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vendredi 20 septembre 2019

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Les enfants te parleront désormais Yann-Fanch Kemener
Dans l'école blanche de Tréméven
Ils sauront te chanter dans cette langue bleue
Surgie du profond de nos terres et de nos océans
Tu vas rejoindre en eux un coin ensoleillé
Un paysage fort comme un sourire
Ta voix va les accompagner
Et quand ils se tairont ils entendront
Ces airs graves et joyeux de Bretagne
Dont ton âme est tressée
Quel beau fil de transmission ce don fait aux enfants
Toi qui t'en fis le chantre et le poète
Cette mémoire celte offerte en fleuves et rivières
Dans l'éclat de ton effacement
Dont l'incendie nous brûle encore
Dans les jeux et les cris des cours de récréation
Comme sur le tableau étonné des années
Ton nom sera comme un soleil
Qui ne s'éteindra pas
Chacun y veillera
Dans les élans et les silences du cœur.

Jean Lavoué, 20 septembre 2019
à l'occasion ce jour de l'inauguration de l'école publique Yann-Fanch Kemener à Tremeven (29) 
Photo Jérôme Bourgeois Kemener


















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mercredi 18 septembre 2019

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Christian Bobin, en reconnaissance

Élodie Maurot le 18/09/2019 à 10:13
Trois ouvrages inédits témoignent du travail d’écriture du poète, indissociable d’un exercice de gratitude.

Christian Bobin pérégrine en bonne compagnie au fil des mots.  / Corentin Fohlen/Divergence

• Christian Bobin, Cahier dirigé par Claire Tiévant et Lydie Dattas, L’Herne, 288 p., 33 €
• L’Amour des fantômes, de Christian Bobin, L’Herne, 78 p., 8 €
• Pierre, de Christian Bobin, Gallimard, 98 p., 14 € (à paraître le 3 octobre)

Depuis plus de quarante ans, Christian Bobin trace son chemin de mots. On y rencontre des enfants rieurs, des défunts plus vivants que les terrestres, des herbes folles et, parfois, la lumière transperçant un feuillage laisse entrevoir la présence pudique du Dieu invisible. Vigie d’un royaume où la force et la technique n’ont pas prise, Christian Bobin part pour nous en reconnaissance, éclaireur d’une humanité réconciliée avec le souffle spirituel, débarrassée de l’inessentiel.

Christian Bobin dans une paisible clairière

Pour cartographier la vraie vie, pas besoin de se déplacer. Dans un petit essai inédit, L’Amour des fantômes, l’écrivain originaire du Creusot, ville minière, évoque « l’extase de l’“immobilité” », « soudaine et miraculeuse épiphanie de la vie ordinaire ». Ce repos n’est pas inertie. Il est travaillé par une autre force, celle de l’esprit et de ses naissances. « L’esprit inonde les berceaux – une vague de lumière haute de plusieurs dizaines de mètres soulève l’humain dans son apparition. Puis, très vite, déçu par nos apprentissages qui sont autant de soumissions au monde, l’Esprit s’éloigne, recule, attend l’heure favorable pour revenir.Nous naissons par intermittences, cette histoire n’est jamais vraiment finie ni commencée », écrit-il.

En compagnie

Pour solitaire qu’il soit, ­Christian Bobin pérégrine en bonne compagnie au fil des mots. Écrivains, poètes, mystiques soutiennent ses pas. Dans le « Cahier de l’Herne » qui lui est consacré (1), il exprime sa reconnaissance à leur égard. On y rencontre Léon Bloy – « je me suis longtemps méfié de cet homme qui tirait sur le langage comme un chien fou sur sa chaîne » –, ­Simone Weil dont « chaque pensée (…) a ce goût de résine de sapin, de très haute et très fière montagne de Grande Chartreuse », Bach et Django Reinhardt, l’écrivain Pierre Michon, le psychanalyste Jean-Bertrand Pontalis…

Dans Pierre, dialogue avec le peintre Pierre Soulages, Bobin poursuit ce bel exercice de gratitude, en se tenant à distance de la flatterie. « Je me moque de la peinture. Je me moque de la musique. Je me moque de la poésie, lance-t-il. Je me moque de tout ce qui appartient à un genre et lentement s’étiole dans cette appartenance. (…) Je cherche le surgissement d’une présence, l’excès du réel qui ruine toutes les définitions. »

Comme un enfant

La force de Bobin est celle de l’enfant qui se joue des apparences et n’accepte pas le faux sérieux de la société. « Poète, écrivain: quelle obscénité de se laisser appeler ainsi. S’il faut un nom, je n’en accepte qu’un, qui n’est pas une identité mais mille pertes d’identité: vivant. »
Vivant, Bobin l’est parce qu’il tient la main des morts, sans les craindre. « Les morts n’ont pas quitté la vie mais ses cloisons prétendument étanches: ce qui fait qu’une pierre n’est pas une rose, et qu’une rose n’est pas une lettre. » Il se met à leur écoute, les laisse rayonner. « Tu me précèdes. Tu parles, tu ris. De temps en temps tu te retournes, et c’est à chaque fois le même miracle, le même soleil donné », écrit-il à Ghislaine, la femme aimée, trop tôt disparue.
Cette vie face à la mort n’est pas lugubre. Elle fait muter la structure même du monde et par là le transfigure. « Un jour, il nous faudra traverser une vitre sans la briser. L’effort sera terrible, qui changera notre cœur en rayon de soleil. » C’est dans cette lumière que Christian Bobin nous propose de vivre. Sans attendre.

Élodie Maurot

(1) Avec des textes de Sylvie Germain, Marc-Alain Ouaknin, Olivier Py et de nombreux autres signataires.


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mardi 17 septembre 2019

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La maquette de mon livre, « René Guy Cadou la fraternité au cœur », en bonne compagnie : Entourée d’une partie de la documentation, de longue date précieusement conservée, qui m’aura été utile pour mener à bien ce travail...
L’occasion pour moi de rendre hommage à ce grand poète mort en 1951 à l’âge de 31 ans et dont nous célébrerons le centenaire de la naissance le 15 février prochain".
Disponibilité du livre fin septembre…



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lundi 16 septembre 2019

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Toi que je cherche jour et nuit
Et dont le nom garde l'empreinte de la lumière
Où te trouver dans les bourrasques du silence
Quand les mots s'amenuisent
Jusqu'à devenir ce sel inaperçu sur les grèves où la mer se retire
Comment garder l'empreinte de tes mains
Quand le vent tourbillonne emportant tout visage
Je guette le sillage de ta voix
En chaque brume où tu t'effaces
Et cette paix dont l'éclat de tes yeux
Reste toujours pour moi le présage
Je ne sais plus faire oraison qu'en mémoire de ton absence
J'accoste au secret des matins sur les rives de ta patience
Avec l'amour comme talisman
L'infinie confiance en ton secret pour viatique
Je laisse la nuit déposer un à un entre nous
Les mots de la joie
Le jour naîtra sûrement de l'ombre
Quand se tairont tous les bruits inutiles
Murmurer alors le signe de ta naissance
Suffira à confirmer tous les élans du cœur
Inutile de te chercher ailleurs Qu'au solstice de cette attente nue
Où rien ne peut prédire
De quelles levées surgira la certitude
La foi lancée comme un cri
Dans les trouées de ton mystère
C'est bien toi qui dans l'éclat de l'aube
Auras épousé les pas de mon attente vive
Je peux donc aller léger sur des voies non tracées
Je garde en moi l'instant de ton passage
Le signe intangible que tu demeures bien
Là où je tends silencieux mes lignes dans le soleil.

Jean Lavoué, 16 septembre 2019
Photo 44833/Pixabay






















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