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mardi 22 mai 2018

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Maintenant que le Souffle nous précède et nous sauve,
Maintenant que nous allons dans la sève du monde
Aussi vifs que le vent dans les matins de mai,
Nous nous laissons porter par le feu des courants,
Nous sommes Chant allègre, offrande des saisons,             
Nous sommes cette orée qui n’aura pas de fin,
De ce Royaume enfin qu’on nous disait promis.

Nous caressons les sources, les fougères nous assurent,
Nous sommes de plain-pied en ce jardin d’enfance
Où nous reconnaissons la trace de Ses mains,
Son jeu dans les feuillages, Son silence aveuglant :
Nous allons libérés, nous ne Le touchons pas ;
En marchant simplement nous aimons Son absence,
Nous Le reconnaissons dans chaque pas de l’aube,
Nous sommes cette lumière dont Il jubile en nous.

Et nous voici debout comme un arbre en plein ciel,
Bruissant de mille oreilles, couvert de chants d’oiseaux,
Capables d’acquiescer à l’instant de nous-mêmes
Où nous ne serons plus que cet amour naissant,
Cette clairière ouverte à l’éclat du Soleil,
Ce concert allégé de tout ce que nous fûmes,
Cette Présence enfin, cette grâce inouïe.


Jean Lavoué
La Chesnaie, 21 mai, lundi de Pentecôte 2018










































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dimanche 20 mai 2018

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Tous les oiseaux de mai
Ont rendez-vous avec l’azur

Le vent signe d’un grand silence
Ce jour ébloui

Nous marcherons longtemps encore
Sous les verrières de l’aube

Acclamant la beauté
Qui nous réconcilie




Jean Lavoué
La Chesnaie, Pentecôte 2018













































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mercredi 16 mai 2018

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S’en aller, s’en aller, folle clameur du vent !
Quel bonheur de mendier notre source de vie !
Quel appel du Vivant !
Quelle splendeur de marcher,
De remonter les rives,
De se sentir au large
Et partout en partance,
Avec pour compagnons tous ces oiseaux de mer !

S’enfouir à chaque pas vers des forêts sans nom,
Des terres que tu ignores,
De grands rochers abrupts scandés par les courants.
Le ciel est ta verrière,
La nef où tu respires,
Il te faudrait partir vers des matins légers,
Des horizons de sel,
Des océans promis et des crues de lumière.

C’est à l’aurore qu’on perce les secrets,
C’est à rebours que les aubes se donnent,
Toi qui a tant perdu en cherchant l’estuaire,
Te voici à présent familier du silence
Et de sentiers austères :
La solitude qui t’enchante n’est pas celle que tu cherches
Mais celle qui te précède sur tes chemins d’errance.

Des mouettes te font signe que la nuit est partout
Sauf en ce paradis où tu déploies tes lignes.
Le souffle ici ne manque pas
Ni la marque fidèle des frères de combat :
Nous allons silencieux au lieu qui nous vit naître,
Aussi graves que joyeux,
Veillant à l’huile de nos lampes,
Gardant au fond du cœur ce chant qui nous emporte.


Jean Lavoué, 15 mai 2018
Photo JL rives du Blavet Pont-Augan















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samedi 12 mai 2018

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L’exercice qui te sauve :
Te tenir comme un arbre,
Ancré dans les courants,
Consentant aux averses,
Être fleuve sans rives
Ou bien cet homme debout
Qui marche dans sa nuit,
Sans lieu, sans autre sol
Que le bel aujourd’hui,
Conscient que tout naufrage
Recèle des trésors,
Oublieux de ses failles,
Ne gardant que l’élan,
La clarté des passages,
Invitant chaque oiseau
À demeurer chez lui.


Jean Lavoué, 11 mai 2017
Photo VERYNZTRIP











































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