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vendredi 28 octobre 2022

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Tes mots ne sont pas encore assez simples
Pour s’adresser en chacun
Au cœur de l’enfant ébahi,
Avec des silences d’arbres et des chants d’oiseaux.

Le retournement urgent que nous avons à faire
Va pourtant vers le plus dépouillé :
Cela, nous le savons obscurément depuis longtemps
Mais l’avons-nous pour autant bien compris ? 

En de somptueux effacements,
L’automne commence à déposer en nos paumes démunies
Une belle moisson de couleurs et de promesses.

Efforce-toi d’écouter
La parole du vent dans les branches :
Dans le dénuement qui lui répond,
Tu entendras peut-être le chant secret,
À chaque instant, qui te relève.

Si tu parvenais à sentir chaque fibre du bois,
C’est sûr, tu aurais le ciel à portée de doigts
Et sa musique dont les harmoniques
S’élargiraient sans fin à l’intérieur de toi.

Sentir vibrer en soi sous l’archet
La corde la plus ténue,
C’est s’ouvrir aussitôt à la symphonie
Dont la terre est le sacre.

Nous allons ainsi à pieds d’anges 
À l’intérieur de nous-mêmes 
Comme on foule pour la première fois 
L’herbe des matins du monde.

Jean Lavoué, 26 octobre 2022
Photo Jackie Fourmiès






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