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lundi 16 juillet 2018

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Christian Bobin, ce 16 juillet sur RCF

   Christian Bobin Cop. AFP/Bertrand Guay

Si vous saviez à quel point je cherche la joie
Ce n'est pas quelque chose qui est séparée
de façon étanche de toute douleur
de toute difficulté
mais je cherche quelqu'un
C'est peu à peu en écrivant que j'en ai pris conscience
Ecrire pour moi c'est appeler dans le noir
espérer qu'il y ait un écho
espérer que la parole va s'éclairer en butant contre un visage





dimanche 15 juillet 2018







Chut ! Page blanche !
Je distille cet été
En vue d'un recueil à venir :
"Levain de ma joie"...










Quelques semaines donc sans doute sans écriture et sans partages afin de mieux me centrer sur un travail de relecture, d’ajustement et de sélection concernant les poèmes écrits depuis un peu plus d’un an...

Pour ceux qui se questionnent sur ma santé, je peux dire que je suis heureux de ce nouveau traitement d’immunothérapie qui, je l’espère, stabilisera l’évolution de ma maladie. Cependant coeur et reins atteints par celle-ci restent sous étroite surveillance, notamment ces derniers... 
Le plus pénible en ce moment ce sont ces trois fractures/tassements vertébraux depuis deux mois dus aux corticoïdes accompagnant les traitements... Je n’ai pu retrouver mes bois ni les bords du Blavet ces deux ou trois dernières semaines, la douleur étant trop vive. Cela aussi contribue à la nécessité d’une pause dans l’écriture...

Prenez soin de vous ! Je vous souhaite un bel été et pour ce jour une très belle joie, toute en bleu... !


JL le 15 juillet 2018

jeudi 12 juillet 2018

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Toi qui tisses en secret
D’absence et de présence
Ces clairières du silence,

Toi qui te tiens caché
Comme empreinte de joie
Au feu de l’éclaircie,

Toi qu’on ne saisit pas
Pas plus qu’on ne séduit
Mais qui surgis sans bruit,

Toi qui a tout donné
Jusqu’au moindre soupir
Pour susciter le Chant,

Et nous souffles ténus
Juste un moment posés
Dans la paume du temps,

Comment te rendre grâce,
Sans cesser de se taire
Comment goûter l’instant, 

Comment partir plus loin
Quand tu es de partout
Le Vivant, l’Espéré,

Comment t’imaginer
Autre que sans visage
Toi sourire incendié ?


Jean Lavoué
Poème de mon repos, Hennebont, 11 juillet 2018



























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lundi 9 juillet 2018

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Voici une recension de Chant ensemencé et de quelques autres écrits réalisée par Christiane Marmèche, créatrice du blog très fouillé consacré au théologien et exégète Jean-Marie Martin, féru de l'oeuvre d'Heidegger et de l'Evangile de Jean...







« Un symbole du symbole, c'est le travail poétique. Ce travail est apparemment un travail. En fait, il n'en est pas un. Le poème se donne. Et néanmoins, il faut un prodigieux labeur pour écarter tout ce qu'il n'est pas, car le mode sur lequel il vient ne me dit pas d'abord ce qu'il est, mais me fait savoir ce qu'il n'est pas. Il y a tout un travail de désencombrement, d'exclusion, de négation pour que la chose puisse venir d'elle-même. C'est un analogue de ce qu'est la véritable écoute de l'Évangile. » Jean-Marie Martin

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dimanche 8 juillet 2018

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Un seul mot sans musique
Peut murer à lui seul     
Les travées silencieuses
Où ton chant se dépose.

Tu l’entends tout de suite :
Le rythme n’est pas là ;
Beaucoup trop de pensées
Encombrent le passage.

Alors tu recommences,
Tu écartes les pierres
Jusqu’à ne plus savoir
Ce qu’elles cherchaient en toi :

Un aveu, un appel,
Une confirmation,
Cela que justement
Tu ne saurais donner.

C’est à ne pas savoir
Que tu saisis ces notes
Dont la volière en toi
Libère la clarté ;

C’est ainsi que tu trouves
Dans le puits des mystères
Des forces jeunes et nues,
Tant de tiges dressées.

Tu n’as plus à vouloir
Le pourquoi du poème,
Tu n’as qu’à te hisser
Sur la margelle du jour.


Jean Lavoué
Bois de La Chesnaie, le 30 juin 2018












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samedi 7 juillet 2018

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Agnès Henneguy avait enregistré un extrait du Livre de la pauvreté et de la mort de Rilke. J'avais beaucoup aimé. Je le lui ai dit. Elle vient de m'adresser cet enregistrement d'un poème extrait de Chant ensemencé*, écrit à l'hôpital du Scorff le 7 juin 2017. Tellement heureux de vous le partager...


*Disponible aux Editions L'enfance des arbres
Les dessins blancs de la vidéo sont ceux qui illustrent le recueil, réalisés par Nathalie Fréour



jeudi 5 juillet 2018

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Quel ange cohabite
Avec le souffle en toi,
Quel témoin effacé
Dont le chant te soulève ?

C’est ton énigme nue,
Tes marées invisibles
Auxquelles tu ne consens
Qu’à vivre lentement.

Cette ruche posée
Sur les prairies du cœur
Peuple de mains amies
Les touches du silence.

Rien ne t’avait promis
Cette marche stellaire
Sinon cette naissance
Sur le seuil d’un printemps,

Ou encore ce rideau
Déchiré de l’été
Et la lumière crue
S’engouffrant dans les blés.

Tu n’appris qu’en perdant
Toutes tes illusions
À te fier à la voix
Sans rime ni pourquoi.

À présent tu ne vis
Que de grâces reçues
Toi qui n’a mérité
Ni ce don sans raison,

Ni ces fleurs sauvages
Implorant le grand vent
Pour irradier le jour
Et s’offrir en partage.

Tu cherches à ne pas perdre
La semaison des heures ;
Si parfois tu t’éloignes,
L’Inconnu reste là.


Jean Lavoué, Bois de La Chesnaie, le 1er juillet 2018
Photo Cop. Jackie Fourmiès




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