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dimanche 25 août 2019

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Qu'est-ce qui nous fait signe ainsi
À travers l'espace à travers les années ?
Est-ce le chant intérieur qui jamais ne cesse
Mais que parfois nous oublions d'écouter ?
Est-ce la permanence de la mer
Ou bien l'imprévu du vent s'engouffrant dans les fissures de l'âme ?
Est-ce le dialogue ininterrompu avec ceux qui nous manquent
Et dont l'absence éclaire parfois comme un soleil
Les vitraux de nos vies ?
Est-ce la mélodie qu'ils échangent entre eux
Faisant soudain voler en éclats les écrans de l'ennui ?
Est-ce la présence dont tout être est l'aveu
Dont toute chose est l'épiphanie ?
Je ne sais au fond ce qui nous parle ainsi
Ni ce qui nous enchante
Ma certitude est dans cet œil ouvert
Cette oreille aux aguets
Ce cœur qui bat au rythme de nos déroutes
Cette fenêtre donnant sur le mystère
Cette mémoire sans défaut qui nous espère et qui nous sauve.

Jean Lavoué, texte et photo, Beg Lann, Sarzeau, samedi 24 août 2019















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lundi 19 août 2019

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Dans ma bibliothèque aux trésors
J'ai trouvé toutes les perles que je cherchais
Au creux de livres bien rangés
Dormant pour la plupart depuis des années
Mais aucun d'eux ne manquait
Sauf un pour le silence et pour le désir
Chance ! Il sera à nouveau publié l'an prochain
Je reste donc disponible pour l'imprévu
Et pour le mystère
Ainsi boiteux de cette absence
Mais comblé de tant de secrets et de signes
J'ai dessiné entre les branches de mon amour
Les paysages d'un homme fraternel entre tous
Je crois bien qu'il m'a guidé en son pays de terre nue
De joncs ensoleillés et de solitude ardente
Avec Hélène ils ont pressé le pas
Pour guetter chaque matin la main reconnaissante qui écrivait
Effaçant toutes traces à mesure
Mais révélant pourtant pas à pas
L'improbable visage
De leur jeunesse et de leur chant
Gravés dans nos cœurs.

Jean Lavoué, 19 août 2019
Photo : Paysage de Grande Brière, Saint-Lyphard.























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samedi 17 août 2019

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Si nul poème ne vient frapper aux carreaux de ta vie
Ouvre grand les fenêtres
Laisse entrer le soleil
Il se peut qu’un silence enfante des clairières
Des feuillages s'ouvrant sur des fronts constellés
Des visages où le vent tisse un chant de lumière
Et te voilà rejoint par la voix des forêts
L'orchestre aux branches nues
Aux oiseaux bouleversés

Au vitrail du ciel tant de vies simplifiées
La solitude même miraculeusement peuplée
Chacun capable de courage pour l’autre et pour soi-même
De transparence pure et de gestes sauvés  
Tant de signes ont bravé l'interdit des frontières
Pour venir jusqu'à toi les mains vides et sans preuves
Attester de la Vie jaillissant de l'absence
Murmurer à ton coeur les versets de la Joie.

Jean Lavoué, La Chesnaie, 16 août 2019
Photo ArtPower/Pixabay





















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mardi 13 août 2019

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La Paix ne se conquiert ni par force
Ni même à coups de profondes méditations
Elle est don gratuit
Saisissement soudain message inespéré
Comme le ciel comme les nuages comme la pluie
Ne va pas penser pour autant que tu n'y es pour rien
Viens t'établir de temps en temps dans les cafés de ta mémoire
Ouvre grand les fenêtres
Balaye d'un coup de main tous les comptoirs du soleil
Prends des vacances
Élargis ton aire
Voilà qui te redonnera le goût sûr des matins de printemps
Tiens-toi à ces clairières de silence par où le vent s'engouffre
Laisse aller le poème dans les ramures de ta voix
Il est en toi un souffle que ne menace nul abîme
Des grèves des prairies des océans des déserts
Où lavé des soucis
Affranchi des vains désirs
Tu peux te reposer.

Jean Lavoué, 12 août 2019
Photo makunin/Pixabay














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