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mardi 20 novembre 2018

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Le monde broie du noir
Mais il suffit d’ouvrir les yeux
Pour saisir encore le chant des couleurs,
Sentir en soi le frémissement des feuilles.            

L'arbre retient son souffle
Et brûle comme un encens
Les dernières larmes de la joie.

Les roux de l'automne
Ont composé pour la rivière
Un vaste châle de prière  
Où s’enroulera sa nuit.

Je mesure à pas lents
Les progrès de l'hiver,
La nudité du vent,
L’enfouissement de la lumière,
Les clameurs d’aube sur la mer.

Le soleil qui descend
Prépare en nous sa sève ;
Il est temps pour chacun                        
De regagner la source,    
          
Il est temps de migrer
Loin des branches invulnérables,
Il est temps de se glisser
En patience de bourgeons            
Jusqu’aux racines du silence.


Jean Lavoué, déjà publié le 19 novembre 2016



















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samedi 17 novembre 2018

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Combien nous sommes dispersés,
Allant nos chemins sans boussoles,
D’informations en images,
De curiosités en impatiences,
De signes furtifs en écrans inquiets,
Ignorants du peu qu’il nous faudrait
- Indicible silence,
Lente marche en forêt,
Poème dit à haute voix,
Simple présence donnée,
Caresses de lumière,
Paroles fraternelles,
Gestes vérifiables,
Mots d’amour murmurés -
Pour être dans le Chant !


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Jean Lavoué, 17 novembre 2017 - 2018






























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vendredi 16 novembre 2018

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Arbre de lumière
Foudroyé par l’automne,
Je te dresse en moi
Comme une torche vive,
Un feu pour traverser l’hiver,
Un défi à la brûlure du gel,
Une flamme pour embraser la nuit,

Un dernier éclat pour implorer le ciel
De nous couvrir encore
Dans l’Aube des saisons
De fête et de bourgeons.


Jean Lavoué, poème et photo le 16 novembre 2018




























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mercredi 14 novembre 2018

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Il se pourrait
Que le silence, un jour,
Tu l’éprouves en marchant.

Plus besoin de te poser
À l’angle de ton souffle !

Chaque instant
Te devient familier,
Marqué du sceau
De l’innocence.

Te laisser aller dans ce mouvement
De descente apaisée
Suffit à ton bonheur.

Tu n’as plus à porter
Le poids de l’inutile,
La terre n’est jamais
Qu’empreinte de ton pas.

Tant de bruits effacés
Comme vent de folie :
Te voilà seul avec la mer,
Le ciel et l’horizon,
Les galets sans histoire.

Tu ne pourrais être plus bas
Et pourtant chaque vague de paix
Te soulève.

Le sacré,
Voici qu’il s’ouvre en toi
Comme un estuaire
Où toute vie converge.

Le monde te respire
Et toi tu le lui rends,
Compagnon des racines,
Des  rochers et des nuits.

Te voilà seul avec toi-même,
Relié pourtant,
Car tout est fraternel.

Tu ne veux rien retenir,
Tu laisses aller,
Tu te fies à cet élan.


Te voici sans chemin,
Tu ne cherches plus :
Comme l’oiseau sûr de son vol,
Tu te trouves saisi.

Tu pactises à la table des branches,
Chaque tronc est l’auberge
Où ton nom est gravé.





Jean Lavoué, le 14 novembre 2018


Photos du diaporama libres de droits Pixabay
Musique du diaporama libre de droits YouTube Acoustic Symphony



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