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samedi 19 janvier 2008


Comment avait-on pu enfermer
De si abstraite manière
Celui qui se disait la vie,
Le chemin,
Et qui savait se taire pour dire sa vérité ?

A moins qu’il ne s’arrête
A laver les pieds de ses amis.

Mais où avait-on appris qu’il les endoctrinait ?

Rien dont tu ne puisses faire ta toile,
Ton chevalet,
Ton bouquet de pinceaux,
Ta palette constellée.

Tes couleurs sont comme le vent,
Elles coulent entre les pierres
De ta royauté blessée.

Tu t’assieds sur ce qui fut ton pouvoir,
La couronne de tes illusions,
La bibliothèque de tes faux succès.

Tu laisses l’amour tout consumer.

mardi 15 janvier 2008


Ces heures glanées
Sur l’indicible,
Ta plus belle moisson,
Ta vie réconciliée !

Seule la rencontre
Donne du poids à ton existence !
Seul l’amour te densifie !

Tout ce que tu n’as pas su relier
Est perdu.

Ecrire était pour toi
Comme un shabbat
Où le silence te précédait.

Tu goutais sans rien taire
A sa joie imprenable.

lundi 14 janvier 2008


Que vaudrait ta vie
Si elle ne quittait jamais
Les routes fréquentées ?

Apprends à rejoindre le cœur des haies,
Des talus,
Des souches oubliées.

Ménage tes temps perdus,
Balcons sur l’inconnu.

Nourris le livre que tu portes,
Donne-lui sa chance
De respirer.

dimanche 13 janvier 2008


Celui que tu cherches n’est plus là.
Désormais c’est ce vide qu’il fait en toi
Que partout tu promènes.

Pourquoi les vocables sont usés,
Si fatigués,
Pour dire cela qui ne meurt pas.

Te retirant de tout savoir
Ne t’es-tu pas approché de toi ?

C’est la joyeuse liberté
Qu’il faudrait retrouver
Retourner le sérieux des jours
Pour dire le seul soleil
Qui les habite.

samedi 12 janvier 2008


Et ce sera peut-être
En cet automne frémissant,

Tu auras mis la joie
A toutes tes fenêtres.

Dans les branches gelées
Les fruits triompheront
Comme en des arbres de Noël.

La vie éclatera
Et le chemin te conduira
Au centre de toi-même

En un anniversaire
Multiplié.

vendredi 11 janvier 2008


Même si tu démontrais,
C’est encore cette part défaite
Que tu prouverais.

C’est lorsque tu te tiens
Sans un mot,

Dans ce souffle
Ephémère,

Que tu es au plus près
De la langue que tu cherches.

jeudi 10 janvier 2008


Tu avais fini par repérer
De quels signes tu avais bordé l’absence.

De quelques chiffres lumineux,
Neufs comme le jour,

D’un nom d’emprunt
Pour qui avait définitivement voué sa vie
A l’errance.

Et si c’était cela, pour toi,
Qui faisait structure et charpente.

Cette césure dans la chair à jamais,
Cette béance,
Comme une parole d’amour
Dans le roc de tes jours.

mercredi 9 janvier 2008


Un peu sourcier tu es :
Tu guettes sous l’écorce
Le ruisseau et la sève.
Parfois tu les provoques,
Mais tu connais leur force.

mardi 8 janvier 2008


Il suffit que tu ouvres le livre
Pour que le ciel s’ordonne.

Un chant oriente tes pas.

Il te faut poser la joue
Contre le ciel

Pour supposer
L’exacte vastitude.

lundi 7 janvier 2008


Se détacher de tout vouloir,
De tout pouvoir sur les mots !

Entrer dans cet état précaire
Où ils se prient en nous !

Les laisser respirer !
Veiller seulement
A agrandir leur aire…

dimanche 6 janvier 2008


Tu es resté fidèle
Aux carnets de tes errances,

Quand la joie
Secouait le ciel.

Tu guettais chaque mot
Comme un fruit prêt à tomber.

Tu suppliais
L’été
Et l'automne,
Et l'hiver

De croire
Que le printemps viendrait!

samedi 5 janvier 2008


Toi,
C’est un livre ouvert
Que tu portes en plein ciel,

C’est un savoir secret,
Patiemment mis au jour,

Une clef,
Mystérieusement tenue
Depuis l’origine.

vendredi 4 janvier 2008


Il y a du ciel dans nos mains.
Le savons-nous ?

S’y reposent un instant les nuages.

Nous sommes familiers de tant d’oiseaux.

jeudi 3 janvier 2008


Seul le poème fixe
L’incroyable lumière
De ces rencontres imprévues.

Comme des photographies très anciennes
Qui, soudain, t’atteignent
En plein cœur !

mercredi 2 janvier 2008


Il se pouvait que tu aies renoncé
A toute oraison,
A tout mystère.

Mais la prière tu l’emportais partout.
Cette vacance absolue
Par où tu vivais ta vie.

En toi, c’est une parole qui tient,
C’est un silence,
C’est un vide que tu respectes.

C’est un amour qui ne te quitte pas.

mardi 1 janvier 2008


Des lettres
Qui ne laisseraient passer
Que le vent !

C’est elles que tu cherches,
Inlassablement !

dimanche 30 décembre 2007


Il te faut laisser grandir cette écriture
Qui inaugure.

Comme le blé qui croit,
Elle pousse dans ta voix !

samedi 29 décembre 2007


Il arrive que des moines
Se reconnaissent entre eux,
Sans habits ni couvents.

Le monastère rayonne
Au cœur d’une assemblée secrète.

Comme un air de famille
Où l’on se reconnaîtrait,

Frères et sœurs de la voix imprenable.

vendredi 28 décembre 2007


J’aime au matin les mots d’éveil,
Les mots d’amour,
Les mots lavés du deuil.

J’aime les mots affranchis
Innocentant nos cœurs.

Je recours à leur gloire,
Je marche avec eux
Au milieu des blés.

jeudi 27 décembre 2007


La Présence
N’a pas besoin de demeure,

Mais il arrive pourtant
Qu’elle signifie son goût
De l’anfractuosité,
Du rocher.

Seul un dieu si fragile
Peut nous porter secours.

mardi 25 décembre 2007


Je fréquente des mots simples,
Soleil, silence, lumière, absence, présence.

Je les fais virevolter
Comme la ruche ses abeilles.

Je ne tiens aucune démonstration
Pour certaine.

Seul peut deviner
Celui qui s’est laissé brûler
Au sel de la joie.

lundi 24 décembre 2007


Il n’y a guère que le poème
Qui se souvienne.

Chez lui les mots forment une danse.
Rien d’immobile.
Tout se répond, tout est fluide.

Même la dissonance
Trouve ici son abri.

Mais ce qui chante ainsi
N’est pas loin de se taire.













Carnets du souffle





samedi 24 novembre 2007

Maintenant les cuivres
les violons
l’orchestre des grèves
qui accompagne

le chant délivré
la marche comme une danse
entre vagues et lumières

Seul l’oiseau s’accorde l’instant
avec l’intensité voulue

Ce retournement joyeux
de la mort dans la vie

Les ailes battant la mesure
dans l’éclat des percussions et du soleil

vendredi 23 novembre 2007

Très peu de mots
plongés dans leur naissance
configurent l’avenir

Ta mort
dit le passage
tout passage
sans cesse recommencé

jeudi 22 novembre 2007

Il marche seul désormais
dans l'assurance d'un deuil

La force d'une communion

Rien ne le nourrit plus
que ce silence en sa vie
ce chant
juste avant la parole

mercredi 21 novembre 2007

Et si l'oiseau se tait un jour
alors son chant sera connu

mardi 20 novembre 2007

J'écris à ma manière
simple
étonnée
sur les feuillages de ton mystère

De ce côté-ci de la terre
ton souffle est doux
comme l'haleine des chevaux

Si je disperse pour toi
ces mots sans bruit
tels des bols de grès
sur la table du silence

Seras-tu de cette fête

dimanche 18 novembre 2007

Sur le mur du jardin
entre ombre et lumière
une rose trémière saigne

Le ciel est en voyage

Le poème soulève
les pierres de ta vie
scellées

jeudi 15 novembre 2007

C'est ainsi que tu es

Tu parles par ma voix
mes nuits sont tes silences
mes jours disent l'absence
dont tu me renouvelles

Tu guides vers ce qui est profond
tu ne veux rien de conforme
tu ne retiens pas l'apparence
tu es ce qui surprend

Tu sais la vie au-delà de la vie
tu orientes
tu montres le chemin

Tu es cette imperceptible vibration
ce très léger battement d'ailes
de l'éternité dans le temps

Tu ouvres mon aujourd'hui

mardi 13 novembre 2007

Nul échafaudage
pour m'élever dans ta lumière

Seule la mémoire des traces
que tu laissas
sur mes rivages

Je reste là
pour ton passage

Veillant ton visage
incendié

lundi 12 novembre 2007

Aucun mot
ne dira jamais
la joie apaisée du passage

Il y eut tant de douleurs
sur ces rives du monde

Tant de bonheurs
muets

Pour un printemps
qui ressuscite
je donnerais l'été
et l'automne
et l'hiver
et toutes les saisons dénudées
de mon cœur

Je couvrirais de renoncules
les terres obscures
de nos nuits

dimanche 11 novembre 2007

Lorsqu'un corps
hérite de son âme
il devient lourd
dense
charnel
Il saura griffer
de blessures profondes
la matière de la vie

Il porte la marque indélébile
de sa naissance et de sa mort

samedi 10 novembre 2007




Un livre
un poème
qui accèderaient
à l'art de la prière
seraient forcément pauvres
dénués d'éclat
simples refrains
balbutiés

mercredi 7 novembre 2007

Ce papillon des grèves
tu l'emportes avec toi

C'est ta lumière
pour les jours noirs

Ton chant secret

Ta part épousée du soleil

lundi 5 novembre 2007

Ecrire
c'est laisser le vent
s'emparer de toi
Tu ne sais d'où il vient
ni où il va
tu suis la main
et son mouvement léger
de plénitude
sur l'abîme

dimanche 4 novembre 2007




Cette lumière sur nos visages
c'était donc toi

Ce soleil partagé

Ainsi je chemine avec toi
je marche à la boussole
aimanté par l'absence

Les mots mêmes qui se taisent
m'enseignent

Je te devine
à la fraction du pain

La vie même partagée
pour relier l'indicible

Qu'à jamais ne se ferme la blessure

samedi 3 novembre 2007


Si un chant te soulève
laisse faire le chant

Tu construis aujourd'hui même
une demeure pour la paix
aux cicatrices vivantes
comme des fenêtres
battant sur le large

Tu t'installes mendiant
dans le silence d'un amour
tu touches au centre de ta vie
comme à l'instant inconsolé
où tout s'éveille

Mourir se peut-il
éperdument joyeux

mardi 30 octobre 2007

Un seul ami
lointain
séparé
au plus près de l'âme
sera toujours
le meilleur chemin vers soi

Puisses-tu devenir nomade
arrimé pour toujours
à un visage qui t'appelle

lundi 29 octobre 2007


Toi qui parlais dans tes livres
de déchirures
de traversées matinales
de blessures ouvertes
dis-moi encore de tes mots libres
la joie ivre du passage

Sois le frère de ma voie

dimanche 28 octobre 2007

Parfois l'écriture
laisse sur la page
la trace d'un grand feu

J'écris : la vie demeure
à jamais
par le miracle de ton visage

Il reste
un chant secret
que nul exil
n'a trahi

samedi 27 octobre 2007




Il habitait une maison du bout du monde
Une terre possédée par les oiseaux de mer
On l'aurait dit héritier de leur race

Il se méfiait des rites
prenait garde à toute entrave
à son amour
se fiait à la parole de ses amis
Dieu est au-delà de Dieu

Si par mégarde
l'ordre s'emparait de sa vie
il cherchait aussitôt la lucarne
pour regagner le jour

La force qui lui manquait
c'est en y renonçant
qu'il l'éprouvait


vendredi 26 octobre 2007




Toujours recommencée
l’œuvre en soi du silence

J'écris pour laisser trace
de l'essentielle absence

jeudi 25 octobre 2007


Dans l'écriture
comme dans l'amour
ce qu'il cherchait
c'était l'enfance
le contre-chant
la déraison

mercredi 24 octobre 2007



C'est ainsi qu'il faudrait écrire
par touches successives
à la manière d'un paysage
qui se donne à mesure

N'espère rien de la ligne continue

Fais jouer la lumière

Invite les sommets
à reposer sur leurs bases

Assieds-toi
et contemple
amusé
le spectacle imprévu
de la parole

mardi 23 octobre 2007




Si tu écris
fais-le avec ton sang
la plus belle part de toi
qui coule dans tes veines

Trouve ton chant
ton rythme
ta note fondamentale
puis accueille tout ce qui viendra
dans sa lumière

lundi 22 octobre 2007

Où avait-il contracté
cette inguérissable habitude d'écrire

Quelques livres l'auront blessé
une parole
un souffle

Il a appris à vivre avec

dimanche 21 octobre 2007





Faut-il que flamboie la blessure
afin que germe la parole

Ta vie à jamais lestée
du poids d’un silence
Restent pour le regard
quelques traces d’oiseaux sur le sable

Et pour le chant
la musique du nom gravé

Soleil des grèves









Les haies
de la douleur
circonscrivent
des grèves d’or

La Pâque des mers
Anne-josé Lemonnier












Soleil des grèves








samedi 20 octobre 2007

Ici
Où le pain que tu romps
Affranchit la demeure

Ici
Où s’accomplit le jour
Au levain de la joie

vendredi 19 octobre 2007


Ici
Où la lampe qui brûle
Annonce le matin

Ici
Où les oiseaux mêmes
Prolongent
La lumière

jeudi 18 octobre 2007

Ici
Où souffle un vent léger
Jailli du fond de soi

Ici
Où la fête va sans dire
Où les boiteux sont rois

mercredi 17 octobre 2007

Ici
Où toute marche naît
D’un vide qui t’appelle

Ici
Où l’inconnu partout
Entrouvre ses parois

mardi 16 octobre 2007

Ici
Où chaque fruit
Qui tombe
Soulève
La terre entière

Ici
Où chaque homme
Qui meurt
Pousse ses branches
En toi

lundi 15 octobre 2007

Ici
Où la fougère
Est mûre
Où la ronce rougeoie

Ici
Où toutes mains célèbrent
Que la forêt
Emploie

dimanche 14 octobre 2007

Ici
Où l’arbre qui fleurit
Sans fin porte le monde

Ici
Où les quatre saisons
De très loin
Se répondent

samedi 13 octobre 2007

Ici
Où l’écorce du livre
Semble chercher le ciel

Ici
Où la feuille des mots
Tremble dans la lumière

vendredi 12 octobre 2007

Ici
Où tu demeures en toi
Familier de ta faim

Ici
Où tu poses
Ton pas
Dans l’humus des chemins

jeudi 11 octobre 2007

Ici
Où l’instant
Te saisit
T’emporte
Vers toi-même

Ici
Où la vie
Est entière
Où l’horizon
Est là

mercredi 10 octobre 2007


Ici
Où l’on entend bruisser
Le nom
Sur toutes lèvres

Ici
Où s’épouse l’attente
Où les voix
Parlent aux voix

mardi 9 octobre 2007

Ici
Où la nuit en secret
Semble sculpter la pierre

Ici
Où la prière
Est nue
Mêlée
Aux choses mêmes
Ici
Où les regards
Se taisent
Où les paumes se rassemblent

Ici
Les heures
Où se rejoignent
Toutes les lignes de la main

dimanche 7 octobre 2007


Ici
L’accord qui retentit
Sous les voûtes du temps

Ici
Les arches du silence
Déployées
Au-dedans











Pèlerin du seuil

















vendredi 5 octobre 2007

Dieu si jeune
Toi si vieux

Où est la différence

mardi 2 octobre 2007

Tu n’oses ce mot
Mais toi
Tu le nourris

Au croisement
Des mains
Et du silence

lundi 1 octobre 2007

L’arbre et l’oiseau
Auraient-ils eu raison de tout
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