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samedi 15 juillet 2023

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Petit clin d’œil de l’ami poète Yvon Le Men après sa lecture de mon recueil « Écrits de l’arbre dans le soleil » et du « cantique des oiseaux » reçus le même jour dans sa boîte à poèmes…






Cher Jean 


un grand merci pour l’envoi de ton livre 


que j’ai lu lentement 

et en écho 

je t’envoie ce poème écrit avec ton livre près de moi 


et un autre que j’ai reçu le même jour 

le cantique des oiseaux


merci encore Jean


en t’espérant au mieux 

Yvon




LE TIMBRE VERT


 

Ce matin

dans ma boite aux Abcdefghijklmnopqrstuvwxyz

j’ai trouvé deux livres

 

l’un fut achevé en mai dernier

l’autre

à la fin du douzième siècle

 

l’un recopie les Ecrits de l’arbre dans le soleil

parmi les oiseaux

 

l’autre rassemble le tout de l’un plus quelque chose

dans un cantique

 

Le Cantique des oiseaux

 

quand il chante leur voyage

vers le visage de Dieu

 

comme si l’autre né avant l’un

l’avait devancé

 

l’un et l’autre parlent en creux

à l’oreille de mes poèmes

 

l’un et l’autre ignoraient

qu’ils se connaissaient avant de se rencontrer

 

par les oiseaux

 

quand ils se posent se reposent chez moi

de leurs voyages par la lecture de leurs poèmes

 

l’un et l’autre sont venus en scooter

par le facteur

 

l’homme du timbre vert

et feu le timbre rouge

 

l’un dit

 

Comment accepter

D’être simple passant

Sur cette terre ?

 

l’autre lui répond

juste avant de nous quitter

de refermer son livre et le ciel

 

Mon œuvre porte en elle une vertu étrange

C’est que plus tu la lis, plus elle est généreuse

 

ainsi

l’écho de ce moment partagé avec mon facteur

après l’ouverture du courrier aux timbres verts

 

et la lecture de mon poème

en nostalgie du timbre rouge

 

bien entendu

bien reçu

 

en retour à l’envoyeur


Yvon Le Men






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vendredi 14 juillet 2023

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C'est en perdant ses appuis
Que l'on apprend à marcher. 

Nous avançant dans la nuit,
Nous allons déjà vers le jour. 

Quand plus rien n'a de sens,
Scintille en nous l'étoile du matin. 

Tout savoir devenu inutile,
Nous pouvons naître au poème. 

Nous approchant du mystère,
Nous devenons comme des enfants. 

Alors que tout nous échappe,
Nous nous sentons rejoints. 

Manquant notre cible,
La flèche de l'amour nous atteint en plein cœur. 

Si nous sommes perdus,
S'ouvrent en nous des clairières de joie. 

Lorsque le monde vacille,
Un autre avenir se dévoile. 

Manquant d'assurance,
Nous nous fions à l'inconnu qui vient. 

Jean Lavoué, 13 juillet 2021 
www.enfancedesarbres.com










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jeudi 13 juillet 2023

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Quand la lumière en soi
Devient printemps
C’est qu’il fait un temps de poème

Les racines des arbres
S’engouffrent en toi
Dans un ruissellement d’enfance

Et les oiseaux ne se cachent plus
Pour clamer leur joie
En plein ciel

Y aurait-il un petit poucet
Qui serait passé là avant toi
Pour graver sur chaque écorce
Des mots de lumière ?

La maison qu’il t’indique
Est le monde et sa splendeur
Où aucune peur ne menace

Les nuages
Font une offrande à la terre
Chaque brin d’herbe exulte 

Tu cueilles
Les mûres généreuses
À même les ronces du chemin

Tu confies au papillon
La danse légère de l’air
Et les secrets illisibles de ton cœur

Jean Lavoué, Le Blavet, 12 juillet 2023
Photo JL 12/07/23









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mercredi 12 juillet 2023

 


Brève d'été...





Le chat zen du Blavet
A pris cellule dans la roche
Et tel un arbre s’y enracine 

Si nous laissions ainsi rouler
Dans l’abîme du silence
Nos pensées comme pierres

Peut-être renouvellerions-nous comme lui 
La flamme de nos yeux
Pour en poètes habiter cette terre

Jean Lavoué, 27 juin 2023
Photo JL 27/06/23








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samedi 8 juillet 2023

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Merci, cher Stéphane Bataillon, pour cette page chaleureuse qui m’est consacrée dans La Croix Hebdo de ce jour. 





Un poème comme un souffle qui traverse et dépasse celui qui tient la plume. Depuis de nombreuses années et plus d'une quarantaine d'ouvrages, Jean Lavoue use de cette parole pour témoigner d’une foi. À l’instar de Gilles Baudry, Gérard Bocholier ou Colette Nvs-Mazure, il puise ses résonances dans la tradi-

ton chrétienne mêlée de l’expérience des jours, faite d'ombres et d’émerveillements au fur et à mesure de l’avancée des corps.

Ces écrits de l’arbre, apparemment limpides, demandent à être lentement relus, presque médités, pour se teinter de nous, libérer leurs saveurs. Comme la senteur des feuilles après une pluie d'été, ils ramènent à cet essentiel qui n'attend qu'une pause et qu’un silence de nous pour remonter les sources.


Stéphane Bataillon


Écrits de l’arbre dans le soleil

Éditions L’enfance des arbres,
136 p (15 €)

Disponible dans toutes les librairies sur commande ou bien à L’enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont au prix de 15 € + 4,50 € de port (jlavoue@gmail.com pour commande par virement 07 89 98 98 28))


https://www.editionslenfancedesarbres.com/














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jeudi 6 juillet 2023

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Laisser place aux mots
Nés du silence
Comment le pourrais-tu
Sans ces marches souveraines
À la verticale des matins ?

Sans l’alléluia des fleurs
Lavées par la pluie ?

Sans ces feuilles d’arbres par milliers
Annonçant toute nouveauté 

Sans ces jeunes clairières 
Où s’engouffrent à l’aube
Tant de battements d’ailes

Sans ces grèves à venir
Où chaque soir tu reprends souffle
À l’orée de la nuit 

Sans ces lisières de vin calme
Où tu t’enivres d’un chant surgi
De ta terre complice

Sans ces harmoniques qui t’accompagnent
Désormais jour et nuit
Dans les vergers de la joie spacieuse 

Sans ces amis disposés
Comme veilleurs
Sur les rives du fleuve

Sans tous tes sens
Mis au repos
Dans la patience de l’éveil

Sans l’assise
Où s’élargissent en toi
Des fêtes inconnues

Sans cette présence nue
Que tu ne nommes plus
Mais qui pas à pas t’apprivoise

Sans ce Poème d’avant les mots
Que tu prononces
A voix muette

Sans cette blessure
Dont tu ne guéris pas
Mais dont sans cesse tu te relèves

Sans cet ardent brasier
De tes sarments 
Émondés

Sans ces jeunes pousses
S’accrochant contre vents et marées
Aux murets de l’enfance.


Jean Lavoué, Le Blavet, 4 juillet 2023 
Photo : peinture de Vinca Alba Minor (Cécile A. Holdban) sur un vers de JL 
« Pourvu que tu aies la lampe 
Peu importe le chemin »
www.enfancedesarbres.com 










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mardi 4 juillet 2023

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De nos réseaux
Nous pouvons faire des armes
Ou bien des bouquets de mots
Pour réjouir le cœur

Mais il nous faut entendre
La colère qui emplit les rues
Toute cette force de vie
Mise à nue
Parce que non reconnue 

Toute cette avidité 
Celle pulsion crue du vol et de l’envie 
N’est-elle pas le miroir de la notre 
Apparemment si ordonnée 

Ce nihilisme destructeur
Ne l’avons-nous pas nous-mêmes engendré
Nous qui depuis des décennies
Ne cessons de détruire le sol du vivant
Sous les pieds de nos enfants 

Comment leur rendre 
Les gestes de confiance en l’avenir
Et les mots de l’espérance 
Dont ils manquent cruellement

La terre est à tous
Et cependant partout s’élève
Le cri de ghettos humiliés 

Dans quel terreau perdu
Pourra encore pousser
Le petit coquelicot de l’amour 

Pour quelles mains tendues
Apprendrons-nous à renoncer
À l’inutile qui nous encombre 

Notre pays est un brasier qui a soif
Non pas d’argent roi
Ni du cumul inégal des richesses 
Mais du partage de l’eau sacrée de la vie 

Quand rassemblerons-nous les coupures de nos journaux
Non comme traces de notre crime à tous
Mais comme ferments de ce qu’entre humains
Nous avons à offrir de plus beau

Notre manque irréductible
Notre vulnérabilité à fleur de peau
Les fleurs de notre compassion 
Nos blessures où poussent des ailes 

Jean Lavoué, Le Blavet, 3 juillet 2023
Photo JL 3/07/23
www.enfancedesarbres.com 







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lundi 3 juillet 2023

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Le poète Jean-Pierre Boulic me fait la joie d’écrire cette note de lecture à paraître dans Le Journal des Poètes (Belgique)À propos du recueil rassemblant un choix de poèmes autour de la figure de l’arbre partagés ici ces cinq dernières années.


Jean LAVOUÉ

Écrits de l’arbre dans le soleil

Éditions L’enfance des arbres (3, place vieille ville – 56700 Hennebont)
136 p (15 €)

 

L’arbre est bien semblable à l’humain, nous confie le poète. Et il a tant à lui dire, à ce « simple passant/sur cette terre », afin qu’il porte de bons fruits ou encore « l’or pur de [ses] branches ». Mais il faut se faire voyant dirait quelqu’un…Puis retrouver le regard de l’enfance qui sait accueillir la clarté et sa limpidité pour voir justement un « soleil gravé/dans le cœur des passants ».

La suite de poèmes « Écrits de l’arbre dans le soleil » (de 2018 à 2023) que nous partage Jean Lavoué vient heureusement enrichir ses « Carnets de l’enfance des arbres » dont nous avions souligné, en son temps, que la poésie de l’auteur porte « Tous les attributs de la terre/Où [elle] a planté [ses] racines ».

Peut-être le poète nous propose-t-il, cette fois-ci, de retracer et sertir les principaux thèmes (insistons plutôt, les valeurs proprement dites) qui le nourrissent. On se doit de citer la part du silence tant désiré, la parole des saisons et la nécessaire alliance d’un « pacte avec la terre », les impératifs d’une reconnaissance de la nature et de son respect, le chant de l’intime, la quête spirituelle sans laquelle rien n’a de sens et enfin l’amitié – oui, peut-être nous fait-il mieux entrer dans son secret lorsqu’il délivre ce magnifique distique : « Délivre-toi de tout ce qui n’est pas/Ce sacre de l’instant ». Jean Lavoué a bien compris en effet que « La clarté ne viendra pas d’en haut/Mais de [ses] mains ouvertes ». Beau message de confiance en l’humain, face aux maux du temps, aux détresses qui hantent le monde !

Ce recueil est d’amour pour « les noces du vivant ». Quand on avance au cœur de la futaie où « nous ne ferons plus qu’un avec l’azur et ses nuages », il est permis d’observer que « Chaque arbre distille sa lumière ». Ils ne sont plus les jours nus et gelés, les printemps se sont éclairés. On entre en conversation avec de fervents confidents qui s’invitent à nous parler, notamment Christian Bobin, Philippe Forcioli et aussi l’homme « célébrant passionné de la beauté du monde »… car il y a, nous rappelle Jean Lavoué, un impératif majeur à marcher confiant malgré notre ignorance, notre vulnérabilité.

Nous sommes faits pour l’insoupçonné et l’inattendu : « Sous l’écorce desarbres/J’écoute triompher la sève ». Le vent de la tempête sera dépassé, les cicatrices de l’hiver demeureront, la mort visitera chacun, mais « les paroliers célestes », les « compagnons de patience et tisserands de vie »auront toujours droit de cité au royaume de « l’enfance des arbres ».

D’une élégante et légère conception, les dessins d’Isabelle Simon sont « poreux aux murmures du silence ». Une belle confidence.

 

Jean-Pierre Boulic


Disponible à L’enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont au prix de 15 € + 4,50 € de port ou pouvant également être commandé dans toutes les librairies. (jlavoue@gmail.compour commande par virement 07 89 98 98 28))


https://www.editionslenfancedesarbres.com/


samedi 1 juillet 2023

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Marcher seul sous la pluie 
Est une bénédiction
Pour le corps et pour l’âme

On participe
À la gratitude de l’arbre
À la génuflexion des plantes
Au sourire de la terre

On éprouve que ce qui nous sauve
C’est cet échange mystérieux
Entre les forces du cosmos qui convergent 

Les déserts nous les apprivoiserons nous y enverrons
Les nuages de la compassion
Pour les faire fleurir

Les abeilles du printemps
Y butineront les ronces de justice
Et les buissons d’amour

Nous sommes nés pour contempler
Ce que notre avidité ravage
Et détruit

Mais nous portons en nous
Tous les essaims des papillons
De ta tendresse

Nous avons dans nos mains
Ce vide ardent
Capable d’harmoniser les mondes 

Ô musiques de la vie
Emplissez à nouveaux
Les sphères de nos saisons

Laissez surgir
Au creux de nos yeux
L’éclat du poème 

Que nos silences se joignent
Aux chœurs des forêts des cieux
Des prairies des océans 

Pour honorer l’esprit
Et la juste harmonie
Du faiseur de pluie 

Par nos sages mesures
Nous calmerons aussi les ouragans
Et les cyclones qui nous menacent 

Notre corps est le tabernacle
De ce que la nature
Engendre de plus haut 

Nous ferons de la création
Notre jardin premier
Notre chemin d’étoiles 

Nous y vendangerons de beaux arpents
Et nous y glanerons
Les épis de la joie

Jean Lavoué, La Chesnaie, 30 juin 2023

Photos JL 30/06/23





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