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mardi 15 novembre 2022

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Dans un monde où croissent les périls,
Face aux verrous de la peur,
Ouvrons-en nous des plaines de fin silence
Où rien ne nous menace,

Notre demeure inviolable,
Notre barque de confiance,
Notre tempête apaisée.

Jean Lavoué, 15 novembre 2022
Photo JL 12/11/22







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samedi 12 novembre 2022

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Cette terre qui nous porte
Et que nous avons tant blessée,
Saurons-nous un jour 
Lui redonner le sacre ?

Ne sommes-nous pas ses enfants
Traversés par une force de vie
Bien plus grande que nous ?

Il nous faut une conscience nouvelle
Pour prendre enfin soin d’elle,
De cet humus qui nourrit, 
Comme de nous-mêmes. 

Cela que pendant des siècles
Nous avons projeté dans un au-delà
Au nom duquel nous avons tant détruit,
Le reconnaîtrons-nous enfin dans l’ici-bas
De ce royaume charnel et secret 
Dont nous sommes les hôtes inconsolés,
Et pourtant si comblés ? 

Accueillerons-nous cet élan d’amour
Dont tout ici porte le signe ?
En prendrons-nous soin 
Comme du meilleur de nous-mêmes ?
Lâcherons-nous cette avidité qui nous tue
Pour entrer dans la profonde gratitude 
Qui fleurit, soigne, 
Donne vie et relève ?

Jean Lavoué, 11 novembre 2021
Photo JL 11/11/22







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vendredi 11 novembre 2022

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Laissons s’accomplir en nous
Le feu des saisons,
De dépouillements en dépouillements,
Vers l’éclat d’un printemps.

Les vents de l’automne nous appauvrissent 
Préparant dans nos futaies
D’ardents silences
Pour une jeunesse nouvelle.

Avec les oiseaux,
Nous nous apprêtons à passer l’hiver
En guettant dans nos abris
Les pas ténus de la lumière.

Nos fruits sont de lointaines promesses
De clarté et de joie
Dont l’été frémissant 
Nous fera un jour le don. 

Jean Lavoué, 6 novembre 2022
Photo : vitrail La cathédrale des bois, origine inconnue










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mercredi 9 novembre 2022

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« Heureux les fêlés »,
C’est le titre du film d’un ami
Que je viens de voir…

Il aurait aussi bien pu s’appeler :
Heureux ceux qui sombrent,
Ils seront relevés
Par cette lumière imprenable
Qu’ils portent en eux
Et qui les garde ;

Ou bien heureux ceux qui créent,
Ils traverseront leur doute
Et trouveront sur leur chemin
Des passeurs d’espérance ;

Ou encore tout simplement
Heureux ceux qui laissent affleurer
Au fil de leurs brisures 
Le goût incomparable
D’une fraternelle tendresse. 

Merci Robert Coudray
Pour cette leçon de vie et d’humanité
Capable, au creux de nos fragilités,
De redonner à tous la confiance,
Le sens du partage et de la fête 
De la solidarité et de la joie !

Contact pour savoir où passe le film ou bien pour le faire réserver par un cinéma proche de chez vous : 






















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mardi 8 novembre 2022

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Trois jours, trois livres… Les nouvelles publications de L’enfance des arbres en cet automne 2022…





Aujourd’hui J+3, un bel essai consacré à Georges Perros : Georges Perros… La vie à pied d’œuvre. Un livre de Chistophe Thiébault de 280 pages, format à l’italienne, avec de superbes cahiers de photographies originales de la région de Douarnenez où a vécu Georges Perros (Photographies de Céline Domengie, préface de Thierry Gillyboeuf) 20 euros


Dès les premières lignes, on sait qu’on est en bonne compagnie… Christophe Thiébault n’assène pas « son » Perros : il l’offre. Il faut dire que Perros est de ces auteurs, rares, qui, à l’instar d’Henri Calet, Valery Larbaud, Joseph Delteil, Alexandre Vialatte ou Emmanuel Bove, par exemple, décrètent d’emblée une sympathie entre deux lecteurs qui se rencontrent pour la première fois. On se sait en terrain connu, on se sent en confiance. C’est un écrivain, une œuvre qui agit comme un signe de reconnaissance. Une main tendue, ce « signe fraternel » dont parle Christophe Thiébault. (extrait de la préface)

 

Thierry Gillyboeuf, écrivain et traducteur, directeur de la publication des œuvres complètes de Georges Perros (collection Quarto, Gallimard, 2017)


NB La plupart des ouvrages publiés par L’enfance des arbres depuis 6 ans (soit une quarantaine de titres) sont par ailleurs toujours disponibles : à retrouver sur le site des éditions de L’enfance des arbres https://www.editionslenfancedesarbres.com/ (rappel des frais de port pour un livre : 4,50 euros ( 2 euros pour Des ailes pour l’Ukraine), 6,50 euros pour 2 livres, frais de port offerts à partir de 35 euros de commande à L’enfance des arbres 3 place vieille ville 56 700 Hennebont)









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lundi 7 novembre 2022

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Trois jours, trois livres… Les nouvelles publications de L’enfance des arbres en cet automne 2022…




Aujourd’hui J+2 ce beau récit d’Alain-Gabriel Monot consacré à la vie et à l’œuvre du peintre quimpérois, Michel Remaud, auteur également d’un nombre important de livres d’artistes :

Michel Remaud, un cheminement pictural, un livre de 140 pages (format 170 x 230 mm) avec de nombreuses photographies et reproductions des œuvres (22 euros).


Depuis une vingtaine d’années, l’œuvre du peintre Michel Remaud, n’a cessé de s’étoffer et de s’affirmer… Ses travaux picturaux se doublent depuis 2009 d’une collaboration féconde avec des écrivains, notamment des poètes, pour la création de livres d’artistes de grande qualité… Le peintre autodidacte peut « laisser libre cours à un geste de peinture métissé par la poésie ». Deux sensibilités se rencontrent, s’épousent, pour le meilleur. Naît ainsi une peinture empreinte des plus beaux mots choisis, revisitée par l’écoulement du temps, le filtre improbable de la mémoire, sans oublier une forme de géographie intérieure où la Bretagne cornouaillaise et les marais-salants de Brière ont imprimé dès l’enfance et la jeunesse une marque définitive.

 

Enseignant à l’Université de Bretagne Occidentale, critique littéraire et artistique de la revue ArMen, Alain-Gabriel Monot est l’auteur de nombreux ouvrages consacrés aux écrivains, musiciens et peintres de Bretagne.


NB La plupart des ouvrages publiés par L’enfance des arbres depuis 6 ans (soit une quarantaine de titres) sont par ailleurs toujours disponibles : à retrouver sur le site des éditions de L’enfance des arbres https://www.editionslenfancedesarbres.com/ (rappel des frais de port pour un livre : 4,50 euros ( 2 euros pour Des ailes pour l’Ukraine), 6,50 euros pour 2 livres, frais de port offerts à partir de 35 euros de commande à L’enfance des arbres 3 place vieille ville 56 700 Hennebont)









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dimanche 6 novembre 2022

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Trois jours, trois livres… Les nouvelles publications de L’enfance des arbres en cet automne 2022…




Aujourd’hui, ce beau récit du travail d’accompagnement d’une psychologue clinicienne, Muriel Mazet, inspiré par la figure du Petit Prince : Un voyage intérieur, Cheminer vers soi sur les pas du Petit Prince, livre de 230 pages, 17 euros


Si nous cultivions avec soin notre part d’intériorité pour envisager loin de toute utopie, de redonner ses couleurs au monde ?

Le conte du Petit Prince et ses métaphores sur l’âme humaine peut nous en montrer la voie. Celle d’un voyage, celui du cheminement thérapeutique et spirituel. À travers ses personnages et ses rencontres, il nous invite à l’éveil, à la quête de soi et du sens de notre vie. En nous dévoilant nos facettes humaines et nos complexités il nous offre la possibilité de la métamorphose. Car le chemin parcouru par le Petit Prince parti de planète en planète semble pleinement symboliser l’aventure intérieure qu’il nous faut mener pour y parvenir.


NB La plupart des ouvrages publiés par L’enfance des arbres depuis 6 ans (soit une quarantaine de titres) sont par ailleurs toujours disponibles : à retrouver sur le site des éditions de L’enfance des arbres https://www.editionslenfancedesarbres.com/ (rappel des frais de port pour un livre : 4,50 euros ( 2 euros pour Des ailes pour l’Ukraine), 6,50 euros pour 2 livres, frais de port offerts à partir de 35 euros de commande à L'enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56 700 HENNEBONT)








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vendredi 4 novembre 2022

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Accompagner l'automne
En sa profusion d'or
Dilapidé sous les arbres,

Faire crédit au vent,
Au soleil, à la pluie,
Se laisser dépouiller à perte.

Entrer ainsi sans armure
Dans le chant des saisons,
Leur désert pacifié,            

Ne s'en remettre à rien d'autre
Qu'à la nudité des branches,
À leur pauvreté consentie.

Jean Lavoué, 4 octobre 2017










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jeudi 3 novembre 2022

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Dans la nuit du monde
Où trop de larmes ne sont pas consolées,
Quelle fête pourrait nous rassembler,
Les vivants comme ceux que nous avons aimés,

Avec tous les êtres que nous contemplons, 
Du moindre brin d’herbe
Jusqu’à la danse invisible des galaxies ?

Seule peut-être celle d’un fin silence
Où battrait en chacun le cœur de l’univers, 

Un chant d’amour auquel tout aurait part,
De la souche de l’arbre
Jusqu’à la plus lointaine étoile,

Une mélodie dont chaque ligne 
Laisserait résonner en tous 
Le signe universel,

Celui de la présence simple,
Commune, pure, aimante, 
Réconciliée.

Jean Lavoué, La Chesnaie, 1er novembre 2022 
Photo JL  27/10/22













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lundi 31 octobre 2022

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En solidarité avec les nombreuses victimes de la guerre en Ukraine, ce poème publié en mai 2006 dans la revue Hors-Jeu…






Par le ciel épargné
Par le juste tombé
Par l’âme qu’on assassine
Retiens la paix
Par la gorge serrée
Par l’oiseau qui se tait
Par l’aube que l’on devine
Garde la paix
Par le baiser perdu
Par le chant arrêté
Par la nuit confondue
Porte la paix
Par la fenêtre ouverte
Par le matin qui tremble
Par la joie redonnée
Étends la paix

Par la terreur glacée
Par la haine triomphante
Par la colombe tuée
Retiens la paix
Par le vol suspendu
Par l’instant qui gravite
Par le regard volé
Garde la paix
Par le soleil taché
Par trois gouttes de sang
Par l’espoir envolé
Porte la paix
Par le ciel ton ami
Par la rose coupée
Par la source endormie
Étends la paix

Par l’enfant que j’étais
Par la beauté trahie
Par l’astre qui n’est plus
Retiens la paix
Par le sel de tes larmes
Par la peur familière
Par les journées vaincues
Garde la paix
Par le bonheur gagné
Par la vie déployée
Par la confiance nue
Porte la paix
Par la fraternité
Par la gerbe nouée
Et par le pain rompu
Étends la paix

Par les greniers vidés
Par le grain dispersé
Par la moisson ardente
Retiens la paix
Par la folie têtue
Par l’âme prisonnière
Par le mensonge armé
Garde la paix
Par le chant par le rire
Par les voix du bonheur
Par toutes tes enfances
Porte la paix
Par l’attente étonnée
Par le silence aimé
Par les mots dans le cœur
Étends la paix

Par l’éclat des douleurs
Par la plus lourde branche
Par la mort devancée
Retiens la paix
Par l’écriture blanche
Par le poème dressé
Par la juste ferveur
Garde la paix
Par la route qui est longue
Par la terre qui est ronde
Par le feu des chansons
Porte la paix
Par le soleil qui luit
Par le vent qui dessine
Par la vie qui chemine
Étends la paix

Par l’âme qui se souvient
Par le chant retrouvé
Par le sourire ailé
Retiens la paix
Par les mille couleurs
Par l’arc-en-ciel en fête
Par la terre incendiée
Garde la paix
Par le geste qui invite
Et le jour qui se lève
Par le visage neuf
Porte la paix
Par la main qui console
Par la tendresse offerte
Par ton rire étoilé
Étends la paix.

Jean Lavoué, Hors Jeu, n° 49, mai 2006
Poème dédié au frère Roger de Taizé assassiné le 16 août 2005

















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dimanche 30 octobre 2022

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Aujourd’hui et demain, L’enfance des arbres participe à Carhaix au Festival du livre en Bretagne. L’occasion de présenter trois nouveaux ouvrages dont je vous parlerai davantage prochainement :

* Georges Perros… La vie à pied d’œuvre de Christophe Thiébault, préfacé par Thierry Gillyboeuf
* Michel Remaud, un cheminement pictural d’Alain-Gabriel Monot 
* Un voyage intérieur, Cheminer vers soi sur les pas du Petit Prince de Muriel Mazet 

Aujourd’hui, Jean-Pierre Boulic, signe ses ouvrages publié par L’enfance des arbres : Tisser les couleurs du silence et À la cime des heures.












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vendredi 28 octobre 2022

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Tes mots ne sont pas encore assez simples
Pour s’adresser en chacun
Au cœur de l’enfant ébahi,
Avec des silences d’arbres et des chants d’oiseaux.

Le retournement urgent que nous avons à faire
Va pourtant vers le plus dépouillé :
Cela, nous le savons obscurément depuis longtemps
Mais l’avons-nous pour autant bien compris ? 

En de somptueux effacements,
L’automne commence à déposer en nos paumes démunies
Une belle moisson de couleurs et de promesses.

Efforce-toi d’écouter
La parole du vent dans les branches :
Dans le dénuement qui lui répond,
Tu entendras peut-être le chant secret,
À chaque instant, qui te relève.

Si tu parvenais à sentir chaque fibre du bois,
C’est sûr, tu aurais le ciel à portée de doigts
Et sa musique dont les harmoniques
S’élargiraient sans fin à l’intérieur de toi.

Sentir vibrer en soi sous l’archet
La corde la plus ténue,
C’est s’ouvrir aussitôt à la symphonie
Dont la terre est le sacre.

Nous allons ainsi à pieds d’anges 
À l’intérieur de nous-mêmes 
Comme on foule pour la première fois 
L’herbe des matins du monde.

Jean Lavoué, 26 octobre 2022
Photo Jackie Fourmiès






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