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samedi 2 juin 2018

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Quand nous serons plongés dans la pluie dont nous sommes,
Tel l’arbre qu’elle console, Chant des béatitudes, herbe de mer
Balayée par l’instant des grandes solitudes,
Eau vive des baptêmes,     
Nous irons sans trembler dans la nuit qui nous cloue
Au grand vent du mystère.

Nous serons en ce vide qui nous relie à tout
Joie secrète nouée aux nuées de l’amour,
Humble silence des blés dans les remises nues.
Nous aurons déposé nos quêtes infinies,
Nous serons sans vouloir adossés aux fontaines,
Nous serons de ce monde cette trace éphémère
Qui se réjouit de tout,
Qui jubile aux lisières.

Sans gestes nous bénirons le pain des gratitudes
Et les cuvées du soir.
Nous serons ces passants offerts à l’inconnu,
Ces pauvres que longtemps le désir empêchait.
De nos mains dénouées nous glanerons le grain,
Nous le distribuerons,
Nous en serons levain.

Nous serons de ce Corps qui tant nous déroutait
L’inconnaissable soif,
L’entière vastitude.
Nous irons dans la hâte l’annoncer à tout être,
Nous serons à jamais en chemin vers nous-mêmes,
Nous serons Ses matins d’audience et de clarté,
Ce néant de lumière,
Cette note infinie.


Jean Lavoué
Le 29 mai 2018
















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