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mercredi 6 février 2008



Les lettres
Dessinent autour d’un souffle,
Leur lumière.

Par là qu’elles t’appauvrissent.

Cet exercice du vide qui t’appelle,
Est-ce qu’imperceptiblement
Il te transforme aussi ?

Tu ne sais jamais à l’avance
Si la nuit sera complice.

Ecrire
Laisser aller le courant,
Traverser des passes,
Taiseuses,
Incertaines.

Ecouter le vent,
La force qu’il charrie !

lundi 4 février 2008


La lumière est sans justification,
Sans échappatoire, sans alibi.

Avant que tu n’aies parlé,
Elle te devine,
Elle t’affranchit.

Il reste
Si peu de jours
A accomplir,

Si peu
De ciels
A honorer

dimanche 3 février 2008


A mesure que ton territoire s’apaise,
Tu perçois l’invisible qui grandit.

Tu marches au pas des saisons,
Toujours à l’affût d’une percée,
De ces trouées dont on ne revient pas.

Tous ces visages aimés
Qui te parlaient pourtant
En s’effaçant tout bas !

Le ciel peut bien se taire,
Toi tu l’écoutes quand même,
Tu ne le déçois pas.

samedi 2 février 2008







Cet instant
Rassemblé
Où tu t’éveilles
A plus grand que toi,

Ta vie
Comme un arbre
Entièrement là,

Où tu reçois,
Redonnes,
Tout ce qui te fut confié.

Cela
Que tu ignores

Le nuage
Qui le recouvre

Tout l’insu
Que tu aimes

jeudi 31 janvier 2008


Et si toute ouverture
Ne tenait qu’à toi,

A cette percée
Que tu autorises.

Poursuis la voie
Que tu sais tienne !
Ne désespère pas
Des ronces du chemin !

mercredi 30 janvier 2008


Est-ce un journal ?
Mais tu n’y livres pas suffisamment
Le sel des rencontres,
Les miettes de tes journées,
La sève de chaque seconde !

Plutôt un après-journal,
Quand la dernière lettre
De ce qui restait à vivre
Est oubliée.

mardi 29 janvier 2008


Pour Ghislaine



Gavée de soleil
Elle a rejoint le ciel,

Immortalisant
Tout à coup
L’enfance.

Parmi les vignes
Sa vie paraissait-elle plus digne
D’être célébrée ?

Avait-elle atteint les cimes
De son plus haut désir ?

Elle aura livré sa vie
Au plus fort
De son incandescence.

lundi 28 janvier 2008


Tu n’as pas craint l’impossible,
Tu as laissé tes branches
Au loin se déployer,

Tu as aimé le vent
Qui vient s’y engouffrer.

dimanche 27 janvier 2008


Nulle traversée
Qui ne garde les cicatrices
Du naufrage.

Ces bois morts
Où la vie,
Une fois encore,
A bourgeonné.

samedi 26 janvier 2008


C’est un espace vierge
Où tu t’avances,
Sans armes,
A mains nues.

Sans livre,
Sans leçon apprise,
Sans langue reconnue.

Juste fidèle
A ton propre chant.

Sans écriture,
Sans note,
Sans portée.

Ténu,
Indicible.

vendredi 25 janvier 2008


Sang neuf,
Oui !

Comme cette page
Où le soleil se coule :

Lumière
Qui irradie.



Cet espace en toi
Sans ardoises,
Sans parois,
Par où le ciel s’engouffre

Et ces feux mal éteints,
Où trop souvent tu te consumes !

Le mur où tu poses ton front
Par quel miracle il te révèle ?

Tu ne sais où s’en vont ces carnets.

Comme le vent,
Tu ne les reprends pas.

mercredi 23 janvier 2008


Sur cette portée de musique
Où tu consignes ton pèlerinage,
Quels silences encore
T’apprêtes-tu à noter ?

Et lorsque tu écris,
Ne ressens-tu pas aussi
Cette sorte d’évidence,
Sans pourquoi ?

mardi 22 janvier 2008


Cela qui te fut donné,
Contemplant le sel de tes nuits
Recueillant leurs présages.

Les communions les plus profondes
N’étaient-elles pas indicibles,
Celles par qui la flamme de la lampe
Se transmettait ?

Seul ce qui brûle, avait-elle écrit,
Et toi tu acceptais ce don incandescent !

lundi 21 janvier 2008




Comment écrire
Si tu n’es pas en état de prière,
Si tu ne te sens pas boiteux,
Précaire,

Manquant d’espace pour respirer ?

De toutes les paroles qui te touchent,
Tu retiens celle qui te simplifie
Jusqu’aux racines.

dimanche 20 janvier 2008


Par le silence qui le féconde,
Ecrire est un acte d’amour.

La Galilée que tu portes en toi
N’a rien perdu de sa beauté.

Tu caresses chaque fleur,
Chaque écorce,
Chaque oiseau du regard.

samedi 19 janvier 2008


Comment avait-on pu enfermer
De si abstraite manière
Celui qui se disait la vie,
Le chemin,
Et qui savait se taire pour dire sa vérité ?

A moins qu’il ne s’arrête
A laver les pieds de ses amis.

Mais où avait-on appris qu’il les endoctrinait ?

Rien dont tu ne puisses faire ta toile,
Ton chevalet,
Ton bouquet de pinceaux,
Ta palette constellée.

Tes couleurs sont comme le vent,
Elles coulent entre les pierres
De ta royauté blessée.

Tu t’assieds sur ce qui fut ton pouvoir,
La couronne de tes illusions,
La bibliothèque de tes faux succès.

Tu laisses l’amour tout consumer.

mardi 15 janvier 2008


Ces heures glanées
Sur l’indicible,
Ta plus belle moisson,
Ta vie réconciliée !

Seule la rencontre
Donne du poids à ton existence !
Seul l’amour te densifie !

Tout ce que tu n’as pas su relier
Est perdu.

Ecrire était pour toi
Comme un shabbat
Où le silence te précédait.

Tu goutais sans rien taire
A sa joie imprenable.

lundi 14 janvier 2008


Que vaudrait ta vie
Si elle ne quittait jamais
Les routes fréquentées ?

Apprends à rejoindre le cœur des haies,
Des talus,
Des souches oubliées.

Ménage tes temps perdus,
Balcons sur l’inconnu.

Nourris le livre que tu portes,
Donne-lui sa chance
De respirer.

dimanche 13 janvier 2008


Celui que tu cherches n’est plus là.
Désormais c’est ce vide qu’il fait en toi
Que partout tu promènes.

Pourquoi les vocables sont usés,
Si fatigués,
Pour dire cela qui ne meurt pas.

Te retirant de tout savoir
Ne t’es-tu pas approché de toi ?

C’est la joyeuse liberté
Qu’il faudrait retrouver
Retourner le sérieux des jours
Pour dire le seul soleil
Qui les habite.

samedi 12 janvier 2008


Et ce sera peut-être
En cet automne frémissant,

Tu auras mis la joie
A toutes tes fenêtres.

Dans les branches gelées
Les fruits triompheront
Comme en des arbres de Noël.

La vie éclatera
Et le chemin te conduira
Au centre de toi-même

En un anniversaire
Multiplié.

vendredi 11 janvier 2008


Même si tu démontrais,
C’est encore cette part défaite
Que tu prouverais.

C’est lorsque tu te tiens
Sans un mot,

Dans ce souffle
Ephémère,

Que tu es au plus près
De la langue que tu cherches.

jeudi 10 janvier 2008


Tu avais fini par repérer
De quels signes tu avais bordé l’absence.

De quelques chiffres lumineux,
Neufs comme le jour,

D’un nom d’emprunt
Pour qui avait définitivement voué sa vie
A l’errance.

Et si c’était cela, pour toi,
Qui faisait structure et charpente.

Cette césure dans la chair à jamais,
Cette béance,
Comme une parole d’amour
Dans le roc de tes jours.

mercredi 9 janvier 2008


Un peu sourcier tu es :
Tu guettes sous l’écorce
Le ruisseau et la sève.
Parfois tu les provoques,
Mais tu connais leur force.

mardi 8 janvier 2008


Il suffit que tu ouvres le livre
Pour que le ciel s’ordonne.

Un chant oriente tes pas.

Il te faut poser la joue
Contre le ciel

Pour supposer
L’exacte vastitude.

lundi 7 janvier 2008


Se détacher de tout vouloir,
De tout pouvoir sur les mots !

Entrer dans cet état précaire
Où ils se prient en nous !

Les laisser respirer !
Veiller seulement
A agrandir leur aire…

dimanche 6 janvier 2008


Tu es resté fidèle
Aux carnets de tes errances,

Quand la joie
Secouait le ciel.

Tu guettais chaque mot
Comme un fruit prêt à tomber.

Tu suppliais
L’été
Et l'automne,
Et l'hiver

De croire
Que le printemps viendrait!

samedi 5 janvier 2008


Toi,
C’est un livre ouvert
Que tu portes en plein ciel,

C’est un savoir secret,
Patiemment mis au jour,

Une clef,
Mystérieusement tenue
Depuis l’origine.

vendredi 4 janvier 2008


Il y a du ciel dans nos mains.
Le savons-nous ?

S’y reposent un instant les nuages.

Nous sommes familiers de tant d’oiseaux.

jeudi 3 janvier 2008


Seul le poème fixe
L’incroyable lumière
De ces rencontres imprévues.

Comme des photographies très anciennes
Qui, soudain, t’atteignent
En plein cœur !

mercredi 2 janvier 2008


Il se pouvait que tu aies renoncé
A toute oraison,
A tout mystère.

Mais la prière tu l’emportais partout.
Cette vacance absolue
Par où tu vivais ta vie.

En toi, c’est une parole qui tient,
C’est un silence,
C’est un vide que tu respectes.

C’est un amour qui ne te quitte pas.

mardi 1 janvier 2008


Des lettres
Qui ne laisseraient passer
Que le vent !

C’est elles que tu cherches,
Inlassablement !

dimanche 30 décembre 2007


Il te faut laisser grandir cette écriture
Qui inaugure.

Comme le blé qui croit,
Elle pousse dans ta voix !

samedi 29 décembre 2007


Il arrive que des moines
Se reconnaissent entre eux,
Sans habits ni couvents.

Le monastère rayonne
Au cœur d’une assemblée secrète.

Comme un air de famille
Où l’on se reconnaîtrait,

Frères et sœurs de la voix imprenable.

vendredi 28 décembre 2007


J’aime au matin les mots d’éveil,
Les mots d’amour,
Les mots lavés du deuil.

J’aime les mots affranchis
Innocentant nos cœurs.

Je recours à leur gloire,
Je marche avec eux
Au milieu des blés.

jeudi 27 décembre 2007


La Présence
N’a pas besoin de demeure,

Mais il arrive pourtant
Qu’elle signifie son goût
De l’anfractuosité,
Du rocher.

Seul un dieu si fragile
Peut nous porter secours.

mardi 25 décembre 2007


Je fréquente des mots simples,
Soleil, silence, lumière, absence, présence.

Je les fais virevolter
Comme la ruche ses abeilles.

Je ne tiens aucune démonstration
Pour certaine.

Seul peut deviner
Celui qui s’est laissé brûler
Au sel de la joie.

lundi 24 décembre 2007


Il n’y a guère que le poème
Qui se souvienne.

Chez lui les mots forment une danse.
Rien d’immobile.
Tout se répond, tout est fluide.

Même la dissonance
Trouve ici son abri.

Mais ce qui chante ainsi
N’est pas loin de se taire.













Carnets du souffle





samedi 24 novembre 2007

Maintenant les cuivres
les violons
l’orchestre des grèves
qui accompagne

le chant délivré
la marche comme une danse
entre vagues et lumières

Seul l’oiseau s’accorde l’instant
avec l’intensité voulue

Ce retournement joyeux
de la mort dans la vie

Les ailes battant la mesure
dans l’éclat des percussions et du soleil

vendredi 23 novembre 2007

Très peu de mots
plongés dans leur naissance
configurent l’avenir

Ta mort
dit le passage
tout passage
sans cesse recommencé

jeudi 22 novembre 2007

Il marche seul désormais
dans l'assurance d'un deuil

La force d'une communion

Rien ne le nourrit plus
que ce silence en sa vie
ce chant
juste avant la parole

mercredi 21 novembre 2007

Et si l'oiseau se tait un jour
alors son chant sera connu

mardi 20 novembre 2007

J'écris à ma manière
simple
étonnée
sur les feuillages de ton mystère

De ce côté-ci de la terre
ton souffle est doux
comme l'haleine des chevaux

Si je disperse pour toi
ces mots sans bruit
tels des bols de grès
sur la table du silence

Seras-tu de cette fête

dimanche 18 novembre 2007

Sur le mur du jardin
entre ombre et lumière
une rose trémière saigne

Le ciel est en voyage

Le poème soulève
les pierres de ta vie
scellées

jeudi 15 novembre 2007

C'est ainsi que tu es

Tu parles par ma voix
mes nuits sont tes silences
mes jours disent l'absence
dont tu me renouvelles

Tu guides vers ce qui est profond
tu ne veux rien de conforme
tu ne retiens pas l'apparence
tu es ce qui surprend

Tu sais la vie au-delà de la vie
tu orientes
tu montres le chemin

Tu es cette imperceptible vibration
ce très léger battement d'ailes
de l'éternité dans le temps

Tu ouvres mon aujourd'hui

mardi 13 novembre 2007

Nul échafaudage
pour m'élever dans ta lumière

Seule la mémoire des traces
que tu laissas
sur mes rivages

Je reste là
pour ton passage

Veillant ton visage
incendié

lundi 12 novembre 2007

Aucun mot
ne dira jamais
la joie apaisée du passage

Il y eut tant de douleurs
sur ces rives du monde

Tant de bonheurs
muets

Pour un printemps
qui ressuscite
je donnerais l'été
et l'automne
et l'hiver
et toutes les saisons dénudées
de mon cœur

Je couvrirais de renoncules
les terres obscures
de nos nuits

dimanche 11 novembre 2007

Lorsqu'un corps
hérite de son âme
il devient lourd
dense
charnel
Il saura griffer
de blessures profondes
la matière de la vie

Il porte la marque indélébile
de sa naissance et de sa mort

samedi 10 novembre 2007




Un livre
un poème
qui accèderaient
à l'art de la prière
seraient forcément pauvres
dénués d'éclat
simples refrains
balbutiés

mercredi 7 novembre 2007

Ce papillon des grèves
tu l'emportes avec toi

C'est ta lumière
pour les jours noirs

Ton chant secret

Ta part épousée du soleil

lundi 5 novembre 2007

Ecrire
c'est laisser le vent
s'emparer de toi
Tu ne sais d'où il vient
ni où il va
tu suis la main
et son mouvement léger
de plénitude
sur l'abîme

dimanche 4 novembre 2007




Cette lumière sur nos visages
c'était donc toi

Ce soleil partagé

Ainsi je chemine avec toi
je marche à la boussole
aimanté par l'absence

Les mots mêmes qui se taisent
m'enseignent

Je te devine
à la fraction du pain

La vie même partagée
pour relier l'indicible

Qu'à jamais ne se ferme la blessure

samedi 3 novembre 2007


Si un chant te soulève
laisse faire le chant

Tu construis aujourd'hui même
une demeure pour la paix
aux cicatrices vivantes
comme des fenêtres
battant sur le large

Tu t'installes mendiant
dans le silence d'un amour
tu touches au centre de ta vie
comme à l'instant inconsolé
où tout s'éveille

Mourir se peut-il
éperdument joyeux
[URL=http://www.compteur.fr][IMG]https://www.compteur.fr/6s/1/6057.gif[/IMG][/URL]