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vendredi 7 novembre 2008









Si tu ne devais sauver qu’une chose,
Emporte la clairière :

Elle seule te réconciliera !

Laisse derrière toi
Tous ces trésors inutiles !

Seule l’âme légère
Peut gagner la lumière !





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jeudi 6 novembre 2008









A te courber vers le mystère,
Tu t’approchais des fleurs,
Des herbes, des insectes,
De tous les secrets de la terre,

Et tu ralentissais l’allure
Jusqu’à ne plus sentir
Que le frôlement du vent
Sur les paumes du ciel.

Tu apprenais lentement les prières
Que l’on récitait autrefois debout,
L’âme légère,
Le cœur tourné vers la clairière,

Et tu n’avais d’autre choix
Que d’assouplir encore l’espace
Qui te séparait de toi.





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mercredi 5 novembre 2008








Peut-être n’est-ce pas écrire
Que de chercher ainsi le simple,
La branche s’ouvrant d’elle-même,
La feuille toujours voulue,

Peut-être n’est-ce même pas rêver
Que de poser ces mots, signes muets
Sur la margelle de son établi ;

Mais je ne sais rien d’autre
Que ces rumeurs d’enfance :

Je cherche encore à balbutier,
Etonné, les premières notes
Comme un jour on se dresse,
Posé dans l’axe de ses pas.






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mardi 4 novembre 2008



Le Royaume de Dieu est semblable
A un grain de sénevé qu’un homme
A pris et jeté dans son jardin ;

Il croît et devient un arbre,
Et les oiseaux du ciel
S’abritent dans ses branches.

Jésus






Ce que tu es devenu,
Non par vouloir,
Mais par fidélité silencieuse
A la force qui te tirait,

Lente, paisible, inexorable,
Familière de l’inouï
Et du chant ténébreux,

Capable de renouer les fils perdus,
De déchiffrer les écritoires du soleil,
D’inventer des charades
Que découvraient les oiseaux du ciel,

De résoudre l’énigme
Sans cesse renaissante.





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lundi 3 novembre 2008



La Chesnaye, allée de la chapelle, 2 novembre 2008





Ce qui reste de toi,
Ce parfum si furtif,
Cette gloire effacée,

L’azur en un sanglot parfait,
Et au matin cette beauté
Humectant chaque feuille,
Chaque brin d’herbe,
Chaque insecte,

Le bonheur d’être là
En ce monde où tu as rêvé,
Ta joie comme une enfance
Dessinant des soleils,

La couronne des arbres
Portée comme un diadème,

Tes pas n’en pouvant plus
D’entrecroiser mes pas,
Ta joie n’en finissant pas
De surprendre la mienne.





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vendredi 31 octobre 2008



Bon week-end de Toussaint!
Que le feu s'apprivoise
Dans les forêts de l'âme!







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Ce que tu crus un jour devoir conquérir
Est devenu cette tendresse
Coulant dans tes veines.

Rien ne t’importe plus
Que ce flux régulier
Ralentissant la spirale du temps.

Tu es devenu attentif à cette Présence
Où s’engendre la tienne.

Tu n’échangerais pour rien
Ce bruissement léger,
Ce fleuve impermanent,
Ce ruissellement qui te traverse.

Tu laisses l’avenir décider seul
De la persistance de ton chant.





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jeudi 30 octobre 2008









Nul ne peut imposer à l’autre son rêve !
S’il est certes des forêts en marche,
Jamais elles ne couvriront la terre !

Qui ne sait la voie des nomades
Ignore que le désert le guette.

Apprends donc à marcher
A l’amble de ton sang !

Tu verras bientôt d’autres signes
Où s’allègeront tes pas.

Le monde est bien trop vaste
Pour en soupeser tous les chemins :
Ne va donc pas croire
Que seul connaît le but
Celui-là d’où tu viens !

Accomplis sans amertume
Le juste déplacement.

Laisse les taillis s’étendre,
Passe par-dessus des haies,
Vois se disposer en toi
L’étendue dont tu nais.





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mercredi 29 octobre 2008









L’arbre, c’est en toi qu’il se dresse,
Tu l’entends bruire
De toute la force de son chant,

Tu portes cette couronne
Dont il revêt le ciel,

Tu t’accroches avec lui
Au ventre de la terre,

Tu laisses sourdre en toi
Ce silence torrentiel
Qui souffle comme un grand vent :

Entre vous, ce manège de feuilles,
Cette danse des anges ,
Cette balançoire dans l'azur
Que seuls voient les enfants.





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mardi 28 octobre 2008









Ce qui te guide,
Ces imperceptibles touches du destin,
Le rappel d’un écho très lointain,

Le frôlement d’une présence
Dont pas un seul jour tu n’as pu douter,
La persistance en toi d’un axe souverain,

Le souffle d’un amour très pur
Dont l’annonce, avec ton souffle,
Se confondait,

L’ombre, elle-même, authentifiant sa trace,
Tes mains cherchant pourtant le soleil
Comme pour mieux t’en protéger,

Et tout au fond de toi ce puits de lumière,
Cet astre trouvant sa trajectoire,
Sa ligne de vie, dans les mains du ciel.





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lundi 27 octobre 2008









Depuis que l’écriture est devenue pour toi
Nourriture essentielle,
La danse secrète de ton sang,
Tu lui laisses arpenter sans façons
Les territoires touffus de l’enfance,

Emerveillée devant le moindre rayon,
Le plus petit scarabée
Semblant refléter le ciel.

Tu recouvres derrière elle les sillons
D’où germera peut-être la nuit,

Tu fais confiance à l’inconnu
Comme un vin coulerait
De vignes étrangères.

Tu n’as que la couleur du chant
A répandre sur sa terre.





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dimanche 26 octobre 2008





Nous croissons comme les arbres ;
Nous croissons non pas à un seul endroit
Mais partout ;

Non pas dans une direction,
Mais tout autant vers le haut,
Vers le dehors que vers le dedans
Et vers le bas.

Notre force opère à la fois dans le tronc,
Dans les branches et dans les racines.

Il ne nous appartient plus
De faire quelque chose séparément,
Ni d’être quelque chose de séparé.

Nietzsche





Si un jour je devais me taire,
Si le geste n’atteignait plus la page,
Se contentant de dessiner
De grandes traces de silence
Dans le ciel,

Rappelez-vous les couleurs
Dont mes doigts saupoudraient la feuille,

Laissez-moi graver en vous
L’empreinte d’un visage
Dont nul ne pouvait promettre
Le miracle accompli.

Je resterai par devers-vous
Celui qui aura cherché, creusant la nuit,
A en découvrir le sillage.





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samedi 25 octobre 2008









En moi réside un très vieil arbre
Auprès duquel j'apprends chaque jour à me taire,

Il garde à jamais
L’empreinte des saisons.

Je cherche attentivement dans sa lumière
La porte donnant sur le mystère,

Y jetant ça et là quelques mots simples
Qui font sa joie.


Ignorant tout du sanctuaire,
Je lui laisse en passant creuser
L'espace qu'il ouvre en moi,


Je ne renonce pas un jour à m'y perdre!





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vendredi 24 octobre 2008









C’est l’impossible que tu désignes,
L’inaccordable !

Mais comment se fait-il
Qu’une voix traverse malgré tout,
Irriguant les déserts,

Une chanson au goût du pain
Comme un partage,

Un poème effacé
Dont la chair tremble encore ?





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jeudi 23 octobre 2008









Les mots se taisent
Aussi longtemps que tu cherches
A les saisir.

Quitte ce ciel encombré !
Goûte à la nudité du vent !
Ne retourne pas sans cesse en arrière !

Apprends à ne vouloir
Que la plus haute intensité !

Tout ce qui te touche te concerne :
Quitte ces terres trop fermes,
Connais la demeure de l’ouvert,
Avance vers le pays qui te sera donné,
Apprivoise l’infini mouvement !





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mercredi 22 octobre 2008









Tout s’est soudain unifié :
Je ne distingue plus le ciel
De l’élan qui me porte,

Je laisse chaque mot
Forger en moi sa couleur.

Ce que je croyais fait pour m’incliner
Est devenu le signe qui me redresse.

Rien qui ne naisse en soi
D’une profonde attention.

J’ai appris à lire le Texte
Comme une empreinte sûre
Gravée sur l'écorce de l’être.





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mardi 21 octobre 2008









Avoir pressenti cela une fois, une seule
Et se tenir dans ce savoir là
Dénudant tout savoir,

Le monde en soi comme une enfance
Précédant toute enfance,
Peuplée de pierres, d’arbres, d’oiseaux,
De ronces, de nuages et de fruits,

Se connaître étranger,
Pétri pourtant de la même terre,
Traversé du même sang,

Familier de la voix
Qui nomme toutes choses nouvelles,

Sûr d’être né pour cette heure accomplie
Où, ni dedans, ni dehors,
Ni parlé, ni parlant,
Nous sommes un dans le souffle inconnu.





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lundi 20 octobre 2008









L’œuvre à écrire,
Voilà qu’elle se présente
Dépouillée devant toi.

Tout est plus silencieux
Depuis que tu laisses le monde
A son mystère.

Le village de ton enfance
T’apparaît neuf dans la lumière
Avec ses maisons sans âges
Ses paysans tournant le dos au temps,

Ses branches bruissant d’oiseaux,
Effeuillées de larmes.

C’est le premier jour de la semaine
Et tu ouvres les yeux,
Tu laisses la parole
Frayer seule en toi son chemin.





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dimanche 19 octobre 2008





Aucun vent ne souffle
Et pourtant

Tout tremble
Jusqu'à l'arbre -

On ne sait pourquoi.


GUILLEVIC







Au fil des saisons
Tu laisses chanter la sève
A sa plus haute précision.

Tu cherches l’enroulement des sons,
La fugue retenue,
La note la plus juste.

Tu te tiens silencieux
Comme un vieux moine tout occupé
Aux noces qu’il célèbre.

Tu laisses le vent
Désirer en toi
La force qui le fonde.

Tu veilles jalousement
A la nuit dont tu nais.





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samedi 18 octobre 2008









La nuit n’a pas plus d’attrait
Que cette vie qui bat
Sous l’écorce immobile.

Tu parcours l’horizon
De tant de gestes clairs,
Tant de mots inutiles.

Rien qui ne soit plus ancré
Que ton chant !

Tu traces des lignes dans le ciel,
Mais c’est en vain si tu ne dessines en toi
D’autres constellations.





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