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vendredi 14 décembre 2018

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Gratitude pour ces mots de vie reçus hier au sortir d'une nouvelle journée de soins sur les rives hospitalières du Scorff...

jeudi 13 décembre 2018

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Quand le silence sera
Ton obole versée
À la sébile du temps,
Tu seras familier
Des chemins de ton âme.
Ces désirs ténébreux
Dont l’ombre te tenait
Auront fait place au ciel
Délivré de nuages.
Tu sauras à genoux
Les versets de ton âge,
Contemplant interdit
Leur âpre mélodie.

Toi qui étais lesté
De tant de faux bagages,
Tu te feras léger
En remontant le fleuve.
Les oiseaux de ton sang
Élargiront les rives
Et ton seul exercice
Sera de t’engouffrer.
Tu n’as plus à lutter
Pour de maigres conquêtes,
Le vent sans illusions
Sera ta compagnie.

Tu n’as pour seul viatique
Que cortèges de branches
Et blessures d’enfance
Au don émerveillé.
Tu te rapproches enfin
De ce pays perdu
Dont tu étais le fils
Amoureux et prodigue :
Tu n’as qu’à te pencher
Pour saisir ces deux mains
Qui te cherchent à tâtons
Dans les nuits traversées.

Tu n’as plus à coucher
Entre les pages noires
L’indicible secret
Dont tu étais l’otage :
Le soleil entre en toi
Comme en un puits en fête,
Tu pousses les battants
Qui recouvraient ta vie.

Les amis qui te hèlent
Par-delà l’horizon
Te voient réconcilié
Par l’étoile promise :
Chaque mot du poème
Est un signe vers eux,
Chaque pas dans l’obscur
Une créance nue.


Jean Lavoué, texte et photo 11 décembre 2018


mercredi 12 décembre 2018

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Comme au sacre de vos visages
Nous gardons tous au fond du cœur
Ces mille fleurs de sang écloses
Sur vos poitrines innocentes

Et c’est pourquoi nos mots se taisent
Et ne cherchent pas d’autres signes
Pour ce Noël au goût de braise
Que ce grand vide incandescent


Jean Lavoué, Fraternité des lisières





































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mardi 11 décembre 2018

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Maintenant que l’automne
Se fait complice du printemps,
Retrouverons-nous ces rives au goût de paix ?
Nous savons que nous traverserons l’hiver
Sans rien renier de nos révoltes :
Nos paroles, nous en ferons
Des bourgeons pour demain,
Des sèves incandescentes ;
À jamais nous ferons taire les hontes
Dont l’écorce nous emmurait ;
Nous ne retournerons pas sous terre :
C’est au grand jour que nous préparerons l’été,
C’est ensemble que nous célébrerons la terre,
Cicatrisant ses blessures,
Honorant ses matins.
Nous nous relèverons dignement de cette pauvreté
Qui hier encore nous humiliait ;
Ce murmure des racines qui soudain a pris corps,
Ce remuement de branches,
Ces tempêtes au goût sauvage
Nous en ferons la flamme de nos yeux,
Des mains qui reconstruisent,
Des brassées de gestes fraternels.
Nous préparerons des fêtes
Au goût d’azur et de lumière.
Détruire n’est pas notre destin :
Nous sommes faits pour le bonheur et pour aimer.
Pour nous réconcilier,
Il nous faudrait cette patience,
Cette oreille attentive aux rumeurs de la nuit.
Nous avons libéré nos volières
De tant de cris d’oiseaux :
Nous ne retournerons pas en cage,
Nous ne resterons pas prisonniers de l’enclos ;
Nous avons, pour de bon, franchi des barrières
Qui ne se refermerons plus sur nous.
Nous sommes à présent un peuple debout
Qui pourra compter sur demain.
Nous guetterons signes d’avril, vergers en fleur,
Sans oublier mais sans sombrer :
Nous avons mieux à faire...
À nous soutenir et à nous aider.


Jean Lavoué, texte et photo le 10 décembre 2018







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dimanche 9 décembre 2018

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Qui s'avance au pas lent
Du fleuve immobile
Engendre des saisons
Dont il n’a pas rêvé,
Des instants de lumière
Gagnés sur l’éclaircie,
Des silences d’écorce
Et de sève promise.

Il n’a plus à compter
Le temps qui est donné :
Il contemple l’instant
Et ses battements d’ailes,
Il croise des courants
Arrimés aux nuages,
Il ne connaît la voie
Ni l’endroit où aller.

Il découvre des vases
Incendiées par les pluies,
Il n’a plus rien à dire
Qu’à écouter le vent
Où s'annoncent des jours
Aux sillages d’oiseaux.

La terre est à sauver,
Il en est le témoin ;
Il cherche à demeurer,
Il vole vers les cimes :
Sa marche est une danse
Sur le fil d’aujourd’hui.

Loin des bruits de tempête,
La contagion des foules,
Il consacre le jour
Dont il est le gardien ;
Il n’est pas séparé
De ces cris de colère
Mais il consent ici
À la vie redonnée.


Jean Lavoué, texte et photo 7 décembre 2018





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vendredi 7 décembre 2018

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« Persévérer en ces temps de fer à faire crédit à ce qui est fragile,
à ce qui vacille, à ce qui fait faillite.
Persévérer à avoir foi en chaque homme,
à préférer être déçu dix fois
plutôt qu’hostile une seule fois.
Persévérer à n’investir que dans le sable qui coule entre les doigts
et dans les espérances non cotées en bourse.
Persévérer à croire que l’instinct primordial en chaque homme
est la vénération et que c’est la répression de ce désir
qui rend haineux et fou.
Persévérer à voir Dieu partout. Entre les lignes des slogans,
dans les caniveaux des villes et sur les murs des banlieues,
à l’entendre dans le braillement des haut- parleurs,
dans le crissement des freins et dans le frrrrrt…d’un oiseau envolé.
Persévérer à préférer que la raison me quitte plutôt que l’espoir.
Et l’espoir plutôt que l’amour.
Persévérer.
Pour que la gangrène de l’indifférence ne se propage pas. »

Christiane Singer

















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