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dimanche 11 avril 2021

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Je prépare pour septembre prochain une publication de ces poèmes inédits 2007-2009 qui accompagnèrent la naissance de L’enfance des arbres. D’où ce titre : Carnets de l’enfance des arbres.



Je fréquente des mots simples :
Soleil, silence, lumière,
Absence, présence. 

Je les fais virevolter 
Comme la ruche ses abeilles. 

Je ne tiens aucune démonstration 
Pour certaine :

Le parfum des matins
Est sans pourquoi.

Seul peut deviner 
Celui qui s’est laissé brûler 
Au sel de la joie.

Jean Lavoué, Les carnets du souffle (à paraître)













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vendredi 9 avril 2021

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Mon ami, Philippe Forcioli, sort un nouveau CD en souscription. Il sera disponible en mai. Je le laisse présenter lui-même, ci-dessous, sa nouvelle création. Merci de soutenir son projet !

« ON N’ EST JAMAIS TROP PRES DU CIEL » CD 18 chansons – 2 livrets – Illustrations : F. Aymé-Martin,

On trouvera des chansons inédites de mon cru ,
Printemps de gala, Saison des hommes, Feras-tu ?, Noël, Rameaux, Resurexit, Nous devons apprendre, Matines, Des ailes par pitié « revisitée », une chanson du Père Duval et de mon ami capucin Pierre Domergue, un psaume de David, un poème de Germain Nouveau, de Martin Luther King, des chansons-souvenirs d’enfance, Laudes scoutes, Tra lu boïe... et des surprises. Outre la guitare et la contrebasse, on entendra selon les morceaux, la harpe, les flûtes, la clarinette basse, les cuivres, l’accordéon, les percussions, les claviers, une fanfare, des chœurs, le tout finement orchestré par mon comparse en musique, Philippe Soulié.

Cet album est consacré à mes chants profonds, à caractère spirituel, mystique ou religieux. Je ne cache rien ici de la fidélité à la foi de mon enfance, mais aucun prosélytisme dans tout cela. Je suis laïc, républicain, pour la paix des ménages et vogue la bergeronnette !
P
rofondes ou naïves, ce ne sont que des chansons, des chansons de mon histoire, des chansons de la petite chapelle de mon cœur.
Merci de m’aider à réaliser, comme toujours à compte d’auteur,
ce dix septième ouvrage, CD, livres, vidéo confondus et de faire circuler l’information.

MERCI – PACI E SALUTA –

P. Forcioli (06 03 48 85 55 – forciolichante@gmail.com)
********************************
Souscription « ON N’ EST JAMAIS TROP PRES DU CIEL »
à envoyer à : P. Forcioli Mas Bel Air Route de Sylveréal 30800 Saint Gilles
Chèque : P. Forcioli CCP 407032 R
ou virement : (FR55) 2004 1010 0804 0703 2R02 917 (en indiquant nom et adresse)
NOM, prénoms, adresse, courriel, téléphone : (très, très lisiblement!)
1cd= 25e 2cd= 40e 3cd= 50e 5cd= 65e 10cd= 100e (Frais de port compris- Merci d’entourer votre choix-)























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mercredi 7 avril 2021

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L'hiver n'en finit pas 
De refermer sur nous
L'enclos des peurs
Et nous gardons encore des branches 
Enchâssées de nuit ; 

Mais l'étoile trace en nous des sentiers
De racines confiantes
Et les hirondelles de retour
Fuient déjà vers l'été. 

Désorientés par ce qui nous rapproche,
Nous laissons entre nous
Passer le vent de la promesse : 

Dans ce jeûne d'étreintes et de fêtes,
Nous connaissons la force d'un amour,
Son aile qui nous devance. 

C'est en chacun
Que s'ouvrent silencieuses
Les fleurs du matins, 

Nous apprenons par cœur,
Avec des balbutiements d'enfance,
La voix du Soleil,
Nous laissons d'un seul trait
Son printemps nous traverser. 

Jean  Lavoué, 5 avril 2021
Photo par Cécile A. Holdban ( Vinca Alba Minor  ) de l'une de ses peintures : l'hirondelle en vol.



















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dimanche 4 avril 2021

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JOYEUSE FÊTE  DE LA VIE ! 

Si ta première rencontre
Est vouée au Chant,
Sache alors que les ruisseaux
N'ont pas coulé en vain ! 

Sois confiant dans chaque brin d’herbe,
Chaque branche têtue, 
Chaque roche sauvage ! 

Ne renonce pas à dresser l'orchestre
De tes saisons nouvelles ! 

Tu cueilleras des notes
Comme on cueille des fruits
Dans les vergers de l'âme. 

3 avril 2016 

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Juste un peu de lumière, 
Cette bonne nouvelle colportée de branche en branche, 
Par l’aile des oiseaux, 

Ce trois fois rien qui nous console, 
Ce frémissement de pauvreté et de joie, 
Ce passant attardé qui nous hèle, 
Ce vide en nous qui appelle, 

Ce souffle au bout de nos pas,
Et cette Source qui nous relève
Tant que nous avons soif, 
Tant que nous espérons. 

Jean Lavoué, 2 avril 2017
























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vendredi 2 avril 2021

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Quoique tu fasses,
N’est-ce pas dénudé que tu entreras dans sa nuit, 
N’est-ce pas grain de sable que tu fouleras
L’infini de son désert,
N’est-ce pas germe enfoui
Qu’un jour tu porteras sa promesse de fruits ?

Alors sois léger !
Demeure dans ce rien,
Bénis la caresse de l’absence,
Accueille en toi l’étincelle,
Deviens cet infini,    
Laisse faire le souffle,
Fais pour de bon, dès aujourd’hui,
Le jeu de la lumière !

Jean Lavoué, 2 avril 2015
Photo klimkin Pixabay

Publié dans "Ce rien qui nous éclaire", L'enfance des arbres, 2017.


























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mercredi 31 mars 2021

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Quand se troublent
Les eaux claires du poème,
Le silence s'impose,
La nuit est nécessaire. 

Il faut que la parole
Ressurgisse, entourée d'ombres 
Et de larmes,
S'arrache au lierre sauvage
Qui recouvrait le puits. 

Un seul trait de lumière
Suffit à affranchir
La trame des jours :

Quel ange pourrait paraître
Dont nous saurions garder
Les mots de clarté qui apaisent ? 

Quelle visitation de l'âme
Pour qu'à nouveau le ciel
Réponde par un grand Oui ? 

Accordé aux heures sombres,
Le chant n'aura laissé que cette trace,
Cette voie tissée d'étoiles,
Ce signe espéré, 

Cette salutation  
Au jusant de l'instant. 

Jean Lavoué, 29-30 mars 2021
Photo Pexels/Pixabay 


















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mardi 30 mars 2021

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Merci, chère Ghislaine Lejard, de nous partager cette si belle rencontre avec Nazand Begikhani ! C'est une magnifique méditation sur la création poétique qui est aussi engagement et résistance qu'elle nous propose à travers votre échange !






"En kurde j'écris de la poésie
En anglais et en français 
c'est la poésie qui m'écrit"
Nazand Begikhani

Femme universitaire et poète, elle a fait de ses blessures une force; de l'absence de sa langue maternelle , une présence et de la poésie un langage universel pour combler un douloureux silence.
La poésie comme moyen de résistance et de libération . 
Elle témoigne magnifiquement du pouvoir de l'écriture et de sa force de résilience.
L'écriture et l'écriture poétique comme voie et voix de construction, de reconstruction.


Ghislaine Lejard






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samedi 27 mars 2021

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Voici quelques poèmes récemment partagés ici. J'ai été invité à les dire, à la veille du printemps des poètes, dans le cadre de l’émission "Contes et poésie" animée par Anne-Yvonne Pasquier  sur RCF Lorient. Diffusion mars 2021. Photos du diaporama : Jackie Fourmiès, Jean Lavoué et Pixabay.























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lundi 22 mars 2021

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Comme l'arbre au printemps,
Tu gardes en toi
Les cicatrices de l'hiver. 

Ton chant n'a rien oublié
Des terres jonchées de feuilles. 

Des gels et des orages,
La peau de tes mots conserve
Une entaille inconsolable. 

Pourtant l'espérance y surgit 
De saisons désolées. 

Dès les premières fleurs
Tu reconnais entre les branches
Tes couleurs familières. 

Déchirant l'écorce,
Une force rassurante s'allie
Au silence des racines. 

C'est ainsi que tu t'assures
Une nouvelle fois
Du triomphe de la vie. 

La sève du poème 
Signe en toi
La persistance de la joie. 

Jean Lavoué, 20 mars 2021
Photo pieonane/Pixabay 

























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samedi 20 mars 2021

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J'ai voulu que la lumière
Devienne mon amie

Elle a pactisé avec les ombres
Elle a soufflé sans hâte
Sur les braises de mon âme

Elle a laissé le jour
S'élargir peu à peu

Puis consolant
Ce qui était perdu
Elle m’a fait le cadeau
De demeurer en moi

Jean Lavoué, 20 mars 2016














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vendredi 19 mars 2021

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LA SANTÉ ESSENTIELLE 


Merci, Christiane Rancé, pour cet éloge de la poésie et des poètes et pour cette amicale attention. 

Les poètes ne font que semblant de mourir 

Christiane Rancé évoque la postérité des grandes figures de la poésie. 

Christiane Rancé, La Croix le 18/03/2021 

Dans son film Le Testament d’Orphée, Jean Cocteau prononce une très belle phrase, alors que ses proches se réunissent autour de sa dépouille : « Mes amis, faites semblant de pleurer, car les poètes ne font que semblant de mourir. » Reprenant la phrase du Christ, il avait aussi gravé sur sa propre tombe : « Je reste avec vous. » Et pourtant, comment n’être pas saisi de tristesse à la mort de Philippe Jaccottet, le 24 février dernier ? Ce poète de haut rang était un trait vivant avec l’idée d’une certaine Europe où Rainer Maria Rilke promenait ses songes en compagnie de ceux de Rodin, où Ungaretti semblait continuer, à travers les siècles, le dialogue ouvert par Dante et par Pétrarque. 

Ce qui n’a pas manqué de me frapper dans son décès, c’est qu’avec lui mourait le dernier grand poète célébré comme tel : à preuve, son entrée de son vivant dans la Pléiade. Qu’on me comprenne bien : non qu’il n’y ait pas d’autres poètes, plus jeunes et aussi talentueux – je pense entre autres à Jean Lavoué, Jean-Pierre Vidal ou Jean-Yves Masson, Colette Nys-Mazure ou Éric Poindron. Mais lequel connaîtra un tel rayonnement, en particulier auprès des plus jeunes, dans un monde désormais fermé aux voix des Muses et à tout ce qu’elles nous révèlent du chant de l’âme ? 

En même temps que celle de Jaccottet m’a frappée la mort de Cédric Demangeot. Ce poète de grande tenue, âgé de 46 ans, continuait pour sa part l’héritage d’Antonin Artaud – un engagement de tout l’être pour ce qui, dans un monde marchand, n’a aucun prix, soit, si l’on veut être juste, cela même qui donne sa valeur suprême à la vie. Mais après tout, peut-être Cocteau a-t-il raison : ces poètes ne peuvent mourir. Ils n’ont fait que semblant. Ils viennent d’après ou d’avant. Ils rythment nos vies en vertu d’exigences présentes et immémoriales, exactement comme dans le culte divin. 

Yves Bonnefoy : il est mort le poète... 

C’est à eux que je pensais lorsque j’ai ouvert le livre posthume d’Yves Bonnefoy, L’Inachevé (1), qui vient de paraître et qui nous découvre des méditations inédites. Et alors quelle joie ! C’était à nouveau comme si je gravissais la rue Lepic pour le retrouver et l’entendre me redire, de sa voix si mesurée, ce qui fonde l’intensité de nos existences : la recherche non du bonheur, mais d’une extase où tout se tient, où toutes les contradictions sont annulées, où l’accord se fait soudain entre le cri, la musique et le silence. L’Inachevé : dans ce titre, comment ne pas entendre le vers de Rilke justement, qui dit que nous sommes tous, quelle que soit notre position, placés « quelque part dans l’Inachevé » ? Notre vie, nous rappellent-ils ensemble, est un champ ouvert à l’infini, malgré sa part réduite, un espace à jamais intact où tous les possibles sont convoqués pour s’offrir le spectacle de l’univers et de son aube toujours neuve, que nos rêves et nos actions abritent. 

Devais-je y croire, dans ce temps où l’on nous répète à l’envi que nous sommes des malades, des victimes, des numéros. Et si nous n’étions rien de tout cela, mes amis ? Et si, au cœur même de la maladie, il nous restait la possibilité de ce que Rimbaud appelait « la santé essentielle » ? Et si même au cœur de nos souffrances, il nous était encore possible de refuser ce qui nous nie, non par haine exclusivement, mais par un amour supérieur ? Où on voit que la poésie, telle que Jaccottet, Demangeot ou Bonnefoy l’ont conçue, est tout autre chose qu’une appréhension de la joliesse des choses. Elle est ce mouvement d’insurrection qui postule, en dépit des nouvelles harassantes qui tendent péniblement de nous faire accroire le contraire, que nous sommes vivants, et que nous pouvons le rester par fidélité à nous-mêmes. Et que même la mort n’a pas de prise sur celui ou celle qui vit ces secondes où les cieux viennent à s’ouvrir, et où l’absence est absorbée par la vie ascendante. 

La poésie, notre refuge 

La dernière fois que j’ai vu Yves Bonnefoy, il m’a parlé de Baudelaire. Et voilà qu’aujourd’hui, dans ce livre posthume, je retrouve ses propos : « Tous les auteurs sont vivants. Baudelaire, à qui j’ai consacré depuis cinquante ans ces essais que je viens de réunir en volume, ou Shakespeare, que j’ai traduit pièce par pièce pendant la même période, sont vivants pour moi autant qu’aucun de mes contemporains. » Ce même Baudelaire dont nous fêtons la naissance il y a deux cents ans ? Mais qui sait ? Peut-être est-ce lui qui avait deux cents ans d’avance sur ses contemporains, au point de nous parler aujourd’hui d’une voix plus claire qu’aucune autre, et qui résonne comme jamais. Aussi puis-je penser que Jaccottet et Bonnefoy seront présents à l’avenir, comme les signes d’une espérance qu’ils nous enjoignent de ne pas oublier, de vivifier pleinement. 

(1) L’Inachevé, Albin Michel



















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jeudi 18 mars 2021

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Quelques mots  
Pour graver l'aujourd'hui
De traces neuves,

Pour s'accorder
À l'heure exacte
Où les arbres prient. 

La main posée sur le tronc,
En ressentir la force,
S’alléger à son écoute.

Percevoir l’Autre
En ses commencements.

Abandonner toute autre tâche 
Pour s'ouvrir à l'inattendu,
Entrer dans la surprise. 

Laisser le silence
Cueillir en soi l'instant,
Le vent sculpter 
L'écorce de la parole. 

Dire ce qui est
D'une langue pauvre,
Déliée de tout savoir. 

Se tenir là
En ces chemins de mer,
Branches tendues vers le large, 

Humble passant,
Contemporain de la joie.

Jean Lavoué 17-18 mars 2021
Photo JL Arradon 17/03/21 






















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