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dimanche 12 mars 2023

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Parfois, d'un signe,
La vie t'encourage :
Tu ne sais pas pourquoi. 

De grands vols d'oiseaux
Convergent dans le ciel

L'écriture connaît elle aussi des matins
Où les branches du silence
Se couvrent d'un seul coup
De jeunes pousses. 

L'herbe du monde
Ne t'a jamais paru
Si jeune. 

Longeant ligne après lignes
Tes halages,
Tu sais que tu n'es pas seul. 

Même les nuages
Semblent complices. 

L'inespéré d'un geste fraternel
Te montre le chemin. 

Jean Lavoué, 10 mars 2021
Photo Le Blavet, JL 9/03/21







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jeudi 9 mars 2023

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Le Poème n’a pas un bosquet,
Pas une prairie, pas un vallon,
Pas un lit de feuilles,
Pas une pierre pour se reposer.

Il va partout sa vie nomade,
Errant de nos défaites,
Vagabond de nos silences,
Bohémien de nos rêves.

Dans chaque brin d’herbe,
Chaque chant d’oiseau,
Chaque tige qui se dresse,
Il convoque amoureusement
Les jardiniers du cœur. 

                     -Jean Lavoué-
                       7 Mars 2015





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mercredi 8 mars 2023

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Lorsque ta vie vacille,
Que le monde s’enchevêtre
En branches bien trop lourdes, 
Que le ciel t’apparaît
L’indéchiffrable énigme,
Que des forces prodigieuses
Veulent s’emparer de toi,
C’est le signe, lâche prise !
Le printemps est la clé
Du silencieux naufrage,
Le sceau mystérieux
De ta déroute et de ta joie.

Jean Lavoué, 28 février 2015 
www.enfancedesarbres.com
Photo C Cité Universitaire de Paris













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mardi 7 mars 2023

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« Petit message aux glaneurs de mots
Désireux de se mettre à l’écoute
De leur jardin intérieur 
Pour faire de l’écriture
Leur alliée végétale
Et printanière »

Faites-vous de temps à autre le cadeau royal
D’une heure de pure respiration !

Sortez la tête des écrans
Des soucis
Des projets
Des actualités dévastatrices 
De tout le bavardage mental qui vous encombre 

Quittez la spirale infernale
Des pensées sans issues
Tueuses d’espérances
Non pas à coups de volonté
Ou de jugement sur vous-mêmes 
Mais seulement en déposant les armes

Adoptez la simple assise
Le mouvement juste
Ou bien la marche
Et apprêtez-vous à cueillir les mots
Prêts à se donner un à un 
Au bout de vos branches silencieuses.

Prenez votre temps
Ne forcez rien
Mais dès que l’oiseau du poème
Fait résonner ses premières notes
Accueillez le chant qu’il vous inspire

Ne jugez pas
Ne bloquez rien 
Ne retenez pas le geste de la main 
Mais notez d’un seul mouvement 
La mélodie qui s’élève
Au rythme de votre respiration 

Laissez ainsi monter en vous
La sève matinale
Les bourgeons de la clarté 
La floraison qui vous réveille

Puis patientez
Relisez
Taillez
Et laissez croître !

Vous planterez ainsi une à une
Les jeunes pousses
Du verger de votre confiance 
Dont vous aimerez goûter les fruits
À toutes les saisons !

Jean Lavoué, 6 mars 2023
(En écho aux conseils partagés en ateliers d’écriture ce week-end à Saint-Jacut)
Photo Pixabay/neelam279












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lundi 6 mars 2023

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L’abbaye de Saint-Jacut-de-la-Mer, un cadre de rêve pour tenter de répondre aux questions : sommes-nous condamnés à la violence ? La non violence est-elle une voie d’avenir ? 

Dans le cadre de l’interfestival des religions et des convictions réunissant juifs, musulmans, chrétiens, bouddhistes, agnostiques, humanistes… (en partenariat avec Les Amis de la Vie, Hermeneo, Coexister et la CINPA), j’ai apporté ma petite pierre à l’animation par la conduite de deux ateliers d’écriture (4 et 5 mars 2023). 

Opposerons-nous à l'horreur une violence encore plus meurtrière
Serons-nous seulement ces boutiquiers des armes
Ces magiciens du néant ces ensorceleurs de haine
Plutôt que sentinelles avisées guettant partout l'amour aux frontières ?

Pour frayer la voix d'une autre paix
D'une aube nécessaire
Qui se lèvera
Qui ouvrira les yeux
Qui prêtera l'oreille
Qui s'éveillera sinon toi-même
Qui s'engagera sinon ce coeur qui bat au rythme de ton pas ?

Jean Lavoué










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vendredi 3 mars 2023

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Les mots nous sont retirés de la bouche,
Nos poèmes meurent sous les bombes
Avec ceux que l’on assassine à Kiev, à Marioupol et à Kharkiv.
La force brutale veut imposer la peur et semble triompher
Le long des douces rives du Dniepr.

Mais nous savons qu’un peuple fraternel
Toujours se relève
Et que le sang de ses victimes
Ne coule pas en vain sur le sol humilié.
Nous nous tiendrons debout à ses côtés,
Nous nous éclairerons à la brûlure de son deuil, 
À la flamme de son courage,
Nous ne faiblirons pas.

Même s’il semble anéanti,
Le juste est toujours victorieux de la barbarie.
Les vastes plaines d’Ukraine, de Lviv à Donestk,
Où poussent les blés de l’abondance et de la joie 
N’oublieront jamais l’outrage,
Elles ne le recouvriront pas d’un brouillard d’oubli.

Toujours la résistance renaîtra,
Toujours plus forts des chants s’échapperont,
Toujours plus invincibles 
Des hymnes en l’honneur de la liberté 
Et du printemps !

Laissons les déjà envahir
Nos clairières silencieuses et solidaires !
Laissons fleurir les bourgeons de notre amour,
Hissons haut les couleurs
De nos cœurs !

Jean Lavoué, 2 mars 2022
www.enfancedesarbres.com

Un an après, l’émotion reste intacte
Et notre espérance aussi
Aux côtés des ukrainiens
Défendant le sol de notre propre liberté…

Ce poème, avec d’autres écrits à la même époque du déclenchement de la guerre russe contre l’Ukraine, fait partie du petit recueil « Des ailes pour l’Ukraine » toujours disponible à L’enfance des arbres et ayant permis en 2022 le versement de 1000 € à Ouest-France Ukraine Solidarité.













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jeudi 2 mars 2023

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À la pointe extrême de notre hiver
Des hommes meurent chaque jour
En semant les graines de notre liberté

Tant de désirs nous agitent
De mots vains
D’images mensongères

Seul un silence aimant
Pour envisager l’aube
Sur ces moissons mûries
Au soleil de leur sang 

Si la vie devient dure aussi pour nous 
Elle devient plus fraternelle
Pressée comme une vigne
Dont nous sommes chacun 
Les humbles vignerons

Ici aussi le ciel
Blotti sur l’aile des mésanges
Proclame l’audace
D’un printemps victorieux 

Nous sommes requis
Par un élan plus grand que nous

De bosquets en bosquets 
Jusqu’aux terres de l’Ukraine
Nos chants seront solidaires
Et notre force paysanne

Une seule frontière
Doit nous tenir en éveil
Celle où chaque vie
Vaut courageusement d’être vécue
Contre la barbarie 
Et la puissance brute 
Soudain dévoilées sous nos yeux. 

Jean Lavoué, 1er mars 2023
www.enfancedesarbres.com
Photo iStock sterkanmutan 










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mardi 28 février 2023

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Pierre Tanguy a lu le dernier livre de Philippe Forcioli : « Les impromptus de la Sauvegarde »

   Le chanteur et poète Philippe Forcioli a rédigé sur son lit d’hôpital avant sa mort le 16 février dernier, à l’âge de 69 ans, un livre-témoignage sur l’expérience vécue sur place mais encore plus sur certains moments-clés de sa vie. Un livre de gratitude et de ferveur de la part d’un homme qui a « troqué sa guitare contre un clavier de paradis/pour célébrer la vie en toutes ses octaves », comme l’écrit son ami poète et éditeur, Jean Lavoué, qui publie aujourd’hui le livre du chanteur. 

   Les impromptus de la Sauvegarde. Un titre de livre qui mérite explication. Impromptu, nous dit Philippe Forcioli, parce qu’il s’agit d’un manuscrit « improvisé », « sans préparation ». La Sauvegarde, c’est la clinique lyonnaise où il sera soigné au cours de cet hiver 2022-2023. « J’aime bien ce titre, note-t-il, je le verrais bien inscrit sur un bon et honnête bouquin doux au toucher, je l’emporterais dans mon panier, impatient d’entrer dans ce titre un peu mystérieux mais attirant ». Jean Lavoué a comblé ses vœux.

  Le déclic pour engager ce travail d’écriture a été, pour lui, l’annonce de la mort du poète Christian Bobin, le 23 novembre dernier. A peine huit jours après, Philippe Forcioli entamait son livre en commençant par un hommage appuyé au poète et penseur du Creusot dont il se sentait si proche. Et il le termine par une anecdote relative à Bobin (« histoire vraie d’un petit miracle ») puisqu’une dame de service de l’hôpital lui raconte, un jour, avoir bien connu le poète et surtout son amie Ghislaine dont celui-ci gardait les enfants (Ghislaine, La plus que vive, du récit fameux de Bobin). La boucle était bouclée. Comme un signe du destin.

   En une série de poèmes ou textes courts, Philippe Forcioli évoque sa vie d’hôpital en commençant par un hommage appuyé et profondément touchant aux infirmières, « veilleuses sans cesse allumées de l’intérieur ». Le lisant on pense ici au livre de Lydie Dattas, qui fut la compagne de Christian Bobin (décidément, on ne le quitte pas), racontant dans L’expérience de bonté (éditions Arfuyen) l’attention soutenue que lui accorda une religieuse infirmière lors d’un séjour à l’hôpital, alors qu’elle était enfant.  Les infirmières, donc, « aux gestes les plus délicats ». Mais aussi la chimio ou l’anesthésie locale, « allongé sur un lit à roulettes sous une toile bleu-vert » quand le chirurgien demande à l’infirmière : « Chantal, assurez-vous que M. Forcioli est à plat ».

Philippe Forcioli rêve, médite, interprète le passage des nuages (« ce don gratuit du ciel »), ces nuages dont Christian Bobin disait qu’ils étaient de « merveilleux infirmiers ». Il rembobine sa vie, celle d’un enfant « dans le ciel d’Algérie l’Oranie la forêt de M’Sila où mes grands-parents s’occupent d’une ferme viticole ». Celle d’un gamin qui assiste, émerveillé, au match Algérie-Brésil (avec Pelé) le 17 juin 1965 dans un stade d’Oran. Mais, surtout, voici sa mère, dont il dresse un portait touchant et dont il rapporte des confidences qu’elle lui a faites. « Elle m’a dit /chaque fois que j’entends que l’on frappe un enfant/j’ai envie de hurler j’ai envie de griffer » (…) « Elle m’a dit/ à sept ans j’ai remporté le premier prix de chant au conservatoire de la cathédrale ».

   Tenait-il de sa mère ce don pour le chant ? Pourquoi ne pas le penser. Philippe Forcioli, en tout cas, en a fait son métier. Il a bourlingué dans toute la France, surtout dans le sud, chansons « à textes » en bouche (façon Jacques Bertin, Julos Beaucarne ou Félix Leclerc), guitare en bandoulière. Il le raconte ici. Un bail de 40 ans. « Me suis rarement vendu. Partagé, loué, donné pour rien souventes fois, telle fut ma vie ». Vie de poète aimant les poètes. Bobin, bien sûr. Mais aussi René Guy Cadou, le poète « solaire et fraternel » qu’il a mis en chansons, comme l’a fait Manu Lann Huhel en Bretagne.

    Philippe Forcioli aimait Cadou. Il a chanté en Loire-Atlantique dans le pays de Cadou. Il aimait la Bretagne où il avait un réseau de fidèles. C’est en Bretagne que son livre-testament est aujourd’hui publié. Un livre qui répondait à une exigence, à une nécessité intérieure. « un jour nous comprendrons que la poésie n’était pas un genre littéraire mal vieilli mais une affaire vitale, la dernière chance de respirer dans le bloc du réel », écrivait Christian Bobin dans Un assassin blanc comme neige (éditions Gallimard). Philippe Forcioli nous le démontre s’il en était besoin.
                                                                                Pierre TANGUY.

Les Impromptus de La Sauvegarde, Philippe Forcioli, éditions L’Enfance des arbres, 132 pages, 15 euros (disponible en librairie sur commande ou chez l’éditeur, frais de port 4,50 euros, L’Enfance des arbres, 3, place vieille ville, 56 700 Hennebont, message à jlavoue@gmail.compour un virement)

Photos : portraits de Philippe Forcioli par Francis Vernhet et de Christian Bobin par Dominique Errante








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dimanche 26 février 2023







 Un chemin intérieur, Cheminer vers soi sur les pas du Petit Prince : ce livre de Muriel Mazet est paru en 2022 aux éditions L’enfance des arbres. L’auteure vient d’évoquer son ouvrage dans ce bel entretien avec Jeanne d’Anglejan sur RCF.

JL

Cheminer vers soi avec Le Petit Prince
Jeanne d'Anglejan - RCF, le 20/02/2023

CHEMINER VERS SOI AVEC LE PETIT PRINCE Durée : 29 min

Écrit et publié en 1943, "Le Petit Prince" est le livre le plus traduit à travers le monde après la Bible et le Coran. Aujourd’hui, il continue d’inspirer et de délivrer des leçons de sagesse, et ce peu importe l’âge du lecteur. Les lectures sont plurielles. C’est ce qui a poussé la psychologue et psychothérapeute Muriel Mazet à écrire "Un voyage intérieur. Cheminer vers soi sur les pas du Petit Prince" (éd. L’enfance des arbres).

Pour la psychologue Muriel Mazet, le Petit Prince est "l’enfant que Saint-Exupéry porte toujours en lui. C’est ce qu’on appelle aujourd'hui l’enfant intérieur" 
©Ronan Le Guernevel - photographie Auray

Un livre qui traverse les âges...
 
"Saint-Exupéry continue de nous dire des choses aujourd'hui." Son livre, "Le Petit Prince" (1943), traverse les âges, dans tous les sens du terme. Relire cet ouvrage une fois adulte, c'est voir le conte philosophique d'un autre œil et en tirer des enseignements de vie. L’auteur propose un dialogue essentiel et riche entre un aviateur et un enfant. Ainsi, un lecteur de dix ans y voit une jolie histoire, "un conte de fées", et "plus on avance plus on apprend".
 
Si Muriel Mazet est inspirée par "Le Petit Prince", c'est pour sa richesse : "Il nous fait cheminer vers nous-mêmes. Il m’a aidée à traverser mon voyage intérieur." Ainsi, l’épisode du désert dans le livre symbolise les épreuves vécues dans la vie. À travers les rencontres fabuleuses qu’il fait avec l'aviateur, le personnage du Petit Prince "approfondit plein de choses". Saint-Exupéry a la quarantaine quand il écrit ce livre : "C'est un passage de remise en question pour lui-même." Le désert peut être le miroir de sa propre expérience. Le Petit Prince est "l’enfant qu’il porte toujours en lui. C’est ce qu’on appelle aujourd'hui l’enfant intérieur."
 
... et qui aide à s'apprivoiser
 
"J’essaie à travers mon livre d’ouvrir des pistes de réflexion". De chaque rencontre avec un personnage, on peut tirer une leçon : l’astronome illustre le paraître, le roi est le despote vaniteux et despotique. Tous ces personnages mettent en lumière des côtés obscurs, et sont étonnamment atemporels. La figure du businessman, par exemple, parle aussi de l'époque contemporaine. La plus connue est sans doute la rencontre avec le renard qui enseigne "l’accès à l’autre et à soi dans le respect le plus total".
 
Muriel Mazet invite à cultiver le lien et à percevoir les clés données par Saint-Exupéry pour mieux vivre et mieux grandir. "Pour moi, le Petit Prince, c’est un bouddha miniature", illustre-t-elle. Le personnage s’impose comme un guide qui aide l’aviateur à trouver un puits dans le désert après un long cheminement. "Ce qui embellit le désert, c’est qu’il cache un puits quelque part", souligne la psychologue. Il faut donc donner un sens aux épreuves. Plus que ça, Saint-Exupéry invite à s’émerveiller dans le quotidien. En 2023, l'exercice est d’autant plus difficile que chacun est pris dans une "frénésie de choses à faire, de recherche de pouvoir : cela nous fait perdre les choses essentielles", déplore Muriel Mazet.

Livre disponible sur commande en librairie ou à L’enfance des arbres, 3 place vieille ville, 56 700 Hennebont, 17 € + 4,5 € de port

vendredi 24 février 2023

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Voici quelques extraits émouvants du livre de Philippe Forcioli : « Les Impromptus de La Sauvegarde » écrits en décembre et janvier dernier depuis sa clinique à Lyon.
Une lecture magnifique et sensible d’Hélène Sakellaridès diffusée le 20 février sur RADIO semnoz (radio diffusant sur les Savoie).






L’ouvrage est toujours disponible en librairie ou bien aux éditions L’enfance des arbres (15 € + 4,50 de port) jlavoue@gmail.com


















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mercredi 22 février 2023

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Je marche avec vous vers le soleil
Ô mes amis poètes trop tôt en allés

De quelle bourrasque vous ayant emportés
Suis-je le rescapé
Moi que la mort a déjà visité 
Devenu depuis son provisoire naufragé 

Je respire
Je contemple la cime des arbres
Je foule le sol à vos côtés 

Chaque oiseau est pour moi
Le messager de votre chant
Je demeure ainsi en bonne compagnie

Vous nous précédez de quelques coups d’ailes
Au pays bleu qui nous attend

Vous nous accordez tant d’arcs-en-ciel et d’éclaircies 
Tant de révélations silencieuses 
Dans les palais du cœur

Plus j’avance
Et plus la forêt de vos présences
S’épaissit en moi

Je me prépare à m’y perdre avec vous
À devenir l’un de ces troncs moussus
S’élevant jusqu’au ciel

J’accueille dans mes ténèbres
Votre aujourd’hui 
Qui me gracie de toutes vos défaites

Je retrouve dans votre élan
La joie des bourgeons 
La clarté des lisières 
Et l’allégresse d’aller vers ces printemps lumineux

Vous êtes nos boucliers de tendresse et de justice
Contre tous les monstres
Qui nous font la guerre

Vous êtes nos bâtons de marche
Nos vagabonds protecteurs
Nos étoiles annonciatrices de l’aube

Arbres tombés qui nous ouvrez passage 
Poèmes jaillis de nos silences
Chemins de solitude aimante
Longues routes sans pourquoi
Chants d’aveu et de promesse

Vous êtes nos clairières que le matin transfigure
Nos paroliers célestes
Nos guides dans la nuit éclaboussée de feux triomphants.

Jean Lavoué, bois de Saint-Caradec, le 20 février 2023
Photos JL 20/02/23
www.enfancedesarbres.com 

En communion avec Philippe Forcioli, inhumé aujourd’hui à Villar-en-Val et aussi avec Christian Bobin et Christian Lucas, trois poètes, trois amis partis ces trois derniers mois sur le seuil de leurs 70 printemps







 

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