.

Nous n'économiserons pas nos errances au soleil.
Nous compterons l'un après l'autre 
Les pas de nos déroutes,
Et nous solderons nos derniers refuges
Pour les hautes terres du vent fou.

Nous retrouverons ainsi
L'élan des origines
Quand le sol était donné
Au pas le plus offrant.
Nous garderons la flamme de l'azur
Comme source intangible
Irriguant nos vaisseaux.

Nous irons d'allure constante
Vers le plus grand dépaysement, 
Abandonnant les territoires perdus
De feu les hommes qui nous avaient meurtris.

Nous ferons confiance avant tout au Vivant 
Et à cette force en nous qui nous réconcilie.

Et nous serons incognito
À nouveau sel de la terre,
Et ses veilleurs solides,
Ses témoins consolés. 


Jean Lavoué











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dimanche 16 juillet 2017

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L’oreille du Vent

Le désert, c'est toujours au devant de toi qu'il s'étend
Où plutôt, étonnamment, à l'intérieur de toi.

Lorsque tu regardes en arrière,
Tu ne crois pas les avoir éprouvées vraiment
Ces longues traversées stériles.

Où peut-être se sont-elles effacées
Des rives de ta vie ?

Mais après chaque poème partagé,
Chaque risque pris avec la parole,
Oui, tu te demandes vraiment si le Chant sera une fois encore au rendez-vous.

Et c'est là ton désert,
Tes étendues sans prise,
Ton renoncement assoiffé, 
Ton abandon de sable 
Et ton détachement solaire.

Pas de manne à conserver,
Nulles réserves pour la route !

Mais revenir sans cesse, les mains vides 
Le cœur habité, le souffle confiant,
À ce lieu sans lieu,
En ce chemin sans chemin,
Qui te rend capable, tout en l’ignorant,
De pressentir un passage,
D'éprouver cet arrière-fond mystérieux,
Cet abime fécond,
Ce sol absolument silencieux où,
Le temps d'un instant,
Tu te sens devenir l'unique proie du Vent.


Jean Lavoué







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vendredi 14 juillet 2017













OUEST-FRANCE du 13 juillet 2017


Sa maison d’édition fait la part belle à la poésie
Jean Lavoué a lancé sa maison d’édition en avril. Féru de poésie, il accueille les belles plumes et les pinceaux d’artistes bretons.

Entretien
Jean Lavoué
, fondateur de la maison d’édition L’enfance des arbres.
Comment est née la maison d’édition L’enfance des arbres ?
En 2007, j’ai créé le blog L’enfance des arbres, où je publie mes textes et ceux d’autres auteurs. Ce blog est longtemps resté confidentiel, dans mon cercle d’amis. Puis en 2014, j’ai ouvert une page Facebook où je partageais exactement les mêmes textes. Ils ont de suite eu plus d’écho. Beaucoup de personnes m’ont contacté en me demandant s’ils pouvaient retrouver ces textes dans un livre. Et c’est comme ça que l’idée a germé.
Quel a été votre parcours avant cela ?
Je suis né près de Saint-Malo mais cela fait 28 ans que j’habite dans le Morbihan. J’ai mené ma vie professionnelle dans le travail social, en tant que directeur de l’association Sauvergarde 56. En parallèle, j’ai commencé un travail d’écriture et de publication. Mon premier recueil est sorti en 1996.
Combien de livres avez-vous publiés jusqu’à présent ?
Deux livres sont sortis. Le premier, Ce rien qui nous éclaire , est un recueil de mes poèmes. Mais l’idée n’est pas de m’autoéditer. Je cherche au contraire à accueillir d’autres auteurs. La création de la maison d’édition a suscité pas mal de propositions de manuscrits, une douzaine de projets sont venus spontanément. Ainsi, le deuxième livre, Un silence de verdure , est un recueil de poèmes de Gilles Baudry, moine à l’abbaye de Landévennec.
Pourquoi choisir de publier de la poésie ?
La poésie est une forme privilégiée pour exprimer les questionnements de l’homme. J’ai également choisi de mettre en avant le travail d’autres artistes en illustrant les recueils de dessins, de pastels, de photos, de calligraphie…
Quelle place occupent l’écriture et la lecture dans votre vie ?
J’aime être entouré de beaux livres. La rencontre avec le prêtre et écrivain Jean Sulivan a été un moment déclencheur. Je ne l’ai rencontré qu’une seule fois, mais je me suis de suite senti relié à lui. Il a disparu peu de temps après. J’ai alors pris conscience que l’écriture peut faire perdurer la vie.
Quels sont vos thèmes de prédilection ?
Je m’intéresse beaucoup à la question de l’intériorité, une dimension très mystérieuse, au-delà du corps et de la raison, sur laquelle nous n’avons pas de prise.
Qu’est-ce qui vous plaît dans le travail d’éditeur ?
L’éditeur crée une relation entre les auteurs et les lecteurs, il est vraiment au cœur du système. Je retrouve quelque chose de l’ordre de la coopération professionnelle. Ça me touche.
Quels sont vos futurs projets ?
Encre de mer va paraître à la rentrée. Ce sera un grand format, un recueil de poèmes et de pastels. L’ouvrage Ei Taï-Ji d’Alain Durel sera quant à lui l’expression d’une retraite zen dans les Alpes. Je suis très heureux de cette ouverture vers l’Orient.

Propos recueillis par Anastasia MARCELLIN.


jeudi 13 juillet 2017

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L'un entend plus, l'autre moins, de la puissante mélodie de l'arrière-fond.

Beaucoup ne l'entendent plus du tout.
Eux sont comme des arbres qui ont oublié leurs racines.
Beaucoup n'ont pas le temps de l'écouter.
Ce sont des pauvres sans patrie,
Qui ont perdu le sens de l'existence. 
Ils tapent sur les touches des jours
Et jouent toujours la même monotone note diminuée. 

Il faut avoir démêlé la ligne vivante qui porte les autres.
Il faut avoir oublié le beaucoup pour l'amour de l'important. 

Une fois qu'on a découvert la mélodie de l'arrière-plan,
On n'est plus indécis dans ses mots ni obscur dans ses décisions. 
C'est une certitude tranquille
Née de la simple conviction de faire partie d'une mélodie,
Donc de posséder de plein droit une place déterminée
Et d'avoir une tâche déterminée au sein d'une vaste œuvre
Où le plus infime vaut exactement le plus grand. 


Rainer Maria Rilke
Notes sur la mélodie des choses 





















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lundi 10 juillet 2017

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Que ton poème 
Soit le fruit de la terre 
Qu'il célèbre le plein jour
Comme chevreuil bondissant
Surgi de la forêt de ton pas

Qu'il soit vif comme une danse
Léger comme éclat d’aile
Impatient de rejoindre
En secret 
Un plus vaste silence

Qu'il laisse vibrer sans un mot
La mélodie du fond de toutes choses

Que la nature soit son viatique
Son sauf-conduit
Son talisman 

Qu'il te soit grâce et repos
Murmure qui monte d’un désert
Souffle reçu où ta vie s'abandonne

Grand oui qui acquiesce à midi !


Jean Lavoué



















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vendredi 7 juillet 2017

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Ce sel de nos vies
Si lent à se former
À éclairer nos pas
À révéler nos nuits

Cette lampe des jours
Si fermement tenue
Ce brasier à l'intime
Cet Amour en surplus

Ce sable que rien n'étreint
Ni le tic-tac des heures
Nul rivage nulle enfance
Pas un battement d'ailes   

Ce mystère en secret
Dont le rien nous enfante
Ce fil jamais rompu
Ce souffle si ténu 

La bonté sans calcul
Ce fruit inattendu
Cette joie d'héritage
Cette chance en éclats 

Ce matin sans limites
Où le ciel est donné
Du soleil aux racines 
Où deux ne font plus qu'un

Ce silence ce Chant
Qui monte de sa source
Cette eau des gratitudes
Cette vive présence 

Que ferions-nous encore
Pour ne pas la troubler
Pour la laisser aller
Son ardente de jeunesse ?



Jean Lavoué

Photo : Banias, sources du Jourdain






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mardi 4 juillet 2017

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Amis soyons debout
Dans les veines du vent
Brandissons nos mains nues
Pour nous désaltérer

Ayons soif de l’azur
Et des nuits recouvrées
N’allons pas front baissé
Mais allongeons nos pas
Dans les rais du soleil

Quand la souffrance est là
Ne la méprisons pas
Et quand la mort s’approche
Sachons compter sur elle

Elle nous montre la voie
Pour vivre intensément
Et déployer nos ailes

Si le temps est compté
Arrêtons donc les heures
Pour en faire un festin

Si nous sommes d’ici
Le jour est vertical
Il n’est qu’à demeurer

Là où le ciel accourt
Le soleil va germer.



Jean Lavoué


















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samedi 1 juillet 2017

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Quand les larmes contenues
Se font pour tant d'autres
Eclats de vie
Force généreuse
Perles de lumière !









Simone Veil n'était pas rabbin...
mais elle fut tout de même le mien au sens littéral du terme :
un guide, un maître, et un modèle.

Ses combats, ses engagements, l'histoire de sa résilience,
et la force de sa dignité ont fait d'elle une figure tutélaire
qui a accompagné nos routes,
et qui nous a élevés.

Que notre reconnaissance immense enveloppe son âme,
à l'heure où s'ouvrent devant elle les portes du ciel.


Delphine Horvilleur



























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vendredi 30 juin 2017

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A nous poètes en herbe
Jeunes et moins jeunes
Cherchant le bel été
Pousses balbutiantes
Ou bien tiges déjà affirmées
Je nous souhaite
De ne pas nous laisser détourner
De notre  voie sacrée

Lançons-nous des défis sans réplique
N’écoutons les voix qui déconcertent
Que si elles sèment en nous
A corps perdu
Des graines de jeunesse
Le souffle qui délivre
L’élan qui agrandit

Donnons-nous de l’espace
Comme à nos fleurs coupées
A nos brindilles d’amour
Ou même à nos vivaces
Tout autant qu’à nos hirondelles blessées

Ne courons pas après les modes
Citadelles de certitudes et de savoirs
Façades aux miroirs sans fond
Dont les sanctuaires nous scrutent
Mais laissons-nous atteindre
Par les causes perdues
Par ces villes torturées
Ces victimes sans nombre
Ces milliers de passants
Dont les barques en nous chavirent

Préférons encore les sentiers moussus
Et les nuits de lichens
Là où la fine joie grandit
Où l’humble solitude
Compose sans regrets
Avec nos visages simples
Son masque de feuillages

Ecoutons le silence
Qui fait trembler nos branches
Accueillons le repos
Où les mots sont légers
Où l’attente est sans prise
Où le don est gratuit.


Jean Lavoué

Photo JL, Le Blavet, Hennebont

lundi 26 juin 2017

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Combien c'est reposant
De ne plus compter sur demain
Pour vivre aujourd'hui même
Tout ce qui est à vivre

Comme c'est libérant
De creuser chaque jour
Le sillon de l’instant
Où notre cœur se donne 

C'est un carré d'amour
Qui s'ouvre en plein ciel
Une fenêtre de gratitude
Sur la beauté des jours

Tu y croises les rayons de l'été
Et la verdeur de l'âme 
Tu caresses du regard chaque fougère
Chaque sourire chaque matin      

C'est un chemin docile
Aux aspérités du silence
Une simple respiration
Posée sur la patience des heures

Comme c'est vivifiant
Et tendre pour le souffle 
De laisser ainsi monter en soi
La sève de la joie.


Jean Lavoué








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