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dimanche 30 décembre 2007

samedi 29 décembre 2007


Il arrive que des moines
Se reconnaissent entre eux,
Sans habits ni couvents.

Le monastère rayonne
Au cœur d’une assemblée secrète.

Comme un air de famille
Où l’on se reconnaîtrait,

Frères et sœurs de la voix imprenable.

vendredi 28 décembre 2007


J’aime au matin les mots d’éveil,
Les mots d’amour,
Les mots lavés du deuil.

J’aime les mots affranchis
Innocentant nos cœurs.

Je recours à leur gloire,
Je marche avec eux
Au milieu des blés.

jeudi 27 décembre 2007


La Présence
N’a pas besoin de demeure,

Mais il arrive pourtant
Qu’elle signifie son goût
De l’anfractuosité,
Du rocher.

Seul un dieu si fragile
Peut nous porter secours.

mardi 25 décembre 2007


Je fréquente des mots simples,
Soleil, silence, lumière, absence, présence.

Je les fais virevolter
Comme la ruche ses abeilles.

Je ne tiens aucune démonstration
Pour certaine.

Seul peut deviner
Celui qui s’est laissé brûler
Au sel de la joie.

lundi 24 décembre 2007


Il n’y a guère que le poème
Qui se souvienne.

Chez lui les mots forment une danse.
Rien d’immobile.
Tout se répond, tout est fluide.

Même la dissonance
Trouve ici son abri.

Mais ce qui chante ainsi
N’est pas loin de se taire.













Carnets du souffle





samedi 24 novembre 2007

Maintenant les cuivres
les violons
l’orchestre des grèves
qui accompagne

le chant délivré
la marche comme une danse
entre vagues et lumières

Seul l’oiseau s’accorde l’instant
avec l’intensité voulue

Ce retournement joyeux
de la mort dans la vie

Les ailes battant la mesure
dans l’éclat des percussions et du soleil

vendredi 23 novembre 2007

Très peu de mots
plongés dans leur naissance
configurent l’avenir

Ta mort
dit le passage
tout passage
sans cesse recommencé

jeudi 22 novembre 2007

Il marche seul désormais
dans l'assurance d'un deuil

La force d'une communion

Rien ne le nourrit plus
que ce silence en sa vie
ce chant
juste avant la parole

mercredi 21 novembre 2007

mardi 20 novembre 2007

J'écris à ma manière
simple
étonnée
sur les feuillages de ton mystère

De ce côté-ci de la terre
ton souffle est doux
comme l'haleine des chevaux

Si je disperse pour toi
ces mots sans bruit
tels des bols de grès
sur la table du silence

Seras-tu de cette fête

dimanche 18 novembre 2007

Sur le mur du jardin
entre ombre et lumière
une rose trémière saigne

Le ciel est en voyage

Le poème soulève
les pierres de ta vie
scellées

jeudi 15 novembre 2007

C'est ainsi que tu es

Tu parles par ma voix
mes nuits sont tes silences
mes jours disent l'absence
dont tu me renouvelles

Tu guides vers ce qui est profond
tu ne veux rien de conforme
tu ne retiens pas l'apparence
tu es ce qui surprend

Tu sais la vie au-delà de la vie
tu orientes
tu montres le chemin

Tu es cette imperceptible vibration
ce très léger battement d'ailes
de l'éternité dans le temps

Tu ouvres mon aujourd'hui

mardi 13 novembre 2007

Nul échafaudage
pour m'élever dans ta lumière

Seule la mémoire des traces
que tu laissas
sur mes rivages

Je reste là
pour ton passage

Veillant ton visage
incendié

lundi 12 novembre 2007

Aucun mot
ne dira jamais
la joie apaisée du passage

Il y eut tant de douleurs
sur ces rives du monde

Tant de bonheurs
muets

Pour un printemps
qui ressuscite
je donnerais l'été
et l'automne
et l'hiver
et toutes les saisons dénudées
de mon cœur

Je couvrirais de renoncules
les terres obscures
de nos nuits

dimanche 11 novembre 2007

Lorsqu'un corps
hérite de son âme
il devient lourd
dense
charnel
Il saura griffer
de blessures profondes
la matière de la vie

Il porte la marque indélébile
de sa naissance et de sa mort

samedi 10 novembre 2007




Un livre
un poème
qui accèderaient
à l'art de la prière
seraient forcément pauvres
dénués d'éclat
simples refrains
balbutiés

mercredi 7 novembre 2007

Ce papillon des grèves
tu l'emportes avec toi

C'est ta lumière
pour les jours noirs

Ton chant secret

Ta part épousée du soleil

lundi 5 novembre 2007

Ecrire
c'est laisser le vent
s'emparer de toi
Tu ne sais d'où il vient
ni où il va
tu suis la main
et son mouvement léger
de plénitude
sur l'abîme

dimanche 4 novembre 2007




Cette lumière sur nos visages
c'était donc toi

Ce soleil partagé

Ainsi je chemine avec toi
je marche à la boussole
aimanté par l'absence

Les mots mêmes qui se taisent
m'enseignent

Je te devine
à la fraction du pain

La vie même partagée
pour relier l'indicible

Qu'à jamais ne se ferme la blessure

samedi 3 novembre 2007


Si un chant te soulève
laisse faire le chant

Tu construis aujourd'hui même
une demeure pour la paix
aux cicatrices vivantes
comme des fenêtres
battant sur le large

Tu t'installes mendiant
dans le silence d'un amour
tu touches au centre de ta vie
comme à l'instant inconsolé
où tout s'éveille

Mourir se peut-il
éperdument joyeux

mardi 30 octobre 2007

Un seul ami
lointain
séparé
au plus près de l'âme
sera toujours
le meilleur chemin vers soi

Puisses-tu devenir nomade
arrimé pour toujours
à un visage qui t'appelle

lundi 29 octobre 2007


Toi qui parlais dans tes livres
de déchirures
de traversées matinales
de blessures ouvertes
dis-moi encore de tes mots libres
la joie ivre du passage

Sois le frère de ma voie

dimanche 28 octobre 2007

Parfois l'écriture
laisse sur la page
la trace d'un grand feu

J'écris : la vie demeure
à jamais
par le miracle de ton visage

Il reste
un chant secret
que nul exil
n'a trahi

samedi 27 octobre 2007




Il habitait une maison du bout du monde
Une terre possédée par les oiseaux de mer
On l'aurait dit héritier de leur race

Il se méfiait des rites
prenait garde à toute entrave
à son amour
se fiait à la parole de ses amis
Dieu est au-delà de Dieu

Si par mégarde
l'ordre s'emparait de sa vie
il cherchait aussitôt la lucarne
pour regagner le jour

La force qui lui manquait
c'est en y renonçant
qu'il l'éprouvait


vendredi 26 octobre 2007

jeudi 25 octobre 2007

mercredi 24 octobre 2007



C'est ainsi qu'il faudrait écrire
par touches successives
à la manière d'un paysage
qui se donne à mesure

N'espère rien de la ligne continue

Fais jouer la lumière

Invite les sommets
à reposer sur leurs bases

Assieds-toi
et contemple
amusé
le spectacle imprévu
de la parole

mardi 23 octobre 2007




Si tu écris
fais-le avec ton sang
la plus belle part de toi
qui coule dans tes veines

Trouve ton chant
ton rythme
ta note fondamentale
puis accueille tout ce qui viendra
dans sa lumière

lundi 22 octobre 2007

Où avait-il contracté
cette inguérissable habitude d'écrire

Quelques livres l'auront blessé
une parole
un souffle

Il a appris à vivre avec

dimanche 21 octobre 2007





Faut-il que flamboie la blessure
afin que germe la parole

Ta vie à jamais lestée
du poids d’un silence
Restent pour le regard
quelques traces d’oiseaux sur le sable

Et pour le chant
la musique du nom gravé

Soleil des grèves









Les haies
de la douleur
circonscrivent
des grèves d’or

La Pâque des mers
Anne-josé Lemonnier












Soleil des grèves








samedi 20 octobre 2007

Ici
Où le pain que tu romps
Affranchit la demeure

Ici
Où s’accomplit le jour
Au levain de la joie

jeudi 18 octobre 2007

Ici
Où souffle un vent léger
Jailli du fond de soi

Ici
Où la fête va sans dire
Où les boiteux sont rois

mercredi 17 octobre 2007

Ici
Où toute marche naît
D’un vide qui t’appelle

Ici
Où l’inconnu partout
Entrouvre ses parois

mardi 16 octobre 2007

Ici
Où chaque fruit
Qui tombe
Soulève
La terre entière

Ici
Où chaque homme
Qui meurt
Pousse ses branches
En toi

lundi 15 octobre 2007

Ici
Où la fougère
Est mûre
Où la ronce rougeoie

Ici
Où toutes mains célèbrent
Que la forêt
Emploie

dimanche 14 octobre 2007

Ici
Où l’arbre qui fleurit
Sans fin porte le monde

Ici
Où les quatre saisons
De très loin
Se répondent

samedi 13 octobre 2007

Ici
Où l’écorce du livre
Semble chercher le ciel

Ici
Où la feuille des mots
Tremble dans la lumière

vendredi 12 octobre 2007

Ici
Où tu demeures en toi
Familier de ta faim

Ici
Où tu poses
Ton pas
Dans l’humus des chemins

jeudi 11 octobre 2007

Ici
Où l’instant
Te saisit
T’emporte
Vers toi-même

Ici
Où la vie
Est entière
Où l’horizon
Est là

mercredi 10 octobre 2007

mardi 9 octobre 2007

Ici
Où la nuit en secret
Semble sculpter la pierre

Ici
Où la prière
Est nue
Mêlée
Aux choses mêmes
Ici
Où les regards
Se taisent
Où les paumes se rassemblent

Ici
Les heures
Où se rejoignent
Toutes les lignes de la main

dimanche 7 octobre 2007


Ici
L’accord qui retentit
Sous les voûtes du temps

Ici
Les arches du silence
Déployées
Au-dedans











Pèlerin du seuil

















vendredi 5 octobre 2007

mardi 2 octobre 2007

Tu n’oses ce mot
Mais toi
Tu le nourris

Au croisement
Des mains
Et du silence

lundi 1 octobre 2007

dimanche 30 septembre 2007

Ecoute tes mains
Comme elles respirent
Vient un jour
Où toutes forces convergent

L’arbre a trouvé son axe

La terre est ronde

mercredi 26 septembre 2007

Tu devines
A l’aisance du souffle
Qu’une porte est franchie

La joie est traversière

mardi 25 septembre 2007

La trace est sûre
Si tu renonces
A toute connaissance

Chaque seconde scelle l’éternité

lundi 24 septembre 2007

Ne cherche-pas
A éteindre le feu

Que ferais-tu
D’un bois mort
A demi calciné
Ce que la vie t’enlève
Fais-en ton bien

dimanche 23 septembre 2007

Ce peu que nous sommes
Et qui demeure

Même les lèvres fermées

Les yeux clos

samedi 22 septembre 2007

Sans cette attente blanche
Les mots auraient-ils jamais
Ce tranchant
Cet éclat

mercredi 19 septembre 2007

N’écrire
Que pour cette petite lueur
Oubliée

Juste un souffle
Pour ranimer les braises
Ecrire
Est la façon la plus simple
Que tu as trouvé d’être fidèle

Tu sais par ce geste
Que la vie demeure

Qu’un silence se survit

mardi 18 septembre 2007

Ce que cherche le chant
C’est tout ce vide
Cet espace blanc
De la page
Qui l’entoure

Sa part vive
Sa lumière

lundi 17 septembre 2007





Qu’est-ce qu’un poème
Si ce n’est cri d’oiseau
Aux frontières du silence

Porche ouvert
Dans l’invisible

Sel matinal

Etincelles obstinées

Seule la lumière
Porte témoignage

Toi tu ne peux rendre compte
Que de l’obscur

Cette écriture
Qui fait le jour en toi










Du ciel sous l'écorce














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