
Blog Jean Lavoué "Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez." Tatanga Mani, Pieds nus sur la terre sacrée... "Il faut reboiser l'âme humaine." Julos Beaucarne
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vendredi 11 juillet 2008
.
Notre capacité d’oubli
Est aussi forte
Que notre peur de la mort,
Aussi redoutable
Que notre manque à aimer.
Là où le temps s’est déchiré,
Un jour ou l’autre,
Ça se referme,
Et nous cherchons,
Comme en aveugles,
La flamme intense
Qui nous avait saisis.
*
Notre capacité d’oubli
Est aussi forte
Que notre peur de la mort,
Aussi redoutable
Que notre manque à aimer.
Là où le temps s’est déchiré,
Un jour ou l’autre,
Ça se referme,
Et nous cherchons,
Comme en aveugles,
La flamme intense
Qui nous avait saisis.
*
jeudi 10 juillet 2008
.
Tu n’as pas à vouloir aller
Plus loin que Celui qui te cherche.
Tu as juste à laisser tomber tes herses,
A cesser de trembler,
A écouter l’oiseau,
Le silence de ses ailes,
A te laisser conduire
Là où le chant se donne :
Justement ce chemin
Où tu ne voulais pas aller.
*
Tu n’as pas à vouloir aller
Plus loin que Celui qui te cherche.
Tu as juste à laisser tomber tes herses,
A cesser de trembler,
A écouter l’oiseau,
Le silence de ses ailes,
A te laisser conduire
Là où le chant se donne :
Justement ce chemin
Où tu ne voulais pas aller.
*
mercredi 9 juillet 2008
.
Offre-moi du temps qui tienne,
Du temps qui soit debout,
Du temps qui chante,
Du temps cathédrale,
Offre-moi du temps
Qui pousse vers moi ses branches,
Du temps qui aime,
Du temps pour l’oiseau,
Du temps poème,
Offre-moi du temps qui danse,
Du temps pour le vent,
Du temps fou,
Du temps qui s’étoile,
Offre-moi du temps pour le ciel,
Du temps ébloui,
Du temps étincelle,
Du temps dressé là
Comme un arbre vivant
Déployé dans l’instant,
Du temps éternel !
*
Offre-moi du temps qui tienne,
Du temps qui soit debout,
Du temps qui chante,
Du temps cathédrale,
Offre-moi du temps
Qui pousse vers moi ses branches,
Du temps qui aime,
Du temps pour l’oiseau,
Du temps poème,
Offre-moi du temps qui danse,
Du temps pour le vent,
Du temps fou,
Du temps qui s’étoile,
Offre-moi du temps pour le ciel,
Du temps ébloui,
Du temps étincelle,
Du temps dressé là
Comme un arbre vivant
Déployé dans l’instant,
Du temps éternel !
*
mardi 8 juillet 2008
.
Qui n’a pas connu
Cette brusque césure,
Cet oubli dans sa vie,
Ne saura pas le chant
Ni la mort qu’il domine.
Il faut avoir trempé ses doigts,
Et ses mains, et son corps tout entier
Dans la vaste énigme
Pour entendre, un jour peut-être,
Sourdre de soi
La musique des mots,
Souveraine inconnue !
*
Qui n’a pas connu
Cette brusque césure,
Cet oubli dans sa vie,
Ne saura pas le chant
Ni la mort qu’il domine.
Il faut avoir trempé ses doigts,
Et ses mains, et son corps tout entier
Dans la vaste énigme
Pour entendre, un jour peut-être,
Sourdre de soi
La musique des mots,
Souveraine inconnue !
*
lundi 7 juillet 2008
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Et si nous parvenions
A nous affranchir vraiment
De cela qui nous pèse,
Si nous hissions très haut
Les mots de nos chansons
Sans plus regarder en arrière,
Si nous laissions l’amour
Gagner en nous,
Brûler les herbes sèches,
S’il nous était possible
De descendre sans bruit
Jusqu’au puits des détresses,
De nous laisser tomber,
Humbles et nus,
Simples fruits mûrs sur la pierre,
Peut-être entendrions-nous
Pour la première fois
La patiente vigie
Nous crier terre, terre !
*
Et si nous parvenions
A nous affranchir vraiment
De cela qui nous pèse,
Si nous hissions très haut
Les mots de nos chansons
Sans plus regarder en arrière,
Si nous laissions l’amour
Gagner en nous,
Brûler les herbes sèches,
S’il nous était possible
De descendre sans bruit
Jusqu’au puits des détresses,
De nous laisser tomber,
Humbles et nus,
Simples fruits mûrs sur la pierre,
Peut-être entendrions-nous
Pour la première fois
La patiente vigie
Nous crier terre, terre !
*
dimanche 6 juillet 2008

Il y a des feuilles, beaucoup de feuilles
sur les arbres de mon pays.
Les branches sont libres
de n'avoir pas de fruits.
On ne croit pas à la bonne foi
du vainqueur.
Dans mon pays, on remercie.
René Char
.
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Puisque les mots s’adoubent,
Sans façons,
Tu n’as pas à chercher plus loin
Le sacre, l’éclaircie.
Tu fais ton métier
De charpentier du verbe,
Ajustant une à une
Les syllabes à ton pas.
Tu marches sans te lasser
Au hasard des chemins
Dressant çà et là quelques stèles,
D’improbables éclats.
*
Puisque les mots s’adoubent,
Sans façons,
Tu n’as pas à chercher plus loin
Le sacre, l’éclaircie.
Tu fais ton métier
De charpentier du verbe,
Ajustant une à une
Les syllabes à ton pas.
Tu marches sans te lasser
Au hasard des chemins
Dressant çà et là quelques stèles,
D’improbables éclats.
*
vendredi 4 juillet 2008
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La poésie est fille du vent
Et de la nuit :
Avec elle rien n’est jamais acquis !
Quand elle se faufile impassible
Sous les eaux vives,
Tu n’as aucune chance de l’attraper.
Parfois elle bat des ailes tout en haut
Du mât de l’alouette :
Tu n’en tire nulle gloire,
Toi qui te contentes
De contempler son chant inversé
Dans les flaques du ciel !
Tu aimes sa compagnie sauvage,
Sœur indestructible de la mort,
Ton double, ton amie.
*
La poésie est fille du vent
Et de la nuit :
Avec elle rien n’est jamais acquis !
Quand elle se faufile impassible
Sous les eaux vives,
Tu n’as aucune chance de l’attraper.
Parfois elle bat des ailes tout en haut
Du mât de l’alouette :
Tu n’en tire nulle gloire,
Toi qui te contentes
De contempler son chant inversé
Dans les flaques du ciel !
Tu aimes sa compagnie sauvage,
Sœur indestructible de la mort,
Ton double, ton amie.
*
jeudi 3 juillet 2008
.
Parfois un seul visage
Dans le filigrane des jours
Eclaire le paysage,
Comme s’il allait réveiller en toi
Les sources.
Puisses-tu rester ainsi fidèle
A la lumière d’un regard,
T’accompagnant sans fin
Dans la trame invisible des heures !
Ce goût de vie,
Cette flamme dans les yeux,
Dans les mains cette eau pure
Soudain à partager !
*
Parfois un seul visage
Dans le filigrane des jours
Eclaire le paysage,
Comme s’il allait réveiller en toi
Les sources.
Puisses-tu rester ainsi fidèle
A la lumière d’un regard,
T’accompagnant sans fin
Dans la trame invisible des heures !
Ce goût de vie,
Cette flamme dans les yeux,
Dans les mains cette eau pure
Soudain à partager !
*
mercredi 2 juillet 2008
.
Qu’un poème soit donné,
Sarment abouti de l’âme,
Constellation offerte
Dans la nuit en lambeaux,
Visage
Que la foule oppresse,
Ou bien matin
Posé enfin sur toutes choses !
Le soleil de la parole
Aura encore raison des pluies
Qui changent en boue le chemin.
*
Qu’un poème soit donné,
Sarment abouti de l’âme,
Constellation offerte
Dans la nuit en lambeaux,
Visage
Que la foule oppresse,
Ou bien matin
Posé enfin sur toutes choses !
Le soleil de la parole
Aura encore raison des pluies
Qui changent en boue le chemin.
*
mardi 1 juillet 2008
.
Revenir au mot,
A la pureté
De son silence,
Se fier entièrement
Au mystère
Qu’il condense.
Accueillir le souffle
Respirer la présence,
Sentir le vent
S’effacer
Dans les mains.
.
Tu cherches
A pas secrets
Le jour
De tes naissances,
Tu reviens à ces mots
Qui ne furent jamais dits,
Mais prononcés depuis
Par des lèvres innombrables,
Je vous salue,
Et puis cela suffit.
*
Revenir au mot,
A la pureté
De son silence,
Se fier entièrement
Au mystère
Qu’il condense.
Accueillir le souffle
Respirer la présence,
Sentir le vent
S’effacer
Dans les mains.
.
Tu cherches
A pas secrets
Le jour
De tes naissances,
Tu reviens à ces mots
Qui ne furent jamais dits,
Mais prononcés depuis
Par des lèvres innombrables,
Je vous salue,
Et puis cela suffit.
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