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jeudi 22 octobre 2009











Le jour où tu épouseras

La verticalité de l’arbre


Où ses racines seront pour toi

Aussi lisibles que tes songes


Tu seras pris peut-être

Dans sa danse immobile


La vie exaucera

Tes saisons simplifiées










"Tu pars dans une racine


Pour un long voyage



Et tu reviens porteur


D’un avenir d’oiseau


Préparé pour les noces."






Guillevic











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mercredi 21 octobre 2009












Tant de livres comme marches provisoires


Qui te donnent d’oser aventurer


Un pas de plus vers ce territoire


Qui t’a toujours appartenu






Tant que le Poème


Sera cette marche vers toi-même


Tu seras ce passeur incrédule


D’une rive à l’autre de ton être












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mardi 20 octobre 2009








Un jour tu choisis de te dresser

Dans ta souveraineté d’homme libre



Et tu sais au même instant

Qu’il s’agit d’une voie humble

Sans éclat



D’un chemin de terre et d’eau

Arc-bouté aux racines du ciel



Ton pas

Non pas dans les pas d’un autre

Mais devinant son jour








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lundi 19 octobre 2009









Ce jour anniversaire

Que ta mémoire efface

Mais que ton geste pose



Un chiffre soudain

Avec lequel tous les autres font nombre



Et te voici soudain relié

A ton axe essentiel








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dimanche 18 octobre 2009









"Toute ma vie est dans mes poèmes, mes poèmes sont le langage de ma vie. C’est par eux que je vais d’inconnu en inconnu. Ils me font plus que je les fais. Et ils sont reconnus par ceux qui sont du même côté du langage, du même côté de la vie que moi."



Henri Meschonnic








Vient un jour où l’écrin

Devient plus important

Que le trésor qu’il recèle



C’est le moment venu

Pour libérer la Parole

La dégager de sa prison







"La nécessité de l'âne. - On n'amènera pas la foule à crier hosanna tant qu'on ne sera pas entré dans la ville à califourchon sur un âne."


Friedrich Nietzsche








"Avez-vous jamais vu le printemps surgir dans un pays de long hiver ? Les glaces craquent, charriées par les fleuves qui entraînent en même temps les arbres morts dans un tohu-bohu, tandis que l’intrépidité des herbes et des rameaux verts perce au hasard. Pourquoi avez-vous peur ? Pourquoi n’aimez-vous pas la vie qui commence toujours par une démence ?


Une parole juste où qu’elle soit dite, près de qui que ce soit, perce, travaille, sans pourquoi ni comment, porte sa preuve en elle-même."

Jean Sulivan







Retour au livre

Et à travers lui à Cela

Qui perce sous les feuilles



Une Parole qui n’attend pas pour dire

Qui porte en elle l’urgence

Des commencements



Qu’un seul ait eu l’audace de s’arracher

La voie devient possible

Le passage praticable



Cela qu’il faut toujours recommencer

Risquer plus d’une fois son « âme »

Pour naître au Royaume

Que l’on porte en soi












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samedi 17 octobre 2009









Ce monde où tout avait sa place

Que tu ne sus quitter à temps

Béni comme le pain d’une enfance

A jamais disparu



Et te voilà plus affamé encore

Plus errant qu’au temps de l’Exode



Déchiré entre la nostalgie du retour

Et les germinations obscures

Sous la croûte des déserts







"Ce que je veux faire, c’est réveiller mon lecteur. Je veux que mes mots produisent un effet réel en lui, physique et spirituel à la fois, car les deux sont intimement liés. Je suis chrétienne, je crois en l’incarnation, l’esprit dans la chair ! Nietzsche disait que l’instinct est la plus grande des intelligences. Cela ne signifie pas nécessairement que la nature est synonyme de noirs instincts. Mais c’est vrai, il faut savoir descendre dans la mine sombre pour trouver l’or, et finalement son “rayonnement doux”, qui, disait encore Nietzsche, est “le propre du métal le plus précieux”. On peut aussi le trouver à la lumière, dans les rivières, mais de toute façon il faudra le passer au tamis. Ma littérature met les mains dans le noir de la mine, ou dans la boue du fond de la rivière, mais pour en ramener le goût de la vie douce et rayonnante."


Alina Reyes













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jeudi 15 octobre 2009


Rennes, Le Thabor






Rien ne t’interdit jamais

D’écrire


Seul l’oubli de cette voix

Qui cherche à percer sous l’écorce









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mercredi 14 octobre 2009








Parmi tous ceux qui errent

Tu cherches l’amitié

Tu ne crois plus au socle

D’un temple fait de mains d’hommes


Sous l’envers des mots

Tu sens passer le Souffle


L’heure vient

Où sont bénis les égarés


Ce que tu ne saurais dire

Tu cherches dans l’accord des voyelles

A le laisser consonner


Il y a tant de demeures

Où nul n’est encore jamais entré








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mardi 13 octobre 2009









J’ai compris qu’en devenant fleuve

Je serai peut-être un jour estuaire


Rejoignant à l’aval du mystère

Ce passant silencieux

Qui ne m’a jamais quitté








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lundi 12 octobre 2009









Sous les mots du poème

Tu poursuis l’incroyable partition


Tu guettes à chaque ligne

La chute enfin qui taira

La note justifiée









 

"Sous la chair des mots, je cherche l'os de vivre, le feu dans l'ossuaire qui couve sous la cendre."


Jean-Marc La Frenière








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dimanche 11 octobre 2009








C’est maintenant que le ciel s’écarquille

Qu’il faut ouvrir les yeux

Ne rien lâcher du mystère


S’écarter de la route

S’il le faut effacer toutes traces


S’avancer à tâtons

Les mains palpant les côtes de la nuit


Ne pas renoncer

Aux chances de la lumière








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samedi 10 octobre 2009










La petite voix ténue

Silencieuse

Du Poème


De combien de peaux

De cuirs tannés

N’est-elle pas recouverte


Elle qui ne cesse pourtant de vouloir

Cette mise à nu

Qui nous sauve et nous tue








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vendredi 9 octobre 2009









Ces plages suspendues

A l’aplomb de ton doute

Abritées par le phare

Dont tu ne sais plus rien



Aveugle de naissance

Ayant croisé le ciel sur ton passage

Acceptant d’enduire tes yeux de boue

Pour laver ton regard








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jeudi 8 octobre 2009








Un jour

Je trouverai peut-être le mot

Soleil silencieux

Autour duquel tout gravite


Un jour je cesserai de dire

Je laisserai le vent

Entonner le chant que je ne connais pas








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mercredi 7 octobre 2009












Lorsque les vagues viennent cogner

Contre la tempe de ma nuit


J’ouvre les volets

Je compte entre les algues

Les grains de sable de ton silence


Je ne renonce pas

A lancer mes galets

Sur la marelle de ton absence


Je trace entre les lignes

La constellation de ta présence






 
 
 
 
 
 
 
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mardi 6 octobre 2009










Je marche dans la nuit des signes

Les étoiles se taisent au son de ma voix


Je fais confiance à celui

Qui prédisait l’obscur

Connaissant les sous-bois

Les chemins ténébreux

Où brûle l’or d’une foi


Je grappille au passage

Des secondes d’éternité








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lundi 5 octobre 2009








Retrouver le texte enfoui

Sous la couche des mots

Faire vibrer encore une fois

L’indicible partition




Promouvoir l’errance

Marcher au son d’une joie




Autoriser l’écart

Où se noue l’abandon










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"Comme si aimer


N’était pas avant tout être souple

A la vie allégrante

Qui coule dans le torrent

Dresse l’herbe et les arbres

Bat dans la gorge du crapaud

Nous fait signe

A travers les gestes humains

Plutôt que se laisser dompter par les idées"



Jean Sulivan


 
 
 
 
 
 
 
 
 
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dimanche 4 octobre 2009













Capturés par l’objet

Qu’ils ne quittent pas des mains


Prisonniers d’eux-mêmes
Cherchant à entendre encore au loin
L’écho de leurs voix


Incroyablement absents
Croyant posséder le monde


Quand ils n’ont pas encore franchi
Les rives de leur naissance




L’espace ténébreux
     
          Qui les livrerait à la joie














 

"Il existe une race, voyez-vous, les hommes qui portent en eux un clochard en filigrane, ceux qu'un rien rend heureux, un merle sur l'herbe, des lichens sur un mur, une flaque de soleil sur un arbre, ceux qui vivent pleinement l'instant, ils sont immortels, c'est pour eux que j'écris."

Jean Sulivan











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samedi 3 octobre 2009

















La pauvre vérité

Que les joueurs de feu

Ont cru saisir


Toi tu la laisses se poser

En langue de mystère

Sur chaque front têtu

Chaque visage rencontré
















"Il y a tant d’ornements, de vitrines, de carreaux, d’enseignes, on dirait qu’il manque quelque chose dans le visage des gens."



Jean-Marc La Frenière



















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vendredi 2 octobre 2009









La parole

Non pour se complaire

Mais pour s’arracher

Aux fausses transparences


Signes brisés

D’où la vérité éclate


Nomade

Précaire

Divisée

Toujours en chemin



















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mercredi 30 septembre 2009

















Des phrases

Des lambeaux

Des morceaux de peau

Arrachés au savoir inconnu


L’ignorant

Que tu portes

Au fond de toi

Comme un trésor

















"Je n’entrerai pas dans les affaires, la carrière, les rôles, les fonctions. Je rentre dans les bois comme entraient à l’église les premiers pèlerins."



Jean-Marc La Frenière

















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mardi 29 septembre 2009

Galway










Le livre

Si tu l’écris un jour

C’est qu’il aura rejoint le fleuve

Où sommeillaient

Les pierres silencieuses










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lundi 28 septembre 2009




Créer son propre univers auquel tous peuvent participer, exister dans son lieu, tirer de soi, de tout, assez d'énergie pour être joyeux : telle est la grâce, le fond de l'exaucement. Par là que vous communiquez aux profondeurs.
Quelques arbres suffisent...

Jean Sulivan









Un jour

Peut-être apprendras-tu

Pourquoi l’arbre est ton ami


Magnifique creuset

De l’énergie du ciel

Et de la terre mêlées


Leçon de vie

A portée de tes mains

De tes yeux

De ton cœur




Il n’y a qu’une seule façon de parler aux morts : vivre le mieux possible.

Dans cette vie trop étriquée, qu’y a-t-il de mieux à faire que d’aimer ? Tu me répètes encore cette vérité, à chaque lever de soleil, à chaque brin d’herbe qui naît, à chaque oiseau qui chante.

Tu me manquais avant de te connaître. Tu me manques encore. Celui qui se suffit ne connaît pas l’amour. Tu as brisé les vitres dans la maison mentale. Je respire plus large. Je vois plus loin. Tu es toujours en moi, même quand je n’y suis pas. Tu veilles à ma place. Une seconde, c’est un jour. Un jour, c’est un siècle. Un amour, c’est pour l’éternité. J’aimerai toujours à cause de toi.

Jean-Marc La Frenière









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dimanche 27 septembre 2009



Plus le pain se fait rare, plus nous le partageons.


Le souffle de mes mots s’immisce dans le vent, les nuages, les trous. Je voudrais qu’il s’accroche aux plumes des outardes, à l’écorce des arbres, à la laine des champs, à la peau de la pierre.


Jean-Marc La Frenière









Tu ne cherches pas à déployer

Mais à extraire


Tu creuses d’abord l’humus

Le terreau

Puis la roche


Tu veux le minerai nu

Le soleil enfoui sous les mots










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samedi 26 septembre 2009









A nouveau

Le ciel dans tes mains


Ancrage obstiné



Sans abandon

Connaîtrais-tu

La force qui te sauve


















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vendredi 25 septembre 2009











Le secret

N’est pas dans les mots

Mais dans la main

Qui écrit






Seule la main qui efface
Peut écrire la chose vraie

Maître Eckhart










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jeudi 24 septembre 2009









Apprends

La sève lumineuse

Dans la nuit de l’arbre











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mercredi 23 septembre 2009









Un jour


Ne plus penser


Mais voir seulement



Ne plus chercher



Ailleurs qu’en soi


Les mots qui certifient














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mardi 22 septembre 2009

Galway, Irlande, 19-20 septembre 2009













L’amitié

Ce chemin sans rature


Accomplissant ici même

Le jour qu’il promet




















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vendredi 18 septembre 2009









Il y a bien plus à regarder que tu ne vois

Plus à écouter que tu n’entends

Il faut perdre chemin pour le trouver





N’attendez pas de moi

La parole qui
indiquerait avec assurance



Je m’emploie au contraire

A dévoiler l’abîme



















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jeudi 17 septembre 2009

Tout est un peu d'obscurité, jusqu'à la lumière elle-même.
Antonio Porchia







Même si deux mots suffisaient

Arbre nuit

Par exemple



Tu mesurerais encore entre eux

L’espace de ta perte


















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mercredi 16 septembre 2009








Désencombrer

Voilà ce qui te fut le plus utile


Et pour cela emprunter

Des chemins secrets


Suivre des lignes

Qui convergeaient en se croisant

Vers un grand soleil invisible






Ta main me suffit,

parce qu'elle me couvre en entier

et n'est pas transparente.


Antonio Porchia










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mardi 15 septembre 2009









Depuis que la machine à taire les mots

S’est emparée de nous

Nous avons même oublié

Le geste qui les sauve



Nous sommes devenus

Les orphelins du Souffle


















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lundi 14 septembre 2009









Sous l’écorce de ton nom

Coule la sève de ta joie












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