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dimanche 15 décembre 2019

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                 LA FLEUR DU SILENCE 



Tu surgis de la nuit
En offrande princière
Rescapée de quelles tempêtes
Affranchie de quelles bourrasques
Dressée insouciante dans la clairière du matin 

Tu confirmes
En solitude ardente
Ce petit reste qui toujours survit 

Autour de toi les arbres
Ont maintenant livré leurs feuillages
Les ont remis aux vents 
Aux pas distraits à la pluie

Ils prient tout bas 
Le feu souterrain des racines 
De garder suffisamment de braises en eux 
Pour traverser l'hiver 

Il y a huit jours encore le soleil 
Dressait dans l’azur leurs chandeliers d'or
Tournant vers ces phares tous les cœurs éblouis 

Désormais enveloppés de gris
Ils s'abandonnent aux nuages
Aux averses à la morsure du gel à l'attente 
Ils exposent humblement leurs branches dénudées

Et voici que tu te dresses toi
Jeune princesse des lisières 
Que tu défies le temps
Que tu leur ouvres un avenir

Saurons-nous garder nous aussi
Au bord de nos saisons défaites 
De nos forêts humiliées
La joie légère
La fragile beauté 
Et la fleur du silence dans les ramures de l’âme ?

Jean Lavoué, La Chênaie, 14 décembre 2019
Photo JL 14/12/19











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jeudi 12 décembre 2019




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                POUR NAÎTRE EN HIVER



Dans le jardin des prophéties
Laisseras-tu le vent 
Accomplir ses promesses ?

Feras-tu confiance aux branches tordues
Aux oiseaux dispersés
Aux feuilles mortes 
Aux herbes folles 

Ou bien ne croiras-tu qu'aux allées rectilignes
Aux murets protecteurs 
Et aux graviers proprets 
Comme on en voit où reposent les morts ?

Sur le front des nuits
Il y eut un matin fait d'envols de clartés de soleils
Comment le saurais-tu 
Si de l'ombre tu n'avais gardé que la peur ?

L'éprouves-tu dans ta chair
Qu'au fond du plus pauvre du plus dépouillé 
Du plus dépourvu de lumière 
Peut naître un printemps ?

Pas de naissance en toi
Si tu ne consens aux mains gercées au gel 
À la détresse des troupeaux 
Si tu ne creuses en toi un abri pour l'hiver

Regarde l'arbre il est ton maître
Lui qui cache encore sous la rude écorce
Même aux jours les plus courts 
Des ruisseaux de sève 
Une symphonie d'enfance et de bourgeons à naître.

Apprends de lui
Qu'il n'y a pas de jubilation sans errance
Pas de ciels ni d'azur 
De fleurs aux mille éclats 
Sans obscurité des racines 

Pas de joie souveraine 
Sans déroute
Ni sans dénuement ! 

Jean Lavoué, 11 décembre 2019
Photo SplitShire/Pixabay















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mardi 10 décembre 2019

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                        Ses mains


Ce sont ses mains qui la sauvent et la rassurent
Ses mains de lavandière dans les ruisseaux du vent

Elle se tient vive et silencieuse comme toutes les femmes
Dont la vie s'écoule au bruissement des vagues
Au rythme des marées

C'est un feu de branchages et de givre
Qui hante sa mémoire
Elle est fragile et solitaire 
Mais sa force tient du silence et des étoiles

Elle ne sait de chaque jour
Que la germination lente des matins
Le sommeil des pierres et des chevaux
La paix des plantes et des fleurs sauvages

Elle se tient au plus près de la flamme qui tremble
Elle tutoie la montagne l'olivier la pluie douce des lavandes 
Elle prend sa source
Dans un incendie de brindilles

Sa maîtresse est la vie
Son bâton de sourcier l'oriente vers le secret des mondes 
De tout ce qu'elle ignore elle cueille des confirmations
Sur les joues du soleil 

Son sourire s'entend quand elle secoue
La branche des mots
Sans le savoir elle guérit 
La poésie est son chemin 
Son secret
Son mystère. 

Jean Lavoué, 8 décembre 2019
Photo Pixabay











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