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dimanche 14 juillet 2019

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D'où vient cette clarté dans le puits de l'enfance
De quelle fêlure en toi aujourd'hui oubliée
D'où a jailli soudain cette douce lumière
Par où s'engouffrent encore les liens de l'amitié 
Ces mots que tu ignores
Se sont mis lentement à clignoter en toi
Tu as su déchiffrer à force de patience
Sous le feu des questions les cahiers endormis
Le poème a germé dans l'ombre entre les pierres
Ou sont noués les fils du secret héritage 
Ce que tu as su perdre l'amour le fructifie
Dans les aubiers de l'aube et les sombres halliers
Rien n'épargne les heures de ce ballet sans fond
Dont tu renais plus fort sous les visages du jour.

Jean Lavoué, 9 juillet 2019
Photo tiburi/Pixabay


















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samedi 13 juillet 2019

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Il est un soin minutieux en l'ordinaire du jour,
Il se prend comme il vient…

Ce jour, dans les Alpes, nous étions au fil de l'eau,
En cet entre-deux où chante « ce qui ne meurt jamais »
Et où seul importe « l'être-là ».

C'est un lieu où tout coule de source, une fontaine et son lavoir.
J'y cultive le troublant mystère de toutes les lavandières :
Cette paix des mains et du cœur liée au clapotis de l'eau.

Les gestes sont usés comme le savon,
Ils viennent de loin et portent haut ;
Se lavent en leur rythme régulier toutes les fureurs du monde,
Le cœur  en ressort neuf et frais,
Prêt à entrer en résonance.

L'énergie des mains en l'heure bleue était proche de l'agilité de la truite argentée.

Lise G. 13 juillet 2019
Tableau provençal – La lavandière - © Raoul Giordan




























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De Rilke...

L'un entend plus, l'autre moins, de la puissante mélodie de l'arrière-fond.

Beaucoup ne l'entendent plus du tout.
Eux sont comme des arbres qui ont oublié leurs racines.
Beaucoup n'ont pas le temps de l'écouter.
Ce sont des pauvres sans patrie,
Qui ont perdu le sens de l'existence.
Ils tapent sur les touches des jours
Et jouent toujours la même monotone note diminuée.

Il faut avoir démêlé la ligne vivante qui porte les autres.
Il faut avoir oublié le beaucoup pour l'amour de l'important.

Une fois qu'on a découvert la mélodie de l'arrière-plan,
On n'est plus indécis dans ses mots ni obscur dans ses décisions.
C'est une certitude tranquille
Née de la simple conviction de faire partie d'une mélodie,
Donc de posséder de plein droit une place déterminée
Et d'avoir une tâche déterminée au sein d'une vaste œuvre
Où le plus infime vaut exactement le plus grand.

Rainer Maria Rilke
Notes sur la mélodie des choses
Déjà partagé le 13 juillet 2017






















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mardi 9 juillet 2019

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En la main du silence nous avons écouté
Le vent qui nous parlait :
Il apaisait nos peurs,
Nous montrait un grand vide
Plein de feuilles et d'oiseaux,
De rivières sauvages
Où nous irions un jour.

Il connaissait les ombres,
Les dangers du chemin,
Mais il nous consolait :
Pure flamme sans passé,
Dans la douceur de l'air
Il caressait les heures.

Nous étions près du seuil
Où la vie se consume
Mais nous savions l'instant
Affranchi des lointains
Nous ouvrant des allées
Propices pour la joie.

Nous étions accordés à l'archet des saisons,
Nuages dans le ciel, arc-en-ciel des couleurs.
Nous étions de ce temps où l'enfance est promise,
Nous voulions les bourgeons, nous étions le printemps.

La mort nous ignorait,
Pas d'ombres dans nos cœurs,
La Vie ressuscitait sous nos doigts innocents.

Jean Lavoué, 5 juillet 2019
Photo Lise G.






















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