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dimanche 20 octobre 2019

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Hennebont. L’écrivain Jean Lavoué consacre un livre au poète René-Guy Cadou

Ouest-France Dimanche - Samedi 19 octobre 2019 16:49 - Hennebont

L’écrivain Jean Lavoué s’est lancé corps et âme dans l’écriture d’un ouvrage consacré au poète René-Guy Cadou, dont c’est le centenaire de la naissance cette année.

« René-Guy Cadou m’accompagne depuis toujours. C’est un poète que je lis, que j’écoute avec toujours beaucoup de plaisir, confie Jean Lavoué, écrivain hennebontais. Il a marqué le cœur des gens. »

La liberté, l’amour et la fraternité

René-Guy Cadou est né le 15 février 1920. Il a grandi dans une ambiance de préaux d’écoles et de rentrées des classes. « La beauté des automnes, des scènes de chasse et de vie paysanne deviendront les sources de son inspiration poétique. » C’est tout naturellement qu’il se dirige vers l’éducation et devient instituteur. « Parce qu’il aime les enfants c’est certain. Mais aussi et surtout pour le temps libre que cela lui laisse pour écrire ses poèmes. »
Des vers qui parlent de liberté, d’amour et de fraternité des hommes… Il épousera, en 1946, Hélène Laurent, elle-même poète. Ils vivront ensemble cinq brèves années de mariage durant lesquelles René-Guy Cadou s’est battu contre la maladie. « Hélène fera ensuite connaître l’œuvre de son bien-aimé en la faisant vivre. »

Un travail de recherche à Nantes

Publiées en 1976 par les éditions Seghers, ses œuvres complètes seront vendues à 140 000 exemplaires. « Elles ont inspiré nombre de chanteurs, à commencer par Gilles Servat. »
Jean Lavoué, admiratif des textes du poète, a commencé un travail de recherche. « C’était il y a cinq ans. J’ai fait un travail de recherche à Nantes notamment. Des notes que j’ai laissées en suspens. »

Guidé par un élan poétique

En juin dernier, l’auteur se penche sur ses notes qu’il se met à structurer. Il écrit d’un seul trait son livre. Durant trois mois, il vit avec René-Guy Cadou. « Trois mois intenses avec beaucoup de joie. C’est pour moi une nouvelle découverte de ce poète que je connais pourtant depuis quarante-cinq ans. Je ne me suis jamais autant approché de son œuvre. » Jean Lavoué voulait que son livre ait une rigueur universitaire dans sa forme, avec un contenu guidé par un élan poétique. « Avoir écrit ce livre avec autant de jubilation me donne envie d’y retourner. Mais aurais-je une personne aussi inspirante pour me transporter  ? » En attendant, Jean Lavoué prend la plume pour écrire des poèmes à son tour.

René-Guy Cadou, la fraternité au cœur, de Jean Lavoué, aux éditions L’Enfance des Arbres. Disponible dans toutes les librairies.
Contact : jlavoue@gmail.com

Ouest-France  




samedi 19 octobre 2019

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Tu reviens à la grâce des forêts de l’enfance
Où les branches se courbent sous le poids de l’année
Les pluies d’octobre ont lissé leurs feuillages
Et préparé le feu d’un éternel été

Automne aux fastes de lumière
Toutes les saisons éclairées
Le blond chevreuil de la clairière
Le soleil au miroir brisé

La flamme rousse des fougères
Les châtaignes aux bogues éclatées
les chemins creux de la mémoire
Les ronces pourpres dans les haies

La terre se montre impassible
Aux troupeaux enfin rassasiés
Mais elle cueille avec tendresse
Les fruits mûrs dans les vergers

Les arbres gardent ton empreinte
Leur force tout au bout de tes doigts
Et sous tes pas de chercheur d’or
L’odeur des feuilles écrasées

Jean Lavoué 18 octobre 2019
Photo JL La Chesnaie 18/10/19



























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mercredi 16 octobre 2019

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Parce que l'automne
Nous dit encore le chant et la lumière
De saisons à venir
Nous bénissons ses pluies et ses nuages
Son humble dépouillement
Ses écorces et ses couleurs.

Jean Lavoué, le 16 octobre 2019
Photo Jackie Fourmiès























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lundi 14 octobre 2019

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Quelques retours de lecteurs à propos de "René Guy Cadou la fraternité au coeur" Éd. L'enfance des arbres, disponible depuis le 1er octobre 2019

"Je dévore votre livre sur Cadou à belles dents et je suis très admiratif du travail que vous avez effectué. Vous allez au plus près du texte, au cœur du poème et vous le faites en poète, si bien qu’on est loin d’un travail critique de “dépeçage linguistique” comme j’ai pu parfois en rencontrer.
De plus vous convoquez tous les poètes et/ou amis qui ont interrogé non seulement cette œuvre, mais se sont comme vous aussi interrogés sur leur rapport à cette poésie en se demandant pourquoi ce poète fait tressaillir nos fibres les plus profondes, et vient comme un baume sur les blessures du temps en nous conviant à un espace où il semble s’abolir.
Vous nous faites aller plus loin dans la perception du poème, dans son intimité, sans jamais le paraphraser ou “l’enrôler” dans une théorie ou école de pensée.
Au-delà du cercle des fervents amis de la poésie de Cadou, votre livre peut être une belle introduction et incitation à sa découverte."

Eric Hollande

"J’ai dévoré votre livre en deux jours, quasi d'une traite. J'y ai appris des choses de façon "interne", sensible. Vous avez derrière vous beaucoup de lectures, de recherches, la passion et la patience conjuguées. C'est une vision toute personnelle que vous nous donnez de Cadou, nourrie par votre histoire et par votre propre foi, mais cela avec une honnêteté telle qu'une athée comme moi peut vous suivre. Vous m'avez donné envie de relire Cadou…
J'aime infiniment la poésie d'Hélène Cadou, plus proche de nous dans sa forme, elle respire la grâce à chacun de ses mots. C'est l'une des personnes qui m'a le plus marquée dans la vie. Un soleil d'une grande puissance l'habitait. J'ai compris en la regardant ce qu'était la joie profonde.
"Renélène" sont indissociables, à jamais, dans notre cœur et dans l'histoire de la poésie. Soyez remercié de les garder tous deux vivants, souriants à la vie qu'ils aimèrent. Bien à vous, dans le partage du poème.

Marilyse Leroux

"J'ai aimé, à travers ton livre, mieux percevoir ce qui habitait René Guy Cadou en ses profondeurs. On ne parle pas beaucoup en effet de sa quête intérieure et pourtant elle affleure en beaucoup de ses poèmes. Je ne m'en étais pas rendu compte à ce point…
Grâce à toi, Cadou me devient un compagnon beaucoup plus proche. Sa simplicité, sa droiture, sa liberté intérieure, son humour, son humilité et sa fraternité me touchent et m'inspirent ; ça sonne juste et vrai…
Quel bonheur de me sentir en communion avec Cadou, avec ses inspirateurs que j'ignorais, sauf Max Jacob, et avec tous les humains qui tâchent à longueur de vie de s'humaniser et de s'entraider sur ce chemin. Tout près de la porte d'entrée de notre maison, nous avons écrit les belles paroles adressées à Cadou par Max : "Soyez humain si vous voulez être original". Où avons-nous trouvé la phrase ? Je crois que c'est dans "Cadou Loire Intérieure" de Jean Rouaud. C'est un de mes mantras ! Merci encore !"

Jacques Musset

"Ton écriture, tout à la fois poétique et fluide, nous exhorte à l’ouverture intérieure et à la relation, en nous laissant rejoindre par René Guy Cadou qui à travers toi et tous ses amis, nous parle au cœur.
Car justement René Guy ne cherche rien d‘autre que d’être. Etre et vivre avec l’absence chevillée à l’âme, avec ce Dieu introuvable hormis dans la nature et les gares et bistrots, avec Hélène qui veille, avec tous ses frères en humanité.
Ta « lectio divina » des poèmes de René Guy comme un petit chemin à suivre à la suite et avec René Guy où nous nous laissons entraîner, nous nous laissons faire, retourner, voire transfigurer par le poème.
Cette lecture, j’aime la laisser aller où elle veut, parfois comme un jeu - sérieux - un jeu relationnel et toujours au fond avec l’auteur, un jeu de cache-cache, un jeu de reliance aussi, un jeu de surprises…
Tes questionnements : quel juste chemin ! Tâtonner, s’ouvrir à l’inconnu, ne pas avoir de certitude, surtout pas, mais laisser en soi se dilater et se décanter une parole vivante et habitée, et la laisser nous rejoindre au plus profond de notre être sans que raison s’en mêle.""


samedi 12 octobre 2019

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La marche, à mon sens, est génératrice de pensée...
Tout mon travail est né de ce besoin de devenir celui que j'étais mais que je ne connaissais pas...
Le chemin c'est celui qu'on parcourt tout au long de sa vie... mais c'est aussi le chemin intérieur...
En fait on n'a pas à se construire, on a simplement à se découvrir...
Simplement désencombrer, désenfouir ce qui se trouve caché...
La spiritualité c'est un travail incessant sur soi-même pour détrôner l'égo et tenter de s'ouvrir de manière toujours plus large à la vie, aux autres, à soi-même...
Se rendre toujours plus humain, toujours moins enfermé en soi...
Il y a lieu d'éliminer beaucoup de choses qui ont été déversées en nous pendant l'enfance et l'adolescence...
Il s'agit de déjouer tous les mensonges, toutes impasses dans lesquelles on peut s'enfermer...
L'écriture est indissociable de ce travail que j'ai eu à faire sur moi-même...
C'est un oeil qui regarde en lui-même...
Tant que ce travail n'a pas été fait, on ne peut pas parler d'une liberté de pensée...
La marche peut être un des moments de ce travail qui se poursuit de manière continue...
J'écris beaucoup dans ma tête en marchant parce que ce rythme de la marche favorise la pensée...
Ca se fait de soi-même : je suis à l'écoute de cette voix qui parle en nous...
La plupart de mes poèmes m'ont été dictés : je les entends... et parfois ils surgissent tout écrits, comme si moi je n'avais pas eu à intervenir...
Je ne visualise rien. J'entends. Je suis attentif à ce rythme à cette poussée obscure qui demande à venir au jour...
Cette voix, elle parle en chacun de nous, elle est silencieuse, mais parfois elle parle si fort que c'est comme si je l'entendais prononcée à côté de moi...
On se trouve forcément très seul... Ce travail ne peut se faire que dans la solitude...
Et cette solitude elle fait peur, elle n'est pas facile à vivre...
Mais une connaissance vous est donnée par votre expérience de l'être qui, après, ne peut plus vous échapper...
C'est une base solide qui est là...
Quand les mystiques disent Dieu c'est un mot très commode pour essayer de désigner une expérience au plus intime de l'être...
Si Dieu est en nous, il ne faut pas supposer qu'il existe ailleurs. Tout le travail est à faire là...
Il faut revenir à soi et travailler sur soi-même...
Il m'a fallu beaucoup de temps pour comprendre ce travail qui se poursuivait en moi et qui relevait d'une nécessité vitale...

Charles Juliet
Propos recueillis au fil d'une conférence par Yves Le Truédic















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