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jeudi 17 août 2017

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« La poésie c'est la grande vie... »

Partir quelques jours avec ces mots d'un funambule de l'âme... avec juste le frôlement des pages de ses livres... et partout, la grande vie, à portée de cœur...

Emporter deux de ses derniers ouvrages, « La grande vie » justement, et « L'homme-joie », après s'être laissé gagner une fois encore, juste pour le souffle, par le tourbillon d' « Une petite robe de fête »...


Simplement pour fêter, par avance, le prochain livre heureux de Christian Bobin : « Dans un bruit de balançoire »… 

Entendre et savourer déjà ce bruissement d'enfance dans le ciel de l'été... 

Consentir à ce rien…



























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mardi 15 août 2017

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Christian Bobin, Daniel Pennac, rencontre janvier 2017
https://www.youtube.com/watch?v=kShOEYENg6U


Dans l’attente du prochain livre heureux de Christian Bobin à paraître le 30 août 2017 :
« Dans un bruit de balançoire »

«  La poésie, ce petit marteau rouge que l’on trouve dans les wagons de train : lui seul, en cas de danger, permet de casser la vitre pour trouver la sortie de secours. »

... La lecture c’est une histoire d’amour,
Et l’amour vous échappe et c’est tant mieux !
On peut la comparer à une peinture très précise
Celle de Pierre Soulages…

Pierre Soulages, c’est un apiculteur du noir,
Et de la ruche des ténèbres, il sort des plaques scintillantes,
Et quand vous êtes devant, vous n’êtes pas devant un tableau,
Vous êtes devant une présence
Et, en plus, cette présence vous regarde,
Et une paix immense, incompréhensible, en vient.

Un livre qu’on aime,
Ce n’est pas un livre qui nous parle,
C’est un livre qui nous entend.

Les livres heureux,
Les livres qui nous brûlent le cœur,
Ce sont ceux dont on pourrait dire :
« dans ce bloc de papier, il y a quelqu’un qui m’a entendu
comme personne ne m’a jamais entendu. »

Un livre heureux
Est un livre qui sait nous entendre.





https://www.facebook.com/jean.lavoue.9












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dimanche 13 août 2017

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Homme creux
Homme tronc
Homme souffle
Ô mon frère
Laisse-toi respirer 
Sans rien garder pour toi
De ce qui te traverse

Homme vent
Homme roseau 
Homme tige 
Ô mon frère
Sois ce vase sans fond 
Cet humus qui t'engendre
Ce Chant qui te redresse 

Homme vide
Homme néant
Homme flux
Ô mon frère
Sois la percée nouvelle
Laisse jaillir en toi
La rose sans pareil   

Homme désert
Homme d’ombre
Homme feu
Ô mon frère
Laisse lever en toi
L’astre d'un jour nouveau
La sève du soleil          

Homme unique
Homme source
Homme Dieu
Ô mon frère
Deviens arbre de vie
Le jardin des splendeurs
La flamme des voyelles !


Jean Lavoué









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jeudi 10 août 2017






Nous sommes d'une source
Qu'aucune pluie n'abreuve 
Mais qui ne tarit pas

Nous sommes d’un matin
Arraché à la nuit
Par un autre soleil

Nous sommes d'une origine
Sans commune mesure
Sans étoiles certaines 

Nous sommes d'un amour
Aussi vaste que le vent
Aussi nu qu'un désert 

Nous sommes d'une communion
Dont nous sommes le centre
Et le cercle infini

Nous sommes d'une symphonie
L'instrument et l'archet
Et la main qui relève               

Nous sommes d'un silence
Que nul chant nul feuillage 
Ne sauraient contenter 

Nous sommes d'un chemin
Sans bornes et sans tracé
Que visite l'Ouvert

Nous sommes d'une foi
Sans rives et sans frontière
Aux doutes traversés

Nous sommes d'une forêt
Dont nous sommes l'aubier
La racine et la cime

Nous sommes d'une mélodie
Que chaque chant d'oiseau
Consent à imiter 

Nous sommes des moissons 
Le couvert et le pain
La table partagée 

Nous sommes de ce pays
Qui nous change à mesure
Où l'on n'arrive jamais 

Nous sommes de cette voix
Qui murmure notre nom
Dans le souffle d’un été 

Nous sommes de ce printemps
Dont les branches nous frôlent
Sans jamais nous toucher

Nous sommes d’une blessure
Dont le feu couve en nous
Elargit nos foyers                     

Nous sommes d'une parole
Non encore entendue
Toujours à écouter 

Nous sommes pour chacun
L'eau du puits et le seau
La margelle où puiser


Jean Lavoué, Timadeuc, le 8 août 2017

dimanche 6 août 2017

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Quand chaque écorce en nous
Chaque racine, chaque cime
Seront honorées,
Quand toutes nos épreuves et toutes nos blessures
Seront marquées du signe,
Alors nous serons chacun,
Dans la forêt humaine, 
De cette fête transfigurée ! 

Jean Lavoué









Je tends ma sébile
Au soleil levant.


Guillevic
























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jeudi 3 août 2017




Maintenant que le temps m'est compté
- On ne le sait qu'après que ce jour s’apprivoise - 
Je vois la libellule en sa jeunesse bleue,
Je l'éprouve intensément en tous ses éclats d'ailes.

Je goûte à l'instant des nuages,
Je marche dans mon repos,
Je m'y sens accordé.

J'arpente en passeur immobile
Des rives infinies
Mais sans jamais presser le pas
Car tout écart m'est familier.

Je sais ce qu'il me reste à perdre,
À libérer et à donner :
Chaque ruisseau m'est indice,
Chaque buisson serment noué.

Je feuillette les pages de  mon journal troué,
J'y devine des mots enfouis
Et d'autres à peine encore ébauchés.

Je cherche seulement à servir
Non plus à être consolé.

Je croise sur mes halages
Quelques pauvres de grand vent
Qui savent porter secours en eux
Au mendiant qui les sauverait.

Je crois à l'infinie sollicitude
De l'Absent vulnérable
À sa joie traversée,
A sa ferveur imprenable.

Je n'ai d'autre trésor que son Amour,
Son humble confiance à honorer.

Je crois en l'homme mon frère 
Qui trouvera un jour en lui le Royaume promis
Et en chaque blessure 
Des graines de lumière.

Le Chant m'est compagnon
De clarté et de sources 

J'envisage au creux du ciel
Des sommets et des cimes

Je ne cherche que l'Ouvert 
Des ailes déployées 

Chaque insecte chaque fleur
Me distille ses couleurs 

Le Blavet a des gestes d'enfance
Des tendresses de premiers jours 

Je vais sans me hâter
Vers l'espace qui m'appelle 

Je borde de fougères 
Le bréviaire des saisons

J'y lie toutes douleurs
Et tout espoir nommé 

Le vent fait une danse 
Sur les eaux argentées

J'éprouve au fond de moi                        
La splendeur de l'été       

Je ralentis j'évite
De parler aux courants 

J'escorte le silence
Jusque sous ses écluses 

Je frémis dans le feu
Tremblant des peupliers  

L'hirondelle de mer
Fait cortège à mes grèves

Rien ne subsistera
Sauf cette soif d'aimer.


Jean Lavoué
Photo JL, Le Blavet, 1er août 2017

lundi 31 juillet 2017

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Il y a tout juste 73 ans, ce 31 juillet,
Le petit prince Antoine de Saint-Exupéry,
Profitant, je crois bien, d'une migration d'oies sauvages,
Rejoignait, son mouton sous le bras, sa petite planète et sa rose.

Il avait raconté ce départ, quelques années auparavant,
Dans un livre qui n'est pas vraiment un livre
Mais plutôt une sorte de missive, à la fois amère et joyeuse,
Adressée à l’enfant qu’il était resté
Pour s'encourager malgré tout à croire, à aimer et à sourire à la vie jusqu'au bout. 

Il en avait suffisamment appris sur les adultes en parcourant le monde :
Il les avait observés sur toutes sortes de planètes étroites,
Peuplées de leurs étranges habitants solitaires et ennuyeux comme des robots.

Loin de leurs consignes et de leurs devoirs,
Il cherchait pour lui une autre mélodie, une couleur, un parfum, un silence,
Une origine peut-être ou une autre naissance,
Qui seraient à la fois de ce monde sans en être tout à fait cependant...

Une ligne de poésie pure 
Une présence étoilée 
Un amour solaire
Une tendresse sans prise
Une familiarité de chaque instant avec la mort
Un désert habité

Il demeure ainsi à jamais
Comme le Chant d'une enfance indomptée, 
Ouvrant en chacun de nous
La voie de l'intime et du Poème.

Voie de gratuité absolue,
Dénuée de toute utilité, 
Libre de toute attache,
Poreuse à la fraternité et à l'amitié,
Sûre comme un puits retrouvé 
Dans la chaleur des sables,
Une source unique,
Intarissable comme un Amour  enfin apprivoisé. 


Jean Lavoué
Photo JL, prise dans les couloirs de l'hôpital de jour de Lorient






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