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mardi 23 juillet 2019

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Là où se tient le chant,
Tu reconnais les ajoncs fous
De ton enfance,

Les terres 
Où tu n’allais jamais
Sans brouiller toutes les pistes

De peur qu’un jour
On ne les dompte.

Il est en toi
Un lieu secret
Où tu es resté rebelle
A tout mot d’ordre,

Un pays
Où la raison se perd
Où la forêt l’emporte !

Tu n’as rien à redouter,
Tu vas vers le plus risqué,
Le plus incertain,

Même à l’obscur
Tu gardes au cœur

Un visage d’aube posé
Sur le front pur des années.


Jean Lavoué, Carnets du souffle, inédits, 2007-2010
Photo strikers/Pixabay






















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dimanche 21 juillet 2019

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C'est ainsi que tu es 


Tu parles par ma voix 
mes nuits sont tes silences 
mes jours disent l'absence 
dont tu me renouvelles


Tu guides vers ce qui est profond 
tu ne veux rien de conforme 
tu ne retiens pas l'apparence 
tu es ce qui surprend 


Tu sais la vie au-delà de la vie 
tu orientes 
tu montres le chemin 


Tu es cette imperceptible vibration 
ce très léger battement d'ailes 
de l'éternité dans le temps 



Tu ouvres mon aujourd'hui.


Soleil des grèves, 1997
















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vendredi 19 juillet 2019

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J’ai nourri mon poème au vitrail des feuilles
Serties de branches pures
Je captais les rayons d’un soleil de patience
Couronnant les matins
Sous la verrière du vent je saisissais les mots
Chaque éclat de lumière
Chaque mousse de feu noir
Sous la nef de verdure aux sentiers tournoyants
Les oiseaux répondaient
J’apprivoisais leurs chants leur silence sans aveu
Un hymne secourable
Un psaume venu des cieux
Qu’y-a-t-il donc derrière la paroi végétale
Dont nos âmes sont tissées
Quelle beauté plus secrète encore
Que celle qui se dévoile à nos yeux enchantés
La nuit peut bien venir
L’ombre verticale s’abattre sous nos voûtes
Je garde la brûlure de ces instants sacrés.

Jean Lavoué, texte et photo, 17 juillet 2019



























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mardi 16 juillet 2019

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Désormais le poème sera pour toi
Cette manne essentielle au carrefour des routes
Toi dont les jours sans preuves deviennent pas légers
Comme aiguille docile au balancier du temps
Tu choisiras l'instant comme seule demeure
La clarté enivrée des mouettes sur la mer
L'amour sera le port où tes journées accostent
Le chant ton seul bonheur
Ton navire des hauts fonds
Ecrire aura pour toi les couleurs de l'aube
Des matins aux parfums de sel et d'amitié
La vie a tricoté au fil de ta patience
Tant de belles demeures ouvertes sur la joie
Tu ne sais plus peser la valeur de tes heures
Calculer le pourquoi
Ressasser les regrets
Seul ce qui reste à vivre est soleil accordé
Avec chaque passant tu ouvres ta jeunesse
Tu partages l'été.

Jean Lavoué, 15 juillet 2019
Photo geralt/Pixabay












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