
c'est laisser le vent
s'emparer de toi
Tu ne sais d'où il vient
ni où il va
tu suis la main
et son mouvement léger
de plénitude
sur l'abîme
Blog Jean Lavoué "Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez." Tatanga Mani, Pieds nus sur la terre sacrée... "Il faut reboiser l'âme humaine." Julos Beaucarne

A CHAQUE VIE D'ETRE VECUE
Devant cet arbre immense et calme
Tellement sûr de son amour
Devant cet homme qui regarde
Ses mains voltiger tout autour
De sa maison et de sa femme
Devant la mer et ses calèches
Devant le ciel épaule nue
Devant le mur devant l'affiche
Devant cette tombe encore fraîche
Devant tous ceux qui se réveillent
Devant tous ceux qui vont mourir
Devant la porte grande ouverte
A la lumière et à la peur
Devant Dieu et devant les hommes
A chaque vie d'être vécue
René Guy Cadou
N'abandonnez jamais
le bon combat de l'écriture
Bruno Frappat
Ecris
Et le mirage reverdira
Mahmoud Darwich




Un homme viendra de la mer, il dira les mots médecins, puis il cherchera son étoile et il regardera vers l'Ouest. Sa route sera rude et longue. Qu'il écoute la voix des herbes, celle des arbres, des cailloux, et qu'il apprenne leur langage. Qu'il n'oublie pas de saluer les montagnes, les forêts, les rivières avant que son
pied ne se pose sur elles. Qu'il fasse selon son coeur. Qu'importe qu'il ignore tout de nos chants et de nos prières, la vie entend partout la vie. Qu'il parle aux Esprits de la terre avec respect, et dis-lui bien : ils ne sont ni bons ni mauvais. Le feu réchauffe autant qu'il brûle, et l'eau abreuve autant qu'elle noie. Que l'homme de la mer, quand il vous quittera, n'oublie jamais cela, et qu'il donne aux choses vivantes son amitié d'être vivant, afin qu'elles lui soient favorables.Henri Gougaud
Il habitait une maison du bout du monde
Une terre possédée par les oiseaux de mer
On l'aurait dit héritier de leur race
Il se méfiait des rites
prenait garde à toute entrave
à son amour
se fiait à la parole de ses amis
Dieu est au-delà de Dieu
Si par mégarde
l'ordre s'emparait de sa vie
il cherchait aussitôt la lucarne
pour regagner le jour
La force qui lui manquait
c'est en y renonçant
qu'il l'éprouvait.


Rachi a dit quelque chose de très beau sur cette séquence du buisson dans l'Exode : " Un ange du Seigneur lui apparut dans une flamme de feu au milieu du buisson. Au milieu du buisson - et non pas un autre arbre plus élevé, conformément au Psaume 1, " Je suis avec lui dans la détresse, dans l'humiliation". Dieu a choisi le buisson, le moins élevé de tous les arbres, comme lieu de sa révélation, montrant par là qu'il était avec les Hébreux dans leur état d'humiliation."Valère Novarina, L'Envers de l'esprit

Dans cet arbre que tu vois là
Il y a plus que ce que tu vois,
Il y a son passé, son avenir
Et quelque chose qu'en lui tu pressens
De ton passé, de ton avenir,
Tout cela qui vous est commun -
A travers le temps.
GUILLEVIC



Tu as tout récolté dans le monde
Des fruits, de la douleur, de la lumière insoupçonnée
Et ce qui s'ouvre sans mesure
Comme des branches transparentes
C'est une immensité promise à nous
Depuis que le semeur est sorti pour semer
Marc Baron



LE TILLEUL
Nous l’avons planté
De nos mains
Maintenant nous renversons
La tête
Et déchiffrons sur lui
Ce que tout au plus
Il nous reste de temps
Comme s’il avait un pressentiment, il emplit
Pour nous le ciel de
fleurs
Reiner Kunze

Ce n’est qu’à force de simplicité
Et de transparence
Que je parviens à aborder
Mes secrets essentiels
Et à décanter ma poésie profonde.
Tendre à ce que le surnaturel
Devienne naturel
Et coule de source
(Ou en ait l’air).
Faire en sorte que l’ineffable
Nous devienne familier
Tout en gardant ses racines fabuleuses.
Jules Supervielle
Hélas, nous calculons les années... Mais tout ce qui nous arrive est comme un seul et même morceau dans lequel une parenté existe entre chaque partie, chacune est née, a grandi et a fait son propre chemin ; nous n'avons au fond qu'à être présent tout simplement, avec intensité - tout comme la terre est présente - en ne faisant qu'un avec les saisons, le jour comme la nuit dans l'espace, sans chercher de
repos en quoique ce soit d'autre que ce réseau d'influences et de force, là où les étoiles se sentent protégées.
Rainer Maria Rilke
cité par Etty Hillesum dans son journal le 1er juillet 1942
.
L'Aimé, c'est pour moi les montagnes,
Les vallons boisés, solitaires,
Toutes les îles étrangères
Et les fleuves retentissants,
C'est le doux murmure des brises
caressantes.
Il est pour moi la nuit tranquille,
Semblable au lever de l'aurore,
La mélodie silencieuse
et la solitude sonore...
Jean de la Croix