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lundi 19 août 2019

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Dans ma bibliothèque aux trésors
J'ai trouvé toutes les perles que je cherchais
Au creux de livres bien rangés
Dormant pour la plupart depuis des années
Mais aucun d'eux ne manquait
Sauf un pour le silence et pour le désir
Chance ! Il sera à nouveau publié l'an prochain
Je reste donc disponible pour l'imprévu
Et pour le mystère
Ainsi boiteux de cette absence
Mais comblé de tant de secrets et de signes
J'ai dessiné entre les branches de mon amour
Les paysages d'un homme fraternel entre tous
Je crois bien qu'il m'a guidé en son pays de terre nue
De joncs ensoleillés et de solitude ardente
Avec Hélène ils ont pressé le pas
Pour guetter chaque matin la main reconnaissante qui écrivait
Effaçant toutes traces à mesure
Mais révélant pourtant pas à pas
L'improbable visage
De leur jeunesse et de leur chant
Gravés dans nos cœurs.

Jean Lavoué, 19 août 2019
Photo : Paysage de Grande Brière, Saint-Lyphard.























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samedi 17 août 2019

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Si nul poème ne vient frapper aux carreaux de ta vie
Ouvre grand les fenêtres
Laisse entrer le soleil
Il se peut qu’un silence enfante des clairières
Des feuillages s'ouvrant sur des fronts constellés
Des visages où le vent tisse un chant de lumière
Et te voilà rejoint par la voix des forêts
L'orchestre aux branches nues
Aux oiseaux bouleversés

Au vitrail du ciel tant de vies simplifiées
La solitude même miraculeusement peuplée
Chacun capable de courage pour l’autre et pour soi-même
De transparence pure et de gestes sauvés  
Tant de signes ont bravé l'interdit des frontières
Pour venir jusqu'à toi les mains vides et sans preuves
Attester de la Vie jaillissant de l'absence
Murmurer à ton coeur les versets de la Joie.

Jean Lavoué, La Chesnaie, 16 août 2019
Photo ArtPower/Pixabay





















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mardi 13 août 2019

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La Paix ne se conquiert ni par force
Ni même à coups de profondes méditations
Elle est don gratuit
Saisissement soudain message inespéré
Comme le ciel comme les nuages comme la pluie
Ne va pas penser pour autant que tu n'y es pour rien
Viens t'établir de temps en temps dans les cafés de ta mémoire
Ouvre grand les fenêtres
Balaye d'un coup de main tous les comptoirs du soleil
Prends des vacances
Élargis ton aire
Voilà qui te redonnera le goût sûr des matins de printemps
Tiens-toi à ces clairières de silence par où le vent s'engouffre
Laisse aller le poème dans les ramures de ta voix
Il est en toi un souffle que ne menace nul abîme
Des grèves des prairies des océans des déserts
Où lavé des soucis
Affranchi des vains désirs
Tu peux te reposer.

Jean Lavoué, 12 août 2019
Photo makunin/Pixabay














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lundi 12 août 2019

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Coup de coeur pour ce magnifique ouvrage "Eaux intérieures" réalisé par Aïcha Dupoy de Guitard, photographe, avec des poèmes de Gilles Baudry.

ODE A L’INAPERÇU

Combien nous gagnerions
parfois
à perdre notre temps
à contempler
les petits riens
des jours les plus quotidiens
nous accordons
si peu d’estime
à ce qui nous entoure
il y a tant à découvrir
dans tout ce qui nous semble
aller de soi

Gilles Baudry

Ce livre, dont les éléments furent glanés au fil d’humbles marches méditatives, concerne autant notre origine, notre présent que notre avenir. Il met en valeur, dans l’écrin le plus sobre et le plus simple, ce que nous avons de plus précieux. Cela qui nous concerne de la manière la plus urgente : la source secrète de nos vies. Chaque page de ce livre en porte la trace.

Extrait de la préface de Jean Lavoué

"Eaux intérieures" est en précommande sur Ulule, vous n'avez qu'à cliquer sur le lien suivant pour réserver le vôtre : 


Après un livre sur l'océan, puis sur la forêt, voici un hommage aux rivières bretonnes, comme un lien évident entre ces deux mondes.
Trois années de travail pour vous faire rêver, une nouvelle et heureuse collaboration avec Gilles Baudry pour notre plus grand bonheur ! En partenariat avec l'association "Eau et rivières de Bretagne" et une préface de Jean Lavoué!
Pour la somme de 29€, frais de port offerts !!
A partager sans modération !

Aïcha Dupoy de Guitard






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mercredi 7 août 2019

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Tandis que l'été s'étire aux carreaux du soleil
La terre ne prend pas de vacances
Les années se précipitent dans les corridors de l'abîme 
Nous refusons d'entendre les coups inexorables
Frappés sur les flancs de sa beauté
Les rivières et les fleuves ont soif
Les bêtes ont pressenti bien avant nous
Le désert qui venait 
Déjà les forêts tremblent 
Dans les steppes cernées de glaces les tourbes brûlent 
Le vent redoute de porter plus loin l'étincelle 
Partout dans le feu des villes
La fureur de l'homme ne faiblit pas 
Serions-nous encore à deux pas du précipice
Ou aurions-nous déjà amorcé notre chute
Nous gardons les yeux ouverts mais nous ne voyons pas
Nous poursuivons notre rêve
Nous ignorons le sol où notre avidité se fracasse
Pourtant l'oreille collée au tronc des arbres
Nous serions capables d'entendre la nuit qui grandit
Et le silence qui seul nous sauverait
Nous serions à nouveau complices avec la vie précaire 
Nous parlerions aux insectes
Nous prierions pour les plantes
Nous saisirions l'instant pour écarter les flammèches de notre folie
Et nous bénirions les gestes sobres 
Qui nous rendraient à notre pauvreté originelle. 

Jean Lavoué, le 7 août 2019 
Photo : photoshopper24/Pixabay












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