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dimanche 15 mai 2022

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Sur les pas de Charles de Foucauld,
Pélerin du désert…




Je fus marqué au feu de déserts inconnus
Dont les froides arêtes souvent me visitaient
J'eus pour seuls compagnons
D'autres marchants brûlés
Aux braises de leurs rêves

Une parole au cœur 
Sans hâte ils s’en allaient 
Fraterniser vers d’autres mains

Le bief de la rencontre était en eux
Un vide ouvert
Une frontière à vif
Une épaule offerte aux caresses de la nuit
A laquelle nul ne pouvait se dérober.

Je reconnus leur chant à l'espace silencieux
Qu'ils laissaient derrière eux
Je naquis dans leurs yeux
D'une source étonnée
Je les suivis sans hâte
Et sans me retourner

Ignorant du chemin
Et de leur vin secret
Dans l’éclat des silences
Je savais avec eux vers quel matin j'allais

Nul pas ne précédait mon pas
Tout espace m’était accordé.

Jean Lavoué, 6 juillet 2016
www.enfancedesarbres.com
Photo Assekrem  Hoggar














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jeudi 12 mai 2022

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Deux recueils pour que les poèmes ne meurent jamais sous les bombes

par Loup Besmond de Senneville, journal La Croix, 12 mai 2022

« Notre âme ne peut pas mourir » et « Des ailes pour l’Ukraine » donnent à lire des poèmes sur l’Ukraine, quelques semaines après le début de l’attaque de la Russie à l’est de l’Europe.

Notre âme ne peut pas mourir
de Taras Chevtchenko
Traduit et préfacé par Guillevic
Seghers, 128 p., 14 €

Des ailes pour l’Ukraine
de Jean Lavoué
L’enfance des arbres, 52 p., 9 €

Que veut encore dire écrire, alors que les bombes frappent l’Ukraine, et que les images d’épouvante se succèdent sur les écrans, diffusées par les chaînes de télévision en continu ? Deux recueils, publiés ces jours-ci, alors que les combats font rage en Ukraine depuis fin février, entendent poser des mots sur la souffrance aveugle.

Le premier est l’œuvre du poète et peintre Taras Chevtchenko (1814-1861). Et ses mots viennent de la fin du XIXe siècle, lorsque prit place dans l’est de l’Europe la bataille qui vit s’opposer au tsar ceux qui réclamaient la création d’une fédération de peuples slaves.
L’espoir et la souffrance
Les poèmes de Chevtchenko, publiés pour la première fois en France en 1964, sont ceux d’un militant pleinement engagé dans le combat pour l’indépendance de son pays. Emprisonné, exilé, interdit de peindre et d’écrire, il en paiera d’ailleurs le prix.

Dans ces pages, on lit l’espoir et la souffrance, le cri de douleur et la folie de la mort. Les larmes coulent, à travers ces lignes, en particulier celles qui composent les poèmes écrits en prison, où il invoque des femmes et des enfants pleurant dans un monde recouvert de ronces.
« Je ne vais pas mal, Dieu merci,/Mes yeux y voient encore un peu,/Le cœur attend./Il me fait mal,/Le cœur pleure et ne s’endort pas,/Ainsi qu’un enfant mal nourri./Tu attends, sans doute, mon cœur,/Des temps durs ; n’attends rien de bon./Pas la liberté désirée./Elle dort./Le tsar Nicolas/L’a mise en sommeil et, crois-moi,/Cette chétive liberté/Pour la réveiller tout d’abord, Il faut nous mettre tous ensemble. »

Un texte qui fait écho avec 2022

Aux mots de Taras Chevtchenko répondent aujourd’hui ceux, pourtant écrits en 2022, cent soixante-dix ans plus tard, par Jean Lavoué. Aux premières heures de la guerre qui frappe l’Europe depuis la fin février, le poète a voulu, comme l’écrivait René Guy Cadou en 1980, rompre le « silence revenu dans les ruines » après le pilonnage de l’artillerie.

« Les mots nous sont retirés de la bouche,/Nos poèmes meurent sous les bombes/Avec ceux que l’on assassine à Kiev, à Marioupol et à Kharkiv./La force brutale veut imposer la peur et semble triompher/Le long des douces rives du Dniepr. Mais nous savons qu’un peuple fraternel/Toujours se relève. »

Les bénéfices de ces deux recueils seront intégralement reversés à des associations venant en aide au peuple ukrainien.

Des ailes pour l’Ukraine, éditions L’enfance des arbres, 3 place vieille ville 56 700 Hennebont (jlavoue@gmail.com) 9 € + 2 € de port, 4 € pour 2 ou 3 ex, offerts à partir de 4 exemplaires.
www.editionslenfancedesarbres.com





mercredi 11 mai 2022

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L’oiseau des rencontres
Transporte ton poème ;
Tu ne lui assignes aucun chant,
Il tient le gouvernail de ta voix.

Un rien peut le faire fuir
Mais il se laisse apprivoiser
Dans la paume du silence.

Il a le goût des intuitions heureuses
Et sait jouer avec bonheur
Du cerceau de la confiance.

Il a la douceur d’un enfant 
Et la fermeté d’un conquérant
Dépossédé par le soleil.

Il se tient humblement
En haut de l’arbre des possibles,
Hissant au mât des tempêtes
Les couleurs fortes de l’amitié,

Et c’est là qu’il rejoint 
Ses compagnons de passage,
Déployant ses ailes
Dans un grand élan d’abandon. 

Jean Lavoué, le 6 mai 2022
Photo Pixabay












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mardi 10 mai 2022

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Malgré la force des évidences,
Les armes de la puissance
Ne tariront pas la sève de la vie.

Ils se formeront encore longtemps
Sous la houle du ciel azur
Les épis de blé du monde.

Le grain sera dans nos mains
Un soleil pacifique
Et les oiseaux clairvoyants 
Porteront au loin la nouvelle :

La liberté est imprenable ! 

L’âme de l’Ukraine
Triomphera. 

Jean Lavoué, 8 mai 2022


















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dimanche 8 mai 2022

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Tu n'as rien à faire
Pour devenir l'ami de la lumière.
Il te suffit simplement d'être là,
D'accueillir le jour qui vient. 

La clarté ne viendra pas d'en-haut
Mais de tes mains ouvertes. 

Pas d'effort ni même d'arc bandé,
Juste l'élan soudain de la flèche :
Ne t'oppose pas à son mouvement ! 

Quand pour toi l'évidence
S'invite en rêve,
Tu sais que tu n'y es pour rien :
Tu as seulement laissé tomber tes œillères,
Défait les liens inutiles ;
Tu t'es plongé dans la nuit sans questions. 

Ainsi, vis ta vie
Sans te cogner aux murs,
Sans t'imposer de direction :
Laisse-la écrire elle-même ton poème,
Ouvrir des voies imprévues  ! 

Jean Lavoué, le 7 mai 2021
Photo sasint/Pixabay















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vendredi 6 mai 2022

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Merci, cher Olivier Risser, pour cette note de lecture sensible à propos de mon petit recueil « Des ailes pour l’Ukraine » rassemblant des poèmes déjà partagés ici…

J’ai, sur mon bureau, Des ailes pour l’Ukraine[1], le petit recueil de poésie de Jean Lavoué, tout juste paru[2]. Si le livre, d’une remarquable conception, tient dans la paume de la main, s’il peut se glisser au fond d’un sac, se loger encore dans une poche de veste ou de pantalon, les vers qu’il contient s’en vont en effet, à tire-d’aile. C’est que leur auteur est un oiseau qui compose ses poèmes au printemps, la saison des nidifications et des chants matutinaux.

Des trous noirs dans les ailes…

Les quelques poèmes du recueil sont beaux sans prétention, profonds sans ostentation. « Reste-t-il encore des oiseaux à contempler dans le ciel d’Ukraine ? », c’est par cette question vertigineuse que débute l’ouvrage. Le poète connaît et nous indique la vraie réponse : les oiseaux d’Ukraine ne peuvent plus contempler le ciel, leur vocation. Les survivants doivent se cacher sous l’orage des hommes. Dans les poèmes suivants, il est question de « grand trou noir », de « sombre pluie », « de forteresses noires trouant la paix du ciel ». Les mots sont dignes, les métaphores parlent la langue du cœur et nous aident à formuler l’impensable déraison. René-Guy Cadou et sa Lettre à des amis perdus ne sont pas loin : « j’ai des trous noirs dans les ailes ». C’est que Jean Lavoué partage avec cet autre poète qu’il invite en exergue, la passion de la tendresse.

A ceux qui n’ont pas tout perdu…

Ces oiseaux qui sautent de page en page, ce sont « nos oiseaux » qui ne peuvent plus « voler vers leur naissance ». Ce possessif dévoile une parenté, il nous désigne, nous ; nous, appelés en tout temps par l’esprit à nous épanouir et à naître à nous-mêmes, nous, empêchés aujourd’hui par « cette sombre pluie de monstres métalliques », nous encore et enfin qui devons sauvegarder l’espoir pour ensuite le partager. « Hissons haut les couleurs de nos cœurs ! », nous invite l’un des poèmes. Oui, la tempête est là qui fait rage ; oui, un pays tout entier semble à la dérive ; oui, on meurt « sous les bombes à Marioupol » ; oui encore tristement oui, on assiste à un naufrage du cœur ! « Tous, nous nous trouvons blessés au plus vif de notre humanité ! », s’exclame le poète et dans son cri, on sent la lame du couteau qui entaille la chair. Et pourtant, ce livre est une invite parce que « nous croyons toujours au printemps », par décision, par résolution, par promesse. Et puisque « nous croyons toujours au printemps », nous devons l’accueillir « en dépit des ombres qui nous tenaillent ». Et accueillir le printemps, c’est aussi décider d’être « passeurs » confiants de la vie comme source inépuisable d’amour et de lien. Parce que nous aurons, demain, à porter de l’espérance pour nos frères et sœurs, offrons-leur, dès maintenant, « cette lueur que nous portons encore au fond des yeux » afin qu’eux aussi aient « leur printemps ».

Ce livre est un cadeau pour toi…

Jean Lavoué ne chemine pas seul. En de somptueuses illustrations, cet opuscule invite littéralement les mésanges bleues, le mimosa jaune, le ciel lavé par la pluie. Merci aussi à l’auteur d’avoir placé au milieu du livre un magnifique poème d’Armand Robin. Il me semble que les poèmes de Lavoué, de part et d’autre, sont comme les ailes de ce majestueux oiseau. On sent les vers de l’auteur de La Fausse parole[3] au cœur de l’ouvrage comme son poème est au centre du livre. « NOUS Y SOMMES » ! Après avoir supprimé la foi, la lumière, l’âme et bien d’autres de nos trésors d’humanité, voici qu’on supprime l’Homme, avertit Robin . Ce livre de Jean Lavoué le rétablit.
De tous, mon poème préféré parle de ce « il » jamais nommé - Lavoué a trop de pudeur et il répugne aux vilains mots - qui, semant la terreur et la mort, « humilie le monde » et « assèche le printemps dans les vergers de l’âme ». Poème qui, déjà au cœur de l’abject, invite à l’espoir par l’utilisation du futur dans son dernier vers qui nous assure que « le juste triomphera » et où se laisse entendre la promesse du premier des Psaumes faite pour l’homme juste, « tout ce qu’il entreprend réussira ». Les derniers poèmes du recueil introduisent un « tu » et l’adresse se fait plus précise et plus délicate encore. Le poète compatit et pleure avec la personne en exil qui « [s’]arrache en cachant [ses]larmes », il pénètre dans les décombres de son appartement dont le sol est jonché, pour quelques jours encore, des « photos de [ses]ancêtres ». Ce « tu » est ukrainien, ce « tu » est l’Ukraine, ce « tu » est humain, ce « tu », c’est nous tous réunis. « Réuni » c’est aussi le dernier mot du dernier poème.

Le poète, en quatrième de couverture, pose cette question qui invite au recueillement : « les oiseaux sauront-ils encore qu’il existe un printemps ? ». Cette question qu’on ne peut poser sans avoir le cœur serré, cette question que faute d’avoir su se poser, tant d’Hommes sont partis en guerre contre leurs frères, cette question, aux allures modestes et naïves, fait désormais partie de notre patrimoine.

Olivier Risser, 5 mai 2022

Le recueil est toujours disponible à L’enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56700 Hennebont (jlavoue@gmail.com) au prix de 9 euros (+2 € de port, 4 € pour 2 ou 3 ex., port offert à partir de 4 ex.)
www.editionslenfancedesarbres.com

[1] Les bénéfices de la vente du recueil seront réservés à des associations humanitaires qui portent assistance au peuple ukrainien.
[2] Avril 2022, éditions L’enfance des arbres
[3] Armand Robin, La Fausse parole, 1953
















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mardi 3 mai 2022

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Depuis la nuit où tu progresses,
Le poème te rend plus pauvre pas à pas. 

Tu mendies chaque mot
Sur la margelle du jour,

Rien n’a plus les couleurs
De l’évidence. 

Tu fais confiance aux oiseaux
Dont le chant se fait rare.

Si le soleil survient,
C’est pour mieux te déposséder.

Tu ne crois plus
Aux hasards de l’abondance,

Un rien t’émerveille,
Tu fais avec le peu qui t’espère,

Chaque épi
Est une promesse déjà tenue.

Le printemps est devenu pour toi
Un compagnon suffisamment silencieux.

Jean Lavoué, 29 avril 2022
Photo Pixabay



















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dimanche 1 mai 2022

 

Présentation du recueil « Des ailes pour l’Ukraine » sur FaceBook par René Poujol, sur le site de Bretagne actuelle par Pierre Tanguy et dans Ouest-France du 28 avril, édition de Lorient, par Maxime Lavenant. 


Jean Lavoué est écrivain, éditeur et poète breton. Chaque jour que Dieu fait, comme d’autres respirent, lui pose sur le papier les mots que lui soufflent le vent et la rumeur du monde. Sur son fil Facebook, plusieurs fois par semaine, il les offre, gracieusement, à qui veut bien les entendre. De la guerre qui meurtrit l’Ukraine il a, en février et mars, déjà, tiré des pages vibrantes : « Quelles graines de résilience/Germeront demain encore/Dans la terre d’Ukraine ?/Quels battements d’ailes/Quels chants d’oiseaux/proclameront à nouveau le printemps?


De ces poèmes il a fait une sélection qui, mêlée à des textes de René Guy Cadou, Xavier Grall, ses frères d’armes, mais aussi Armand Robin (On supprimera la Foi, au nom de la Lumière, puis on supprimera la lumière…) Paul Eluard, et illustrée de délicates aquarelles fait toute la magie de ce petit livre de 48 pages. Un hommage aux combattants de la liberté. Ce petit bijou est vendu 9 € au bénéfice d’associations humanitaires qui viennent en aide au peuple Ukrainien. Et l'on se prend à souhaiter en avoir quelques exemplaires sous la main, à offrir ici ou là. 

Le livre peut être commandé aux éditions L’Enfance des arbres, 3, place vieille ville, 56 700 Hennebont (48 pages, prix 9 € et 2 € de port pour 1 ex. 4 € pour 2 ou 3 ex. Port offert à partir de 4 ex.)

René Poujol






L’écrivain et poète breton Jean Lavoué publie un recueil intitulé « Des ailes pour l’Ukraine » dont le produit de la vente sera reversé à des associations humanitaires qui portent assistance au peuple ukrainien dans sa tragédie. Jean Lavoué cite le grand poète ukrainien Taras Chevtchenko: « Notre âme ne peut pas mourir / la liberté ne meurt jamais ». Il cite aussi Le Breton Armand Robin qui dénonça sans relâche « la fausse parole ».
Le livre peut être commandé aux éditions L’Enfance des arbres, 3, place vieille ville, 56 700 Hennebont (48 pages, prix 9 € et 2 € de port pour 1 ex. 4 € pour 2 ou 3 ex. Port offert à partir de 4 ex.)

Pierre Tanguy 


Hennebont. Le poète Jean Lavoué publie un recueil en soutien à l’Ukraine 

Le poète Jean Lavoué, installé à Hennebont (Morbihan), vient d’éditer plusieurs de ses textes dans un recueil intitulé Des ailes pour l’Ukraine. Les bénéfices de la vente seront reversés à Ouest-France Solidarité.
Jean Lavoué, le poète et fondateur de la maison d’édition L’enfance des arbres, à Hennebont (Morbihan), vient d’éditer Des ailes pour l’Ukraine, un petit recueil regroupant les poèmes écrits lors des premières semaines de l’agression russe contre l’Ukraine ».
S’ouvrant sur deux extraits empruntés à René Guy Cadou et Xavier Grall, deux de ses auteurs fétiches, ce petit livre de 48 pages agrémenté de quelques dessins, convoque Paul Éluard et Armand Robin. Les textes de Jean Lavoué, eux, traduisent la stupeur et l’effroi du poète : Les mots nous sont retirés de la bouche / Nos poèmes meurent sous les bombes, écrit-il.
Sans le nommer, le poète hennebontais critique aussi le dirigeant russe, Vladimir Poutine : Il humilie le monde / Celui dont le cœur bat / Au rythme de sa puissance.
Le livre est en vente dans les bonnes librairies et sur le site de la maison d’édition. Les bénéfices seront reversés à Ouest-France Solidarité – Aide aux Ukrainiens.
Des ailes pour l’Ukraine, 48 pages, 9 €.

Maxime Lavenant 

www.editionslenfancedesarbres.com












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vendredi 29 avril 2022

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Toutes ces idées sacrées,
Toutes ces images saintes
Qui n’ont pas partie liée avec ton souffle
Deviennent des armes dans ta main
Contre toi-même et contre les autres...

Seul ce qui te traverse te dépossède,
Te fait mendiant d’amour sur cette terre,
Pauvre parmi les pauvres,
Capable de fraternité et d’adoration
Dans le même élan.

Ne va donc pas chercher au-dehors
Ce qui t’engendre du dedans !
Apprivoise ce vide qui t’appelle !
Laisse ruisseler la source en tes déserts !
Honore ce rien,
Laisse-toi susciter par ce vent inconnu qui te libère !

Jean Lavoué, 27 avril 2015
In « Ce rien qui nous éclaire » L’enfance des arbres 2017

Photo JL avril 2022














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jeudi 28 avril 2022

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Être là simplement
Pour couronner le monde
D'un regard de joie :
Quelle vocation
Siérait-elle plus à l'homme ? 

Où serait la beauté de ce qui nous entoure
Sans notre regard,
Où l'élan de l'arbre,
Où la course sauvage des animaux,
Pour qui le chant des oiseaux,
L'arc-en-ciel des fleurs ?

Mais nous avons appris
À ne voir que l'utile,
À ne mesurer que l'exploitable
Et à nous taire sur l'essentiel. 

Nous avons oublié
De demeurer tranquilles
Avec ce que nous contemplons. 

Il est grand temps
De convertir nos yeux
À une autre présence ! 

Celle-ci dût-elle nous rendre plus pauvres
Et pourtant souverains. 

Jean Lavoué, 27 avril 2021
Photo JL La Chesnaie 27/04/21





















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