
L’arbre
Ne sais-tu pas que c’est en toi
Qu’il prend ses aises
Qu’il s’ébroue au soleil
Qu’il s’enracine
Blog Jean Lavoué "Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez." Tatanga Mani, Pieds nus sur la terre sacrée... "Il faut reboiser l'âme humaine." Julos Beaucarne

L’arbre
Ne sais-tu pas que c’est en toi
Qu’il prend ses aises
Qu’il s’ébroue au soleil
Qu’il s’enracine

Sous la Parole vive
Ce n’est pas un socle que tu cherches
Le trône d’une vérité
Mais la Vérité en marche
Sans le sou
Sans même une pauvre pierre
Où reposer sa tête
.

Cette plage consacrée
Comme s’il te revenait sans le vouloir
D’écrire toi aussi sur le sable
Sans te retourner

Le poème
Le plus simple moyen que tu aies trouvé
Pour tenter de nommer
Sous l’écorce des mots
L’indicible
.

C’est une manne
Pour chaque jour de l’année
Fragile comme la rosée
Et chacun est bien fondé à se demander
Qu’est-ce que c’est

Tu as reçu le plus
De ceux qui s’effaçaient
Sans en conclure le moins du monde
Qu’ils en étaient moins présents

C’est un chemin de nuit
Qui t’a conduit de bornes nues
En plages errantes
Vers ce lieu sans écho
Où vivre se déploie

Peu à peu s'approcher de l’endroit
Où dire sera impossible
Voilà peut-être tout simplement l’enjeu
De cet exercice sous les arbres

Tu ne sus compter
Que sur des vivants
Détachés de leurs certitudes
Rendus au mouvement
Du souffle qui les habitait
.

Le silence désormais
En soi plus fort
Qu’une présence
Creuser dans la nuit des racines
Pour atteindre les sources
.

La parole qui pousse au-dedans
N’épouse pas les certitudes
C’est l’amie du silence
Et des vastes solitudes
Les Granges de Lesches, terres de Marcel Légaut, août 2009
Penser, c'est déjà se soutenir dans le vide.
C'est comme nager ou comme faire le funambule.
C'est un exercice qu'il faut apprendre.
Pour pouvoir penser,
il faut avoir appris à se soutenir dans le vide.
Autrement dit, il faut avoir pu prendre appui, au moins une fois,
sur un autre qui déjà se soutenait dans le vide,
qui lui-même avait appris cela d'un autre encore.
C'est à cela que servent - allons-nous devoir le dire à l'imparfait - les maîtres.
Faire l'apprentissage de penser n'est donc pas une affaire simple.
Il s'agit non seulement d'apprendre,
mais aussi et surtout d'apprendre à apprendre.
Non seulement de connaître ce qui a été appris,
mais aussi de quitter l'appui que l'on a pris sur ce qui a été appris de l'autre.
Car continuer à prendre appui, ce ne serait pas vraiment penser,
puisque penser, c'est tenir sans appui.
Ou en tous cas, avec uniquement la mémoire de l'appui.
Il faut donc le lâcher, cet appui,
et, à partir de là, tenir.
C'est cela, penser :
se soutenir dans le vide,
tant que dure la vie.
Jean-Pierre Lebrun
.



La simplicité même écrire
Pour aujourd’hui la main est là.
Paul Eluard
Je ne fais pas de différence
Entre un poème
Et une poignée de mains
Paul Celan
Il y a longtemps que
je ne demande plus rien au cielet mes bras ne se sont pas encore baissés
Mon Dieu, je n’ai presque jamais cru en toi,mais je t’ai toujours aimé
Antonio Porchia
Avez-vous pensé à ceci ?
Il y a des hommes qui ne croient pas en Dieu
Et qui l’aiment.
Jean Sulivan



Le poème
seul
dit sans dire
buisson qui brûle
sans se consumer
Denise MÜTZENBERG
L'écriture
C’est une grâce à prendre

Nomade
Qui jamais ne connut
Les limites de son royaume
Capable de ne plus marcher
De ne plus écrire
Sans pour autant cesser de voir l’horizon
Et de rester ainsi des heures
Des jours dans la lumière du simple
Complice de l’empreinte effacée
De la clarté des traces
Ne renonçant jamais
Aux promesses de la mer



La vie dessine un arbre
et la mort en dessine un autre
Roberto Juarroz


Je partage avec toi la cinquième saison
La fleur la branche et l’aile au bord de la maison
Les grands espaces bleus qui cernent ma jeunesse
Sur le mur le dernier reflet d’une caresse
René Guy Cadou
Sur le mur du jardin
entre ombre et lumière
une rose trémière saigne
Le ciel est en voyage
Le poème soulève
les pierres de ta vie
scellées
.





