Traduire

vendredi 20 mars 2015

.











L'AUTRE PRINTEMPS










Il est au cœur du printemps
Un printemps plus secret
Que nul n’a jamais percé                   
Mais qui éclaire pourtant
D’une flamme celée
Tous nos autres printemps
Il court dans les veines du temps
Faisant chanter l’absence
Jusqu’à la rendre réelle
Comme vent en plein ciel
Pour lui chaque vie est matin
Clarté ouverte à l’éternel                
Et la mort qui luit dedans
Poème offert autre Soleil


Jean Lavoué





































.

jeudi 19 mars 2015

.

























Entrer en poème c’est partir
Je le vérifie chaque fois
Que je m’éloigne un peu de moi
Empruntant à l’arbre cet élan fraternel
Cet envol de branches ce présent immobile
Ce creusement sans fin des racines  
Pour le pays qui me devance et d’où je viens


Jean Lavoué

















































.

mardi 17 mars 2015

.



















Oui printemps
Tu es tellement accordé au chant
Que tu en as oublié
Ce que la mort raconte
C’est en cela que tu demeures
Année après année
Notre allié le plus sûr
Notre secret notre talisman
Notre rempart notre accord notre frère              
Notre pacte si puissant


Jean Lavoué

















































.

lundi 16 mars 2015

.






















Les poètes ont leur printemps
Tu sais lorsque les mimosas
Tutoient le bleu du ciel
Quand l’aubépine blanche
Nous fait la courte échelle
Mais pourquoi dis pourquoi
Tant de barreaux rouillés
Tant de cris tant de haine
Encellulent souvent
Les bourgeons de leurs chants
Pourquoi tant de chagrins                              
Tant de larmes amères
Nouent de sombres sanglots
Les branches de leurs voix 


Jean Lavoué



































.

samedi 14 mars 2015

.
























Ce que le chant s’accorde de silences
De notes blanches de pauses de soupirs
Pourquoi ne te l’accorderais-tu pas
Donne-toi du repos
Accueille ta faiblesse
Fais confiance à ton souffle
Reste dans ton rythme
Sois souple avec toi-même
Fais fête aux sources de ton corps
Quand elles t’appellent à lâcher prise
Sois léger
Ouvre les ailes de ta partition
Laisse jouer la lumière


Jean Lavoué



































.

jeudi 12 mars 2015

.

























Le poème qui ne meurt pas en toi
Ne s'écrit pas
Sa mélodie est traversière
C’est parce qu’il a partie liée avec la vie
Cette flamme où réside l’éternel
Que le poème ne cesse de chanter l’oiseau
La graine enfouie le bourgeon la terre
Le silence bruissant de la forêt 
L’humble élan du printemps
L’éclat de la sève
Le fragile présent en l’homme
Du souffle qui le traverse


Jean Lavoué











































.

mardi 10 mars 2015

.


















Photo by © Chansok Lay 
Kulén, Preah Vihear, Cambodia 




Où cours-tu dis le poème
Ne sais-tu pas que le ciel est en toi
Mais aussi le chemin les arbres et l’horizon
Le sourire de la vie la joie des compagnons
Le fleuve des eaux vives l’élan de ta jeunesse
C’est maintenant la fête la clairière des visages
Le soleil de midi la porte grande ouverte
La couronne invisible qui te fait roi ou reine
C’est maintenant l’éclair où le jour se découvre
C’est maintenant l’instant où le feu coule en toi


Jean Lavoué











































.

lundi 9 mars 2015

.










CELA QUI DEMEURE






Détail d'une icône d'Elisabeth Lamour, La Vierge au chardonneret https://www.facebook.com/atelier.dicones?fref=ts





L’amour qui reste
Que tu appelles aussi bien l’absence réelle
Ne serait-ce pas cet oiseau étonné
Qui fait en toi son nid de silence
Et dont le pépiement t’éveille chaque matin
Visage de tes tendresses effacées
Dont tu cherches inlassablement les traits
Derrière les hautes tiges du temps
L’enfant égaré au fond des nuits
Dont les larmes dessinent un pays sans frontière
Aux douces haies fraternelles
Ce souffle du vent décoiffé
Dont tu ne sais jamais de quelle part il t’appelle
Ce don de vie sans calcul et sans dettes
Présent du ciel par-delà tous présents
Source maintenant qui ruisselle
Terre vive des naissances
Royaume béni dont tu es


Jean Lavoué





















.

dimanche 8 mars 2015

.


















Quand j’étais enfant, je pratiquais régulièrement deux exercices. Il y en avait un qui consistait à m’incliner. J’apprenais à faire une révérence profonde. Je passais des heures à m’incliner et je me souviens de la joie que j’éprouvais quand vraiment j’étais entière dans cette révérence. Il se passait alors quelque chose qui était comme un spasme, un bonheur complet…

Le deuxième exercice consistait à sentir le poids d’une couronne sur ma tête. A Marseille, on dit de quelqu’un d’un peu prétentieux qu'« il s’en croit ». Et moi, qui avais la sensation de porter une couronne invisible ! J’étais obligée de la porter même à l’école et je me disais que, si un jour quelqu’un la remarquait, je pourrais toujours la ranger dans mon cartable…

Cette sensation de royauté qui m’habitait n’avait vraiment rien à voir avec « s’en croire » ; c’était seulement le secret bien sûr, gardé de ma naissance, et c’est aussi le secret de la vôtre !

Ces deux sensations vont ensemble : la révérence et le port de la couronne, et elles sont restées dans la mémoire de mon corps. Je les retrouve en vieillissant… Ce secret qui nous est commun et qui est celui de notre royauté.

Christiane Singer
Où cours-tu, ne sais-tu pas que le ciel est en toi ?





















. 

samedi 7 mars 2015

.
























Le poème n’a pas un bosquet
Pas une prairie pas un vallon
Pas un lit de feuilles 
Pas une pierre pour se reposer
Il va partout sa vie nomade
Errant de nos défaites
Vagabond de nos silences
Bohémien de nos rêves
Dans chaque brin d’herbe
Chaque chant d’oiseau
Chaque tige qui se dresse
Il convoque amoureusement
Les jardiniers du cœur


Jean Lavoué






































.

vendredi 6 mars 2015

.
























La nuit n’est jamais complète
Il y a toujours puisque je le dis
Puisque je l’affirme
Au bout du chagrin une fenêtre ouverte
Une fenêtre éclairée
Il y a toujours un rêve qui veille
Désir à combler faim à satisfaire
Un cœur généreux
Une main tendue une main ouverte
Des yeux attentifs
Une vie la vie à se partager


                 
Paul Eluard

in Le phénix ( Derniers poèmes d’amour) éd. Seghers.








































.

jeudi 5 mars 2015

.

























Aujourd’hui le soleil a rendez-vous
Avec la source
L’oiseau ne trouve rien à y redire
Son chant le certifie
Près du roc silencieux
Où elle ne donne que ce qu’elle a reçu
Tout est présent
Poème et clarté


Jean Lavoué













































.
[URL=http://www.compteur.fr][IMG]https://www.compteur.fr/6s/1/6057.gif[/IMG][/URL]