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samedi 2 décembre 2023

 En juillet 2020, Magda Hollander-Lafon traversa des jours difficiles et incertains sur le plan de sa santé. Par l’intermédiaire de sa fille Elisabeth je lui avais fait parvenir pendant quelques jours ces petits textes poétiques… Hier, lors de la célébration de ses obsèques, son amour de la poésie fut honoré par la lecture de cet extrait des Lettres à un jeune poète de Rainer Maria Rilke qu’elle aimait particulièrement : « Il ne faut jamais désespérer lorsqu'on perd quelque chose, un être, une joie ou un bonheur ; tout reviendra, plus magnifique encore. Ce qui doit tomber tombe ; ce qui nous appartient vraiment nous reste, car tout se produit selon des lois qui dépassent notre sagacité et avec lesquelles nous ne sommes qu'apparemment en contradiction. Il faut vivre en soi-même et penser à la totalité de la vie, à tous les millions de possibilités, d'immensités et d'avenirs qu'elle contient, face auxquels il n'y a rien de passé ni de perdu. »


JL 2/12/23





Où que tu sois sur le chemin
    À chaque jour son petit bout de ciel bleu
    Qui vient frapper doucement aux carreaux de l'âme
 
    Jean
 
 
    "Donne-moi chaque jour une petite ligne de poésie , mon Dieu,
    et si jamais je suis empêchée de la noter, n’ayant ni papier ni lumière,
    je la murmurerai le soir à ton vaste ciel.
    Mais envoie-moi de temps en temps une petite ligne de poésie."
 
    (Etty Hillesum)
 

Instant de communion
En un souffle fragile
Ces mots penchés vers toi
Telles graminées au vent
 
Quelques pattes d'oiseau
Sur le sable du jour
Rumeur d'une présence 
D’une vague familière 
 
Ou bien main qui se pose
Sur la main du silence 
Pour renouer sans fin
Le fil de la merveille 
 
Jean, 15 juillet 2020
 

Aujourd'hui, chère Magda,
Juste trois petites notes de douceur
Pour accompagner d'œillets et de tendresse
Ce chemin vers la mer.
 
Jean, 14 juillet
 

Penser à toi Magda
C'est penser à un puits au désert
Où notre âme se rassure
 
Que tu te sois ainsi tenue 
Comme un jeune plant d'olivier
Enraciné dans la terre bouleversée de ta jeunesse
Nous donne d'avoir le courage
De nous mettre debout à notre tour 
D'accepter avec toi les quatre petits bouts de pain
Que la vie nous tend à travers l'obscurité des jours
D'entrevoir ton regard lumineux
Dans la nuit de l'espérance 
Et de garder ainsi ouvert
Le journal de notre confiance
 
Gratitude à toi Magda
D'être lumière sur la route
Assurance en nous d'un matin
Dans l’abandon à Celui qui te tient la main
 
13 juillet 2020 
 

 Quelle aube se prépare, chère Magda,
Bergère du courage,
Familière de la joie ?
Au jardin de ton cœur
Les arbres sont en fleurs
Et les roses jubilent !
Tous ces jeunes fervents que tu as su convaincre
Sont là qui te saluent.
La vie l'emportera sur les ombres tenaces :
Comme toi ils se tiendront courageux et debout,
Enracinés dans la confiance,
Pleins d'audace pour le jour qui vient.
Tu peux t'éloigner l'âme en paix,
Tout ce que tu as semé germera
Dans l'âme de ce monde :
Ta foi et ta tendresse,
Le feu de l'espérance.
Tu rejoins tant d'amis, d'amies qui te devancent,
Etty dont le chant reste à jamais gravé
Au fronton de nos nuits,
Christiane dont les derniers fragments
Brûlent en nous d'une flamme qui ne s'éteint pas.
Nous sommes là silencieux,
Nos mains posées sur la paume de ton amour.
Nous sèmerons avec toi les graines de la vie,
Nous ne lâcherons rien de l'affectueuse vigilance,
Cet élan généreux que tu nous as appris,
Nous laisserons croître en nous tout ce qui ne meurt pas,
De tout notre être, nous servirons avec toi 
Les promesses du matin.
 
Jean Lavoué, 12 juillet 2020

Photo Visite de Magda à des élèves d’un collège d’Avranches en 2018







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