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mardi 15 décembre 2015

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Simples brins d’herbe épousés par le vent,
Laisserons-nous nos questions se courber juste assez
Pour laisser passer la lumière ?


Jean Lavoué







































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lundi 14 décembre 2015

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Tes peurs ne sont pas mes peurs,
Elles sont trop lentes ou trop tardives
Et ne sont plus monnayables
Sur les comptoirs du temps.
Les jeux sont faits !
Mais je sais que je ne gagnerai pas contre elles
Tant que ta nuit sera martelée de frontières,
Tes rêves piétinés
Et les promesses si mal tenues.

L’ennemi c’est en nous qu’il prospère.
Comment pactiserons-nous
Si nous ne nous fions plus aux forces souterraines,
Et si nous ne croyons plus qu’à l’autre bout de la nuit
S’ouvre un chemin fraternel
Où toi et moi sommes attendus,
Chacun selon son chant,
Pour un même matin ?


Jean Lavoué

























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dimanche 6 décembre 2015

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S'ils t'amenaient à douter
De l'humanité qui est en toi
Alors ils auraient réussi leur crime !

S'ils plantaient dans ton coeur
Les couteaux de la haine
Alors le sang de leurs victimes aurait fleuri pour rien !

S'ils te faisaient désirer
Plus la guerre que la paix
Alors ils auraient su t'amener sur leur propre terrain !


Jean Lavoué






































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vendredi 4 décembre 2015

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COMME AU SACRE DE VOS VISAGES
Nous gardons tous au fond du cœur
Ces mille fleurs de sang écloses
Sur vos poitrines innocentes

Et c’est pourquoi nos mots se taisent
Et ne cherchent pas d’autre signe
Pour ce Noël au goût de braise
Que ce grand vide incandescent !


Jean Lavoué


































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jeudi 3 décembre 2015

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Ayant rompu nos amarres
Nous voguons sans carte ni boussole
Vers des continents oubliés

Qui le premier
En reconnaîtra les rives
Quel oiseau secouera sur nos têtes
Le rameau d'olivier
Qui nous donnera d'interpréter
Dans le creux de nos mains
L'indicible serment gravé ?


Jean Lavoué
Précédent partage le 20 janvier 2015






























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mercredi 2 décembre 2015

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Si la parole se fait dure à présent,
Au point de glacer le sang du poème,
C’est qu’elle craint tout autant les envolées belliqueuses
Que les élans qui confieront bientôt aux urnes
Une demande de dureté plus grande encore!
Est-ce une Europe guerrière que nous voulons ainsi,
Une terre grillagée,
Ou bien un continent où s’invente un avenir,
Un vivier de lueurs possibles,
Une clairière de paix pour l’homme ?

Feignons-nous d’ignorer
Qu’en guerre nous l’étions déjà,
Et cela depuis des siècles !
Dominant le reste du monde,
La part de l’humanité la plus pauvre,
La plus misérable,
La plus vulnérable aussi. 

Certes la puissance de nos armes avait fait taire les leurs.
L’économie régnait en maître, à notre profit.
Sans vergogne, nous avons pillé et spolié leurs ressources et leurs terres.
Nous avons cru que cette domination serait sans fin,
Et que nul parmi ces humiliés ne se lèverait jamais.
C’était méconnaître la force d’insurrection d’une foi commune
Quand elle embrase un destin constamment écrasé.

Il y a soixante ans, en pleine guerre d’Algérie,
Un homme avait perçu cela avec une rare acuité.  
Il avait vu venir le choc que nous éprouvons aujourd’hui.
Avons-nous su, comme il nous y invitait, en retarder suffisamment l’échéance?
Nous sommes-nous préparés avec vigilance à l’inévitable rencontre ?

A mesure que le doute s’empare de nous
A propos de ce que nous avons fait de l’homme et de la terre,
Se dresse face à nous l’intransigeance d’une foi totale
Et prétendument pure des méfaits que nous aurions commis.
Elle n’est pas, cette foi, aussi esseulée que nous aimerions le croire.
Elle règne au cœur même du sanctuaire de ce continent sacré.
Les princes de cette religion ont certes joué avec le feu :
Sont-ils encore en mesure d’en juguler la fièvre destructrice ?
Ses pauvres n’ont plus rien à perdre !
Quand leur avons-nous prouvé que nous étions à leurs côtés ?
Certains pourtant étaient nés et avaient grandi parmi nous…


Je vous invite à relire la note qu’André Malraux rédigeait sur l’islam le 3 juin 1956.


Jean Lavoué




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