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vendredi 11 septembre 2015

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     Photo Copyright Ciym asb Inde


J’écris sur les éclats de ma brisure
Où court le fil de ta merveille

J’écris vers le lieu de mes défaites
Où tu es mon plus sûr chemin

J’écris vers mon horizon détruit
Dans le feu de l’instant où tu jaillis

J’écris sur mes idéaux vaincus
Où se propage ta tendresse

J’écris sur les failles de mes croyances
Où s’ouvrent de fabuleux printemps

J’écris sur l’oraison de ton naufrage
Que j’ensemence de je t’aime

J’écris vers ta blessure accordée
Où s’inaugure mon aujourd’hui

J’écris dans les vides
Que je ne peux étreindre
Et dans l’insu de tes caresses

J’écris là où tu es absente
Toi la toujours échappée

J’écris sur l’autel de tes enfances
Juste après la signature du vent

J’écris vers tes mains toujours données
Vers leur ardente nudité

J’écris vers ton amour insouciant
Confié aux sources de la terre

J’écris vers ta jeunesse
Vers son exacte peupleraie

J’écris sur les pas de ton courage
Sur les saisons de ton repos

J’écris sur ta nuit
Ses bouches d’ombre
Et sur ses branches qui scintillent

J’écris sur ton soleil
Sur ton secret
Sur ton silence
Sur ton matin

Jean Lavoué

jeudi 10 septembre 2015

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Dernier jour en Irlande...








J’ai troqué pour un temps
Le pays de mes rocs
De mes brassées d’ajoncs
De mes rias sauvages
De mes rives sans bornes
Aux doux yeux d’hortensia
Pour une terre nue
De brouillards et de vents
Une lande transie
De fêtes traversières
Une falaise abrupte
Aux larges claies ouvertes
Aux flambées de fuschias
Aux harpes de lumière
Que le cœur soit au chant
Au rire ou aux tristesses
C’est un pays donné
Dans le feu des saisons
La brûlure des archets
La percussion des astres
Pour ne plus le quitter
Vrillé au fond du cœur
Il faut l’ouvrir en deux
Comme un lourd sac de brume
Où secouant leurs ailes
S’échappent en  rugissant
Les grappes du soleil


Jean Lavoué



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mardi 8 septembre 2015

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       Photo C. Stephen Emerson Lever du jour en Irlande











Si la nuit te talonne
Lâche bride à tes rêves
Ils sèmeront d’étranges feux   
Sur les levées du jour


Jean Lavoué

















































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lundi 7 septembre 2015

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Photo C Claire Barral



Inutile de forer à l'aveugle vers des mots inconnus
De ruminer en songe les cavalcades du soleil
De flairer dans les feux du sang le minerai de ta voix
Le poème est à ciel ouvert
Le vide t’illumine
Seule la pierre qui tremble dans ta main
Le vent coudoyant tes racines
Auront le juste poids des graminées
La légèreté de l’hirondelle
La gravité de ces ciels de printemps
Qui lancent sur ta feuille
Leurs danses d’aquarelle



Jean Lavoué






















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mercredi 2 septembre 2015

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Certes il y a du chant dans nos vies
Mais ses saisons ne sont pas toujours les nôtres
Elles sont parfois comme écorces en hiver
Nous enveloppant de leur rude silence
Pareilles aux rocs dénudés
Elles nous abrasent et nous émondent
Pourtant le feu couve en elles
La sève des printemps
Rien ne sert alors de brusquer le pas
De forcer l’élan
Rester à l’affût
Se joindre à la cantate de l’aube
Se fier à la promesse des commencements
Voilà ce qui suffit pour poursuivre allégés
Notre marche en avant


Jean Lavoué






































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samedi 29 août 2015

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Nous sommes semences d’oiseaux
Et ne le savons pas
Nos frontières sont de vent
Nous allons à tout va
Là où le cœur nous blesse
Si nous ne volions pas
Nous serions décimés
Nous connaissons les grèves
Les territoires sauvages
Les branches provisoires
Où nous nous secourons
D’avoir tant désiré
Laisserons-nous mourir
Nos frères de passage
A la rumeur des ailes
Fermerons-nous nos cages
Face à tant de détresse
Serons-nous visités


Jean Lavoué
































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jeudi 27 août 2015





Jean Arthur Rimbaud,
Guillaume Apollinaire
René Guy Cadou
N’est-il pas vrai que la poésie
Brûle plus sûrement son homme
Que la sourde flamme du destin                   


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Aller jusqu’au rocher
Jusqu’à la nuit féconde
Jusqu’au sillage blanc
Jusqu’à l’aube absolue
Là où ça n’écrit plus
Et devenir soi-même
Ce fleuve aux mains d’argent
Silencieux sous ses rives
Marabout du désert
Sous le sable et l’encens
Compagnon des marées
Estuaire sans retour
Nomade des nuées
Passant de l’infini
Et parent du salut
Qui se donne ici-bas

*

Ou partir vers la guerre
Vers une mort certaine
Vers les tranchées brutales
Vers le front assassin
Brûler d’un amour fou
Détourner tous ses astres
Dans les veines du bois
Et entamer debout
Son vrai chemin de croix

*

Ou encore dérivant
D’un matin d’un poème
D’un compotier de pommes
Posé sur les genoux
Là supplier le ciel
De graver ce printemps
Et toutes ses promesses
Dans son éternité
D’abeilles et de velours 

Jean Lavoué

mercredi 26 août 2015

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Photo C Jeremy Jost






Enfance de mes îles
Mes forêts sur la mer
Mes sentiers mes sillages
Mes grèves visitées
Mes chevreuils mes éclats
Mes amitiés sauvages
Mes lettres du levant
Mon vent mes hautes voiles
Ma futaie de consonnes
Mon gréement de voyelles
Ma lignée de vivants
Mon chant et mes falaises
Ma tendresse escarpée
Mes oiseaux empêchés
Mes branches au bout des ailes
Mes arbres mis à nu
Mes courants mes abers
Mes élans mes nuages
Mes routes dans le ciel


Jean Lavoué






























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samedi 22 août 2015

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Le but de la vie, c'est de rajeunir...



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Devenir jeune, c'est se libérer des entraves de la 


peur, ne plus céder aux pesanteurs sociales, 


devenir joyeux, même avec ses cicatrices...



*



J'écris pour ceux qui cherchent des signes de joie

 dans la vie quotidienne.


*

Libre, on ne l'est jamais, on le devient, malgré les

 circonstances extérieures, quand on communie à

 la source vive dans les profondeurs de nous-

mêmes, là où il n'y a ni mal, ni mort, où l'éternité 

affleure, où règne la paix au sein de la souffrance.


*

En tout homme, il y a des forces insoupçonnées 

de réveil et d'allégresse.



JEAN SULIVAN

















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vendredi 21 août 2015

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Photo : red sky at night © Luke Jones 
http://yourshot.nationalgeographic.com/photos/6604400/




J’ai cru que le jour était vide
J’ai demandé pourquoi
J’ai cru que la nuit était vide
J’ai demandé pourquoi
J’ai cru que le cœur était vide
Je l’ai pris dans mes mains
Je l’ai vu s’éclairer et brûler peu à peu
Alors j’ai cru que l’homme un jour enfin vivrait
Non par quelque miracle venu du bout des cieux
Mais par cette chaleur qui tremble dans ses mains
Alors j’ai fait ce rêve d’une terre habitée
Où l’arche et la colombe seraient enfin sauvées
J’ai cru que chaque oiseau promettrait le soleil                     
J’ai cru que chaque enfant annonçait le matin


Jean Lavoué



























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