Traduire

vendredi 22 mars 2019

jeudi 21 mars 2019

.





L’enfance des arbres est dans sa douzième année… N’est-ce pas un âge où déjà l’enfance s’éloigne ? Afin de faire une pause, de la garder peut-être plus longtemps près de moi, il m’est venu le désir de retourner aux premières pousses, ces poèmes inédits écrits entre fin 2007 et 2010… Certains d’entre eux avaient déjà été partagés sur le blog www.enfancedesarbres.com mais aucun sur FaceBook















Il t’a suffi d’une seule prière,
D’un seul chant fraternel
Pour ouvrir la croisée
Que tu tenais secrète,

D’un mot posé comme une lampe
Sur le seuil de ce jour
Pour entendre ta voix
Trembler dans sa lumière.

Il t’a suffi d’une seule étoile,
D’un matin silencieux,
D’un murmure accordé

Pour couvrir ta solitude
De rameaux et de fruits.


Jean Lavoué 2008
Photo Pixabay/LoggaWiggler





























.

mercredi 20 mars 2019




















J'ai voulu que la lumière
Devienne mon amie

Elle a pactisé avec les ombres
Elle a soufflé sans hâte
Sur les braises de mon âme

Elle a laissé le jour
S'élargir peu à peu

Puis consolant
Ce qui était perdu
Elle m’a fait le cadeau
De demeurer en moi

Jean Lavoué, poème déjà partagé le 20 mars 2016






























.






Le poète Yvon Le Men disant un extrait de SOLO de Xavier Grall aux obsèques de Yann-Fanch Kemener le 19 mars 2019 à Sainte-Tréphine :


Seigneur me voici c’est moi

j’arrive de lointaine Bretagne

O ma barque belle

parmi les bleuets et les dauphins

les brumes y sont plus roses

que les toits de l’Espagne

je viens d’un pays de marins

les rêves sur les vagues

sont de jeunes rameurs

qui vont aux îles bienheureuses

de la grande mer du Nord



Je viens d’un pays musicien

liesses colères et remords

amènent les vents hurleurs

sur le clavier des ports



je viens d’un pays chrétien

ma Galilée des lacs et des ajoncs

enchante les tourterelles

dans les vallons d’avril

me voici Seigneur devant votre face

sainte et adorable

mendiant un coin de paradis

parmi les poètes de votre extrace

si maigre si nu

je prendrai si peu de place

que cette grâce

je vous supplie de l’accorder

au pauvre hère que je suis

ayez pitié Seigneur

des bardes et des bohémiennes

qui ont perdu leur vie

sur le chemin des auberges

nulle orgue grégorienne

n’a salué leur trépas

pour ceux qui meurent

dans les fossés

une feuille d’herbe dans la bouche

le cœur troué d’une vielle peine

de lourdes larmes dans le paletot

et dans les veines des lais et des rimes

Seigneur ayez pitié !



La mort vient tôt frapper

à notre porte

les vents d’hiver emportent

les poitrinaires

"Solo et autres poèmes »,

Xavier Grall, Éditions Calligrammes, Quimper 1981



samedi 16 mars 2019

.





Notre ami, Yann-Fañch Kemener vient de nous quitter...











Gratitude, cher Yann-Fañch
Pour tout ce que tu nous as donné,
Pour ton chant, pour ta voix,
Ta simple humanité !

Pour ce lundi de reconnaissance, d’adieu et d’amitié,
La Bretagne était forte dans le feu des ajoncs,
La Bretagne était douce sous la rumeur des harpes
Et les eaux de l'Ellé, sauvages comme un printemps.
Avec toi nous vivions ces instants de ferveur :
Guitare, accordéon faisaient trembler les branches,
Dans le ciel les bourgeons se courbaient jusqu'à toi.

Tu étais simple flamme qu'un souffle fredonnait,
Et nous penchés vers toi, te protégeant du vent,
Une compagnie d'enfants impuissants et timides
Pour dire les derniers mots, ces poèmes sans bruit,
Pour guider vers sa nuit un prince du pays,
Pour garder son silence juste aux lisières du cœur.



Le 11 mars 2019


Quelle émotion de retrouver Yann-Fañch en ce beau documentaire qui vient de lui être consacré par France 3 Bretagne 2019 : https://www.youtube.com/watch?v=PFkjdzIzmrk&fbclid=IwAR2-TEMNtvtIeJThIVIRSWD7oXs6zNz0uH27ktE2DJqdQ1LR3vsVnHx81vk

« Je pense que j’ai bien travaillé, assez bien travaillé... Je regrette peut-être de ne pas en avoir fait plus. Mais bon, c’est comme çà. J’ai fait ce que je pensais bon d’après moi. Et ça je ne le regrette pas. » Yann-Fañch Kemener









.

vendredi 15 mars 2019


.








.





Cette vie si fragile,
Ce chant inconsolé,
Cette fleur sans pourquoi,
Où l’accueillir vraiment ?        

Il suffit d’être là,                                   
Dans l’ouverture du jour,         
Repoussant doucement     
Les portes de la nuit.

Il nous faut recevoir
Comme un flux de silence
La clarté de ces arbres,
De ces berges aux oiseaux.

Partout le vent nous dit                
Son énigme et sa gloire.

Dans l’éclat des voilures
Nous sommes au rendez-vous
Ignorant tout du Chant,
       
Ce feu entre les mots, 
Dont le souffle nous porte.




  Jean Lavoué, Levain de ma joie, 12 mars 2018












.




[URL=http://www.compteur.fr][IMG]https://www.compteur.fr/6s/1/6057.gif[/IMG][/URL]