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jeudi 15 décembre 2022

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J’ai glané dans le champ du jour
Des fleurs de pauvreté
Des herbes de silence
Dont j’ai fait un bouquet
Pour illuminer la toile de nos nuits

J’y ai même glissé
Quelques épis oubliés
Ayant gardé l’éclat
De la danse des coquelicots
Dans le feu de juillet 

Puis j’ai rendu à la nudité du ciel
Nos coups de pinceaux inutiles
Toutes les couleurs ont rejoint
L’arc-en-ciel de nos naissances 
Qui nous devance sur la mer 

Jean Lavoué, 12 décembre 2022
Tableau Marc Chagall, détail, Les amoureux de Saint-Paul-de-Vence














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mercredi 14 décembre 2022

 


Quelle émotion de retrouver
Cette dédicace chaleureuse
De l’ami en allé 
Cependant si présent…
Souvenir partagé 
Le 14 décembre 2018





















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mardi 13 décembre 2022

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Le poème, 

Tu l’as égaré aujourd’hui 

Au fond de ta poche

Et tu n’en as ressorti

Qu’un petit caillou

Dur et silencieux

À lancer contre la vitre

De la mort

Où perce un soleil. 


Jean Lavoué, 9 décembre 2022



Photo : œuvre Pierre Soulages, 14 idées de l’outrenoir : « Un jour je peignais, le noir avait envahi toute la surface de la toile, sans formes, sans contrastes, sans transparences.

Dans cet extrême j'ai vu en quelque sorte la négation du noir.

Les différences de texture réfléchissaient plus ou moins faiblement la lumière et du sombre émanait une clarté, une lumière picturale, dont le pouvoir émotionnel particulier animait mon désir de peindre.

Mon instrument n'était plus le noir, mais cette lumière secrète venue du noir. »









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samedi 10 décembre 2022

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Il y a huit jours, au moment où j’apprenais la mort de l’ami Christian Bobin, je recevais de François Cheng cette lettre-poème. Il me l’a renvoie huit jours plus tard, calligraphiée au dos d’une peinture à l’encre de Chine intitulée « Le Cœur » : comme une confirmation silencieuse de ce qui demeure par-delà le tremblement des jours…



À Jean Lavoué, le poète miraculé 

Tu es allé au-delà de la mort,
Tu en reviens, devenant la Vie même.
L’arbre n’est plus qu’éploiement de l’ouvert :
Le fût, la futaie, feuilles-flamme-fruits.

                                                        F.C.












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jeudi 8 décembre 2022

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 Plus je vois cette vie, plus je la regarde,

Plus j’essaie de la regarder et plus je l’aime ;

Et plus je l’aime, plus je suis d’accord à l’avance

Pour qu’elle me quitte un jour. »


« Pour moi, telle que je la pratique,

Telle que j’en lis aussi chez d’autres

Il n’y a rien de plus précis, de plus concret 

Et de plus incarné que la poésie.


Ce que j’entends dans poésie,

C’est quelque chose dans le langage

Qui nous fait voir dans cette vie mortelle

La vie éphémère

Et qui la salue au moment même où elle passe,

Dans les plus tremblants,

Dans les plus lumineux de ses détails.


La poésie c’est aussi précis au fond qu’un inventaire de notaire

Sauf que c’est le notaire de l’invisible (Grand éclat de rire).


La foi c’est simplement toucher par moments

Le plus brûlant de cette vie ;

C’est à dire c’est le sommet de l’expérience humaine ,

C’est le plus dense

Et c’est comprendre, face à cette densité,

Qu’il y a quelque chose qui n’est jamais détruit 

Même dans les pires conditions

Et qui ne disparaîtra jamais.


C’est comme un bond enfantin, 

Un saut par-dessus le petit ruisseau de la mort. 

La foi c’est simplement cette attention portée au vivant.


Vous enlevez toutes ses chances à la vie

Si vous enlevez la mort.

Il est possible que les épreuves

Soient une chance qui nous soit accordée :

Les épreuves avivent le sentiment de la vie,

Elles le portent à son incandescence. 


Plus je vois cette vie, plus je la regarde,

Plus j’essaie de la regarder et plus je l’aime 

Avec ses passages sombres aussi ;

Et plus je l’aime, plus je suis d’accord à l’avance

Pour qu’elle me quitte un jour.

Parce que je sais qu’elle est comme ça

Et je l’aime comme ça 

Parce qu’elle me traverse et qu’elle va me quitter,

Mais sa lumière est si belle qu’elle enlève toute crainte. 


La mort va tous nous prendre comme une petite fille qui cueille des fleurs dans un près,

Aussi innocemment,

Et je me dis c’est bien,

Tout est bien comme cela,

Il n’y a pas de peur. »


Christian Bobin, 2008

Désolé pour les pubs qui entrecoupent ce petit joyau)

https://www.youtube.com/watch?v=23UcM0ozGxE&ab_channel=archivesRC












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mercredi 7 décembre 2022

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Quelques mots encore
Pour demeurer près de vous
Comme l’oiseau…

Christian, si je dis « vous » pour m’adresser à vous, 
C’est que je ne saurais plus bien vous séparer 
Depuis qu’hier vous reposez l’un et l’autre
Sous l’aubier de nos âmes.

Maintenant que vous dormez sous la nuit étoilée,
Les racines du ciel plongent en nous 
Beaucoup plus loin sous la terre ;
Elles se nourrissent des poèmes
Écrits sur vos cercueils
Par des mains d’enfants. 

Le moindre chant d’oiseau
Perce le mur blanc du silence,
Le soleil a soulevé la chape grise des nuages
Et le vent colporte votre prénom
Des Pyrénées jusqu’aux rochers de Bretagne. 

La France est devenue pour vous
Un pays minuscule 
Où les épaules des amis se touchent
De Saint-Malo au Creusot 
Des forêts du Morvan à Marciac.

Tous les deux, vous aviez fait du coeur des pauvres
Votre vraie demeure,
Et c’est près d’eux que vous épelez désormais
L’alphabet des matins.

Depuis bien longtemps 
Vous fouliez ensemble les sentiers
De votre Galilée intérieure ;
Aussi n’avez-vous eu aucune peine 
À vous retrouver pour ce rendez-vous 
Dans la fraternité des arbres, 
Du moineau, du brin d’herbe,

Et dans l’amour de ces mots 
S’envolant de vos mains
Comme des papillons pour se poser
Sur la fontaine de nos cœurs.

Jean Lavoué 6 décembre 2022

Photos, la chaîne des Pyrénées depuis Marciac - « Nous n’étions pas nombreux pour accompagner Christian et entourer Lydie ce lundi matin sous un ciel étincelant et des Pyrénées immaculées !!! Un oiseau est apparu et a longtemps plané au dessus de nous… Il y a fait sa demeure ! » me confie un ami - et les arbres de La Chesnaie ce 5 décembre 2022.





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mardi 6 décembre 2022




 

Ce sont deux frères que l’on enterre aujourd’hui. L’un, Christian Bobin, dans une petite ville du sud de la France dont à peu près tous découvrent aujourd’hui le nom : Marciac. L’autre est mon ami Christian Lucas que j’ai accompagné dans un cimetière malouin étonnamment poétique, couvert d’arbres lumineux et d’herbes folles, à deux pas de la mer. 

Devant une tombe creusée à même la terre, au milieu d’une clairière de paroles fraternelles, j’y ai dit ce texte pour mon ami : il ne pouvait qu’être aussi tissé dans l’au revoir à l’autre Christian…

« La vie est la maîtresse, elle a ses heures.
J’essaie juste d’être au rendez-vous. »
Tu as placé cette phrase de Christian Bobin
À la dernière page du petit livre de gratitude
Que tu nous a offert ce printemps.

Cher Christian,
Te voilà entré à présent,
Comme tu t’y préparais depuis longtemps,
Dans cet « au-delà des apparences »*
Que tu n’as cessé de fréquenter ta vie durant
En voisin assoiffé de présence,
De profondeur, de lumière. 

Comme tu l’aimais ton prénom
Et comme tu l’as habité 
De toute la force rayonnante 
De ton amour inlassable
Porté aux enfants, aux pauvres et aux petits,
De ta compagnie bienveillante accordée à tous
Comme de ton sens inné de la parole juste 
Et du geste vérifiable. 

Toi qui savais relier comme nul autre
La vie à la vie
Pour en faire un bouquet 
Où toutes les fleurs de notre commune humanité 
Pouvaient célébrer ensemble
Les couleurs de leurs différences,
Te voici désormais entièrement donné
Dans la nudité de cette semence offerte,
Source féconde d’inspiration et de création 
Pour chacune de nos existences. 

Comme ton frère Christian Bobin,
Lui aussi porté en terre aujourd’hui 
Dans la petite ville de Marciac
Où Dieu se repose, écrit-il,
Et où la bonté d’un seul pauvre suffit
Pour faire de ce village un lieu ressuscité**, 
Tu rejoins toi aussi maintenant 
Cette grande fraternité cosmique
Que tu as toute ta vie désiré et vécu de tout ton être.

Tu es désormais dans le pain que l’on partage,
Dans ce verre de l’amitié,
Comme dans l’air que nous respirons
Ce souffle qui nous fait vivre 
Et cette tendresse souriante offerte à tous. 

Voici que toutes les portes et les cloisons ont volé en éclat : 
Te voici de plain-pied 
Dans le jardin intérieur de chacun d’entre nous 
Pour revivre à chaque instant 
Toutes ces rencontres coeur à cœur
Qui ont illuminé ta vie.

Toi aussi tu es devenu
Comme l’arbre du matin
Planté dans le plus fragile
Et le plus vulnérable de notre chair
L’Homme-Joie
Qui se tient en avant de nous.

Désormais sur les remparts de l’aube,
Cher Christian,
Nous guetterons à l’horizon du coeur
Ta silhouette intrépide
D’homme debout
Qui marche sur la mer. 

Jean Lavoué, dimanche 4 décembre 2022
*Christian Lucas, Au-delà des apparences, Éditions Histoires Ordinaires, mai 2022
**Lire la « parabole de Marciac » dans le livre Ressusciter de Christian Bobin, pages 73 à 76

Photo Christian Lucas OF 2020
Christian Bobin photographié dans son jardin entre deux averses en avril 2016. - E.GARAULT-PASCO
JL 5/12/22






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samedi 3 décembre 2022

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Au cours de l’été 2020, j’ai écrit un petit livre publié au printemps 2022 par les éditions Médiaspaul : « Le Poème à venir ». Dans cette méditation consacrée à ce que j’appelle une « spiritualité des lisières » échappée des massifs religieux fatigués auxquels bien des cœurs continuent à se fermer, j’évoque dans un chapitre la voie singulière et l’œuvre de sourcier de Christian Bobin : comme  une saisie du Poème dans son jaillissement même, capable de redonner confiance et vie à beaucoup… Voici ce texte…

JL

La voie des paraboles 

« Un peu partout, aujourd’hui, des témoins se lèvent. Ils s’adressent incognito, avec une voix quasi silencieuse, à cette part en nous essentiellement accordée, poreuse à l’invisible. Ils trouvent les mots justes, le ton et le style pour nous faire retrouver le Poème à sa source.

Des auteurs qui ne font pas profession d’appartenir à telle chapelle, telle religion, font entendre le fin murmure que ces dernières sont vouées à honorer tout en se révélant toujours plus impuissantes à en transmettre le goût aux femmes et aux hommes. Eux, au contraire, semblent avoir retrouvé la voie des paraboles, le rythme des pas de l’homme qui vient de la Source.

Christian Bobin est l’un de ces merveilleux témoins. Au milieu d’une œuvre déjà abondante, il enserre comme un trésor des petites perles directement reliées au Poème. C’est ainsi que ses titres, à eux seuls, en disent davantage que bien des homélies pesantes : le Très-bas, L’homme qui marche, Le Christ aux coquelicots… Mais on pourrait ajouter : L’enchantement simple, Éloge du rien, La part manquante, Le Huitième jour de la semaine, Ressusciter, l’Homme-joie… pour se trouver de plain-pied avec la Source, avec l’eau vive.

Comme dans toutes les œuvres où le Poème partout se donne, un seul livre suffit, et parfois un seul chapitre, une seule ligne, un seul mot, un seul titre. Il arrive que son chant fasse partie de nous, sans même la nécessité de tourner encore une seule page. Nous nous sommes rencontrés pour toujours. L’œuvre poursuit son cours mais seulement pour permettre à de nouveaux lecteurs de venir, à l’heure dite, puiser à leur tour à pleines mains aux ruisseaux de l’enfance.

Tout se passe comme si de tels auteurs avaient su capter entre leurs mains le fleuve du matin. Comme si tout ce qui tremblait encore de chair et de tendresse sur les chemins du Poème et que tant de siècles de gravité pesante avaient fini par figer, se trouvait là redonné, intact et neuf, léger comme un printemps.

Finalement, ce qu’il y a d’inouï, c’est ce qu’il y a de plus simple. Ce que l’on avait voulu consolider en de savantes architectures sacrées se trouve là comme libéré, à nouveau prêt et disponible pour le cœur battant de l’homme devant tant de beauté.

Savoir simplement contempler la sagesse de la fleur ou de l’arbre. Vibrer de toute sa joie effondrée devant l’absence de La plus-que-vive. Ne pas craindre le vide mais y reconnaître, au contraire, toute la promesse de l’Ouvert. Voilà ce qui suffit à rendre chaque lecteur témoin du premier matin du monde.

Finalement à s’enfouir ainsi dans toute l’épaisseur de nos existences, le Poème n’en ressort-il pas lavé de tous les ors et des encens dont on l’avait recouvert et béni. Il se lève comme au premier jour, pauvre de son infinie jeunesse, nu comme au jour de son baptême. Ceux qui l’ont condamné et qui, durant vingt siècles, ont cru bon de maintenir leur jugement sans appel sur lui, se trouvent soudains dévoilés par la grâce d’une simple écriture trempée dans l’encre de la beauté.

Christian Bobin a été, il faut le dire, à bonne école. L’un des maîtres en poésie qu’il aime souvent citer, Jean Grosjean, l’auteur de « L’ironie christique », s’est lui-même éclipsé sur la pointe des pieds des liturgies pompeuses et des offices épuisants. Il a suivi la voie du cœur pour faire résonner, lui aussi, dans une œuvre arrachée aux épaisses théologies, le chant d’une aube claire entièrement accordé à la voix du Poème. »

Jean Lavoué, Le Poème à venir, Médiaspaul 2022






vendredi 2 décembre 2022

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Un petit signe amical  à Linda Gaxus Rieu, entre Groix et Blavet, en voisins des eaux vives, pour son hommage bouleversant et lumineux rendu à Christian Bobin…
JL


« Depuis mon arrivée sur Groix, il est mon rituel inspirant, quelques lignes de lui le matin m'apportent assez de lumière pour m'aider le reste du jour à arracher aux petites herbes d'âme leur bouquet de mots. 

J'avais démarré son Autoportrait au radiateur voilà une dizaine de jours, emprunté à la Médiathèque de l'île. A l'intérieur, page 36, j'avais trouvé un trèfle à quatre feuilles laissé par un précédent lecteur. Un autre page 44. L'attention était si inattendue et si belle que je l'avais notée dans mon carnet d'écriture. "Penser à glisser des fleurs dans les livres qui circulent de main en main".

Hier, j'étais arrivée au "25 novembre" de l'Autoportrait, page 126. Je m'étais dit "tiens, je suis en train de lire un 25 novembre ce qu'il écrit du 25 novembre", avec ce sentiment de me rapprocher de cette façon un peu plus de lui. L'anecdote m'avait convaincue de lui écrire.

C'est à ce moment que le solitaire en a profité pour filer. 

J'ai d'abord pleuré en serrant fort le livre contre moi. Ce qu'il restait du lien, précieux. A l'instinct plus tard, j'ai cueilli des immortelles au jardin, emmené les brindilles dans mon sac et deux coquillages, partie marcher. J'ai déposé le tout au pied de la Pierre Blanche, côte sauvage, face à la mer qui hurlait de tempête, sur les falaises au couchant du soleil. 

J'avais aussi pris avec moi l'Autoportrait. 

Assise, dos contre la géante d'ivoire, j'ai lu. 
Au 25 novembre, est écrit ceci : 
« Car il en va des sociétés comme des individus : le réel est toujours du côté du réfractaire, du fugitif, du résistant, de tout ce qu’on cherche à calmer, ordonner, faire taire et qui revient quand même, et qui revient encore, et qui revient sans cesse - incorrigible. L’écriture est de ce côté-là. Tout ce qui s’entête à vivre est de ce côté-là ».

J'ai repensé à Claudius de Cap Blanc, parti juste avant, noté "les hommes qui réparent mes blessures de femme sont des kairns d'émeraudes sur le chemin".

J'ai tourné la page, au 27 novembre, une autre phrase :
"J'ai commencé d'écrire tout juste après ma mort".

Je ne sais pas pourquoi, j'ai hurlé ces mots plusieurs fois au ciel. Les goélands se sont mis à me répondre, à chanter en coassant, ça m'a plu.

Le soir, dans la boîte aux lettres, un colis de ma mère. Il était peut être là depuis des jours mais j'avais oublié que je pouvais recevoir du courrier ici. Ou alors il attendait le bon moment. Dedans, parce qu'on en avait parlé ensemble un peu avant, quatre livres de lui et le premier tombé du paquet "Ressusciter", j'ai souri. Au milieu des pages, ma mère avait aussi glissé un petit papier, un cœur rouge dans lequel était marqué "tu me manques".

J'aurais voulu écrire à Christian Bobin mais je ne pourrai plus.
Et tant mieux. 

Ses mots n'appellent pas d'autres mots.
En écho, juste une chaleur au dedans, l'émerveillement, un petit rien de soleil et de vent, le parfum d'immortelle. 

Inutile d'expliquer sa poésie et sa beauté, la vivre seulement, continuer de la faire vivre. Et recevoir à chaque phrase une bouffée d'amour, la même que celle insufflée par un petit papier avec un cœur rouge dans lequel est marqué "tu me manques".

Je vous souhaite là-haut Christian des champs entiers de trèfles à quatre feuilles et d'émeraudes. 

Vous allez manquer, terriblement.
Merci, merci, mille mercis. »

Linda
26-11-22




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jeudi 1 décembre 2022

 



Avec mon ami Jean-Pierre Boulic, nous sommes heureux de vous convier à cette journée de partage en poésie samedi prochain à l’Île Blanche à Loquirec (29) de 10h00 à 16h30. Jean-Pierre partagera le matin son itinéraire de poète enraciné dans la spiritualité. J’aurais plaisir pour ma part à évoquer l’après-midi la voie d’intériorité de plusieurs des auteurs présents dans mes derniers livres dont René-Guy Cadou, Jean Sulivan, Guillevic, Xavier Grall et aussi le cher Christian Bobin qui vient de nous quitter…




Cher Christian Bobin,
S'il m'arrive en écrivant de regarder mine de rien par dessus votre épaule,
Ce n'est pas pour vous copier,
La sève de vos livres est suffisamment abondante dans toutes les branches de nos âmes,
C'est juste pour sentir le vent caresser l'herbe de la page,
M'approcher un peu plus des amis essentiels qui vous inspirent et dont vous aimez nous révéler le nom dans un murmure,
Regarder se lever entre vos doigts ce grand soleil qui cherche à éclairer le monde
D'une lumière qu'il n'aurait jamais pu lui-même inventer.
Jean Lavoué, le 25 février 2017



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