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Blog Jean Lavoué "Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez." Tatanga Mani, Pieds nus sur la terre sacrée... "Il faut reboiser l'âme humaine." Julos Beaucarne
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dimanche 26 novembre 2023
samedi 25 novembre 2023
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vendredi 24 novembre 2023
Et si le chant jailli de ton silence
Révélait aussi autour de toiD’autres chants
Des matins de paix
Où déposer les armes
Des chemins ouverts
Pour le retour des captifs…
JL 24/11/23
Et si ce qui s’éveille en toi
Pouvait donner à d’autres
Des ailes,
Des branches où se poser
Dans la grande forêt du silence !
Tu confies ces racines
À la force bienveillante qui les traverse,
Aux clairières qui respirent,
À l’automne ajouré
D’éclats d’or et de vent,
Tu devances en tremblant
Les marnes étoilées
Du soleil.
Ce qui défie l’hiver en toi,
Tu en fais la promesse
D’un matin triomphant,
Un chant pour d’autres,
Une aube partagée,
Un printemps sans limites
Gagné par la lumière.
Jean Lavoué, 22 novembre 2022
Photo JL 12/11/22
jeudi 23 novembre 2023
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À Christian Bobin, 23 novembre 2022 🙏
Jamais la mort n’eut
Davantage qu’avec toi
Ce goût d’enfance
Comme si tu étais venu
Murmurer son secret
À notre oreille
Cette promesse
De silence et de neige
Que nous avons tous en commun
L’amour la poésie
Dispersés à jamais par le vent
Entre les pages de tes livres
La bonté que tu révèles
Au cœur de chaque pauvre
Comme un soleil de fête
Ta main qui n’en finit pas
De révéler au cœur de chacun
Les trésors enfouis de la confiance
Du rire éternel et de l’amitié.
Jean Lavoué, 22 novembre 2023
«A quoi penses-tu? », demandent les importuns à celui qui renoue en lui avec le songe d'une origine. Comment dire : je ne pense à rien. Je ne pense ni à des mots, ni à des choses. Comment dire : c'est à vous que je pense, à ce qui, au centre de vous, est comme au centre de moi. C'est à la mort et c'est à l'enfance que je pense. Celui qui se tait, celui qui ne peut répondre, il va dans le bois d'une chanson où l'enfance est morte, où les lauriers sont fanés : si la cigale y dort, il ne faut pas la blesser. Il marche lentement dans la force éternelle, il s'éloigne de toute maîtrise comme de toute servitude. Il n'obéit plus qu'au flux des étoiles dans le sang, et c'est d'un pas léger qu'il marche : comme si l'évidence de la perte se doublait de l'évidence d'un salut. Comme si les deux silences-celui de la mort enrobée dans la vie et celui de la vie dérobée à la mort- n'en avaient jamais fait qu'un seul: celui de l'enfance en son deuil infini, en son rire éternel. »
CHRISTIAN BOBIN
« Le huitième jour de la semaine »
Editions Lettres vives 1986
Photos JL Saint-Jacut-de-la-Mer le 22 novembre 2023
www.enfancedesarbres.com
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mercredi 22 novembre 2023
C’était à Saint-Jacut déjà, tout comme aujourd’hui… il y a juste trois ans…
Il faudrait à présent ajouter :
Face à la guerre qui fait rage
Et menace de s’étendre
Aux populismes et complotismes
Qui gagnent partout du terrain
À la planète qui tremble
Quoi de plus essentiel
Que de faire entendre un ciel d’enfance ?
JL 22/11/23
Face au brouhaha des images,
À la confusion des esprits,
Au tapage des sons,
Quoi de plus essentiel
Que de faire entendre un ciel d'enfance ?
Une blessure muette,
Des branches ennuagées de silence,
Des rires éclatants et des voix familières,
Une cour de ferme aux fleurs d'éternité,
Des champs offerts aux rumeurs de la mer ?
Des haies de saules aux feuillages argentés,
Des nuits confiées aux vents frais, aux étoiles,
Une saison de coquelicots,
Des matins dépliés en nappes de soleil ?
Des chansons qui sortent des poitrines,
Une parole poudreuse de la poussière des chemins,
Des sourires qui sauvent, des gestes fraternels,
Une table pour le partage,
Des oiseaux traversés par la joie ?
Jean Lavoué, 21 novembre 2020
Photo JL, Saint-Jacut-de-la-Mer, novembre 2021
www.enfancedesarbres.com
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mardi 21 novembre 2023
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Et si de ta nuit
Naissait une promesse
Une clarté sans nom
N’en serais-tu pas
À jamais transformé ?
Tes mots auraient beau
Demeurer ténébreux
Tu laisserais leur silence
Féconder tes jours
Tu n’aurais plus part
À l’aveuglement du monde
Tu laisserais le premier oiseau de mer
Te dicter ton chant
Le soleil
Tu le porterais en toi
Comme un fruit mûr
Un signe accompli
L’amour
Serait devenu simple
Et sa lumière sans défaut
Ouvrirait des brèches
Dans l’obscure falaise
Le buisson en feu
Posé sur les grèves
Te rappellerait
Les gués où traverser
Le poème
Germerait en toi
Tel un épi de lumière
Que rien ne menace
Que nulle tempête n’effraie
Tu reconnaîtrais
Dans ses racines fertiles
Le fond sans fond
Dont tu es l’hôte
Et le fruit.
Jean Lavoué, matin du 21 novembre 2023
Photo JL Saint-Jacut-de-la-Mer, 18/11/23
www.enfancedesarbres.com
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dimanche 19 novembre 2023
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Le monde broie toujours du noir
Nous couvrirons-nous cependant
D’un vaste châle de prière
Pour y enrouler notre nuit ?
Nous glisserons-nous
Jusqu’aux racines de l’espérance ?
JL 19/11/23
Le monde broie du noir
Mais il suffit d’ouvrir les yeux
Pour saisir encore le chant des couleurs,
Sentir en soi le frémissement des feuilles.
L'arbre retient son souffle
Et brûle comme un encens
Les dernières larmes de la joie.
Les roux de l'automne
Ont composé pour la rivière
Un vaste châle de prière
Où s’enroulera sa nuit.
Je mesure à pas lents
Les progrès de l'hiver,
La nudité du vent,
L’enfouissement de la lumière,
Les clameurs d’aube sur la mer.
Le soleil qui descend
Prépare en nous sa sève ;
Il est temps pour chacun
De regagner la source,
Il est temps de migrer
Loin des branches invulnérables,
Il est temps de se glisser
En patience de bourgeons
Jusqu’aux racines du silence.
Jean Lavoué, 19 novembre 2016
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samedi 18 novembre 2023
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Nos pauvretés mises bout à bout
Parviendraient-elles
À éteindre l’incendie ?
Nous avons essayé les armes
Nous avons essayé l’argent
Nous avons tenté la démesure
Et si nous nous acceptions
Tels que nous sommes
Voués tous à une mort certaine
N’aimerions-nous pas la rendre fraternelle ?
Ne voudrions-nous pas vivre
Le reste de nos jours
Dans un vif abandon
Un geste franc et solidaire ?
Nos nuits seraient plus douces
Et nos amours plus courageux
Nous y gagnerions peut-être
La paix avec nous-mêmes
Avec tous ceux qui nous entourent
Avec les arbres avec le ciel
Avec les oiseaux du soleil
Et avec toute la création
On n’entendrait plus parler de guerres
On poserait un regard bienveillant
Sur chaque fleur chaque brin d’herbe
Chaque bouquet de bruyère
Nous ramasserions
Pour offrir aux voisins
De pleins paniers
Des fruits de la tendresse
Acceptant de nous perdre
Nous aimerions sans compter
Et glanerions à pleines mains
Les grains de l’abondance
De l’enfance et de la joie
Patients avec nos corps vulnérables
Nous prendrions soin de la vie
Partout où elle se donne
Partout où elle souffre
Et parfois désespère
Compagnons du pauvre en nous
Nous lui ouvririons des clairières
Capables d’accueillir à notre table
Tous les mendiants de la terre.
Jean Lavoué, 16 novembre 2023
Photos JL Le Blavet 16/11/23
« Le travail que je dois effectuer consiste plutôt à creuser en moi la capacité à la réceptivité. Seule une posture d’accueil – être le ravin du monde, selon Laozi -, et non de conquête, nous permettra, j’en suis persuadé, de recueillir, de la vie ouverte, la part du vrai… L’unicité de chacun ne saurait prendre sens que face aux autres unicités, grâce aux autres unicités. Là est la condition même d’une vie ouverte. »
François Cheng
"Fais-toi ravin du monde
Être ravin du monde
C'est faire corps avec la vertu immuable
C'est retourner à la petite enfance"
Lao-Tseu
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