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jeudi 9 juillet 2015

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Y aurait-il encore trace dans les nuits du monde
De ce séisme sans nom de cet événement inouï
Que nul jamais ne put circonscrire
Resterait-il la moindre preuve de ce météorite
Quelque cratère silencieux
Quelques pentes abruptes désignant l’immense creux
Dont le vide sans frontière nous aspire
Serions-nous encore soulevés par ce tsunami
Dont la vague au ralenti nous retourne
Par ce Souffle dont personne ne se serait jamais remis
Entendrait-on encore l’écho de cette déclaration de Vie
De cet amour dépouillé de tout capable pourtant de nous soulever
Serait-il possible finalement de croiser incognito les pas de cet homme
Semblable à nous
De ce prophète aux mains d’azur
De ce poète absolu que la mort n’arrêta pas
Et de sentir passer sur nos visages l’éclat de son matin lumineux


Jean Lavoué



























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mercredi 8 juillet 2015

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"Murs des expulsés" de Billère






Resterons-nous captifs
De nos illusions malades
De nos possessions mortelles
Imiterons-nous le singe
Ne pouvant desserrer le poing     
Qui le tient prisonnier
Ou bien ouvrirons-nous des mains
Capables de défaire les barreaux
Qui nous emmurent et nous séparent
De dresser des fresques généreuses
De rassembler des bouquets fraternels


Jean Lavoué





























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dimanche 5 juillet 2015

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Sais-tu que marcher simplement
Peut suffire à sauver le Poème en toi
A lui donner son rythme
Ses brusques éveils
Son glissement de pas
Ses arrêts sur un fil
Son élan furtif

Sais-tu qu’une maison peut abriter
Tous les sentiers de la forêt
Tous les rivages de l’océan
Tous les secrets de l’univers
Tous les oiseaux du cœur
Qu’elle peut laisser grandir tous les soleils de l’âme

T’avancer silencieux
Tel un funambule un livre à la main
Avec souplesse et légèreté
Lenteur et gravité
Peut devenir à l’instant même
Ta danse lumineuse
Ta liturgie sereine
Ta fugue matinale

Lorsque d’une écriture fine
Tes pieds caressent la terre telle une étoffe végétale
Mille fleurs apaisées chantent dans ta mémoire

Sais-tu qu’en te laissant ainsi tirer
Par les mots qui te cherchent
Héler par les images de ton ciel intérieur
Tu franchis l’espace ouvert de ton propre risque
Tu lâches tout tu rends grâce à la nuit
Et tu t’attaches à l’essentiel


Jean Lavoué


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vendredi 3 juillet 2015

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Oum Khalsoum, la Petite Egyptienne, Sabine Weiss

"Je faisais un reportage sur les Coptes à Louxor, en 1983. Cette fillette jouait avec des amis. Elle rayonnait, si belle et si libre, les cheveux au vent. L'an dernier, deux journalistes m'ont demandé mes planches contact. Ils ont retrouvé le mari de cette jeune fille, décédée maintenant. Elle s'appelait Oum Khalsoum et avait eu cinq enfants."

Sabine Weiss, à l'occasion du vernissage aujourd'hui à la médiathèque d'Argentan de l'exposition qui lui est consacrée (Ouest-France, 3 juillet 2015)





















































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jeudi 2 juillet 2015

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Les blés tranchent dans le vif de l’orage
Ils gardent à l’aplomb du gris
Ce goût de ciel
Cette confiance solaire
Tel un cerf ruisselant dans la brûlure des phares
Qui nous réconcilie avec la foudre
Et qui nous aide à traverser la nuit


Jean Lavoué






















































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mardi 30 juin 2015

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Nous avons en nos mains des bourgeons des espoirs
Des vœux des aubes des promesses végétales
Des roses des parfums des nuits d’orage
Des étés des chants des rythmes vrais
Nous avons la terre la poésie la vie entière
Nous avons la force de nous relever
Et l’arc-en-ciel en nous du verbe aimer


Jean Lavoué














































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dimanche 28 juin 2015

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Nous étions princes poètes marchands d’ivresse
Pourtant nous ne promettions rien nous aimions rudement
Nous avions nos carnets pour chacune des routes
Des cartes sans indices pour nos chemins d’étoiles
Des toiles constellées de vents et de nuages
Et des herbiers vivants pour nos pistes sauvages
Nous étions côte à côte une forêt en marche
Sentinelles avisées compagnie aux frontières
Nous glanions dans les prés l’espérance fraternelle
Nous tenant aux lisières nous marchions pauvrement
L’intuition aux aguets nous franchissions des blés
Le cœur bel astrolabe et la joie crucifère
Nous cherchions des vivants


Jean Lavoué








































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vendredi 26 juin 2015

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Au poème de Liliane Wouters, découvert grâce au petit livre enthousiaste et contagieux de Colette Nys-Mazure « La vie poétique, j’y crois »
... et à ces quinze choses que jamais elle n’a pu faire :

"Courber le front devant plus grand que moi,
Marcher sur plus petit, montrer du doigt,
Crier avec la foule, ou bien me taire,
Reconnaître parmi les blancs le Noir,
Choisir dix justes, nommer un coupable,
Trouver telle attitude convenable,
Lire un autre que moi dans les miroirs,
Conjuguer l’amour à plusieurs personnes,
Résister à la tentation, blesser exprès,
Rester dans l’indécis, dire Cambronne
Au lieu de merde, qui est plus français"


J'en ajouterais une seizième, en ce jour où la terreur cherche, une fois encore, à nous dominer :

Désespérer de l'homme, surtout lorsque des fous de Dieu
S'en prennent à ce qu'il a de plus sacré, le défigurent


Jean Lavoué














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mercredi 24 juin 2015

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Photo : Olivier Bailleux




Bouquet de joie
Lorsque nos larmes silencieuses se rencontrent
Et que la table de l’amitié est prête
Le pain du monde est dans nos mains
Nous inventerons ainsi pour chaque saison
Chaque escale chaque rencontre
Un feu unique
Des rituels fabuleux
Dont nul ne pourra plus se dire le prêtre
Car nous serons tous prêtres et prophètes
Et rois d’humanité
Brûlés au vif de nos tendresses
Et bénisseurs de toute vie
Ouvriers du cœur selon la promesse


Jean Lavoué




































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mardi 23 juin 2015

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Au matin nous avons donné sa chance
Sachant qu’il ne pourrait trahir


Jean Lavoué


























































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dimanche 21 juin 2015

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En si peu de temps nous voilà devenus voisins des astres
Prochains de tous les autres habitants de la planète
Cultivateurs d’inconnu
Et si nous avions oublié le sol qui nous portait
L’humus qui nous nourrissait
Nous voici tout à coup réveillés d’un long rêve
Il nous faut réapprendre ensemble
A écouter la musique des étoiles
A parler aux mousses et aux forêts
A inviter l’aube et l’océan chez nous
A cultiver humblement nos partitions potagères
A consoler tendrement les cicatrices silencieuses
De notre mère la Terre


Jean Lavoué









































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samedi 20 juin 2015

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Tout est Poème
Ces mots oiseaux nichés dans les falaises du silence
A même la chair du monde
Et qui attendent qu’une parole humaine les délivre
Un bref éclat d’ignorance
Un face à face ensoleillé avec la mort
Une brusque trouée d’éternité
Le seul battement d’ailes qui peut-être se survive


Jean Lavoué



















































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