Traduire

mercredi 4 mars 2015

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Il arrive que le chant
Attende simplement que tu l’oublies
Afin de pouvoir surgir une fois encore
Dans son éclatante nouveauté
Appelle cela repos
Appelle cela désert
Appelle cela patience
Rien ne sert alors de chercher l'issue
De forcer ni de t’arc-bouter
Le verrou de l’inconnaissance
C’est en toi-même d'abord qu’il doit céder


Jean Lavoué












































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mardi 3 mars 2015

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Il est si difficile
De tutoyer l'indicible

Par quel miracle se fait-il
Que l’oiseau lui épouse
D'un simple battement d'ailes
En grand silence 
L'humble caresse du ciel


Jean Lavoué











































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lundi 2 mars 2015

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Trouvez votre cœur
Et changez-le en encrier
Ecrivait Max Jacob
A son ami René Guy Cadou
Il aurait aussi bien pu dire
Trouvez votre cœur
Et changez-le en gestes purs
En regards en silences en clartés
En touches de lumière
En attentions vraies


Jean Lavoué








































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dimanche 1 mars 2015

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Annie Tremsal Garillon https://www.facebook.com/annie.tremsalgarillon?fref=ts





L’arbre ne croit pas seulement
Que le printemps succédera à l’hiver
Complice de l’oiseau
Les pieds dans la boue
Le cœur au soleil
Il y travaille en disant oui
De toute la force de sa sève

Dans la nuit du doute
Qui recouvre la terre
Que faire afin que l’homme
Rayonne du dedans
Ouvre ses branches à la lumière
S'accorde un temps de grâce
Devienne pour l’homme un frère


Jean Lavoué



































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samedi 28 février 2015

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Photo C Cité universitaire de Paris







Lorsque ta vie vacille
Que le monde s’enchevêtre
En branches bien trop lourdes
Que le ciel t’apparaît
L’indéchiffrable énigme
Que des forces prodigieuses
Veulent s’emparer de toi
C’est le signe lâche prise
Le printemps est la clé
De ce silencieux naufrage
Le sceau mystérieux
De ta déroute et de ta joie



Jean Lavoué





































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vendredi 27 février 2015

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Photo :www.facebook.com: 3





Croire comme une caresse
D’une foi désarmée
Serait-ce si difficile
Sans blesser ni griffer
De désirer le ciel ouvert
Léger le vent sur nos visages
Humble la flamme de nos cœurs
Pauvres les fleurs en nos jardins
Libre la source de toute vie
Unique le jour entre nos mains


Jean Lavoué

















































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jeudi 26 février 2015

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Collage Annie Tremsal Garillon https://www.facebook.com/annie.tremsalgarillon?fref=ts






Dans la nuit dévastée du doute
Quand craquèle de partout la terre
Qu’aucune tente ne protège plus ta tête nue
Et que le froid vertical semble vouloir t’étreindre
Il reste en toi ce territoire vierge
Ce parler secret du feu souverain
Ce silence traversé de cris d’oiseaux
Quand tu poses les mains sur tes genoux
Et que tu laisses venir à toi en grand secret
Ce royaume de grèves gagnées par la lumière
Ces communions d’ailes blanches au-dessus des vagues
Capables encore d’éteindre la peur
Cette brèche où s’engouffre en trombes étincelantes
La vaste clarté du souffle qui te précède


Jean Lavoué

























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mercredi 25 février 2015

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Lumineux exode






Livre Pauvre, Collage de Ghislaine Lejeard







Sur le parvis des mots
Le vitrail s’illumine    
Aux accents de la joie

C’est vrai la nuit fut traversière
Et les cloîtres en feu
Précédaient l’ombre de la Présence

Mais le matin se concilie tes mains
A en toucher le ciel
Partout le noir recule

Sur le seuil des jours
Tu achèves avec tes pinceaux
Les déliés de l’oraison

Plain-chant dans le soleil
Tu couvres de fin silence
La toile de ton éveil


Jean Lavoué































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mardi 24 février 2015

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Toi qui installes fermement
Au centre de tes certitudes
L’absence de toutes croyances
Ou bien toi qui remplis du nom de Dieu
Tout l’espace creux de ta finitude
Comment recevrais-tu sur ta peau
L’humble caresse du doute
Le léger toucher de l’inconnaissance
Du souffle et de la compassion


Jean Lavoué













































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lundi 23 février 2015

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Pour que s’ouvre l’instant
Et que le ciel lâche prise
Pas d’images saintes
Pas de mots d’amour
Pas de moulins à prière
Pas d’enthousiastes rituels
Mais cette mouvante clairière de feuillages
Cette lumière de dentelle pour tout bagage
Cette vivante poussée des ailes


Jean Lavoué







































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samedi 21 février 2015

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Photo C. UNICEF








Je ne sais, au juste, ce qui se passe en moi,
mais j’ai eu plusieurs fois, aujourd’hui,
l’impression vertigineuse de voir jusqu’au fond des êtres.

C’était comme si tous les masques protecteurs avaient fondu –
comme si, sous les multiples pelures, brillait le noyau.

Chaque fois j’ai été submergé d’une indicible tendresse
pour cette unique manière d’être au monde que chacun manifeste
à travers le corps qu’il s’est choisi, ses gestes, ses hésitations,
ses maladresses mêmes – et chaque fois m’a étreinte
une vénération profonde pour cette part divine
que chaque vivant – le plus souvent à son insu – incarne.


Christiane Singer
Histoire d’âme



















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vendredi 20 février 2015

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Collage : Ghislaine Lejeard









Voie de l’énergie
L’élévation de l’arbre
Bruissements de ciel


Jean Lavoué


















































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jeudi 19 février 2015

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Toutes ces graines de sagesse
Que tu n’as pas semées au fond de toi
Mais que tu dresses en étendard
Ne sont qu’épouvantails
Coquilles vides pour les oiseaux du mental
Fausses croyances qui crois-tu te protègent
Epées justicières et dures dans ta main
Laisse-toi défaire de tes enveloppes inutiles
Et plonger tout entier dans l’humus de ton ignorance
Laisse-toi altérer dans la terre tes doutes
Ainsi dépouillé de tes certitudes
Tu germeras au soleil de la fraternité
De l'abondance et de la joie


Jean Lavoué





































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mercredi 18 février 2015

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Ecoute avec ferveur
La rumeur du monde
Epouse les rouleaux
De la douleur et de la joie
Fortifie en toi
Les marées du silence
Accorde-leur
Le vaste horizon de ton cœur


Jean Lavoué









































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mardi 17 février 2015

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Pas de mots
Pour dire l’immensité du désastre
L’abîme au bord duquel l’humanité chemine
Ce sanglant pèlerinage
Auquel ces faux prophètes nous lient
Nous sommes coptes nous sommes juifs
Nous sommes Charlie
Qui arrêtera leur bras
Qui lavera leur crime
L’innocence de la mer en souligne l’effroi
Sa force affranchie 
L’inhumaine dureté de leurs masques ennemis
Nous sommes comme des enfants sur la plage
Soudain saisis par le surgissement d’un tsunami
Pas de Pâques cette fois
Mais cette douleur qui met nos âmes à nu
Et cette marche avec nos frères
En cette impitoyable sortie d’Egypte


Jean Lavoué































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