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dimanche 22 mars 2009









On voit bien qu’hier
C’était le printemps :

Le prunus nous faisait
Grande fête,

Et les jonquilles, debout,
Applaudissaient !





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samedi 21 mars 2009









Si je viens
C’est vers toi
Vers un moulin perdu
Tout au fond des prières
Vers un jardin en friche
Vers un feu triomphant

Si je viens
C’est vers ton rêve
Vers ton cœur attentif
Aux murmures de la nuit

Si je viens
C’est vers ton mystère
Qui se confond avec le mien





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vendredi 20 mars 2009









Seule la lumière
Porte témoignage

Toi tu ne peux rendre compte
Que de l’obscur

Cette écriture
Qui fait le jour en toi





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jeudi 19 mars 2009









Bénédiction à Toi
Qui te tiens fidèle
Dans l’embrasure des heures





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mercredi 18 mars 2009









Ce chant
D’où venait-il,

De quel matin secret
Perçant
Sous la patience des feuilles ?





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mardi 17 mars 2009









Ces choses simples
Qui cherchent ton regard
Ce pain dans le silence
Cet arbre dans la lumière
Ce jour adossé au matin

C’est toi-même
Qu’elles révèlent





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lundi 16 mars 2009









Sans même l’avoir cherché,
Apprivoise l’espace
Entre le silence et toi,

Et n’effraie pas les hirondelles
Qui volent à portée de bras !





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dimanche 15 mars 2009









Accepter l’écriture lente,
Le dessin à la main,
Le pinceau alerte des couleurs,
La tache lumineuse du silence,
Le ciel tout au fond qui s’agrandit.





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samedi 14 mars 2009



Je me sens d'un ruisseau caressant les racines
d'arbres forts d'arbres hauts et fidèles

Philippe Forcioli





Est-ce travail
De devenir poreux
A la force du vent,

D’habiter imperceptiblement
La verticalité du chant ?







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vendredi 13 mars 2009









Ecrire
Est la façon la plus simple
Que tu as trouvé d’être fidèle

Tu sais par ce geste
Que la vie demeure

Qu’un silence se survit

Les mots se livrent
Là où tu n’as cessé d’espérer





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jeudi 12 mars 2009









Les premiers mots
Tu ne les choisis pas

Ce sont les mots de l’innocence
Fruits du hasard ou de la joie

Ouvreurs de cathédrales inconnues
Sans nef
Ni toiture

Ou simple coup d’épaule
Sur les lourds vantaux du jour





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mercredi 11 mars 2009





Les vrais amis sont comme les arbres
Ils ont hâte de te voir
Mais restent imperturbables
Si tu ne passes pas dire bonsoir


Les vrais amis sont comme les arbres
Ils tendent leurs bras, ne plient pas
Ils grimpent vers la lumière
Ce qui les met en joie

Julos Beaucarne





Ecrire, disais-tu !

Et si ce n’était ce feu
Qui brûle sous tes côtes,

Où trouverais-tu l’encre ?





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mardi 10 mars 2009









Tu n’as pas à jeter le seau
Pour que la parole
Devienne en toi
Cette eau changée en vin !

Tu obéis aux sources
Qui t’ont vu naître !





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lundi 9 mars 2009









J’aime ces chemins qui se dessinent
A l’oreille du cœur !

Quelques mots balbutiés
Valent souvent plus
Que toutes les cartographies du monde !





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dimanche 8 mars 2009









Pourvu que tu te tiennes
Chaque jour
A l’humble exercice d’écrire
Sous les arbres
Comme on jette un seau
Tout au fond du silence

Tu te sens accordé





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Chaque fois que tu te sentiras perdu, indécis, pense aux arbres,
souviens-toi de leur façon de pousser.
Souviens-toi qu'un arbre avec beaucoup de feuillage et peu de racines
peut être déraciné au moindre coup de vent,
tandis que, dans un arbre avec beaucoup de racines et peu de feuillage,
la sève court difficilement.
Racines et feuillage doivent pousser dans les mêmes proportions,
tu dois être dans les choses et au-dessus,
ainsi seulement tu pourras offrir ombre et refuge,
te couvrir de fleurs et de fruits quand ce sera la saison.
Quand plusieurs routes s'offriront à toi,
et que tu ne sauras pas laquelle choisir,
n'en prends pas une au hasard, mais assieds-toi et attends.
Respire profondément, avec confiance, comme le jour où tu es venu au monde,
sans te laisser distraire par rien.
Attends encore et encore.
Ne bouge pas, tais-toi et écoute ton cœur.
Puis quand il te parlera, lève-toi et va où il te porte.

Susanna Tamaro, Va où ton cœur te porte
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samedi 7 mars 2009








Dans l’ordinaire des jours
J’ai puisé à pleines mains
Au grand lavoir des mots

Et je m’y suis baigné
D’une eau pure
Dénuée
De tous soupçons





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vendredi 6 mars 2009









En toi
Cette réserve insoupçonnée
De pluie, de feuilles,
De rosée, de matins !

Témoin d’un invisible
Porté à l’horizon
De ton regard.





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jeudi 5 mars 2009









S’en remettre chaque matin
Aux marées du silence

Chaque soir laisser trembler
L’écho de leurs pas !





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mercredi 4 mars 2009









Sans silence
Comment apprivoiser le ciel ?





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mardi 3 mars 2009









Depuis que tu as cessé
De vouloir ressembler,

Tu es devenu peu à peu l’empreinte
De ce silence en toi,

Si longtemps ignoré !





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lundi 2 mars 2009









Quand le poème
Se fera silencieux,

Veille à la prophétie
Qui gagne sous l’écorce !





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dimanche 1 mars 2009











Arbres,
que l’hiver a dénudés,

Je vous admire
de rester debout dans le froid,

De faire avec le sol
cet angle droit

Que j’essaie, moi,
de faire avec le temps.


Guillevic

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samedi 28 février 2009








J'étais donc assise sur cette pierre, comme d'habitude.
Il devait être à peu près dix-neuf heures,
c'était autour du 8 août,
j'avais quitté la maison cinq ou six minutes plus tôt,
c'était donc le tout début de ma sortie.
Pour la énième fois de l'été, je commençais à regarder le paysage
quand soudain, face à moi, à moins de trente mètres en contrebas,
un buisson s'est illuminé et s'est mis à me parler.
Aussitôt, j'ai été vivement saisie et ravie.


En fait, il s'agissait du feuillage dense d'un jeune hêtre
dont la frondaison dépassait seule du talus.
Il s'alluma d'un coup,
mais avec une douceur à tomber de joie.
Il jouait de la lumière, voilà,
comme un piano joue de la musique.

C'est ainsi qu'il me parlait.
Je ne saurais répéter ce qu'il me disait,

mais tout le temps où cela dura
(plus d'une heure, mais je ne voyais plus passer le temps),
je l'entendis, aux deux sens du verbe.

Alina Reyes
Lumière dans le temps





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jeudi 26 février 2009









Il y avait donc
dans l'impossible
un passage





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mercredi 25 février 2009









Et si le vent
trace un jour un chemin
dans l'eau de ton regard

Suis le vent

Accomplis sur la toile
l'ultime baiser des yeux
à la lumière





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mardi 24 février 2009









Sauras-tu peindre
un tel mystère

A peine visible
à peine entrevu





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lundi 23 février 2009









Tu ne le sais qu'après
que l'obscur
illumine





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dimanche 22 février 2009









Imagine la toile achevée
ses couleurs
et ne te presse pas trop
de fixer le dessin





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samedi 21 février 2009









Epouse l'instant bref

Exulte dans le passage





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vendredi 20 février 2009









Peut-être qu'un oiseau blanc
à la joie insolite
te conduira un jour
loin des voix et des rires
vers un long silence clair





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jeudi 19 février 2009









Puisses-tu devenir silencieux


léger
à l'aplomb du jour





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mercredi 18 février 2009









Tu devines
à l'aisance du souffle
qu'une porte est franchie

La joie est traversière





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mardi 17 février 2009









La trace est sûre
si tu renonces
à toute connaissance

Chaque seconde scelle l'éternité





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lundi 16 février 2009









Tu ramènes parfois
de tes ballades dans le silence
des parcelles de nuit
beaucoup plus lumineuses
que le jour

L'inachevé du regard





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dimanche 15 février 2009









Si tu savais te taire
où et quand il faut
tu deviendrais complice
tu saurais le chemin





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samedi 14 février 2009









Nous faudrait-il
écrire d'un autre pas
allonger la marche
ne rien dire aux passants

Indiquer seulement
qu'il existe un chemin
une route dans le soleil





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vendredi 13 février 2009









Partout la mer
en ce pays
qui fait battre si fort
le pouls tremblant des rivières

La mer musicienne
arrimée aux nuages

La mer
étrange et familière
qui caresse nos terres

La mer
toujours prochaine
horizon sans partage





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jeudi 12 février 2009




Eglise de Saint-Jean Brévelay
où vécut Eugène Guillevic enfant






Apprends à recevoir la vie
comme ne recevant pas
à donner
comme ne donnant pas

Deviens l'inspiré
de ton souffle

Le navigateur étonné
des marées de ton âme

Et ne retiens pas la force
dont tu nais






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mercredi 11 février 2009









Sans nulles voies
ta voie

Sans nuls chemins
ton chemin





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mardi 10 février 2009









Seul sera perdu
ce que tu n'as pas donné

Ecris
pour élargir l'errance

Tant de ciels encore
à sauver





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lundi 9 février 2009






L’œuvre de tes pas
s'accomplit
au plus près de toi

Sois pour toi
un ami

Sans certitude
et chaque jour
plus vrai






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dimanche 8 février 2009









Vivre

Ce que tu appelais vivre

S'être laissé mourir
dans la terre
des pressentiments

Avoir osé germer





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vendredi 6 février 2009

jeudi 5 février 2009









Les oiseaux
ramènent de la mer
des gestes blancs

Il restera toujours
à la fleur
un passage





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mercredi 4 février 2009









Main
première à consentir

A prendre le chemin





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mardi 3 février 2009









Sauras-tu partir
si nul lointain
ne fertilise ton pas





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lundi 2 février 2009









Fondés
sur la pierre du silence

Conduits
sans boussole
par le seul vouloir des nuits

Réconciliés
avec les traces
en nos déserts





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dimanche 1 février 2009









Dans mon pays
les pierres célèbrent
la maison

Les arbres
chantent la lumière

Les fleurs
épousent la terre

Les oiseaux
peignent leur joie

Le ciel
accompagne

Chacun devenant
pour soi-même
un ami





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samedi 31 janvier 2009









Un jour
un étranger peut-être
ouvrirait d'autres voies
dans la mémoire des justes

Ancré
dans la parole

Parlé
par ses silences

Toujours
en mouvement

Inclassable

Libre





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vendredi 30 janvier 2009









D'autant plus disponible
que tu as trouvé en toi
le chemin
qui rend possible tout chemin





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