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Blog Jean Lavoué "Saviez-vous que les arbres parlent? Ils le font pourtant! Ils se parlent entre eux et ils vous parleront si vous écoutez." Tatanga Mani, Pieds nus sur la terre sacrée... "Il faut reboiser l'âme humaine." Julos Beaucarne
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jeudi 13 avril 2023
mercredi 12 avril 2023
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mercredi 5 avril 2023
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mardi 4 avril 2023
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lundi 3 avril 2023
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Quoique tu fasses,
N’est-ce pas dénudé que tu entreras dans sa nuit,
N’est-ce pas grain de sable que tu fouleras
L’infini de son désert,
N’est-ce pas germe enfoui
Qu’un jour tu porteras sa promesse de fruits ?
Alors sois léger !
Demeure dans ce rien,
Bénis la caresse de l’absence,
Accueille en toi l’étincelle,
Deviens cet infini,
Laisse faire le souffle,
Fais pour de bon, dès aujourd’hui,
Le jeu de la lumière !
Jean Lavoué, 2 avril 2015
www.enfancedesarbres.com
Photo klimkin Pixabay
Publié dans "Ce rien qui nous éclaire", L'enfance des arbres, 2017.
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dimanche 2 avril 2023
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ALBERT CAMUS, LES AMANDIERS
Nous avons à recoudre ce qui est déchiré, à rendre la justice imaginable dans un monde si évidemment injuste, le bonheur significatif pour des peuples empoisonnés par le malheur du siècle. Naturellement, c’est une tâche surhumaine. Mais on appelle surhumaines les tâches que les hommes mettent longtemps à accomplir, c’est tout.
Sachons donc ce que nous voulons, restons ferme sur l’esprit, même si la force prend pour nous séduire le visage d’une idée ou du confort. (…)
Quand j’habitais Alger, je patientais toujours dans l’hiver parce que je savais qu’en une nuit, une seule nuit pure et froide de février, les amandiers de la vallée des Consuls se couvriraient de fleurs blanches. Je m’émerveillais ensuite de voir cette neige fragile résister à toutes les pluies et au vent de la mer. Chaque année, pourtant, elle persistait, juste ce qu’il fallait pour préparer le fruit.
Ce n’est pas là un symbole. Nous ne gagnerons pas notre bonheur avec des symboles. Il y faut plus de sérieux. Je veux dire seulement que parfois, quand le poids de la vie devient trop lourd dans cette Europe encore toute pleine de son malheur, je me retourne vers ces pays éclatants où tant de forces sont encore intactes. Je les connais trop pour ne pas savoir qu’ils sont la terre d’élection où la contemplation et le courage peuvent s’équilibrer. La méditation de leur exemple m’enseigne alors que si l’on veut sauver l’esprit, il faut ignorer ses vertus gémissantes et exalter sa force et ses prestiges. Ce monde est empoisonné de malheurs et semble s’y complaire. Il est tout entier livré à ce mal que Nietzsche appelait l’esprit de lourdeur. N’y prêtons pas la main. Il est vain de pleurer sur l’esprit, il suffit de travailler pour lui.
Mais où sont les vertus conquérantes de l’esprit ? Le même Nietzsche les a énumérées comme les ennemis mortels de l’esprit de lourdeur. Pour lui, ce sont la force de caractère, le goût, le « monde », le bonheur classique, la dure fierté, la froide frugalité du sage. Ces vertus, plus que jamais sont nécessaires et chacun peut choisir celle qui lui convient. Devant l’énormité de la partie engagée, qu’on n’oublie pas en tout cas la force de caractère. Je ne parle pas de celle qui s’accompagne sur les estrades électorales de froncements de sourcils et de menaces. Mais de celle qui résiste à tous les vents de la mer par la vertu de la blancheur et de la sève. C’est elle qui, dans l’hiver du monde, préparera le fruit.
Albert Camus (1940) in L’été (extraits)
Texte d’Albert Camus lu par Antoine Garapon lors de la plantation par lui-même, par deux des victimes d’un moine qui aujourd’hui ne l’est plus et par le père Abbé d’un mimosa sur la pelouse centrale de l’abbaye de Timadeuc, le vendredi 31 mars 2023
samedi 1 avril 2023
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J’ai vu se déployer aujourd’hui
Un arbre à paroles
En un lieu où les racines de la vie
Avaient pourtant été coupées
J’ai perçu combien le silence habituellement si fécond
Pouvait aussi devenir un instrument de manipulation ravageur
Bloquant la circulation de la sève
J’ai su ce que signifiait un geste de réparation
Et la force de redressement d’une simple et profonde écoute
Sur des existences broyées
J’ai entendu des mots de vérité et de tendresse
Prononcés par des hommes en position d’autorité
À l’égard de jeunes femmes anéanties
J’ai accueilli les témoignages de ces victimes bouleversées
Et j’ai vu refleurir
Les premiers bourgeons
D’un printemps dévasté
J’ai reconnu
La fécondité des mots
Ouvrant à nouveau les portes de l’avenir
Entre la plantation symbolique d’un mimosa
Et l’écoute d’un texte d’Albert Camus
Louant la splendeur des amandiers en fleurs
J’ai vu se lever une humanité
Plus belle et plus juste
Mais j’ai surtout perçu
Combien les forces de surrection du vivant sont ardentes
Dès lors que les barrages du mutisme et du mensonge
Se trouvent soudain fracassés
Et c’est alors que j’ai vu sourdre à nouveau
La source de l’amour et de la paix
Capable de renouveler
Les corps et les cœurs brisés.
Jean Lavoué, La Chesnaie le 31 mars 2023
Après le temps mémoriel d’apaisement et de témoignage vécu ce jour à l’abbaye de Timadeuc, en présence des victimes de crimes sexuels de la part de l’un des moines désormais exclu du statut monastique. Sous l’autorité d’Antoine Garapon, responsable de la commission nationale « Reconnaissance et Réparation » mise en place à la suite des travaux de la CIASE et du frère Benoît, père abbé de l’abbaye.
Photo La Chesnaie le 31/03/23 au soir
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