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dimanche 5 juin 2022

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Que le vent de haute vulnérabilité 
Adoucisse la douleur
Du peuple ukrainien en exil !

Qu’il souffle sur les vastes plaines
De ce pays dévasté !

Qu’il fasse gonfler le Dniepr
De toutes ses espérances retrouvées !

Que se lève le jour des victoires
Sur tant de familles crucifiées ! 

Et sur toutes les rives du monde,
Que nous entendions chacun
Parler dans notre langue
La voix lumineuse 
Des victimes innocentes oubliées !

Que le souffle promis
Ouvre dans chaque cœur
Des chemins de tendresse et de paix ! 

Jean Lavoué, 2 juin 2022









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vendredi 3 juin 2022

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Grâce à un bel élan de générosité, à un besoin sans doute aussi de poésie dans l’épreuve, le recueil « Des ailes pour l’Ukraine » a déjà été écoulé, en un peu plus de cinq semaines, à plus de cinq cents exemplaires. Cela a permis, grâce à vous, de réunir à ce jour 1000 euros de bénéfice qui ont été versés à Ouest-France Solidarité Ukraine : la part du colibri de la poésie…


Ce petit recueil, augmenté de huit pages, en est à sa troisième impression (800 exemplaires) et se trouve toujours disponible :



Des ailes pour l’Ukraine, 60 pages, 9 € + 2 € de port pour 1 ex., 4 € de port pour 2 ou 3 ex., port offert à partir de 4 ex.


Commandes à Jean Lavoué, L’enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont (jlavoue@gmail.com - www.editionslenfancedesarbres.com) ou bien en librairie.


              Les oiseaux

Sauront-ils encore cette année

    Qu’il existe un printemps ?










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mercredi 1 juin 2022

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Transmis par l’ami Charles Wright ce bel entretien paru dans les colonnes du Figaro ce week-end : invitation lancée à chacun de trouver son propre « chemin des estives » et de la liberté intérieure…
JL



samedi 28 - dimanche 29 mai 2022 le figaro
entretien Charles Wright

Après avoir fréquenté les cabinets ministériels et les rédactions, l’auteur a tourné le dos à la vie parisienne pour rejoindre la Compagnie de Jésus. Dans le cadre de son noviciat, il est parti trente jours sur les routes de France ; de la Charente à l’ardèche, en passant par la Creuse et le Cantal, il parcourt les entrailles du pays et explore les tréfonds de son âme. S’il a finalement renoncé, au terme de ce périple, à entrer dans les ordres, il a tiré de son voyage un magnifique récit, disponible désormais en poche. Dans Le Chemin des estives, on s’émerveille de la beauté des paysages du Massif central aussi bien que de la bonté des habitants qui accordent le gîte au pèlerin. Le lecteur découvre le compagnonnage intérieur de l’auteur avec Charles de Foucauld et Rimbaud, dont les mots habitent le récit. Quelle leçon a-t-il tiré de cette expérience ? Que la vie doit se vivre en marchant : voyager, ce n’est pas fuir, mais prendre conscience que ce qui compte nous échappe. Charles wright nous invite à renouer avec la nature et à ne jamais renoncer à la quête du bonheur, de l’amour et de Dieu.

« Nos fringales d’aventure, on peut les assouvir dans la France cantonale »

Propos recueillis par Martin Bernier LE FIGARO. – Dans votre livre, vous empruntez le chemin d’un héros balzacien à l’envers : vous quittez les beaux quartiers parisiens pour Angoulême puis traversez le Massif central. Cherchiez-vous à fuir quelque chose ?

Charles WRIGHT. - C’est vrai : la majorité des gens veulent monter en grade, grimper l’échelle sociale. Moi, je fais partie des rares farfelus à prendre le chemin inverse, celui du déclassement... Mon périple de trente jours, cette grande vadrouille dans la France des cantons, des sous-préfectures, des chemins vicinaux, des routes secondaires, je l’ai vécu sans un sou en poche, nu comme un ver, à la merci des circonstances. Dans cette expérience de dénuement, j’ai fait une découverte étonnante : les biens nous encombrent, nous ligotent, on peut vivre très inten- sément et joyeusement avec peu. Vous me demandez si cette traversée du Massif central était une dérobade ? Les voyages sont toujours à la fois une fuite et un appel. « Fuir là-bas, fuir ! »... La France de Macron, du Black Friday, des boucles de BFMTV, du racolage d’Instagram, la société du commentaire. J’avais besoin de me dégager de l’éphémère, de me laver les oreilles dans le silence. De fuir aussi le fardeau de moi-même, puisque, à 37 ans, je n’avais toujours pas trouvé ma raison sociale, je sentais que les Jésuites n’étaient pas faits pour moi, je désespérais de ne pas trouver ma place en ce monde. Mais derrière mon périple, il y avait aussi autre chose : un appétit de l’étendue, une avidité de l’espace, l’appel de la route. D’ailleurs, je suis parti vers les hautes terres centrales comme quelqu’un qui a rendez-vous, persuadé qu’il allait advenir quelque chose de mon abouchement avec ce coin de France.

Vous racontez votre volonté de fuir les injonctions à la performance, à la « résilience ». Est-ce que ça a joué un rôle dans votre décision de rejoindre les Jésuites puis de partir pour ce périple ?

Longtemps, j’ai mené une vie « normale ». J’avais des fiancées, des cartes de visite à rallonge. J’ai été plume d’un ministre de Chirac, puis j’ai sévi dans l’édition, dans la presse. Mais je ne réussissais pas à prendre cette comédie  sociale au sérieux. Et si socialement tout paraissait brillant, au fond de moi, c’était un champ de ruine. Je traînais une insatisfaction, un spleen, je n’étais pas heureux. À 30 ans, à la faveur d’une expérience spirituelle, j’ai redécouvert l’enseignement d’un vieux charpentier juif... On ne le dit pas assez : l’Évangile du Nazaréen n’est pas un jouet pour enfant, c’est de la dynamite en barre ! Comme au carnaval, cela met tout sens dessus dessous : les valeurs sont renversées, les pauvres  deviennent des rois, les puissants à genoux. Quand cette subversion entre dans la vie d’une personne, ce n’est pas une promenade de santé. De fait, à partir de mes 30 ans, l’Évangile a bouleversé ma vie. Comme je trouvais que se vouer à la recherche de l’absolu n’était pas moins noble que faire car- rière dans le conseil ou la com, je me suis mis à hanter les monastères, à vivre dans des ermitages, à partager la vie des pauvres. Puis, à l’âge de 37 ans, j’ai frappé à la porte du noviciat des Jésuites...

Au fil de votre marche se dessine aussi un appel de la nature. Vous parlez de la forêt comme d’un refuge pour se soustraire aux credo de l’époque : la connexion, l’accélération, l’accumulation des objets...

Cioran dit quelque part qu’on a été dépossédé de tout, même du désert. C’est vrai que les possibilités de repli deviennent rares dans une époque quadrillée par un ordre mercantile, technologique et sanitaire. Le Massif central est l’une de nos dernières enclaves de silence, de beauté, de liberté. C’est un ermitage géant, à ciel ouvert, une réserve d’intériorité, une base arrière pour tous ceux qui peinent à trouver leur place dans des temps qui manquent un peu de fraîcheur et de romantisme. C’est aussi le domaine de la nature sauvage. Pendant un mois, je me suis shooté à cette splendeur géographique. C’était un festin de silence, une profusion d’espace. Évidemment, ce n’est pas anodin de patrouiller dans une telle beauté. Aller par les chemins en sifflant, passer sa vie dehors, traverser des forêts, boire l’eau des sources, caresser des vaches, contempler des ciels étoilés, tout cela remplit les yeux et le cœur. Je crois aussi que les paysages qu’on traverse exercent sur nous une action secrète, qu’à la longue, ils entrent en nous, nous augmentent, nous dilatent. Sur les cimes des volcans d’Auvergne, devant le déploiement d’horizons à l’infini, on se souvient que « l’homme est fait pour l’infinité », comme disait Pascal, qui était du coin. L’immensité des horizons vient réveiller la nostalgie de nos propres profondeurs. Quelque chose se met à respirer en soi. On redécouvre qu’on porte en nous de grands espaces.

Vous assurez être un « analphabète de la nature » ; vous ne faites pas de grandes descriptions géographiques comme Julien Gracq. Ne pas avoir cette connaissance intime de la nature vous a-t-il pesé ou permis d’avoir un rapport plus direct avec elle ?

C’est vrai, à la faveur de cette petite aventure, j’ai découvert que j’étais in- capable de nommer les arbres, les plantes, les oiseaux. Ma génération est bardée d’écrans; en appuyant sur un bouton on peut enclencher des phénomènes, mais on a perdu le savoir élémentaire, la litière des choses. Je fais partie de ceux qui pensent que l’agonie du monde rural est une perte tragique. Gamin, pendant les vacances en Corrèze, j’ai eu le privilège de connaître les derniers paysans, avec leurs mains calleuses, leurs corps déformés par l’effort, leur visage de patience et de peine. Il y avait chez eux une qualité humaine, une noblesse. En une génération, on s’est détourné de ces existences cantonales, on a cru qu’elles n’avaient plus rien à nous dire à l’heure d’internet et de l’homme augmenté. «Je suis rendu au sol, avec un devoir à chercher, et la réalité rugueuse à étreindre ! », poétisait Rimbaud. L’un des fruits de cette virée au Massif central, ce fut le désir très profond d’étreindre à nouveau la réalité, d’éprouver charnellement le monde, de toucher terre, comme le faisaient les vieux paysans de mes étés en Corrèze.

Vous vous définissez comme « un explorateur de sous-préfectures » et un « aventurier de la France cantonale », à l’opposé de ceux qui partent en Sibérie ou en Alaska. Faut-il privilégier la France des chefs-lieux de canton aux destinations lointaines ?

Certains vont chercher le bonheur à Ouagadougou ou à Kuala Lumpur, moi je regarde du côté du plateau de Mille- vaches, du puy Mary et de Saint-Flour. Il n’y a pas besoin d’aller loin pour s’offrir du dépaysement, de l’émerveillement. Nos fringales d’aventure et d’absolu, on peut les assouvir partout, y compris dans cette France cantonale, de l’intérieur, dont on néglige trop souvent les trésors. L’ailleurs est une question de regard plus que de distance. L’aventure est au coin de la rue autant que dans les déserts du Sahara. Je vous dis cela tout en projetant une méharée dans l’Adrar mauritanien l’hiver prochain...

L’aventure est aussi intérieure chez vous. À travers votre voyage, on découvre presque autant Rimbaud et Charles de Foucauld que le Massif central...

Celui qui voyage à pied dans la nature n’est jamais seul avec sa solitude. Le chemin fait surgir toutes sortes de souvenirs, de visages, d’êtres chers. Arthur et Charles sont de ceux-là. Ces compagnons de papier sont des personnages à part entière dans mon périple. D’abord parce qu’on marchait sur les pas de Charles de Foucauld, ce « frère universel » qui, avant de poursuivre son destin météorique en Algérie, s’est enfermé quelque temps dans une trappe d’Ardèche, l’abbaye des Neiges, qui était l’aboutissement de notre voyage. Puis, dans mon sac à dos, j’avais la « Pléiade » de Rimbaud, que je dégainais tous les soirs au repos. Dans le livre, j’ai voulu rapprocher ces deux irréguliers qui se ressemblaient comme deux gouttes d’eau : même goût de la fugue, de l’aventure, même soif d’infini et de liberté. Lacan dit que le mystique, «c’est celui qui ne cède pas sur son désir». Foucauld et Rimbaud ont tous les deux eu le courage de rompre avec les convenances de leur milieu, le monde des adultes et l’esprit de sérieux, pour rester fidèle à leur désir profond, ne pas laisser profaner l’esprit d’enfance avec ses espaces d’innocence et de pureté qui sont la plus belle part de nous-mêmes.

La littérature et la religion s’entremêlent beaucoup dans votre ouvrage, or vous dites qu’il n’est « pas si simple d’accorder l’écrivain et le chrétien ». En définitive, ce voyage - pendant votre noviciat jésuite - ne vous conduit pas à entrer dans les ordres, mais vous publiez un livre...

Un livre, disait d’Ormesson, c’est un chagrin dompté par une grammaire. J’ai écrit Le Chemin des estives peu de temps après avoir quitté le noviciat. C’était une nécessité intérieure : il me fallait faire le deuil définitif de la vie religieuse, et puis relire mon itinéraire pour comprendre d’où venait cette inaptitude pathologique à me stabiliser dans un état de vie, à me sédentariser dans un lieu, au fond, quel était le sens, s’il y en avait un, de l’errance de ma vie. Il s’agissait donc de cautériser une blessure. Mais, plus profondément, je l’ai écrit comme une « action de grâce », comme on dit en patois chrétien. Les circonstances m’ont jeté dans une aventure exceptionnelle. J’ai été le témoin de choses admirables, notamment de la banalité du bien. En arrivant chez les gens les mains vides, j’ai vu la bonté dont un être est capable quand il se laisse toucher par le désarroi d’un semblable. Je ne pouvais pas garder tout cela pour moi. J’ai écrit ce bouquin dans un esprit de gratitude, pour rendre un peu de ce que j’avais reçu. Quand on voyage sans rien, on réalise que tout est le fruit d’une générosité, d’une donation : les paysages, les rencontres, les événements, les visages. C’est gratuit, c’est là ! Il n’y a qu’à cultiver une fraîcheur de regard, être disponible, cueillir ce qui est donné.

Votre rapport à la religion et à l’Église traverse tout votre ouvrage, et c’est même la cause de votre périple. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Dans ce genre d’aventure, on apprend à se soustraire de l’inutile, du futile. On se dégraisse, on s’appauvrit, on réalise qu’on complique trop nos existences. Cet allégement et cette simplification concernent aussi la vie spirituelle. Quand je suis parti vers le Massif central, j’éprouvais une véritable saturation par rapport à la glose ecclésiale. Je n’en pouvais plus des discours spirituels, je trouvais que toutes ces paroles créaient un parasitage, un écran. J’avais besoin de retrouver la réalité dans sa nudité native, dans sa transparence primordiale. Ma prière était devenue celle de Maître Eckhart : «Je prie Dieu qu’il me délivre de Dieu». Aussi, sur les chemins, pendant un mois, j’ai pratiqué une religion buissonnière. Je faisais mes dévotions en contemplant les frondaisons des arbres et les ciels étoilés. Ma liturgie, mon observance religieuse, c’était aussi les vaches, le pas lent de  leurs courses dans les prés, leur allure de vieille dame tranquille. On ne peut pas enfermer Dieu, y compris dans les Églises. Le Vivant, c’est celui qui déborde, qui échappe. Le Christ est toujours plus grand, disait Teilhard de Chardin, qui a inventé la « messe sur le monde », on n’a jamais fini de le chercher... Je crois d’ailleurs qu’il y a une mystique de la marche. On part parce qu’on éprouve le sentiment d’une absence, d’un manque. Au fond de soi, on a la nostalgie d’une plénitude, on se sent exilé de son lieu véritable. Cela nous tourmente, il faut partir à sa recherche. C’est peut-être ça une existence : une marche éperonnée par le désir d’une terre où l’on n’arrive jamais. Car les choses qui comptent vraiment – la vérité, l’amour, Dieu, le Christ... –, on ne peut jamais les saisir, mettre la main dessus. Sans cesse, il faut repartir, aller de l’avant, plus loin. Le bonheur ou le Royaume est une promesse, il est toujours devant nous... Alors comme disait Rimbaud : « En route ! »■

* Charles Wright a publié « Le Chemin des estives » en 2021 (Flammarion), qui vient d’être réédité en poche aux Éditions J’ai lu (352 p., 8 €)





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dimanche 29 mai 2022

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Nous joindrons nos mains
A celles qui nous furent berceaux,
Qui nous furent arches dans la nuit,
Croisement d’ailes et consolation,
Colombes magnifiant nos matins.

Nous ferons alliance 
Avec l’arbre du courage et de la joie
Dont elles furent en nos vies l’élan et la couronne.

Nous cueillerons avec elles le silence
Dont elles firent de leur envol un bouquet.

Nous marcherons encore longtemps
Au battement de leurs gestes mesurés
Vers l’horizon de nos naissances.

Jean Lavoué, 16 mai 2016
Photo Pixabay 
























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samedi 28 mai 2022

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De Marioupol à Sievierodonetsk
La sombre bête grignote pas à pas
Des territoires dévastés.

Les villes laissent place aux ruines,
La vie se terre sous les bombes,
La résistance paraît anéantie.

Le ciel s’est obscurci,
Les champs de blé sont striés
De noires déchirures.

C’est tout un peuple désormais
Dont on rogne méthodiquement les ailes.

On déporte, on emprisonne, on rééduque 
On « russifie » tous ceux qui n’ont pu fuir.

La grande terreur mensongère
A planifié son dessein de mort.

C’est un pays volé, pillé, violé
Qui nous arrache des larmes de détresse.

Au loin, des millions d’exilés 
Tremblent pour toute cette tendresse saccagée.

Pourtant la grande nation ukrainienne survivra,
Blessée certes mais digne.

Elle n’est pas seule,
Avec elle bat le cœur du monde. 

Le vent de l’histoire
Soufflera toujours pour elle.

Les fleurs de tournesol
Toujours se redresseront.

On n’arrête pas le soleil !

Jean Lavoué, 27 mai 2022


















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jeudi 26 mai 2022

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En ce jour où la liturgie chrétienne célèbre l’Ascension, jour d’ouverture à la promesse du Souffle - « Si je ne m’en vais pas, vous ne recevrez pas l’Esprit » Jn 16,7 - je vous partage les quelques lignes de présentation de ce livre qui est une invitation à ce que chacun trouve dans la joie la voie de sa liberté et de son accomplissement intérieurs :


« Ce que j’appelle « l’allegro spirituel », c’est cette mutation rapide amenant aujourd’hui, dans toutes les traditions, un nombre croissant de personnes à prendre leurs distances avec les formes culturelles, sociologiques et dualistes de la religion reçue. Elles s’engagent dans une quête de sens plus personnelle, fondée sur leur expérience propre : une approche plus dialogale, plus poétique et plus mystique aussi. Un nouveau paradigme qui est aussi un déplacement : le lien fécond avec les pratiques silencieuses proposées par les spiritualités orientales y est souvent évoqué. La grande mutation spirituelle qu’explorent ainsi les variations de ce livre est la reprise actualisée de mon livre « L’évangile en liberté » aujourd’hui épuisé.

 

Cette approche consonne avec le diagnostic de José Arregi : « Les religions se trouvent, à notre époque, devant un défi historique : ou bien nous consentons à transformer radicalement notre façon de comprendre et de pratiquer les religions traditionnelles, en nous laissant inspirer par l’esprit plus que par la lettre, ou bien nous nous résignons à ce que les religions  – christianisme compris – soient réduites à des bastions sociaux et culturels, jusqu’à ce que, plutôt tôt que tard, elles s’éteignent, leur legs spirituel d’origine tombant dans l’oubli. »

Jean Lavoué, extraits de l’avant-propos »


L’allegro spirituel (240 p.) disponible aux éditions L’enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont au prix de 17 euros + 4 euros de frais de port. Ou bien à commander en librairie...


Voir sur le site le bon de commande et la liste de l’ensemble des autres titres disponibles (frais de port offerts au-delà de 35 euros de commande) : 


Éditions L'enfance des arbres







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mardi 24 mai 2022

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La boussole de l’écriture
Te reste salutaire.

Grâce à elle, tu t’orientes
À l’estime des heures,

Tu composes avec les courants,
Tu te fies à l’incertain.

Tu consens à tes fragilités
En partage d’inconnu.

Tu apprivoises les nuits
Où s’entrevoit la présence.

Tu dialogues avec le silence
En des conciliabules bleus.

Tu ensoleilles de confirmations
Tes matins sans ferveur.

Quand le danger menace,
Tu prends le pouls du monde.

Depuis ta barque patiente,
Tu cueilles les coquillages familiers, 

Tu laisses une trace
Dont le sillage est ton poème.  

Tu retrouves sous l’aile de tes doigts
Tout ce que tu avais perdu,

Tu te rapproches
Des amis lointains, 

Tu te contentes d’écouter la voix
Dont la barre est souveraine.

Tu gardes au cœur
Des simplicités d’enfance,

Tu chemines avec des mots
De premiers jours. 

Jean Lavoué, 22 mai 2022






















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samedi 21 mai 2022

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Difficile de rester à la hauteur
De sa fragilité consentie.

Le plus souvent on l’ignore,
On la cache,
On cherche à la masquer.

On ne veut plus entendre
Ce rappel à l’ordre.

Il faut écrire encore
Pour côtoyer les prunelles de l’espérance.

Dans les fêlures du jour
Le silence s’ensommeille.

Le temps n’épouse plus 
Ses abeilles.

L’instant écarquille
Les yeux du matin.

On cherche partout
Son soleil.

Il faut apprivoiser la nuit
Comptable de la joie.

Sans projets, on accoste
Aux rives de la confiance.

Quelques mots suffisent à révéler
Le soleil de l’âme.

Il est un temps pour lire,
Un autre pour goûter au miel de la Présence.

Le souffle seul ponctue
La grâce des heures redonnées. 

Jean Lavoué, 18 mai 202
Photo : Jackie Fourmiès 



















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vendredi 20 mai 2022

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Voici une belle méditation sur l’art comme ressource spirituelle essentielle dans nos vies exposées à toutes sortes d'épreuves. Christiane Bascou est présidente de l’association du Parvis. 


DE L’ART COMME INFORMATION


Par Christiane Bascou


Durant toute mon enfance, j’ai vu mon père, chaque année en février, offrir à ma mère la plus belle branche en fleurs de son amandier, une merveille de blanc, de rose et de parfum. Il comptait la moindre amande le reste du temps, mais ce jour-là repoussait la productivité au deuxième rang.


Ce changement de point de vue sur les priorités du monde, on le retrouve quand, sur un ciel d’orage, un arc-en-ciel fait jaillir à nos yeux les couleurs, à notre ventre une impression de plénitude, à notre cœur le sentiment d’une harmonie possible entre terre et ciel, eau et feu du soleil, à notre cerveau l’idée d’un pont aux formes géométriques parfaites : pas étonnant qu’il soit signe universel, « Alliance de toujours qui passe entre Dieu et toute vie sur la terre » (Genèse 9,16).


Le contact avec la beauté perçue met en prise avec l’essentiel : notre appartenance au monde, à l’humanité qui partage la même expérience, au mystère du cosmos, à celui du divin. L’imagination créatrice procède de la même façon. Sous toutes les formes visuelles, sonores et corporelles du choc esthétique, l’art s’adresse directement et simultanément à toutes les zones de contact humain. Le cœur et les tripes, bourrés de neurones [1], véritables petits cerveaux annexes, réagissent immédiatement, puis l’information passe au cerveau, qui va enrichir le choc sensoriel et émotionnel de ramifications symboliques, de sens, de nouvelles questions ! Parce qu’il stimule ces zones de façon libre, sans être limité par la logique ou le contexte, l’art ouvre les champs du possible, fait accéder directement à un niveau autre de compréhension et, forcément, change le regard sur les choses, la nature, les êtres.


Les artistes, à la sensibilité exacerbée, réceptifs aux signaux invisibles du monde, n’existent que dans le partage de cette connaissance originale de la réalité. Ils et elles sont des antennes vivantes et vibrantes, des capteurs-émetteurs. Ils transmettent en mode court-circuit une information sur les nuances subtiles de notre présence au monde : aspirations ou souffrances, beautés, laideurs et déchirures, que la plupart des gens traversent ou subissent sans les voir ou sans pouvoir les exprimer. La rencontre de l’autre à travers l’œuvre va servir de révélateur, donner un moyen d’expression, une forme, un goût, une voix, une dynamique à l’essentiel refoulé de la vie humaine.


L’information donnée par l’art est donc par essence toujours déstabilisante, voire subversive. En dévoilant, en reconnectant différemment, elle provoque « la rupture d’une relation antérieure entre un homme et le monde » [2], par simple mise en présence ! Et comme il touche à tous les domaines (matériel, passionnel, politique, spirituel, sacré) sans entraves, cette liberté le rend dangereux, explosif, révolutionnaire. Pas étonnant que les artistes soient parmi les premiers éliminés en temps de dictature et de pensée unique.


S’il perd sa subversivité, qu’il rentre dans le rang par censure, conformisme ou médiocrité, l’art n’est plus. Par contre, libre, touchant au cœur de l’universel, il peut traverser l’espace et le temps, comme les « Vénus » du fond des âges, icônes de créativité généreuse, ou comme le Champ de blé aux corbeaux de Van Gogh. À son origine, il suintait l’angoisse existentielle. Aujourd’hui, il parle de guerre, de prédation sur l’Ukraine et de routes d’exil, de spéculation financière sur le blé, de menace sur la planète et le vivant, de l’angoisse des chemins à prendre, mais aussi de vie toujours en mouvement, de chemins ouverts malgré les orages, d’éclaircies futures et d’espoir.


À bien y réfléchir, le fait que, pendant la période de Covid, tout le pan culturel, artistique, « spirituel » de la vie ait été considéré officiellement comme « non essentiel », tandis que caves et commerces de « spiritueux » restaient largement ouverts, dénote soit une méconnaissance crasse, soit un mépris délibéré des besoins profonds de notre humanité, ce qui n’est pas de bon augure quant à la qualité de notre société. On regrette les Malraux et Jack Lang, qui ne confondaient pas non-rentable et essentiel. Heureusement, les artistes ont continué à éclairer ou à faire éclater nos solitudes, même avec de simples chansons comme celles de HK, « Dis-leur que l’on s’aime, dis-leur que l’on sème » [3].


Rendant compte au passage de l’utilité vitale du lien social et culturel, de l’accès salutaire à la nature et à la beauté, l’art nous rappelle toujours que nous sommes pétris d’argile, d’énergie, d’intériorité, de transcendance, que nous sommes poussière d’étoiles.


Notes :

[1] Le système nerveux entérique (de l’intestin) concentre jusqu’à 80 % des cellules du système immunitaire. Produisant la sérotonine à 95 %, il est responsable de nos états d’âme et constituerait la matrice biologique de l’inconscient. Il véhicule à 80 % des informations dans le sens intestin-cerveau. Le système nerveux du cœur, relié au cerveau comme celui des intestins par le nerf vague, est riche de quelque 40 000 neurones et son champ électromagnétique est 5000 fois plus puissant que celui du cerveau (source : Wikipedia).

 [2] Citation d’André Malraux.

 [3] HK, L’épicerie des poètes.


Source : Dossier « S’informer et informer », Les réseaux des Parvis n°110-11, p. 16








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