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mardi 11 août 2020

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Gilles Baudry & Nathalie Fréour

Un silence de verdure (L'enfance des arbres)

Attentif au dialogue entre arts et poésie, Gilles Baudry aime collaborer avec des photographes, des peintres, des graveurs, des musiciens. Ce livre au format à l’italienne, édité par une maison d’édition récemment créée par le poète et écrivain Jean Lavoué, compose un hymne à la vie, où la plénitude s’accorde à la simplicité, loin du vain brouhaha : « C’est le calme qui rend vaste une vie ». Les poèmes concis de Gilles Baudry et les dessins aux traits épurés de Nathalie Fréour se répondent face à face, page après page, pour rendre éloge au silence vital « qui tient en haleine / si proche / qu’il devient notre confident ». Sur fond blanc Nathalie Fréour fait jaillir la lumière de ses encres noires. La verdure du monde végétal est habilement suggérée. Aucune redondance entre poème et dessin mais des « accords subtils » où « se cache l’invisible ». L’ouvrage de 103 pages se clôt sur le vers qui lui donne son titre : « Dans le balancement des graminées / germe un silence de verdure ».

Marie-Josée Christien (Spered Gouez / l'esprit sauvage n°26, octobre 2020)

Recueil de Gilles Baudry toujours disponible aux éditions L'enfance des arbres 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont, 15 euros + 3,50 euros de frais de port

https://www.editionslenfancedesarbres.com/un-silence-de-verdure---gilles-baudry.html



















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vendredi 7 août 2020

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Accorder l'instant

Aux battements d'ailes d'un papillon

Et le voir s'engouffrer dans la nuit des feuillages

N'être plus séparé

Par l'esprit qui calcule

Simplement accordé

Au présent qui se donne

Pas d'attente inutile

Lavé de tous projets 

Être aussi légitime 

Que l'arbre dans le vent

En sa danse immobile

De connivence avec l'oiseau

En son aisance ailée 

Avec son chant pour tout message 

Rien de côté pour la mort

Elle n'aura rien à prendre

Tout ici est donné 

Cueillir la pauvreté des mots

Traduits du silence

Se découvrir relié

Au souffle qui traverse 

Sans rien à retenir

Que la joie d'être ici.

 

Jean Lavoué, 5 août 2020 

Photo JL 5/08/20






















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mercredi 5 août 2020

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C’est toujours un bonheur d’accueillir l’encre lumineuse de Christian Bobin. Bernard Victor Chartier m’a autorisé à vous partager cette lettre qui a trouvé où se poser entre les branches de son livre. Joie partagée avec lui.

 

Dans tes pas, peut-être… Recueil de Bernard Victor Chartier disponible à L’enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont (15 euros + 3,50 euros de frais de port)

 

https://www.editionslenfancedesarbres.com/dans-tes-pas-peut

https://www.editionslenfancedesarbres.com/commander.html

 

(…) Un silence abyssal enferme l'auteur à l'origine : celui qui entoure la mort de son père. Mais dès que commence le récit, on peut dire que l'issue en est déjà trouvée. Loin d'être un monologue, le dialogue qui s'ouvre ici en est au contraire la clef. Et, loin d'être isolée, la création de ce chemin contemplatif, comparable à celui des mandalas, rejoint, au-delà des poètes japonais ou de l'auteur des "clochards célestes", les grandes sagesses bouddhistes et hindoues. La parole poétique rassemblée ici a d'abord été parabole jardinière et c'est bien de cette œuvre silencieuse, de cette architecture d'arbres, d'herbes sauvages et de plantes que sont nés les mots renouant les fils d'un destin :

 

« Dans tes pas, peut-être... »

 

Nulle assurance ni certitude dans cet itinéraire du cœur, mais une foi chevillée au corps qui lui-même aura dû construire de ses mains l'espace de sa libération.

 

(…) Tout commence par les mésanges. Car l'oiseau est celui qui indique la voie. Le moment venu, c'est la légèreté de l'aile, en effet, qui conduit l'âme vers son centre. Alors il suffit de poser l'un après l'autre ses pas dans cette confiance ailée. Une brèche est trouvée dans le mur opaque du silence.

 

S'il est un viatique à ce dialogue entre deux êtres intimement reliés l'un à l'autre et qui pourtant se sont à peine connus, c'est la nature elle-même qui en résout l'énigme ; et cela par-delà la mort et l'insupportable silence. Tout se répond, la contemplation du moindre son, de la plus intime couleur, du moindre souffle ; tout garde l'empreinte de ce si long chemin pour parvenir enfin à cette parole clef de voûte :

 

« il est l'heure de t'appeler Papa »

 

La simplicité de la poésie de Bernard Victor Chartier garde en elle la force de l'émotion et l'intensité de la sensation dont l'immémoriale pratique du haïku a le secret. On entre ici en un jardin de vie dont chaque fleur, chaque oiseau, chaque pierre du chemin garde le mystère. Merci à l'auteur de nous inviter en sa cabane de méditation qui est aussi lieu de renaissance appuyé contre le vieux tronc de la vie.

 

Extraits de la préface de Jean Lavoué

















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vendredi 31 juillet 2020

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"Des clairières en attente"

C'est le titre que je donnerai

Au récit-témoignage que je viens d'écrire en juillet

À la demande d'un éditeur

Qui devrait le publier au printemps prochain

Une façon pour moi de souligner 

L'importance de tous les petits groupes 

Et réseaux d'amitié que nous formons

Y compris celui que j'ai la joie de rassembler ici

Autour de ces résonances poétiques et "espérantes"

Dont je reçois de vous en retour tant d'échos chaleureux 

S'y configure je crois

L'humanité paisible et fraternelle 

Réconciliée avec la terre 

Dont nous sommes nombreux a guetter le printemps

Et à chercher à faire fleurir 

 

Maintenant je m'attelle a l'écriture

D'un second petit livre

Que j'intitulerai

"Le Poème qui vient" 

J'aimerais y glaner les intuitions

Les ressources créatrices 

Les appels intérieurs 

Qui nous précèdent 

Qui que nous soyons

Nous traversent et nous dépassent 

Cela que souvent nous ne savons pas nommer

Mais qu'il nous arrive d'entendre chacun 

Dans notre propre langue 

Cette Parole qui nous saisit

Nous console

Et nous tire en avant

 

Il se peut que je publie moins de textes sur cette page ces prochaines semaines

Mais je n'en ai pas fini pour autant avec l'écriture 

Je compte d'ailleurs après l'été

Rassembler certains des poèmes partagés ici ces deux ou trois dernières années 

Je les proposerai sans doute aussi en recueil

Au printemps prochain

 

Une manière pour moi de remercier 

Et de rendre également hommage à la recherche médicale

Et à tous les soignants qui m'ont permis de bénéficier depuis deux ans

D'un traitement d'immunothérapie efficace

Eux aussi œuvrent à nous garder vivants

Comment ne pas faire fructifier

Le temps que leur attention nous donne 

Ils ont besoin de nous 

Surtout lorsque plane autour de nous tous 

La menace insaisissable

Continuons à les aider

En prenant soin les uns des autres.

 

Bel été a chacune et à chacun ! 

 

Jean Lavoué, 31 juillet 2020
















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Il y a tout juste 73 ans, ce 31 juillet,

Le petit prince Antoine de Saint-Exupéry,

Profitant, je crois bien, d'une migration d'oies sauvages,

Rejoignait, son mouton sous le bras, sa petite planète et sa rose.

 

Il avait raconté ce départ, quelques années auparavant,

Dans un livre qui n'est pas vraiment un livre

Mais plutôt une sorte de missive, à la fois amère et joyeuse, 

Adressée à l’enfant qu’il était resté

Pour s'encourager malgré tout à croire, à aimer et à sourire à la vie jusqu'au bout. 

 

Il en avait suffisamment appris sur les adultes en parcourant le monde :

Il les avait observés sur toutes sortes de planètes étroites, 

Peuplées de leurs étranges habitants solitaires et ennuyeux comme des robots.

 

Loin de leurs consignes et de leurs devoirs,

Il cherchait pour lui une autre mélodie, une couleur, un parfum, un silence,

Une origine peut-être ou une autre naissance,

Qui seraient à la fois de ce monde sans en être tout à fait cependant...

 

Une ligne de poésie pure 

Une présence étoilée 

Un amour solaire

Une tendresse sans prise

Une familiarité de chaque instant avec la mort

Un désert habité

 

Il demeure ainsi à jamais

Comme le Chant d'une enfance indomptée, 

Ouvrant en chacun de nous

La voie de l'intime et du Poème.

 

Voie de gratuité absolue,

Dénuée de toute utilité, 

Libre de toute attache,

Poreuse à la fraternité et à l'amitié,

Sûre comme un puits retrouvé 

Dans la chaleur des sables,

Une source unique,

Intarissable comme un Amour  enfin apprivoisé. 

 

Jean Lavoué


 

Photo JL, prise dans les couloirs de l'hôpital de jour de Lorient












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lundi 27 juillet 2020

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Quand le silence
Fera naître en toi
Le bourgeon du poème 
Tu accompliras enfin
L'ardente prophétie 
Tu seras devenu
L'arbre de ton désir

De la racine aux branches
Tu sentiras la sève 
La foi qui te soulève 
Tu feras confiance
Au vent 
Au souffle sans répit 
Tu seras tout entier
Symphonie de feuillages
Pépiement d'oiseaux
Accordés aux nuages 

Abandonné 
À la flèche de l'instant
Sans ressources et vulnérable 
Tu aimeras 
Ta vaste solitude
Embrassant
Tout l'espace de ta vie 
Tu connaîtras
Le printemps de l'âme.

Jean Lavoué, 27 juillet 2020














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vendredi 24 juillet 2020

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Quand nous allègerons la vie

Du poids de l'inutile
Et délierons la source
De tout ce qui l'encombre
La mort sera sans prise
Les soleils familiers 
Nous cueillerons ici 
La gloire de l'instant 

Nous garderons l'eau pure
Et le ciel et l'enfance
Des plages de silence
Et des rires joyeux 
Des clairières de mains
Accordées aux rivages 
Des notes de musique
Des chemins délivrés

Nous aurons pour complices
Et compagnons de route 
Des barques sans soucis
Des aubes en partance 
Des orchestres inconnus 
Accostant pour des îles 
Des oiseaux des matins
Des éclats lumineux.

Jean Lavoué, 24 juillet 2020
Photo Adriansart/Pixabay



























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mardi 21 juillet 2020

La période de « retraite » forcée de ce début d'année a permis à L'enfance des arbres d'accueillir quelques nouveaux projets imprévus. Après « Tisser les couleurs du silences » de Jean-Pierre Boulic, illustré d’aquarelles de Marie-Gilles Le Bars, paru en février 2020 (20 euros *)



Voici les trois nouveaux recueils, d'ores et déjà disponibles :

o "Une île seulement pour ajourer la mer", recueil de poésie de Gilles Baudry préfacé par François Cassingena-Trévedy et illustré de pastels de Nathalie Fréour, 15 euros



o "Dans tes pas, peut-être » de Bernard Victor Chartier », préfacé par Jean Lavoué et illustré d’aquarelles de Bernard Schmitt, 15 euros*



o "La nuit et la grâce", poèmes et peintures de Claude Thevenon, 15 euros*




*  Participation aux frais de port : 3,50 pour un livre, 6,50 euros pour 2 livres, offerts à partir de 35,00 euros de commande

Toutes informations concernant la commande de ces ouvrages et des autres ouvrages disponibles sur le site : https://www.editionslenfancedesarbres.com/
Ainsi qu'à l'adresse : L'enfance des arbres 3 place vieille ville 56 700 Hennebont 


Trois autres ouvrages suivront en septembre :

• Un hommage collectif à Jean Sulivan à l'occasion des quarante ans de sa mort : "Dans l'espérance d'une parole", préfacé par Bernard Feillet 

• Un conte pour évoquer, selon le vœu d'Etty Hillesum, la vie au camp de Westerbork, d'Olivier Risser : "La fée de Westerbork" 

• Un recueil de Michel-Xavier Fressard illustré par des collages de Ghislaine Lejard : "Émerveiller les jours". 


Bel été à chacune et à chacun !


















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