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mercredi 13 juin 2018

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Le poème, c’est l’arbre quand il s’éveille,
Quand ses racines en toi s’entourent de silence,
Quand il te faut creuser pour engendrer ta terre
Et pour naître à nouveau dans le secret des feuilles.

Tu n’as qu’à tendre les bras pour toucher d’autres arbres,
Pour recevoir d’eux ces caresses de branches,
Ces croisées éphémères.

Rien n’est plus humble que l’écorce
Qui protège et consume,
Ces tableaux de lumières dessinés sur les troncs,
Rien comme feu de lichens et tendresse de mousses.

Quand tu éprouves en toi
Cet étoilement de verdure,
Ces constellations de nuages,
Cette germination en plein ciel,
Tu te tiens là debout comme l’oiseau qui chante
En oubliant son nid.

Tu es de cet ouvert la ferveur et la grâce,
Ces orgues de lumière,
L’océan qui t’habite,
Les poumons de ta joie.

Il te faut arpenter vers le cap immobile
Tant de travées puissantes,
Tant d’amour vertical.

L’oraison est ce chant
Quand il se dresse en toi,
Cet élan qui te porte,
Ce soleil aux éclats.

Tu n’as pas mérité cette ardeur des matins
Ni ces passions sauvages quand le vent te désarme :
Tu es en gratuité le Vivant,
L’Espéré !  


Jean Lavoué
Bois de Saint-Caradec le 1er juin 2018
Photo : werner22brigitte / Pixabay 







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