Traduire

dimanche 28 février 2010







C’est un journal sans date

Sans preuve

Sans même attestation des faits


Il fut écrit non comme témoignage

Mais comme exercice

Du creusement

Et de l’alignement des jours


Sans autre objet

Que d’ajuster imperceptiblement

Le souffle au chemin

Son pas à la vie qui vient










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samedi 27 février 2010








Ah ! si le chemin

N’était que tronc tendu vers le soleil


Mais tant de buissons

Tant de bourrasques

Tant de blessures

Nous font manquer la voie











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vendredi 26 février 2010








Pour écrire

Il te suffisait de l’assise immobile


Laisser s’assembler quelques mots

Trois fois rien


Disponible

Au moindre souffle du vent


Capable même

D’une parole qui danse







"Lignifier, en somme, pour s'unifier.
L'arbre a tout bas sa sagesse,
et l'homme, l'homme sage est un arbre,
tout bas."

François Cassingena-Trévedy
Etincelles






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jeudi 25 février 2010

Musée Rodin, février 2010






Il fallait laisser inaccessible

Cette source

Cette lumière


Ne pas vouloir habiter la clairière

La laisser libre de ton sang


Le poème ne pouvait être destiné

La cible était manquante

L’œuvre toujours à traverser










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mercredi 24 février 2010








Il m’a fallu m’arracher

Pour te retrouver

Perdue dans l’insondable


Rien ne pourra clore l’absence


Le ciel

Par où toute lumière

Nous était redonnée


Ce silence

Désormais dans la chair des jours

C’est en toi qu’il portait

Ses fragments de joie











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mardi 23 février 2010








Ne pas confondre

Visible et invisible


Mais au cœur du sensible

Entendre rayonner le souffle

Né de la lumineuse absence


Ecouter l’herbe pousser

Dans les printemps du monde










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lundi 22 février 2010









L’insurrection

C’était le silence


S’abstraire enfin

Du carnaval des pensées


Laisser filer le mental

Dissoudre ses barricades insolentes


S’en remettre pour de bon

A l’infini Présent








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dimanche 21 février 2010










Rien ne croît en ce monde

Sans patience infinie

Sans fidélité ardente


Ainsi toute vie intérieure

N’est-elle que le fruit

De ces instants féconds

Que le corps n’a pas su oublier










«Etre ici-bas est magnifique»

 Rilke

Les Elégies




samedi 20 février 2010







La vie n’avait pas sa pareille

Pour soulever l’énigme


Le miracle minuscule

Entre les doigts du vent











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vendredi 19 février 2010









Rien d’autre à transmettre

Que le mouvement incessant

De la vie qui t’emporte





"Il n’y a pas une branche de la forêt

Que ne visite le printemps"



Ryokan






"Il y a une source quelque part

On peut ne pas la voir

Mais elle vit dans l’herbe qui se dresse

Dans le chant d’une rainette

L’aile d’un oiseau"



Sulivan









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jeudi 18 février 2010







Voué à disparaître

Tu n’en poursuis pas moins

L’impossible ascension










"J’ai ancré l’espérance

Aux racines de la vie"


Andrée Chédid











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mercredi 17 février 2010

Rivière d'Auray, 16 février 2010







La prière est à la vie

Ce que le silence est au poème


Son espace

Son souffle


Sa terre sacrée










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mardi 16 février 2010



Ne craignez pas pour ceux que vous laissez.
Votre mort en les blessant va les mettre au monde.

Jean Sulivan 30 octobre 1913 - 16 février 1980






Vint un homme

Dont la vie coulait de source


Il n’était pas la source

Mais rien en lui

N’en ignorait le flux


Il révéla à tout homme

Le souffle

Et la lumière


Et jusque dans la nuit

Fit connaître son jour







 
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lundi 15 février 2010








Comment vivre

Au plus près de la source


Comment ne pas se perdre

Dans le ciel des idées


Comment laisser grandir en soi

Le souffle qui restaure


Comment laisser la sève

Circuler sous l’écorce









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dimanche 14 février 2010







Depuis que tu as rejoint

La forêt des signes

Tu sais par tous les pores

Que la vie est sacrée


Tu ne le sais pas

Tu l’éprouves

Comme le souffle en toi

Un sacrement


Tu fais confiance

A la parole qui va naître

A la racine oubliée






Tu ne cherches plus au-delà

Ce qui t'appelle

Juste en avant de ton pas


 
 
 
 
 
 
 
 
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samedi 13 février 2010


Yosémite, pousses de séquoias géants





Tu as cru longtemps

Que c’est par le ciel

Que l’arbre communiait


Tu sais désormais

Que c’est par la terre

Où le germe fut déposé








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vendredi 12 février 2010








Sans la césure des mots

Leur saisie improbable

Comment clarifierais-tu les sources


Comment ne t’en remettrais-tu pas

Toi aussi à la seule force des racines










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jeudi 11 février 2010








Le jour où l’écriture sera pour toi

Fête insoumise








"Y aura-t-il même un palmier

Qui m’entende ?"


Anne Perrier











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mercredi 10 février 2010

mardi 9 février 2010



Retrouver la forêt

Ce jour, il y a trente ans, "Sulivan longe la jeune chênaie et débouche sur la route de Suresnes... Février 80 commençait par de si beaux jours avec le tournoiement des oiseaux qui se posaient sur les mangeoires... C'est au milieu de cette route très large qu'il est renversé le samedi 9, en plein soleil, dans la douceur de l'air." Edith Delos - L'écart et l'alliance






Quitter

Est-ce possible

Si tu n’habites enfin pour de bon

Le lieu de tes racines







Toutes les choses retournent

à leurs racines authentiques.

Retourner aux racines se nomme la quiétude

et provoque la régénération.


Lao-Tseu








Un livre, qu'on le lise ou qu'on l'écrive,

doit être soluble dans la vie.

On doit pouvoir à chaque page

lever les yeux sur le monde

ou se pencher sur un souvenir pour vérifier le texte.


Lire n'est pas un loisir, c'est un labour.


Chaque phrase doit retourner l'âme du lecteur

pour y semer peut-être ou au moins l'aérer

au profit des racines qui dorment en nous.


Jean Sulivan














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lundi 8 février 2010








Poursuivre l’écriture

De ces carnets du vent


Sans méthode

Sans vouloir

Sans secret


Et son trésor obscur

Comme une énigme

A délivrer









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samedi 6 février 2010








Pour toujours devancé

Par l’aile et par l’oiseau


Le blé perçant la croûte

De la terre


Et la mie du pain blanc

Dans nos mains pour longtemps





Ce qu’il n’a pas écrit

C’est en plein vent

Qu’on en capte les traces !







Ses paroles sont celles d'un homme en marche : la couleur et l'odeur des champs les habitent, le vent dans les arbres, les gestes des hommes. Peut-être faut-il avoir été paysan pour comprendre, ou bien redevenir naturel ?

Jean Sulivan









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vendredi 5 février 2010





C’est lorsque tu t’absentes

Que tu vérifies la persistance de la trace


Tu élargis la demeure






C’est mon village d’autrefois avec ses fermes éparses, à l’ancienne, des chemins, des talus, des vrombissements de ruisseaux dans l’herbe et des arbres partout, qui sont encore de l’eau dressée dans le ciel.
Tout est vert. Je pense à la Galilée…

Certes je suivais ma nature en me déracinant…

Jean Sulivan









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jeudi 4 février 2010






Seul l’arbre

Indique avec insistance

L’axe de ta méditation






Quand on a mission d'éveiller,

On commence par faire sa toilette dans la rivière.


Le premier enchantement

et le premier saisissement sont pour soi.


René Char









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mercredi 3 février 2010








Certains vont au Poème

Sans passer par la croix


Toi tu ne crois qu'à la lumière

          Des mots qui crucifient












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mardi 2 février 2010

Photo Joseph et Claire Carpentier





Sans autre filet que la joie

Pour attraper un à un les mots du poème


Juste pour le bonheur

De les laisser libres










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lundi 1 février 2010










Méditer comme l’arbre

Sans se laisser détourner







« Longtemps je fus paralysé par cette pensée que peut-être je n’adhérais qu’à l’écorce. Maintenant je crois savoir un peu mieux. De même que la sève d’un arbre ne passe que par l’écorce, de même la vie est véhiculée par une parole d’homme, non par des idées séparées. La parole est divine (ou Parole, à votre gré) non par l’idée mais par le Souffle. Elle met en marche. »



Jean Sulivan






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