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samedi 13 juin 2009










LE TILLEUL

Nous l’avons planté
De nos mains

Maintenant nous renversons
La tête
Et déchiffrons sur lui
Ce que tout au plus
Il nous reste de temps

Comme s’il avait un pressentiment, il emplit
Pour nous le ciel de
fleurs


Reiner Kunze







Il y eut dans ta vie
Quelques visages clairs
Quelques regards silencieux

Il y eut dans ta vie
Quelques joies patientes

Quelques promesses
Si peu tenues
Et qui cependant te portaient







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vendredi 12 juin 2009









Les trains se succédaient
Sur les réseaux du ciel.

La Bretagne se laissait traverser
D’un trait,
Sans rien dire.

Nous étions passagers
De nos silences,
L’un cherchant sans fin la mer
Et l’autre le soleil
Qui s’y était perdu.







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jeudi 11 juin 2009









L’arbre aux silences
Qui peut dire
Ce qu’il deviendra


Si comme lui
Plutôt que de chercher toujours
Comme en aveugles


Nous acceptions
De nous laisser trouver







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mercredi 10 juin 2009









Le bien le plus précieux
Que nous laisserons
Derrière nous

Est cette terre en gestation
Avec ses fleurs, ses arbres

Et ses milliards d’êtres vivants
Qui ne cherchent qu’à célébrer

Pourvu que nous ayons su
Nous joindre à leurs voix








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mardi 9 juin 2009









Des jours s’inventeraient
Dans le matin des arbres

Nulle joie n’y serait confisquée

Le chant secret
Serait sur toutes les lèvres

Chacun serait compagnon
Pour lui-même

Digne de l’étincelle de vie
Qu’il transmettrait



Ce n’est qu’à force de simplicité
Et de transparence
Que je parviens à aborder
Mes secrets essentiels
Et à décanter ma poésie profonde.

Tendre à ce que le surnaturel
Devienne naturel
Et coule de source
(Ou en ait l’air).

Faire en sorte que l’ineffable
Nous devienne familier
Tout en gardant ses racines fabuleuses.

Jules Supervielle











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lundi 8 juin 2009








Marcher à l’étoile
Notre devise est là
Gravée sur le front des nuits

Le seuil annonce
La lampe qui veille

Nous reconnaissons
La branche faîtière

Les oiseaux franchissent
Avec nous la porte

Ils devancent
Le chant intérieur







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dimanche 7 juin 2009









C’est un peu de nous-mêmes
Qui s’est abîmé en mer

Un peu de notre humaine détresse
De notre calme pauvreté

La planète engloutit la trace
De ce qui fut nos rêves
Et nos larmes rentrées

Mais demeure le Souffle
De notre silence aimant

S'efforçant de porter plus haut
Le vol interrompu









Hélas, nous calculons les années... Mais tout ce qui nous arrive est comme un seul et même morceau dans lequel une parenté existe entre chaque partie, chacune est née, a grandi et a fait son propre chemin ; nous n'avons au fond qu'à être présent tout simplement, avec intensité - tout comme la terre est présente - en ne faisant qu'un avec les saisons, le jour comme la nuit dans l'espace, sans chercher de
repos en quoique ce soit d'autre que ce réseau d'influences et de force, là où les étoiles se sentent protégées.


Rainer Maria Rilke

cité par Etty Hillesum dans son journal le 1er juillet 1942





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samedi 6 juin 2009







L'Aimé, c'est pour moi les montagnes,
Les vallons boisés, solitaires,
Toutes les îles étrangères
Et les fleuves retentissants,
C'est le doux murmure des brises
caressantes.


Il est pour moi la nuit tranquille,
Semblable au lever de l'aurore,
La mélodie silencieuse
et la solitude sonore...


Jean de la Croix







Et si l’Aimé était venu frapper
Un jour à notre porte

Et que nous ayons omis
De le laisser entrer

Serions-nous consolés d’apprendre
Qu’il était devenu cet arbre
Passager clandestin

Balayant les carreaux de l’âme
Patientant dans le feu des saisons

Ouvrant une à une
Les floraisons du coeur







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vendredi 5 juin 2009









Ce chemin tracé sans éclat
A la fine pointe de la joie

Cette lame de la parole
Si prompte à pénétrer

Pourvu que tu sois
Sans armure




Demain
Le ciel m’est témoin

Le silence
Ne nous laissera pas seuls







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mercredi 3 juin 2009









Chaque matin hisse les étamines
Du silence

Et confie au vent l'âme légère







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mardi 2 juin 2009









Entends l'appel
aussi profond que le vert
des feuillages


Reçois tes ailes
mon âme


Où que tu ailles
revêts la chair de l'invisible



Gilles Baudry







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samedi 30 mai 2009









Ce qui me fonde et sur quoi je me fonde
N’est pas la terre ferme, mais le vent.
Le vent est la seule force qui dure.

Pierre Emmanuel









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vendredi 29 mai 2009









L’icône est la fille du soleil
N’oublie pas de la laisser brûler







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jeudi 28 mai 2009









ISSUES




Sortir de la toile
Voilà ce dont rêve le peintre

Traverser la page
Voilà ce dont rêve le poète

Percer l’écorce
Voilà ce dont rêve l’arbre

S’extraire de soi
Voilà ce dont rêve le sage

Atteindre le chant
Voilà ce dont rêve le maître de la voie

Seul ne rien pouvoir
Voilà ce qu’accepte l’amoureux du Nom







Ici une herbe,
élevée dans la lumière,
suffit.

Pierre-Albert Jourdan








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mercredi 27 mai 2009








Pour quelles noces
Ceux-là qui nous furent enlevés
A douleur

Pour quel banquet
Dont nous n’épuiserions jamais
Le pain et le vin d’amour







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mardi 26 mai 2009








Il arrive
Que seule nous parvienne
La musique du poème

A peine une mélodie
Un rythme

Les mots sont effacés

Seule demeure
La puissance du chant







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lundi 25 mai 2009








Qui sait combien de visages
Bruissent entre les feuilles
De mon silence
Vitraux de l'âme







C'est aussi une cathédrale,
l'amandier en fleurs
tout bourdonnant d'abeilles...

Pierre-Albert Jourdan







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dimanche 24 mai 2009









VERS L’ETE FLAMBOYANT




Je ne rapporte de l’enfance
Qu’une poignée de cantilènes

Un champ de coquelicots
Au bord duquel l’une de mes sœurs
Perdit son bracelet
Ou peut-être même une médaille
Que l’on disait miraculeuse

Nous étions revenus sur nos pas
Et je voyais une goutte de sang
Perler sur sa paupière

Une larme que seul j'en étais sûr
L’océan de l’été
Bercerait un jour dans sa profusion







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samedi 23 mai 2009










NUITS DE L’ARBRE


A mesure que le soleil
Porte haut ma détresse
De ne pouvoir le serrer entre mes branches

Je creuse de mes racines
Le sol têtu de l’enfance

Je me souviens des jours éteints
Où la lumière n’était qu’une évidence
Apprise

Et des gels à pierre fendre
Dont la nuit pourtant
Recélait le printemps








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vendredi 22 mai 2009







Le soleil a fleuri dans l'arbre


Exposés à l'esprit mouvant
Nous sommes les fils bénis de la colline
Le désir et la mélodie nous suffisent
Il n'y a qu'un royaume qui chante

Le vent porte haut nos pensées


Marc Baron





Cela qui fut enlevé
Du milieu de nous
Ainsi qu'il est écrit dans le livre

La part manquante
A nos bonheurs
A nos amours

Pourquoi la chercher ailleurs
Qu’à l’endroit même
Où elle nous fut retirée

Au plus vif de notre chair
En pleine terre de notre humaine
Fécondité






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