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jeudi 26 novembre 2020

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Quelle belle surprise de découvrir ce matin cette vidéo de Bruno Lalonde évoquant l'hommage à Jean Sulivan auquel il a participé cet été. Sa voix et son accent chaleureux du Québec nous entraîne dans cette découverte passionnée que fut pour lui l'œuvre de Sulivan, découverte qu'il partage avec beaucoup d'autres auteurs de ce livre...









Livre "avec Jean Sulivan, dans l'espérance d'une parole" à commander dans toutes les librairies ou encore disponible aux éditions L'enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont, au prix de 20 euros + 3,50 euros de frais de port.













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dimanche 22 novembre 2020

 






Face au brouhaha des images
À l'ennuagement des esprits 
Au tapage des sons
Quoi de plus essentiel 
Que de faire entendre un ciel d'enfance
Une blessure muette
Des branches de silence
Des rires éclatants et des voix familières
Une cour de ferme aux fleurs d'éternité
Des champs offerts aux rumeurs de la mer
Des haies de saules aux feuillages argentés
Des nuits confiées aux vents frais aux étoiles
Un printemps de coquelicots 
Des matins dépliés en nappes de soleil
Des chansons qui sortent des poitrines
Une parole poudreuse de la poussières des chemins 
Des sourires qui sauvent des gestes fraternels
Une table pour le partage  
Des oiseaux accordés à la joie ? 

Jean Lavoué, 21 novembre 2020















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mardi 17 novembre 2020

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Halage au lent manteau de brumes endormies
Aux matins de roseaux et d'herbes aux cheveux d'or
Tu remontes le temps vers les amis enfouis
Dans les méandres de la mémoire 

J'entends encore leur souffle enfanté pour le chant 
La danse des abers couronne leurs chemins 
Tes rives ont la couleur des fêtes de villages
Dont leur voix souveraine était l'âme autrefois 

À l'entrée de l'hiver
Tu caresses les ombres des arbres engloutis
Dans les marées du ciel 
Les ronces les fougères rouissent tes eaux vives 

L'estuaire à nos portes
L'impatience se défeuille
Et nous allons confiants vers des îles nomades 
Bretagne des rivières et Bretagne des sources 
Compagne fraternelle des marins en partance 
Tu délivres à nos pas
Un passeport pour la joie. 

Jean Lavoué, 16 novembre 2020
Pensées émues pour mon ami Yann-Fañch Kemener en écrivant ce poème.
Photo JL 16/11/20
























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dimanche 15 novembre 2020

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L’ENFANCE DES ARBRES – OUEST-FRANCE DU 12 NOVEMBRE 2020

 

Propos recueillis par Isabelle Le Poder

 

Quand et pourquoi, Jean Lavoué, avez-vous-créé votre maison d'édition ?

 

J’ai créé L’enfance des arbres en février 2017. Suite à un blog de partage poétique du même nom qui existait depuis 10 ans. Des lecteurs me demandaient comment retrouver ces textes. Bien que publié par d’autres maisons d’édition, je me suis dit que le plus simple, pour de la poésie, serait de les éditer moi-même tout en publiant aussi d’autres auteurs. 

 

Combien de livres avez-vous actuellement en catalogue ?

 

J’ai publié 25 ouvrages en 4 ans. Très peu sont épuisés. Une douzaine d’auteurs différents et autant d’artistes illustrateurs.

 

Tous les écrivains sont-ils bienvenus chez vous ? (Genres, 1er livre...)

 

L’orientation, sans être exclusive, s’est faite très tôt autour de la poésie, illustrée par différentes formes d’expression artistique : peinture, gravure, dessin, aquarelle, pastel, photographie, calligraphie… Le choix est aussi de privilégier une dimension d’intériorité, d’où la parution d’ouvrages dans lesquels une certaine sensibilité spirituelle est présente. Des essais littéraires sur René Guy Cadou, Jean Sulivan, Etty Hillesum ou encore bientôt Xavier Grall s’inscrivent aussi dans cette ligne.

 

Quels auteurs, par exemple, avez-vous publiés ?

 

Beaucoup d’auteurs bretons. Je pense en particulier au moine poète de l’abbaye de Landévennec, Gilles Baudry, ou encore aux poètes, Jean-Pierre Boulic et Christine Guenanten. Quelques-uns publient pour la première fois. Parmi les artistes, outre la pastelliste Nathalie Fréour de Nantes, plusieurs auteurs d’aquarelles ou de gravures morhihannais : Bernard Schmitt, Marie-Hélène Lorcy ou encore Marie-Françoise de Salins d’Hennebont qui a illustré plusieurs ouvrages.

 

Quels sont les atouts d'une petite maison d'édition pour les auteurs ?

 

Je dirai que c’est d’abord la chance d’être publié, là où le chemin est semé d’embûches pour accéder aux maisons d’édition nationales. Le revers de la médaille, c’est souvent le peu de visibilité, surtout s’ils n’ont jamais été publiés auparavant : la diffusion doit donc reposer aussi sur la mobilisation de leurs propres réseaux.

 

Y a-t-il une fragilité économique d'une telle entreprise ?

 

Oui, forcément mais comme il ne s’agit pas pour moi de dégager des bénéfices mais d’équilibrer les résultats, ce qui est le cas depuis quatre ans, les conséquences sont limitées. L’enjeu est d’abord celui de la création, tout en offrant un espace de publication à des auteurs. Avoir le souci économique d’une entreprise avec des salariés serait une toute autre gageure.

 

Nous vivons actuellement une période difficile pour le livre. Qu'en pensez-vous en tant qu'éditeur ?

 

Je dirais que je pense d’abord aux libraires. Car l’épreuve économique les touche, eux, de plein fouet. Pour les éditeurs aussi, tout s’arrête brutalement. Avec les librairies fermées, en effet, plus de commandes ! Certains éditeurs, tout comme certains libraires, peuvent réellement avoir du mal à se relever quand les charges sont trop lourdes.

 

Et en tant qu'écrivain et poète, comment vivez-vous cette période troublée à la fois par la crise sanitaire mais aussi par la vague terroriste ? Est-ce que ça vous inspire ou au contraire ?

 

Depuis un peu plus de 6 ans les textes poétiques que je partage sur FaceBook ou sur mon blog www.enfancedesarbres.com sont fréquemment inspirés par l’actualité, ce qui a encore été le cas à l’occasion des récents attentats. A côté des multiples sources d’information nécessaires, une certaine résistance par l’art ou la poésie me semble aussi un enjeu vital.

 

Comment commander les livres ?

 

L’ensemble des livres est disponible à la librairie « Quand les livres s’ouvrent » de Lorient qui dispose d’un site : https://www.quandleslivressouvrent.com/

On peut aussi commander les livres directement sur le site de L’enfance des arbres : https://www.editionslenfancedesarbres.com/

 












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jeudi 12 novembre 2020

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Dans la nuit rivale du monde
Où tout devient confus,
Quand verrons-nous des gestes de lumière 
Annonciateurs d'un matin ? 

On ne discerne plus rien ;
La parole trompeuse a tout envahi ;
Même les pauvres sont perdus ;
Où s'ouvrira la brèche d'un passage ? 

Seule demeure la rumeur de la terre
Qui a soif et qui souffre :
Notre part commune oubliée, 
Notre enfance mutilée,
Comment les retrouver ? 

C'est l'oreille penchée sur la pâleur de l'herbe
Que nous devons sentir les crevasses de nos divisions
Et qu'il nous faut écouter où bat le cœur de la planète. 

Que la maison où nous souffrons, 
Tous saisis du même mal,
Soit désormais notre clef de justice,
La porte de notre clairvoyance,
La table de nos tranchantes décisions ! 

Jean Lavoué, 11 novembre 2020











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dimanche 8 novembre 2020

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La parole résiste
Tel un soc de charrue
Dans les mottes du silence 

Petite fiancée du ciel
Elle couronne d'azur
Nos heures les plus sombres 

Elle prolonge l'amour
En publiant le ban
D'un vol nu de colombes 

Elle épouse le brin d'herbe
La transparente libellule
Le chant d'oiseau le plus ténu 

Elle est partout chez elle
Elle sourit au passant
Et s'en va souveraine 

L'arbre en disperse l'or
De ses branches agiles
Pour des moissons futures 

Elle est petite fille du trèfle
Amante des fougères
Compagne ailée des mouettes 

Elle est libre comme le vent
Insaisissable et vive 
Sans point final et sans façons 

Jean Lavoué, 7 novembre 2020













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jeudi 5 novembre 2020

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Que valent ces nuées de mots Brassées d'ailes mortes qui nous encerclent 
Que peuvent ces images qui nous mentent
Devant l'humble beauté
D'un matin triomphant ? 

Comment se défaire de la triste parole
Sinon plonger ses mains
Au lavoir du silence ?
L'herbe ne fait pas de bruit
Pourtant continûment elle pousse 

Nous sommes les enfants de nos jouets cassés
Ignorant tout de la profusion de la vie
Devant la pluie de feuilles
Où l'arbre se dépouille
Comment penser à soi  ? 

Le monde nous est confié
Et nous le recouvrons
De nos éclats de voix ! 

Le point de gravité de l'homme
C'est sa tendresse blessée
C'est le chant de la terre
Le cri douloureux de pauvres 

Comment le retrouver ? 

Jean Lavoué, 4 novembre 2020
Photos, JL 4/04/20





















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mardi 3 novembre 2020

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S'ils t'amenaient à douter
De l'humanité qui est en toi,
Alors ils auraient réussi leur crime  ! 

S'ils plantaient dans ton coeur
Les couteaux de la haine,
Alors le sang de leurs victimes aurait fleuri pour rien ! 

S'ils te faisaient désirer
Plus la guerre que la paix,
Alors ils auraient su t'amener sur leur propre terrain ! 

S'ils parvenaient à te dresser
Contre les valeurs mêmes qu'ils défigurent, 
Alors, par milliers, tu aurais perdu des frères ! 

Contemple avec tes larmes
Combien tu peux te fourvoyer toi-même
En leurs sombres desseins ! 

Arrache les épines, ôte la poutre,
Vois et regarde l'humanité blessée
Qui est en toi ! 

Ne sois plus le terreau
De leur geste violent qui arrache et détruit,
Mais cette terre ouverte
Où s'affirme une voie d'amour
Et un chemin de paix. 

Jean Lavoué, texte publié le 16 novembre 2015, au lendemain des attentats de Paris 
www.enfancedesarbres.com 

Photo : Vincent, Simone et Nadine, les 3 victimes de l'attentat de Notre-Dame à Nice du 29 octobre 2020 • © Facebook/Salvatore Gabriele


























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