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jeudi 13 août 2015

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De tes lumières
Ne garde que l’éclat
                           par surprise
La brûlure des chemins
Le souffle de la sève
L’assurance de l’aile
L’écorce des matins


Jean Lavoué
















































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mardi 11 août 2015

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Trouve ta nuit
Ta grande nuit
N’en retiens pas le geste
Ne la juge pas ni ne la mésestime
Elle garde dans ses plis
Les anneaux véritables
Qui t’entourent et te fondent
Ils te feront voyant
De tes proches printemps
De tes chants verticaux
De tes probables rythmes
De tes futurs silences
De tes prochains espaces
De tes arbres complices
De tes vrais dénuements
De tes aubes réelles
De tes astres matinaux


Jean Lavoué





















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samedi 8 août 2015

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Un chant va-t-il fleurir tout au bout de tes pas
Tu n’en sais rien encore mais ne t’en soucie pas
L’éclat de l’hirondelle la fraîcheur des courants
Te portent du bout des ailes
Tu respires en marchant
C’est un pic de silence un rivage inversé
Un mot de contrebande une passe oubliée
La danse des papillons
Tu t’engouffres en rêvant
Le flot bleu des je t’aime
Tu devises en priant
Oh ! Que la terre est belle
Que m’illumine son chant
Dans la toile du vent les libellules se font
Des allures de reines        
Tu foules les ajoncs dans le feu des promesses
Sur le lit de ta page
Même les renoncules t’éclaboussent en riant


Jean Lavoué


























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jeudi 6 août 2015

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Un jour les arbres pousseront dans le ciel de ta voix
Des bourgeons de tendresse des branches de ferveur
Tu verras rajeunir tous les oiseaux du cœur
Tu les verras surgir de tes yeux de ton sang
Flèches bleues du désir étoiles à tire-d’aile
Tu laisseras agir le souffle qui te traverse
Sans avoir peur du vide ni surtout de toi-même
Tes racines boiront à la proue des torrents
Tes vaisseaux tes feuillages fileront vers le large
Sans craindre les automnes sans hâte du couchant
Tu franchiras secret des lisières fraternelles
Tu feras signe aux astres à la nuit aux matins
Tu n’auras que le vent pour dire tes naufrages
L’ouragan de ta vie et tu seras sauvé
Tu sentiras jaillir en toi les pas du monde
Dans l’argile et la sève ton chant multiplié


Jean Lavoué



























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mardi 4 août 2015

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CHAGALL L'INCANDESCENT










La langue de ton cœur
C’est ta matrice bleue
Ta roue libre d’enfance 
La toile de tes rêves
Ta compagnie en fête
Ton vitrail océan
Ton bonheur renversé
Ta nuit des saltimbanques
Ton pinceau des couleurs
Ta mandorle de gloire
Ton printemps amoureux
L’ange vif des clairières
Le cirque dans les arbres
L’horizon de ton jour
Ton village incendié
Ton clown aux mains d’argent
Ta parade des pauvres
Tes Christ de lumière
Tes noces au sang vermeil
Tes femmes aux mille fleurs
Le rythme des tambours        
Ton chant aux bouquets d’or
Le saxo qui s’enroule
Le cheval qui s’envole
Le ciel de ta naissance
La barque de ta vie
Le cerceau du soleil


Jean Lavoué







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lundi 3 août 2015

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Photo http://betails-de-min-coin.over-blog.com/article-31461406.html



Quelle que soit la saison
Quel que soit l’oiseau
Quel que soit le chant
N’enseigne que la cime
Ne ferme aucun passage
Ne t’interdis aucune voie
Approuve le printemps
Des routes imprévues
Croiseront sûrement tes chemins de traverse
Allège tes certitudes
Adoucis l’enfant de tes rêves
Soulève tes croyances
Mets du jeu dans ta foi
Aussi fermée soit ta blessure
Aussi sombre l’horizon
Roule la pierre du soleil
Monte sur les épaules du vent
Seuls les sentiers où tu t’égares
Te donneront des ailes

Jean Lavoué













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vendredi 31 juillet 2015

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Photo fb L'Âme du monde




INVICTUS

Je suis debout bien que blessé
Je suis le maître de mon destin
Je suis le capitaine de mon âme
Ces quelques mots de feu
Ecrits sur son lit d’hôpital par William Henley
Jeune britannique qui venait d’être amputé d’un pied
Ont changé à l'autre bout du monde la vie de tout un peuple
Ils ont été portés comme talisman
Repris comme mantra dans la nuit de sa prison
Par Nelson Mandela son  guide ardent et son inspirateur
C’est un chant kasàlà
Dans lequel l’âme de l’Afrique s’est reconnue
Un chant profond venu du fond des âges
Un chant d’élévation et de douleur
Un chant de force et de grâce
Désormais que chacun trouve en lui-même 
Les mots contagieux portés par le souffle qui le traverse 
Ceux qui du fond de sa blessure le raniment     
Que chacun aille ainsi boire à la source de l’autre
Rien n’est plus urgent pour le cœur fatigué de notre monde
Que d’éprouver à nouveau chacun sous notre peau
Cette commune chaleur du sang qui coule dans nos veines


Jean Lavoué
















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mardi 28 juillet 2015

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Photo : Gilles Donada




Si tu veux écrire
Pars
Quitte tes habitudes
Tes ferveurs routinières
Prends ton bâton de pèlerin
Trouve ta solitude
Adresse-toi au vent
A la pluie
Aux grands espaces
Au soleil
Rends ton pas plus léger
Franchis avec ta soif les sentiers de l’aube
Accorde-toi au courant qui t’emporte te traverse
Que ton sang soit vibrant
Que ton souffle soif vif
Avec ou sans crayon
Tu traceras des signes sur les carnets du cœur
Avec ou sans parole
Tu donneras du rythme au chant qui te précède


Jean Lavoué





























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dimanche 26 juillet 2015

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Tous ces poèmes de gratitude qui me viennent en marchant
Comment ne les rendrais-je pas aux arbres
Aux feuillages aux rivières
Aux branches aux oiseaux
Au ciel aux biefs aux passants aux nuages
Aux creux de ma mémoire
Aux délivreurs du chant
Aux transmetteurs d’amour
Aux éveilleurs de tendresse
Sans projets ni calcul
Sans rimes ni raisons
Sans attente en retour


Jean Lavoué








































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samedi 25 juillet 2015

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Les arbres t’enseigneront plus que tous les livres
On a oublié qu’un moine disait cela
Bien avant les écrans et tous les processeurs
Avant même la presse à imprimer
Alors que chaque page était soigneusement gravée à la main
Calligraphiée comme nervures de feuilles
Enluminée comme soleil levant
Déployée  comme barque sur la mer
Que dirait-il maintenant que des forêts entières se trouvent sacrifiées
Au monde artificiel et froid
Dont naïvement nous comptons peut-être apprendre un jour
De quel bois le cœur de l’homme est fait


Jean Lavoué




































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vendredi 24 juillet 2015

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Voici quelques-uns des beaux visages
Des présences sacrées
Que les assassins de Dieu
Assoiffés de vengeance
Ont voulu réduire à néant
Mais non pas leurs âmes
Mais non pas leurs noms
Mais non pas leur amour
Mais non pas leur Vie
Dont les traits sont à jamais gravés
Au tympan de l’éternelle jeunesse
Hatice Murat Ferdane Polen
Büsra Nazli Okan…


Jean Lavoué




















Les jeunes victimes de Suruç ont un nom, un visage: Hatice Ezgi Saadet, étudiante à l'université Mimar Sinan à Istanbul, membre de Sosyalist Gençlik Dernekleri Federasyonu. elle était heureuse de participer à la reconstruction de Kobanê, de participer à une révolution, en tant que femme et féministe
Murat Yurtgül. Il était en dernière année de psycho à Istanbul. Il jouait du violoncelle, était passionné de théâtre et de lectures.
Ferdane Ece Dinç était membre du conseil jeune HDP de Kadıköy (Istanbul)
Polen Ünlü, membre du parti HDP, Besiktas, impliquée dans les mouvements d'objecteurs de conscience.
Büsra Mete, 23 ans.
Nazlı Akyürek était étudiante à l'Université de Kocaeli (ouest de la Turquie)…
Okan Pirinç, 18 ans, lycéen, était de Samandag (région d'Antioche ou Hatay)






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