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samedi 29 avril 2017

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La musique de l’âme

Jean Lavoué, dans son dernier livre, « Ce rien qui nous éclaire », nous donne à lire, ou plutôt à entendre la musique de l’âme. Il me faut dire aussi que notre poète, avec ce recueil, ouvre brillamment une nouvelle maison d’édition qu’il vient de créer sous le beau titre « L’enfance des arbres ».

Au pied de l’arbre, c’est un rouge-gorge qui sautille. Une petite tache de sang sur la terre noire, un petit cœur qu’on entend battre sous un bouquet de plumes. Battre, battre au rythme, n’en doutons pas, d’un amour infini, tel le signe visible d’une invisible présence. Ce rien qui nous éclaire, cette infime tache de sang, est en définitive tout. Vos poèmes, cher Jean Lavoué, nous le font comprendre.

Cette petite tache qui tressaute, comme la flamme d’une lampe Pigeon une nuit de tempête, nous permet de lire d’intimes paysages et d’éclairer un monde insoupçonné afin de nous y accorder. « L’invisible nous tutoie », nous laisse des messages secrets sur « le sable des heures » et notre poète se fait traducteur du silence pour nous conduire, tout droit, vers « Des soleils inattendus ».

Les poèmes de Jean Lavoué nous confient les codes pour… « trouver le passage / Vers le royaume secret ». Un royaume où le soleil dépose, chaque matin, son fruit mûr dans la paume ouverte du jour. « Ce rien qui nous éclaire » est à placer sur notre table de chevet telle, autrefois, la lampe qui accompagnait notre enfance. Il nous donnera à entendre des paroles de silence. Il entourera de fraternité nos veillées inconsolées. Il peuplera notre solitude de mille chants d’oiseaux. D’un éclat de lumière il mettra le feu aux ténèbres.

Comme le poète Gilles Baudry, c’est avec infiniment d’empathie que j’ai poussé la porte des mots et que je suis entré, sur la pointe du cœur, dans un jardin de lumière qui ressemblait à un battement d’ailes. Une lumière qui scintillait sur les frêles pétales d’un coquelicot et qui suffisait à entraîner un cœur sur le chemin des larmes.

Ce rien qui nous éclaire, Jean Lavoué le fait luire dans l’herbe de sa poésie. Mais il nous prévient, « la poésie ne se trouve pas d’abord dans les livres ». Elle est là, partout, autour de nous, en nous mais c’est le livre qui nous donnera ce regard d’enfant toujours ébloui par le départ soyeux d’un envol de ramiers ou par la tendre fougère battant la mesure à l’entrée de la forêt des mots. Voilà bien un livre qui nous invite, sous la neige du poème, dans le blanc de la page, à écouter battre le cœur du silence. Ce rien qui nous éclaire est la petite graine, la toute petite graine qui deviendra un arbre immense et qu’on appelle la foi.

Jean-Claude Albert Coiffard, Avril 2017



Jean Lavoué, Ce rien qui nous éclaire, Préface de Gilles Baudry – Ed. L’enfance des arbres, Hennebont, avril 2017. 13 euros (16 euros port compris : 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont jlavoue@gmail.com)

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